Arsenal – Manchester United (1-3) : La Gunners Academy livre ses notes

C’était plus simple quand on était vraiment nuls.

22 novembre 2014. Alors que pour la première fois depuis des lustres, Arsenal domine réellement United dans un match de championnat, les Gunners encaissent deux buts en toute fin de match (dont un CSC de l’inévitable Kieran Gibbs) pour offrir une victoire inespérée aux hommes de van Gaal. Depuis cette rencontre, le rapport de force entre les deux équipes a progressivement changé. Manchester n’écrase plus Arsenal comme c’était le cas depuis une dizaine d’années, grâce à son traditionnel combo défense de fer – efficacité clinique. Traversé par une profonde crise de transition suite au départ de Ferguson, le club le plus titré de l’histoire de l’Angleterre n’affiche plus cette sérénité et cette maîtrise qui était la sienne au moment d’affronter les Gunners. Voilà maintenant quelques temps que, alléluia, Arsenal est redevenu un adversaire compliqué à jouer pour eux. Cependant, je n’ai pas choisi d’ouvrir ce papier sur le match de novembre 2014 par hasard. Certes, il marque le début d’un rééquilibrage. Mais il ressemble également beaucoup à celui que nous avons pu voir ce week-end, preuve s’il en fallait que cette équipe à tendance à constamment retomber dans de vilains travers.

Car oui, je pense qu’on peut s’accorder sur le fait qu’Arsenal a été au-dessus dans beaucoup de domaines samedi soir à l’Emirates. L’équipe de Mourinho, une fois n’est pas coutume, n’était pas venue pour faire déjouer son adversaire. Si elle n’a pas réussi à montrer grand-chose, c’est avant tout parce qu’Arsenal les en a empêchés. Peu d’occasions nettes de leur côté, peu de frappes, de grosses difficultés à sortir des ballons proprement, une défense acculée… On a été au-dessus dans le jeu, dans l’intensité, dans beaucoup de duels. On commence enfin à prendre des tirs à l’extérieur de la surface. Il y a eu une réaction d’orgueil, les mecs n’ont rien lâché , jusqu’au bout. Bref, il y a eu de belles choses. Donc oui : 33 frappes, une possession écrasante, un de Gea christique, des penalties oubliés… Certes. Mais. Parce qu’il y a forcément un « mais », vous vous en doutez, vu qu’on a paumé.  On pourra souligner tout le positif du monde, empiler les stats, déclarer qu’il y a clairement du mieux dans le fond de jeu, qu’on a dominé ce match de la tête et des épaules, qu’on a mis United dans le rouge… Des affirmations probablement très vraies. Mais tout ça n’a aucun sens, aucune finalité, si on est incapables d’être au niveau aux deux extrémités du terrain.

A regarder de préférence avec le son de Benny Hill dans les oreilles.

via GIPHY

Avec des performances aussi médiocres devant les cages adverses et devant les nôtres, comment peut-on oser réclamer autre chose qu’une défaite ? Manchester, c’est peut-être plus ce que c’était. Mais ça reste une grosse équipe, blindée de joueurs capables de nous crucifier si on leur en donne l’occasion, menée par un type qui s’est fait le chantre de l’efficacité. Et tout ce qu’on trouve à faire, c’est leur donner deux pions pour se mettre dans la position la plus défavorable qui soit au bout de dix minutes, surtout face à une équipe de Mourinho ?! Comment peut-on espérer autre chose qu’une défaite ensuite ? Je veux dire, on ne parle que des arrêts monstrueux du gardien adverse, commençons par corriger ce qui n’allait pas de notre côté, le nombre d’occasions gâchées, de tirs foireux, de passes approximatives. Alexis qui tire sur de Gea à 70 centimètres de la ligne avec un gardien au sol. Xhaka qui loupe le cadre face à un but ouvert, avec un ballon parfait au point de penalty. Ces corners stériles par grappes, ces louches atroces par dizaines. Alors oui, on a été bons et d’un côté, je suis vraiment heureux de le voir faire ce match-là plutôt qu’une énième prestation amorphe et sans saveur. Mais non, ce n’était définitivement pas suffisant.

 

CECH : 4/5
Je vois pas bien ce qu’il aurait pu faire de mieux sur les buts : un ballon entre les jambes, un autre poteau rentrant, un dernier où il est abandonné. A côté de ça, il sauve un duel face à l’autre danseur de tecktonik de Lingard en deuxième période. Solide.

