La Bosse Niaque Akadémie vous présente ses 23

 

 

Hein ? Quoi ? Qu’est-ce que tu fabriques ici mon petit bonhomme ? Tu t’es perdu ? Allez, va jouer aux billes et laisse nous travailler, on a encore quarante mètres de câblage à arracher. À moins que tu sois intéressé pour nous acheter le cuivre ? Non ? T’as pas besoin d’un foie ou d’un rein par hasard ? Ah. Tu veux qu’on te parle des Zmajevi ? Fallait le dire tout de suite gamin, assieds-toi sur le rail le temps qu’on finisse, on va te raconter.

Faudrait d’abord qu’on se présente, on voudrait pas passer pour des rustres. Mabrouk Oustachibegic et Moitmoit Batarevic, pour te servir mon petit. On n’est pas frères mais c’est tout comme. On a été élevé ensemble par une vétérinaire mustinologue (ça veut dire qu’elle était spécialisée dans le blaireau) de Sarajevo. Alors on se connaît bien tu vois, on a toujours été ensemble. Maintenant on fait dans le métal, on défouraille la ferraille et on la revend.  Mais on fait dans l’humanitaire aussi. Dans le sens où si t’as besoin d’un truc niveau corps humain, on peut trouver aussi. D’ailleurs c’est quoi ton groupe sanguin ? Non, non pour savoir. On va te laisser notre carte au cas où. En ce moment on a plus d’offres que de demandes, rapport à tout ce qui est inondations tu vois. Ce sont les pires depuis 120 ans, alors pour nous tu penses, c’est la poule aux oeufs d’or. On passe avec la carriole après la décrue et on n’a qu’à se baisser. 

Hein ? Ah oui, les Zmajevi. Quoi ? Ah, t’es pas d’ici, c’est vrai. Zmajevi, ça veut dire les Dragons. C’est rapport à Husein-capetan Gradascevic, le premier type qui nous a donné l’indépendance, contre les Turcs vers 1831. Il était surnommé comme ça, on sait pas trop pourquoi. C’est donc une jeune sélection tu sais, depuis qu’on s’est affranchis de ces salopes de Serbes en 1992. Enfin bon, on a été associé à la FIFA qu’en 1996 et à l’UEFA qu’en 1998. On leur en veut pas, on sait ce que c’est que le bizness. Les gars ont juste voulu être sûrs que les Serbes allaient pas nous envahir de nouveau avant qu’eux-mêmes attaquent la paperasserie.  Time is money.

Comment ça se prononce ? Ben comme ça s’écrit, bon sang ! C’est juste vous qui savez pas prononcer les ‘j’ comme il faut.  Oui, en bosnien on le prononce pas pareil. En serbe, on le prononce comme en bosnien, et en croate aussi. ça fait 3/1 pour nous, sans même avoir fait appel aux autres langues slaves, ce qui montre bien que c’est nous qui avons raison. On s’éloigne un peu du sujet, justement. Cherche pas, de toute façon dans le coin tu finis toujours par trouver.

Passons du ‘j’ à la joie du jeu

L’équipe

Et oui, c’est la première fois que la Bosnie et l’Herzégovine seront représentés à une grande compétition internationale. ça déjà, c’est plaisir. Mais s’y qualifier alors que ce n’est pas le cas des Serbes (ces enculés), des Monténégrins (même genre d’enculés), des Albanais, des Slovènes (ces enculés de riches), des Turcs, des Macédoniens (non on déconne, on s’en fout nous aussi des Macédoniens), et des Israëliens (liste non-exhaustive) c’est pour nous très grande joie.  Oui, certes, les Croates sont qualifiés, mais nous n’excluons pas la possibilité de les voir éliminés dès le premier tour, soit avant nous, pour prolonger la fête.
Alors certains diront qu’on est la seule équipe qualifiée à vivre sa première coupe du monde et que ça devrait nous inciter à la prudence et patati et rui pataca. A cela nous répondons clairement : « ta gueule ».

On sait bien qu’on assiste pas à un dépucelage organisé par Papa qui t’emmène aux putes et qui commence à faire de toi un homme. Même si on sait bien qu’il y en a qui voudraient qu’on les appelle Papa. On a nous aussi remarqué qu’il n’y avait pas de filles à la grande sauterie mondiale que ces messieurs organisent. Mais après avoir échoué deux fois consécutivement en barrages, vu la tronche de notre équipe et de ses stars, vu le charisme de notre guide à nous : le grand Safet; vu enfin la présence de l’Iran dans notre groupe, on se permet de se placer sans ta permission comme les outsiders parfaits de ce groupe.

