AJ Auxerre – AC Ajaccio (1-1) : encore un déplacement pour I Sanguinari

Ce vendredi 4 mai 2018, le rendez-vous était pris à Auxerre, la seule ville de France où les gens continuent à circuler en Renault 5.

La fin de saison approche à grands pas. Dans une saison « normale », ce match à Auxerre aurait été le dernier déplacement de la saison. Mais, le parcours extraordinaire de l’ACA en 2017/2018 nous permet de rêver à un barrage contre la Ligue 1. Ce qui signifie un déplacement en plus. Mais il fallait d’abord faire un résultat à Auxerre et il faut espérer une victoire contre Niort puis contre le vainqueur du play-off Ligue 2 entre le 4e et le 5e. Beau bazar en vue.

De l’enjeu, du soleil… Tout était réuni pour passer une bonne soirée à Auxerre. Le premier lieu de rendez-vous était l’hôtel des joueurs. Sur la route, un lycée. Passer devant un lycée, un vendredi à 17h quand il fait chaud, c’est la meilleure façon d’avoir un accident. On veut mater trois, quatre petits culs de lycéennes et hop, on fait pas gaffe et on est à deux doigts d’écraser deux moches sur un passage piétons. C’est vraiment ce qu’il nous est arrivé. A l’hôtel, on croise LA bible des supporters auxerrois, qui va te faire tout l’historique de son club alors que tu ne lui as rien demandé, mais également les autres supporters acéistes. Certains sont venus de Lorraine, d’autres des Deux-Sèvres, d’autres de région parisienne et on retrouve les Ardéchois. Manu l’Ardéchois m’affirme même que sa jeune fille apprend à lire en lisant mes compte-rendus de déplacement. Pas sûr que ce soit la meilleure idée du monde.


Aux alentours de 19h, direction le stade de l’Abbé-Deschamps. On se gare devant le camping, en face du parcage visiteurs, le gardien de celui-ci vient nous taper la causette en toute amitié et nous allons ENFIN chercher de la bouffe chez les marchands ambulants en face du stade. Mon choix se dirige vers l’inévitable Américain-andouillettes avec des oignons, et une bière bien évidemment. Même si les frites ne sont pas assez cuites, le sandwich est copieusement garni en oignons et en andouillettes, légèrement sucré. Un délice. Si cet Américain avait été vendu dans le stade, il aurait eu la note de 4/5, à l’aise.

Malheureusement, ce petit encas est interrompu par un énergumène que nous avions déjà rencontré la saison dernière. Nous l’appellerons : le sosie handicapé de Régis Laspalès. Il a un maillot de l’AJA et une casquette de Liverpool. Et surtout, c’est un génie. On vous laisse juger par vous-même.

Dans son long monologue, il nous avouera que l’ACA a un « beau petit stade, le stade René-Coty ». Sauf que nous, c’est le stade François-Coty. Mais passons. Il est 20h lorsque nous nous présentons à la fouille du parcage visiteurs. Une fouille particulièrement pointue qui en a gêné certains. « Putain, le type il m’a même touché les couilles, j’te jure », s’est ainsi indigné Maxime. Il affirme tout de même ne pas avoir bandé à ce moment-là. Permettez-moi d’avoir des doutes.

Nous voici dans le parcage visiteurs. En ce grand soir, nous sommes une trentaine. Nous retrouvons Matthieu, Adrien et Lucca, Jean-Luc et sa famille de Lorraine, Maxime de Niort, John, Vadim, ses enfants et son frère, Adrien et Simon, des nouveaux, 8Clem mais également le Gymnastique Club du Pays Ajaccien, qui arrivera plus tard.

Tout ce beau monde sera vite ambiancé par 8Clem, muni du mégaphone de Simon (le nôtre a rendu l’âme), qui ne perdra pas de temps. Après avoir jeté un coup d’œil à la composition auxerroise, il lance les macagnas.

8Clem en action

Vous voulez des exemples ? « Oh Sangaré, oh PD, t’es venu sans ta voiture ! », « Oh Sangaré, t’es en double-file » ou encore « Oh Fumu, on va te fumer » et « Oh Fumu, oh jambon ». Pas très inspiré ce soir, 8Clem en viendra ensuite à l’incontournable tueur en série du coin. Dans le mégaphone, il criera en guise d’encouragements aux Acéistes sur le terrain « Allez les gars, ce soir ils vont finir dans l’Yonne, comme les disparus ».