MUSTAFI : 0/5
J’ai pour habitude de ne pas noter les mecs qui ne jouent que quelques minutes. Mais là, je vais faire une exception. Parce que réussir à être un si gros tocard en si peu de temps, ça tient quand même du prodige. Le mec donne des buts et n’assume pas. Voilà. Donc défense poulet sans tête sur le premier, carrément offrande sur le deuxième et ça fait mine de boiter derrière. Deux matchs corrects, et boum, on repasse en mode claquettes-chaussettes-bradwurst. L’illustration parfaite de son instabilité chronique

MONREAL : 1/5
Ouais, bah, ça s’est moins vu au global mais il s’en sort pas mieux que son camarade au prénom étrange. Il a suivi le ballon comme un clébard pendant tout le match, sans tenir compte des quelques mecs en noir qui couraient partout.

KOSCIELNY : 0/5
Nan, là, je peux pas mieux. Je l’aime d’amour, mais là le Kos, il nous met dedans jusqu’au trognon. La passe qui amène le premier but est suicidaire et il est d’une naïveté surprenante sur le troisième, croqué par un Pogba esseulé qui n’attendait qu’une seule chose : qu’il se jette. Alors ouais, derrière, il a sonné la charge, il est monté dans la surface et dans les duels, il a tout donné. Mais ses erreurs (très inhabituelles) nous coûtent beaucoup trop cher.

BELLERIN : 3/5
C’est beaucoup passé par l’axe samedi soir et on a vu assez peu de dédoublements et de centres de la part des deux pistons. Mais il a eu le mérite de proposer des solutions et du soutien, sans trop s’exposer à l’arrière. Il décoche une très bonne frappe en première période notamment mais n’a pas eu d’impact que ça.

KOLASINAC : 3/5
Même sanction que pour son équivalent maigre et chevelu. Il a beaucoup servi de relais à Alexis dans les combinaisons, sans vraiment être servi en retour. Un match utile, mais pas forcément percutant (et c’est moyennement de sa faute).

XHAKA : 1/5
Je suis très inquiet pour la suite. Il est toujours aussi mauvais dans les duels mais en plus sur ce match, il croque une occasion en or, sur son pied gauche qui plus est, avant de mimer un air-marquage du plus bel effet sur le troisième but. Wilshere a une carte à jouer. Et même Cazorla sur une jambe pourrait en avoir une aussi.

RAMSEY : 4/5
A l’image de son match contre Tottenham, un vrai bon match de 8. Enormément de volume de jeu, des transmissions plus appliquées et un apport offensif non-négligeable. Sa passe décisive pour Lacazette est juste folle, dans l’intention que dans l’exécution. C’est chouette de le revoir jouer simplement.

ÖZIL : 4/5
Après ses très bonnes performances face à Tottenham et Huddersfield, j’attendais cette troisième rencontre pour le jauger. Verdict : il y a bien quelque chose qui a changé chez Mesut. Peut-être son envie de partir. On le saura très vite. Mais il a encore été à l’origine de quasiment toutes les actions dangereuses côté Arsenal et surtout on l’a encore vu faire des replis de plusieurs dizaines de mètres. Un autre homme.

ALEXIS : 2/5
Sauve sa note grâce à sa passe décisive et à son côté Lapin Duracell. Pour le reste, c’est goulag. A quel moment dans le football, ça a été une bonne idée les louches ? Qui plus est, les louches au-dessus d’une défense regroupée ? C’est quoi, c’est une connerie du Barca encore ? Ils en auront fait du mal au football, ces cons-là. Au bout de sa 84e tentative, je me suis dit qu’il avait réalisé un rêve et qu’il s’était greffé le cerveau d’un de ses chiens.

LACAZETTE : 4/5
Encore un match kingsize du petit Alexandre. Même face à une défense recroquevillée sur ses buts, il a su trouver des espaces et se procurer les meilleures occasions du match. Bon, derrière, y avait de Gea et ça, le petit Alexandre n’y pouvait rien.

 

IWOBI (pour Mustafi à la 15e minute) : Il remue beaucoup, mais le dernier geste n’est toujours pas assez décisif. Une bonne position de frappe au milieu de la surface, ça doit faire but et pas plexus solaire du gardien.

WELBECK (pour Xhaka à la 70e minute) : Empilons les attaquants, chouette idée Arsène, même si Dannymichel n’a aucune utilité sans espace derrière la défense. Bon, en face, c’était tellement zoubida qu’il aurait pu se procurer un penalty sans souci en fin de match.