Pour rappel, ou pour découverte parce qu’on veut bien croire que t’as pas suivi nos résultats… Non mais t’inquiètes, on t’en veut pas. On n’a pas suivi ceux de la France non plus. De toute façon, le seul Français qu’on connaît, c’est BHL. On n’est pas sûr que ce soit le plus représentatif. Enfin bon. Voilà nos résultats :

Liechtenstein-Bosnie 1-8
Il n’y a plus de petites équipes qu’ils disent. N’empêche qu’il y a de sacrés petits joueurs.
Bosnie-Lettonie 4-1
Il n’y a plus de petites équipes qu’ils disent. Mais il y a quand même des petits pays.
Grèce-Bosnie 0-0
Oui, il y a aussi des petits scores.
Bosnie-Lituanie 3-0
Dommage, ça ne nous a même pas donné l’opportunité d’apprendre le nom d’un footballeur lituanien, alors que c’était Gorkss qui avait marqué pour les Lettons.
Bosnie-Grèce 3-1
De mémoire, c’est ce jour-là qu’on a commencé à comprendre qu’on n’allait pas se faire éliminer en barrages cette année.
Lettonie-Bosnie 0-5
comment on dit ‘manita’ en bosnien ? Utilise le langage des signes si t’as un doute. La main dans la gueule, c’est universel.
Bosnie-Slovaquie 0-1
De mémoire, c’est ce jour-là qu’on a recommencé à croire qu’on allait se faire éliminer en barrages.
Slovaquie-Bosnie 1-2
Hahahahaha. Notre vengeance était terrible.
Bosnie-Liechtenstein 4-1
Une petite formalité pendant que les Slovaques et Grecs s’entre-tuaient pour la 2e place.
Lituanie-Bosnie 0-2
Toujours pas pour le footballeur. En plus nos supporters se sont gourés de pays… Ils sont allés en Lettonie à la place. Heureusement que la coupe du monde était pas en Uruguay, sinon ces cons-là auraient visité Asuncion guidé probablement par les journalistes de l’Equipe magazine.

On te passe les matches de préparation, qui ne nous intéressent pas vu qu’on les dits « amicaux ».  Donc, ce n’est pas notre truc. Et on passe à ce qui t’intéresse direct : la liste.

 

Les 23 gars

 

Gardiens : 

Asmir Begovic (27 ans, Stoke City) : le numéro un au poste, auteur d’une bonne saison avec Stoke, et surtout de ça.

Jasmin Fejzic (28 ans, VfR Aalen) : titulaire d’un club qui végète en milieu de tableau de deuxième division allemande, il ne devrait pas jouer beaucoup, comme un symbole de ventre mou.

Asmir Avdukic (33 ans, Banja Luka) : un type sympa qui a accepté de délaisser sa ferme au pays pour jouer les papas poules du groupe. C’est notre Micka Landreau à nous, tu vois.

 

Défenseurs :

Emir Spahic (33 ans, Bayer Leverkusen) : le bel homme capitaine, titulaire en Allemagne, défenseur rugueux au solide jeu de tête et au meilleur jeu de coude de toute l’Europe. Un roc. En plus tranchant même.

Toni Sunjic (25 ans, Zorya Luhansk) : grand gaillard de plus d’un mètre 90, évoluant dans un club obscur d’Ukraine, ou de Russie on sait plus trop maintenant, il est un second choix intéressant pour Safet.

Sead Kolasinac (21 ans, Schalke 04) : une bonne saison avec son club, où il réussit à s’imposer en deuxième partie. Plus un profil défensif pour bloquer son couloir, ce petit jeune pourrait faire parler de lui en temps et en heure.

Ognjen Vranjes (24 ans, Elagzispor) : pas toujours titulaire chez le 16eme et premier relégué du championnat turc, il compte peu de sélections (14). Ne devrait pas ou peu être aligné.

Emir Bicakcic (24 ans, Eintracht Brunswick) : il a signé à Hoffenheim, en manque cruel de défenseurs dignes de ce nom. Le petit Emir devrait être aligné en défense centrale au côté du Grand Emir.

Muhamed Besic (21 ans, Ferencvaros) : petit jeune évoluant en Hongrie, qui est là pour découvrir la compétition de haut niveau. Formé à Hambourg, il a une très bonne technique pour un latéral et Safet le suit depuis pas mal de temps.

 

Milieux :

Miralem Pjanic (24 ans, AS Rome) : ah Miralem ! On pourrait en parler pendant des heures de notre petit génie. Auteur d’une saison pleine avec la bande à Rudi, il a déployé sa technique impressionnante et sa vista hors du commun pour distiller ces joies de passes qui nous régalent les yeux à chaque fois. On t’aime Mal (petit).

Izet Hajrovic (22 ans, Galatasaray) : a ciré le banc turc pendant toute la saison (2 matches), mais devrait toutefois évoluer soit en milieu gauche avec Besic ou bien en ailier, vous admirerez sa polyvalence et son bon jeu de passes.