À la mi-temps, au moment où les jeunes fans auxerrois sur notre droite allaient se désaltérer à la buvette avec leur accompagnateur, 8Clem lancera un « Allez, les enfants, on suit Émile ». Des remarques pas très appréciées par les locaux. Mais peu importe, comme il l’a lui-même expliqué, 8Clem en a « rien à foutre du foot », il est « juste là pour insulter ».

Et pour manger un peu, quand même. Car c’est la mi-temps, et c’est L’HEURE DU CASSE-CROÛTE ! Alors que l’arbitre venait à peine de siffler, la buvette était déjà presque en rupture de stock de sandwichs. Mais je suis arrivé à temps.

Les + :

  • Il y a l’immanquable sandwich à la rosette !
  • Le sandwich est copieusement garni, avec ce qu’il faut de beurre et de saucisson.

Les – :

  • Il n’y a pas beaucoup de choix, seulement rosette et poulet crudités.
  • Le pain est industriel et étouffant (on a failli mourir deux fois en le mastiquant)
  • Il n’y a pas de cornichons, la tristesse
  • Il n’y a pas de bière et il n’y a plus de Coca normal. On prend donc un Coca Zéro.
  • On boit ce Coca Zéro qui a un sale goût et là on se rend compte qu’il est périmé depuis octobre 2016 ! ON A VOULU NOUS EMPOISONNER !

Note sur le guide Michelin/Perfettu des buvettes de Ligue 2 : 0,5/5. La quantité de sandwichs pour nourrir tout le monde n’était pas suffisante. Le sandwich était mangeable, sans plus, dans un ensemble bien trop industriel et pas très frais. Le meilleur exemple est le Coca, périmé depuis 2016. Et ça, c’est rédhibitoire.

Des génies sont récemment passés dans le parcage visiteurs à l’Abbé-Deschamps. Traduction : « Bouh Auxerre, vous êtes des PD »

Après cette grande déception, nous revoici à encourager les nôtres et à insulter les autres. À gauche de notre parcage, on retrouve le sosie handicapé de Régis Laspalès. 8Clem s’en donne à cœur joie avec un mythique : « Oh Gigi (c’est son autre surnom, ndlr), tu as les mêmes oreilles que la Coupe d’Europe ! ». Il vient également le moment de passer les habituelles petites annonces. Et comme ma 106 n’a pas trouvé preneur à Reims, voici que 8Clem la remet en vent au mégaphone : « Nous vendons une Peugeot 106 blanche, 1500 francs ou 1500 euros, comme vous voulez. Utile pour transporter des corps pour ensuite les déposer dans l’Yonne ». Malheureusement, personne ne se montrera intéressé. Tant pis.

Sinon, sur le terrain, la rencontre se termine sur le score de 1 partout. Au coup de sifflet final, la plupart des joueurs de l’ACA viennent nous saluer, Thibault Vialla et Yann Boé-Kane en tête. Il est l’heure de plier les bâches, et de retourner aux voitures. Avant de partir, nous prenons la direction du bus ajaccien, qui est dans une zone accessible à tous. On y recroise le sosie handicapé de Régis Laspalès, qui nous raconte sa vie, des supporters auxerrois sympathiques déjà rencontrés par le passé.

Et pendant que je me balade tranquillement vers ce bus, je vois un homme passer à côté de moi me regarder du coin de l’œil. Il s’arrête quelques mètres plus loin, me fixe et me demande : « Hey mais c’est pas toi sur toi qu’il y a eu un reportage ? [Il regarde sa copine] Regarde, c’est lui qu’on a vu à la télé l’autre fois ! [Il revient vers moi] Bravo à toi en tout cas, c’est énorme ce que tu fais. » Merci, je n’en demandais pas tant. Surtout que quelques minutes plus tard, un autre homme m’interpelle : « Hey mais je te connais toi. Je t’ai déjà vu à la télé. T’es pas un chanteur, ou un artiste ? [Il réfléchit quelques secondes] Ah mais non, c’est toi le supporter qui fait tous les déplacements de l’ACA, bravo ! ». Voici comment se matérialise la ‘notoriété’, c’est fabuleux. Sur ces belles paroles, l’heure du départ est vraiment arrivée. Sur la route, des rêves et des interrogations : quel serait le meilleur adversaire à prendre en barrage pour espérer la Ligue 1 ? La réponse très vite.

Perfettu

PS : après 8 ans de durs labeurs, 8Clem a enfin réussi à choper un équipement de l’ACA : un short de Coutadeur. Merci Dédé.

Perfettu Erignacci De l'Aiacciu

One Comment

  1. J’adore tes comptes rendus, le style malherbe poetry et les aspects sociologiques. Continue guy, j’acheterai ton livre quand il sortira.

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