Cité de Manchèsteure / Paris SGEL (1-0) – La Porte de Saint-Cloud Académie est indignée

Le camarade Trottais n’est pas content et vous le fait savoir.

 

Salut les sympathisants,

 

C’est la bouche sèche et les yeux rougis par le gaz lacrymogène que je me présente à vous aujourd’hui, avec la ferme intention de pousser un coup de gueule contre le fouteballe, contre l’État (d’urgence pas très urgente), contre la police, et contre la décision (alerte divulgâchage) de faire mourir Han Solo dans Star Wars 7.

Samedi dernier, avec les copains du Politburo, nous nous étions fait notre petit programme (commun) : on se retrouvait à République, on rejoignait la manif’ (sous la bannière CNT, pour déconner), on se foutait de la gueule de l’UNEF, on lançait des slogans cégétistes en passant à côté des chars de la CFDT, et on finissait par déboucher sur Nation, où l’on quittait tout ce joyeux petit monde pour aller voir le mâche de championnat de Paris-Saint-Germain-en-Laye dans un bar du coin, devant une bonne bière. La première partie du planning se déroula parfaitement : nous nous payâmes la tronche des écolos, nous chantâmes l’Internationale à contre-temps dans un mégaphone pour faire chier les chauffeurs de salle de la CGT, et nous collâmes même des autocollants « jml2017 » dans le dos des mecs de la fédération anarchiste. Ça faisait longtemps que je ne m’étais pas autant marré à une manifestation.

Vers 5 heures moins le quart, nous arrivâmes tranquillement à Nation, et nous nous posâmes sur un talus pour aveugler William Martinet avec un laser, histoire de se marrer avant le début du mâche. Sauf que nous eûmes à peine le temps de lui titiller la moustache, que les condés prenaient notre perchoir d’assaut et nous viraient à grands coups de pompes dans le derrière. Maurice en fit même tomber sa 8.6, donnant sans le vouloir le signal du pilonnage en règle de la maréchaussée par le contingent de black blocks qui venait de radiner dans les parages. Je pus ici constater à loisir que les bouteilles de Kro se révélaient beaucoup moins efficaces que leurs comparses de chez Heineken, et qu’une canette de bière pleine vaut parfois plus par son effet spectaculaire à l’impact qu’une bouteille de verre vide.

Nous éloignant prudemment de la zone des combats, nous observâmes la scène de loin tout en nous rapprochant du bar sur lequel nous avions jeté notre dévolu, lorsqu’une volée de grenades lacrymogènes éclata à nos pieds, nous poussant à hâter le pas vers les barrages de police qui fermaient les accès de la place. La larme à l’oeil et la gorge en feu, nous nous présentâmes devant un représentant des forces de l’ordre aux airs d’arbitre de Liguain, et lui intimâmes de nous laisser promptement passer en ces termes : « Laisse-nous sortir de ta chambre à gaz, fasciste de mes couilles. » La subtile allusion à la solution finale dut contrarier l’esprit négationniste et antisémite de cet adorateur de Soral, qui pris un malin plaisir à nous rudoyer et à nous trifouiller le fondement par pur masochisme avant de nous céder le passage. Putain d’État policier.

L’indignation qui nous habitait aurait pu se voir calmée par la perspective d’un bon mâche de fouteballe autour d’une bonne binouze, après tous ces rebondissements. C’était sans compter sur le mécréant qui sert de coach à nos beaux Bleus-teintés-de-violet (qui revêtaient aujourd’hui une liquette blanche immaculée), et qui décida de se moquer du football, et de se foutre de notre gueule en passant, en décidant d’aller en Bretagne avec une équipe de cadets. Nous crûmes rêver. Le traître avait aligné ce qui ressemblait à l’équipe type pendant un bête mâche amical de milieu de semaine, et nous infligeait maintenant le spectacle d’une tripotée de jeunes banlieusards chétifs, aux membres atrophiés par l’air pollué des Hauts-de-Seine-de-France, confrontés à onze Bretons élevés au kouign-amann et dopés au sel de Guérande. La première demi-heure à peine achevée, et nos verres depuis longtemps éclusés, nous nous résolûmes à quitter le troquet sans autre forme de procès, parce qu’on avait quand même pas traversé toutes ces péripéties pour assister à un match de U17, bordel. Plus indignés que Pablo Iglesias, Alexis Tsipras et Christine Boutin réunis, nous retournâmes donc à nos pénates, non sans oublier d’aller pisser le contenu de nos pintes sur un car de CRS laissé sans surveillance.

Le mardi suivant, alors que je sortais d’une petite sauterie organisée au siège du Parti pour fêter ma première académie publiée avec seulement cinq jours de retard, il me prit l’envie de rendre visite à mon gendre Xavier, que je n’avais pas vu depuis un bon moment. Sitôt débarqué chez lui, je le trouvais devant sa télévision, et l’accent d’Éric Di Meco me vrilla brutalement les oreilles, réveillant en moi de terribles souvenirs de l’OM des années 80. Je crus d’abord à une hallucination due à l’abus de vodka bon marché, mais je me rendis bientôt compte que PSGEL jouait à nouveau un mâche amical internatianal, et qui plus est contre les mêmes Angliches que la dernière fois.