GIROUD (pour Kolasinac à la 76e minute) : Pas forcément le contexte dans lequel il s’exprime le mieux (pas de centres, forêt de jambes). Logiquement peu en vue donc.

 

Bien ouèj Arsène, le petit coup de poker menteur sur la blessure de Lacazette. Moins bien ouèj le coaching offensif façon Jenga.

Le Real Madrid. Soit disant le plus grand club du monde. Pas foutus d’envoyer un document en temps et en heure ces cons-là…

J’aimerais vous annoncer QU’ON PARLE D’UN DEPART DE THEO WALCOTT CET HIVER.

via GIPHY

La blessure diplomatique de Mustafi, même moi, j’ose plus la tenter en loisir depuis que j’ai treize ans. La rshouma.

Paul Pogba. Un homme qui prend l’arrière du genou de Bellerin pour une piste d’atterrissage idéale pour ses 85 kilos de barbaque, mais qui trouve le moyen de protester. L’étonnement est total.

J’aimerais qu’on parle du match de Lukaku. Voilà.

Et puisque j’ai vraiment pas envie de vous giffer le bombardement sur la cage de de Gea, je vous colle plutôt le lien officiel du player d’Arsenal (apparemment c’est une fierté d’envoyer 33 frappes et de marquer un but, on en a même fait une vidéo). Si jamais il vous demande une inscription, sachez que c’est entièrement gratuit et que ça vous permettra d’accéder à toutes les vidéos de l’Arsenal Player, y compris les résumés de match et les replays entiers des rencontres : https://player.arsenal.com/video/all-33-our-shots-against-manchester-united

Et allez lire l’avis d’en face. Ils se rendent pas compte à quel point ils sont positifs envers leur équipe de bras cassées. Mais je les aime quand même.

Le Père Fidalbion

J’ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c’était la première équipe disponible dans l’ordre alphabétique. Ce jour-là, j’aurais mieux fait de me péter une jambe.

16 Comments

  1. Plus je vois Pogba et Bellerine et plus je me dis que défendre aussi mal ça mérite de prendre une semelle.

  2. « Manchester, c’est peut-être plus ce que c’était. Mais ça reste une grosse équipe, blindée de joueurs capables de nous crucifier* »

    *Jesse Lingard n’est pas inclus dans le pack, à la base.

    Ensuite pour avoir revu le début du match, Arsenal se prend surtout le gros pressing innattendu de United, vous ne donnez pas les buts tant que ça, c’est juste qu’on démarre vraiment mieux.

    Enfin Je reste persuadé que le rouge de Pogba c’est n’importe quoi tant Bellerin défend n’importe comment à moitié par terre. C’est vraiment un geste dans l’élan.
    Du coup pas de Pogba pour le derby, vous faussez le championnat, merci beaucoup, Wenger démission.

    • Ben moi je trouve que c’est le même début de match(pressing) que contre Liverpool, mais le milieu de terrain de MU à la ramasse et sans Pogba pour dynamiter à obligé l’équipe à se replier.

    • 1) Jesse Lingard non. Par contre les deux types qui lui font les passes en or pour qu’il la pousse au fond, ça correspond déjà plus au profil.

      2) Alors j’aurais eu tendance à être d’accord avec toi à première vue. Et puis après j’ai regardé la gueule du pressing : seule la première ligne est concernée et encore, pas totalement. Genre sur la cagade de Mustafi, le mec a au bas mot deux solutions.

      3) Nan mais pas toi, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait. Il a vingt fois le temps de retenir son pied. Le mec arrive crampon en avant. Quant à mettre ça sur le dos de Bellerin… Donc les mecs qui sont par terre suite à un tacle, on a le droit de leur marcher dessus si je suis votre raisonnement M. Swiffer? Quelle indignité.

  3. « J’aimerais qu’on parle du match de Lukaku. Voilà. »

    Avec plaisir. En bien ou en mal ? Il sait tout faire, de toute façon.

    • Je me suis probablement mal exprimé. « Voilà », c’était pour dire qu’on avait fait le tour de la question.

  4. Le football  »poulet sans tête » c’est Blaisou. Alors il veut bien prêter son animal totem, mais faut savoir le maîtriser. Et Mustafi n’y arrive pas. Faut être un vrai charo, lui il est à l’autre bout de la chaîne alimentaire.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *