Angleterre-Slovaquie (0-0) : La Haluski Akadémie livre ses notes.

Ahoj beaux amis !

Le troisième match des poules d’un grand championnat est toujours sujet à d’innombrables spéculations, que les esprits tumultueux amoureux des belles lettres que nous sommes laissons d’habitude aux rigides et austères cerveaux matheux des Autrichiens. La Repre, loin de renier ses célestes principes, a pourtant choisi le calcul, nonobstant le fait que lesdits calculs s’inspiraient plus d’un ténébreux désir à la Julien Sorel, que d’un théorème de Gödel. Le plan de Kozak était simple : la troisième place se devait d’être qualificative, qu’importaient les résultats des autres matchs à suivre.

Après avoir déchu de biens tristes grands frères dans les dernières heures de cet euro, il revenait à nos apollons slovaques à affronter les sujets de la reine des lépreux. Non, ici dans l’Europe centrale, nous ne la respectons guère, étant donné que nous sommes des légtimistes républicains forcenés, quand bien même nos cœurs ne battent que pour la grandeur du peuple slave. Un roi serait donc bienvenu chez nous pour faire renaître de ses cendres notre panslavisme, mais nous avons bien compris avant les autres qu’il valait mieux substituer cent ans d’atermoiements politiques aux côtés de châtrés latins à quelque partie fine impliquant de fantoches souverains et un peuple systématiquement pris par derrière. De bon gré, nous laissons  donc la saine nature des choses opérer, jusqu’à ce qu’à nouveau l’ordre transcendant réaffirme la suprématie de nos sujets.

En attendant cet âge d’or enfin venu, il incombait à notre Repre de jouer à nouveau au football, cette fois contre ses propres inventeurs. Chose étrange, ces dits inventeurs ont laissé le monde entier s’accaparer leur jeu avec une telle négligence qu’ils en sont désormais parfaitement humiliés et offensés, le niveau de leur équipe nationale étant en deçà de ce qu’est capable de fournir un pays agonisant dans sa propre fange austéritaire et n’ayant pour toute ressource que l’exportation d’oranges transgéniques ou d’olives, comme l’Espagne. De notre côté, nous jouons bien sur à ce jeu mieux qu’eux, la plasticité supérieure du peuple slovaque ayant fourni aux sujets de Jan Kozak le supplément d’âme nécessaire pour se jouer du Saxon aphone.

Afin de remontrer à ces dégénérés le fond de sa pensée, Pan Kozak aligne une équipe belle et bonne, dans l’ordre suivant :

Dans le but : Matus Kozacik, heureux lauréat de la Raie du Jour en ce sain 20 juin, désormais férié en Slovaquie.

Pour le défendre : Peter Pekarik, Martin Skrtel (capitaine), Jan Durica et Tomas Hubocan.

Au milieu, Viktor Pecovsky prend à nouveau place au beau milieu des crêtes foudroyantes de Juraj Kucka et Marek Hamsik.

Robert Mak, Wladimir Weiss, et Ondrej Duda ne prennent place sur le front de l’attaque que par l’opération d’une sorte de tradition tactique, mais tout le monde sait pertinemment qu’ils ont pour consigne de défendre, défendre, défendre, un peu contrer pour la forme quand Hamsik les gratifie d’un bon ballon, et revenir défendre.


ZAPAS

Victoire inaugurale, par ko debout cette fois, du Nad Tatrou Sa Blyska face à l’hymne VauxhallVodafoneReebok des Anglois, sous les yeux chassieux de consanguinité de leur souverain futur, chauve à trente ans, un prénommé William.

Comme chacun le suppose, le reste du match fut mené par les Saxons du début à la fin, et comme chacun en avait le pressentiment, la partie dans son ensemble fut parfaitement inintéressante.

Comprenant rapidement l’importance toute relative de bouter l’Anglois hors de France, la Repre s’est recroquevillée telle le cochon malade, et a cherché un abri le temps que la tempête se calme. L’inefficacité achevée de nos contres ne laissa que des miettes aux avants, mais que cela n’efface point la preuve évidente que nos adversaires étaient comme pétrifiés face à la fureur slave de Marek Hamsik et Wladimir Weiss. Ces deux là furent donc surveillés comme le Will Grigg sur le feu.

La défense est à créditer de miracles successifs face aux assauts britons, Marek Hamsik a fini avant-centre, la Repre n’a pas refusé le jeu, mais a tout de même sacrément cadenassé, bien aidée par l’adresse parfumée de trop nombreuses pintes de bières de ses adversaires. Un tel plan de jeu victorieux valait bien une fête éhontée au coup de sifflet final, car cette sélection entre dans l’histoire de la grande Slovaquie comme la première à se qualifier pour une phase à élimination directe dans un Euro organisé dans un pays francophone. Formidable outil statistique que le n’importe quoi !


POTZNAMKY

Pan Kozacik, outre sa Raie historique (quoique fort critiquée par pan Rudi Garcia, et ce à raison car il tarda fort à sortir), a livré un match plein, comme disent ces ivrognes de Hongrois. La beauté de ses arrêts s’ajoutant à la vaillance de ses sorties lui valent bien son 4/5.

Pan Pekarik a formidablement répondu aux nombreuses critiques des observateurs grâce à cette partie dorée à l’or fin. La subtilité de ses interventions défensives a presque pris ombrage de ses qualités offensives soudainement retrouvées, nous plongeant dans une joie extatique (bien que chaste) à chaque prise de balle. Lui aussi mérite bien son 4/5.

Pan Skrtel n’a pas oublié les vertus de la charge virile sur le Saxon boudiné, mais ce fut parfois au détriment d’une certaine célérité, comparable à du plomb dans une paire de charentaises. La résistance qu’il a réussi à opposer aux troupes pseudo-royales le gratifie tout de même de 3/5.

Pan Durica s’est lui aussi comporté en vrai Slave, discipliné et courageux, ce pourquoi il écope à son tour de 3/5.

Pan Hubocan n’a pas beaucoup pesé sur le couloir droit anglois, quand bien même d’aucuns l’ont bien vu courir. Son influence sur le jeu et ses fréquents manquements défensifs ne lui valent pour autant pas mieux que 2/5.

Pan Pecovski a lui aussi subi l’autoritarisme d’hégémoniques libéraux. Entre soulager la défense à la manière d’un paysan ivre mort ou soutenir les offensives au même rythme que l’âne lui aussi ivre mort dudit paysan, il n’a su choisir, ce qui lui rapporte la note modique de 2/5.

Pan Hamsik a souffert des directives quelque peu prudentes de son maître à jouer. Quand bien même son talent a une nouvelle fois éclaboussé la rencontre de la lueur de mille galaxies, sa position inhabituellement basse a donné à sa prestation les contours d’une trouble nébuleuse ; mais que cela ne le prive pas d’un juste 3/5.

Pan Kucka a lui joué son rôle avec plus de réussite que son jumeau de crête, mais toujours moins d’élégance, c’est évident. Bien en jambes, il a fait tourner à l’aigre quelques attaques des mangeurs de pudding, et ses projections ont même laissé les traces d’une mauvaise digestion au fond des shorts immaculés de ses adversaires. Rien que pour cet exploit, il reçoit un généreux 3/5.

Pan Mak a en quelque sorte donné dans l’habituel, pour parler comme un observateur avisé qui aurait connu ce joueur inélégant et par bien des aspects fort limité avant cet Euro. La Slovaquie n’a probablement pas mieux à offrir à son attaque pour qu’il se retrouve à cette place…gratifions le donc d’un 2/5 qui devrait lui rappeler qu’il devra bientôt mieux faire.

Pan Weiss a une nouvelle fois fait étalage de toute sa maîtrise tactique, que certains esprits goguenards ont osé qualifier de « belgeoïdale ». Espérons que Pan Pauwels ne viendra pas à son tour commenter ses performances. Celle-ci lui a valu 2/5.

Pan Duda a rivalisé avec certains fantômes des Carpates dont les plus rationnalistes d’entre nous attendent toujours une apparition matérielle. Même son adhésion à l’immortelle âme slave semble compromise, tant il fut absent des effusions. Impossible de lui administrer plus que 1/5.

REMPLACANTSKY

Pan Svento, pan Gyomber et pan Skriniar ne sont entrés que pour faire le nombre au milieu et en défense. Le succès de leur mission ne peut néanmoins être substitué au rôle parfaitement accessoire qu’ils jouèrent, voilà pourquoi aucun d’entre eux n’est noté.

Le prochain match opposera notre fière et qualifiée Repre à la grande Allemagne, mère de toutes les patries et teutonique représentant d’un esprit pour une fois raffiné, presque semblable au nôtre. Bien entendu, la ressemblance de ce peuple avec nous n’aura de cesse de mettre en exergue l’indiscutable supériorité de l’assurance slave, et cette petite Allemagne, qui fut autrefois triomphante, rentrera chez elle se faire consoler par Angela Merkel, qui ne tardera pas à passer toute l’équipe aux contrats zéro heures. Ainsi va la vie au pays de l’ordo-libéralisme. Arrivés champions de monde, repartis une main dans le slip avec une indigestion de crottes de nez.

Zbohom !

Bratisla ToyBoy.

Bratisla Toyboy

One Comment

  1. De la part d’un expatrié au pays des halusky, ça fait plaisir de lire cette acad’. Nasdrovia !

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