J’étais arrivé juste à temps pour le début de la rencontre, et je constatais avec indignation que l’infâme ordure orléaniste qui nous tenait lieu d’entraîneur avait envoyé ses juniors au casse-pipe au dernier match pour mieux aligner ses meilleurs joueurs lors de ce piteux amical sans intérêt. La preuve, il s’était même décidé à se passer du chevelu de service de l’autre fois. Quand j’aurai pris le contrôle du club, je peux te dire que cet ersatz de fiotte aura son compte.

 


LA RENCONTRE


 

Le mâche débutait par une domination sans partage de nos amis saint-germanois, qui avaient revêtu leur plus belle tunique gay-friendly – sans doute une nouvelle brillante trouvaille de l’entraîneur que cette liquette noire et rose qui collait parfaitement avec l’ambiance sodomite de la soirée. Une domination qui restait cependant terriblement stérile, et voyait le cuir naviguer de part et d’autre de l’affreux 3-5-2 mis en place sans jamais que le danger soit amené près des bois manchesteréens. Il fallait attendre le quart d’heure de jeu et une phase arrêtée pour voir Paris-SGEL se montrer dangereux, sur un coup franc du mec en Z, boxé juste sous la barre par son copain Johnny Hard. Lassés de tant d’impuissance, les arrières centraux-mais-un-peu-sur-les-côtés échangèrent leurs places pour déstabiliser l’adversaire, mais reprirent gentiment leur positionnement initiale en voyant que ça ne marchait pas du tout du tout. Les minutes qui suivirent furent le théâtre de nombreuses incursions angloises dans le camp altoséquanais, notamment par le côté droit de la défense (le côté faible, comme dans tout système qui se respecte) où combinaient tranquillement l’Espingouin, le rouquemoute et l’autre gendre (après mon petit Xavier) pendant que Dardewiel tâtonnait en cherchant sa canne blanche. À la demi-heure, l’Iroquois de Patagonie profitait d’une énième erreur de relance du petit Serge pour s’avancer et obliger le goal aryen à concéder un coup de pied de pénalité, qu’il mettait à côté. C’est parfois pratique d’avoir un terrifiant nazi bouffeur d’enfants dans les cages. Juste avant la mi-temps, le claquage du Rital au milieu nous permettait de repasser en 4-3-3 avec l’entrée du petit métisse qui court partout, et donc d’enfin vraiment y croire.

De fait, le début de la seconde période nous sourit, avec notre deuxième tir cadré de la rencontre, encore une fois sur une bonne frappe de mule du Yougo de devant, sur un coup franc de nouveau détourné par le blondinet d’en face. À l’heure de jeu, on fit entrer un beau garçon tout maigre à la place du noir barbu qui ratait tout. L’entraîneur se décidait donc enfin à laisser leur chance à de jeunes joueurs, après tout les mâches amicaux sont faits pour ça, merde. Malheureusement, à un quart d’heure de la fin, on se faisait une nouvelle fois baiser par le petit rouquin qui court partout, mais pas en rond comme notre petit métisse à nous, et qui se retrouva seul et pas trop dérangé à l’entrée de la surface pour placer sa petite praline du mâche qui laissa coi notre grand aryen. 1-0. Une quinzaine d’éprouvantes minutes plus tard, le tour était joué, on rentrait chez nous avec des hématomes plein le postérieur. C’était bien la peine de mettre l’équipe première, tiens.

 


LE SOVIET SUPRÊME DE CRÈME À LA EDGAR


 

Kévin Piège (Harald Schumacher/5) : Tant qu’ils font pas d’énormes boulettes, je ne sais pas vraiment juger les gardiens de but, d’autant plus lorsqu’ils sont nazis.

Dardewiel (1-/5) : J’ai connu un mec qui jouait à droite une fois, il avait dix fois plus de classe.

Le petit Serge (Auriez-vous l’amabilité de ne plus relancer dans l’axe, merci/5) : Positionné d’abord sur le côté droit de la défense à trois, il a été baladé sur le côté gauche, puis au centre, avant d’être repositionné à nouveau côté droit, là où sa capacité à relancer dans les pieds de l’adversaire trouvait son champ d’expression idéal.
Remplacé à la 61e par le beau grand Xavier, qui a beaucoup apporté à ce qu’on m’a dit mais moi j’ai pas du bien regarder du coup.

Thiago « S’il y va » (Je le note sur 10 parce qu’il a – encore – joué pour deux/10) : « S’il y va, je suis dans la merde », pensait le petit Thiago chaque fois que son voisin de droite, puis de gauche, puis à nouveau de droite faisait mine d’aller défendre.

Le Maghrébin aux cheveux gras (3-/5) : À gauche, puis à droite, puis re- à gauche, puis en n°6, puis défenseur central, il faudra qu’il finisse par choisir son camp, mais à tout prendre, je préfère un gaulliste intelligent qu’un communiste con. Ou même un Beur un peu limité plutôt qu’un hippie anarchiste de mes deux.