Mensur Mujdza (30 ans, Fribourg) : va plutôt évoluer plus bas, en latéral. Il fait des centres corrects et ne rechigne pas à courir. Espérons juste qu’il ne se pète pas quelque chose, comme il a l’habitude de le faire environ toutes les 5 minutes. Quoi que pour notre bizness parallèle, il pourrait devenir un excellent client. On a demandé à notre cousin Igor de lui laisser notre carte. Il nous fera également partager comme à son habitude ses petits selfies d’ado prépubère.

Haris Medunjanin (29 ans, Gaziantepspor) : à part avoir un prénom de pain de mie, il a pratiquement joué tous les matches avec le 15eme du championnat turc, sans forcément toujours briller. Il ne sera vraisemblablement pas titulaire.

Senad Lulic (28 ans, Lazio de Rome) : titulaire indiscutable et indispensable à la Lazio, c’est un joueur increvable et vraiment à l’aise balle au pied, qui va couvrir énormément de terrain pour décaler et parfois même scorer. Après, il faudra qu’il oublie sa saison insipide à l’image de celle de son club.

Anel Hadzic (24 ans, Sturm Graz) : il a vu sa saison pleine en Autriche récompensée par sa première sélection en mars, contre l »Egypte. Il sera sûrement là en touriste, claquettes et cocktail saucisse.

Tino Susic (22 ans, Split) : Ca vous dit rien le nom ? Eh oui, Safet, c’est son tonton à lui, rien qu’à lui. Bon, celui-ci nous dit qu’il a fait deux dernières saisons énormes. Ouais, bon. T’es son tonton à lui, quoi.

Sejad Halilovic (29 ans, Hoffenheim) : le Juninho des Balkans, avec sa frappe de grizzli mal dégrossi. Bon après il joue avec Anthony Modeste à Hoffenheim hein, deux des meilleurs sosies officiels de l’Inconstance.

Zvjezdan Misimovic (32 ans, Guizhou Rehne) : oui, il joue en Chine, mais il a fait le principal de sa carrière en Allemagne, où il est né, notamment à Wolfsburg, où il a gagné le titre en 2009, en étant titulaire. Une vieille gloire qui méritait bien un baroud d’honneur. Ou de déshonneur.

Senijad Ibricic (28 ans, Erciyesspor) : il n’a déjà presque plus de cheveux, et joue en D2 turque. L’archétype de la sexattitude. tu veux des implants, on peut t’en trouver Senijad !

AvdijaVrsajevic (28 ans, Split) : sélectionné depuis deux ans, il joue souvent avec son club, ce qui ne devrait pas être le cas avec la sélection, il y a beaucoup trop de monde devant lui. Désolé, Samba (garçon).

 

Attaquants : 

Vedad Ibisevic (29 ans, Stuttgart) : qu’il est loin le temps où tu traînais comme une âme en peine sur la pelouse du parc. Maintenant Vedo est un attaquant efficace, toujours sans fioritures mais efficace.

Edin Dzeko (28 ans, Manchester City) : il est là le Bosanki Dijamont, notre diamant à nous, avec son adresse des deux pieds, son sens du but et sa frappe de mule ! Gloire à toi ! 

Edin Visca (24 ans, Istanbul BB) : grand artisan de la remontée en division une de son club, attaquant efficace et rapide. Troisième couteau nonobstant.

 

N.B : On voudrait vous dire pardon pour le retard. Oh et puis non. Pas pardon. On a pas internet dans notre village, il faut qu’on aille à dos d’âne (un vrai âne hein, pas une bosse sur la route) à la ville pour trouver une connexion digne de ce nom. Alors ce sera envoyé en colis et reçu en décalage. À l’heure où vous lisez la présentation, on est sûrement déjà champion du monde.

 

Une bise sur le nez avec la langue, c’est la tradition au village,

Mabrouk Oustachibegic et Moitmoit Batarevic.

 

Momomo Russe

3 Comments

  1. Désolé de t’annoncer la nouvelle (quoique, tu liras peut-être les journaux avant ta prochaine connexion mensuelle à internet), mais vous n’êtes pas champions du monde.
    Vous avez été éliminé 3-0 par l’Allemagne en quart de finale, trois buts marqués dans les 5 dernières minutes. Faut dire que l’expulsion de Spahic pour coup de coude sur l’arbitre n’a pas aidé l’équipe. Certes, le pénalty du 1-0 était imaginaire, mais de là à s’énerver ainsi. C’était peut-être la vue du sang sur la double fracture ouverte tibia-péroné de Pjanic lorsqu’il se fit fracasser par Neuer lors de son face-à-face avec lui qui l’excita.
    En tout cas, quelle bralée vous avez mise à la France, on s’en souviendra longtemps !

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