Maxbien (2+/5) : 53e minute, tout son match résumé en une action : il récupère une caricature de centre de Dardewiel au troisième poteau, combine avec Cavani, s’infiltre magnifiquement mais est servi trop tard, si bien qu’il se trouve hors-jeu au moment d’adresser un beau centre en retrait au petit Lucas. Ou comment courir dans le vide durant tout le match après des transversales adressées au poteau de corner.

Thiago monta (Barre de faire/5) : On dit à Thiago de monter sur le rouquin d’en face, et Thiago monta… Mais ne se pressa pas pour redescendre défendre. Les haltères qu’il se trainait dans chaque poche ont fini par avoir raison de lui avant la mi-temps.
Remplacé à la 44e par le petit Lucas (Spoutnik/5), qui aux dernières nouvelles tournait toujours sur lui-même dans la surface anglaise.

Adrien au rabais (2-/5) : Il a essayé de faire du Blaise, il a couru partout comme Blaise, il a donné des coups et en a pris beaucoup comme Blaise, mais il a aussi eu le même apport dans le jeu que Blaise. Des montées à contre-temps, quelques ballons grattés pour autant de perdus, un placement rarement judicieux, et un repositionnement en 6 à la fin du match qui coûta le but manchestérien (Sors sur le porteur, putain !)

L’Ange noir et rose (?/5) : Je peux pas dire, je l’ai pas vu.

Eddy Avanie (Stakhanov du pauvre/5) : Le camarade Eddy s’est crevé à la tâche, a essayé de défendre comme quatre, a tenté de suppléer ses milieux en allant presser le rouquin sur le but, a parcouru tout le front de l’Est de l’attaque, et s’est même proposé pour faire des heures supplémentaires, mais à force de courir trois plans quinquennaux à la fois, on en achève aucun.

Le Z (Entre l’alpha et l’oméga/5) : Ses deux coups francs ont constitué l’une des seules sources de danger sur le but des Rosbifs. Mais c’est à peu près tout ce qu’il y a à retenir de la performance de mon futur commissaire politique. Ses camarades auraient pourtant bien eu besoin qu’il les recadre et donne l’exemple. C’est pas avec des oulala et des blagounettes qu’on a repris Stalingrad.

 


LE SECRÉTAIRE DE SECTION


 

Ce sale blanc (blanc comme un tsariste, et pas comme un Michael Jackson, entendons-nous bien) nous a mis dans le pâté à partir du moment où il a tenté un 3-5-2 totalement contre-productif. Dans un mâche amical comme celui-là, n’aurait-il pas mieux valu lancer quelques jeunes plutôt que d’aligner des pros qui n’en avaient manifeste(du parti communiste)ment rien à foutre ?

Je vous laisse méditer là-dessus les enfants, et je vous retrouve dès que possible pour, je l’espère, un mâche avec un peu plus d’enjeu, bordel à queue.

 

La bise anale,

Georges Trottais

 

Je dédie cette académie au gentil gars de la CNT qui m’a donné des gouttes pour les yeux alors que je chialais ma lacrymo sur la place de la Nation. Merci camarade, on porte pas le même maillot, mais on a la même passion.

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

11 Comments

  1. Si la prochaine académie est du même ordre je vais commencer par trouver les gay-firendly du PSGEL bien sympathique. Et merdre. Oi

  2. Camarade, tu es tout simplement génial. Le secrétariat général à vie ne serait pas assez pour louer ton talent.

  3. Oui, et avez-vous gagné avec Ibrahimovide ou Zlatan Inactivovitch ?

    Non, parce que vous avez perduuUUUuuUUUUuuUUU

  4. Académie très agréable à lire, j’espère qu’elle aura une bonne longévité. Mais on voit très bien que vous êtes un infiltré avec cette profusion de mots mis en gras, signature de l’académie du Red Star. (Je n’ai d’ailleurs jamais compris, soit dit en passant, cette habitude de mettre en gras dans un texte littéraire; à la rigueur dans un formulaire ou texte utilitaire où l’on veut que les mots-clé sautent aux yeux…)

    • Tu as bien raison, camarade G. J’ai moi-même regretté à posteriori d’avoir cédé aux sirènes de l’engrassement si cher aux Redstarmen. Mais ma première académie m’avait donné l’impression, là encore a posteriori, d’un bloc assez indigeste. J’ai donc usé de ce subterfuge pour rendre celle-ci plus dynamique, bien qu’elle n’en avait peut-être au final moins besoin que la précédente. Je ne m’en excuse pas parce que faut pas pousser non plus, mais je prends note de ta remarque.

  5. Ah ouais quand même, une référence aux Aristochats, comme un symbole.

  6. Putain je viens de lire l’acad en matant un match de volley à la télé et étant bourré au chardonnay/chenin, j’peux pas être plus gay friendly, en tout cas ça m’a permis de kiffer cette acad, j’espere qu’ajeun les prochaines acads seront aussi bonnes !

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