Costa Rica-Panama (1-0) : la Ticos Académie franchit

Etre laids mais passer les tours quand même. La perspective d’être détestés comme des Portugais m’excite un peu, je l’avoue.

Salut mes amours,

Vite vite, hâtons-nous de raconter ce quart de finale qui jalonne notre route vers le trophée suprême de la zone Amérique-du-Nord-Amérique-centrale-Caraïbes. Pas le temps de vous raconter ma vie, je suis passée en coup de vent récupérer deux trois choses au labo et profiter de l’ordinateur de l’Etat pour vous livrer cette académie.

Le match

A notre saga estivale « un jour, un blessé » s’ajoute le chapitre Rodney Wallace, cinquième de nos joueurs à déclarer forfait en cours de tournoi. Malgré l’arrivée de trois renforts autorisée après ce premier tour, notre sélection devient de plus en plus boiteuse. Pour passionner un peu plus les débats, El Machillo subit une rétractation testiculaire assez impressionnante et bazarde les expérimentations des matchs précédents pour revisser son 541 solide comme une boule en béton armé.

Pemberton

Salvatierra – Gonzalez – Waston – Acosta – Calvo

Ruiz – Guzman – Tejeda (Gutierrez, 86e)  – Ramirez (Rodriguez, 65e ; Segura, 77e)

Ureña

 

Le Costa Rica domine, mais le Panama se procure les meilleurs mouvements. Au final, sans aucun tir pour nous, la première mi-temps est ennuyeuse comme une conférence sur la géologie méso-américaine comparée des boules en pierre médiévales (qui serait donnée par une autre que moi bien entendu ; quand c’est moi qui m’expose, mes étudiants en redemandent).

En dédommagement du spectacle enduré, les Ticos offrent au rare public ce petit gag inédit :

 

Ragaillardis par ce moment comique, mes chéris se réveillent après la pause. Tejeda et Guzman cessent de jouer sur la même ligne pour offrir un peu plus de solutions dans la construction, d’où quelques belles occasions. Le Panama parvient ensuite à se défaire de notre emprise sans inquiéter notre défense, à quelques exceptions près. A la 77e minute, un joueur se distingue de la médiocrité ambiante, en choisissant de devenir absolument nul : coup-franc concédé, carton jaune, et magnifique but contre son camp sur ledit coup-franc, le Panaméen Anibal Godoy est indiscutablement l’homme décisif de ce match. L’ouverture du score acquise, nous bétonnons encore davantage. Un second face-à-face manqué par Ruiz, quelques moments de pression sur notre cage, et nous quittons le terrain sans gloire, mais avec le billet en poche pour les demis.

La plus belle action du match est à 3’00, le très joli CSC à 4’05.

 

Les notes :

Patrick Pemberton (4/5) : Sûr devant sa ligne, solide pour offrir son corps aux Panaméens lancés comme des running-backs en chaleur.

Giancarlo Gonzalez (4/5) : Rigoureux, avec en prime ce petit tacle en pleine surface qui m’a fait frétiller d’aise dans mes dentelles.

Kendall Waston (3/5) : Appelé au secours pour faire ressembler notre défense à quelque chose de pas trop hideux. Sobre, distingué et efficace, un peu comme moi.

Jhonny Acosta (3/5) : Oui, son « h » se promène au gré des écritures, entre nom de naissance et nom d’usage. A l’image d’ailleurs de son poste, passant souvent de troisième défenseur à troisième milieu de terrain sur nos phases offensives.

José Luis Salvatierra (3/5) : Lui, s’il continue, je vais finir par me méprendre et le trouver très bon. Je ne suis pas certaine que ce soit un indicateur flatteur du niveau de cette Copa Oro.

Francisco Calvo (3/5) : Honnête match du central reconverti en latéral droit. Pas le genre à m’emporter en pâmoison dans le souffle épique de ses chevauchées, mais de toute façon les élans offensifs n’étaient pas au programme.

David Guzman (3/5) : Pusillanime et laborieux en première mi-temps, un peu plus entreprenant ensuite. Eduardo, mon assistant, a qualifié son coup-franc déposé sur la tête de Godoy de (je le cite) « gros coup de chatte juteuse » : j’ai aussitôt corrigé ce vulgaire de quelques coups de martinets bien placés. Non qu’il ait forcément tort, mais ce langage m’horripile.

Yeltsin Tejeda (2/5) : Pas d’erreur, mais une contribution au jeu trop limitée à mon goût, sans même compenser en coupant un adversaire en morceaux. Qui aime bien châtie bien, et j’aime beaucoup mon Tejedounet.

Remplacé par Gutierrez (86e) : Cinq défenseurs et deux milieux offensifs, cela risquait de faire un peu juste pour tenir la fin de match. Oscar Ramirez a donc pris soin de passer à six défenseurs.

Bryan Ruiz (2/5) : Jésus aussi, on lui demandait des miracles, mais au moins, lui, ses apôtres avaient le droit de l’aider en dépassant la ligne médiane.

David Ramirez (1/5) : De bonne volonté mais fade comme une boule en plâtre.

Remplacé par Ariel Rodriguez (65e) : Après son premier match, ponctué d’un but, Ariel revient en jeu… pour en ressortir blessé au bout de 12 minutes. Sans vouloir trop m’avancer, il me semble que ses 26000 km d’avion parcourus pour participer ne sont pas encore rentabilisés (pour mémoire : Bangkok -> San Jose -> Newark -> Houston -> Dallas -> Philadelphie).

Remplacé par Ulises Segura (77e) : Entré au moment du but, il a participé à la gestion de la fin de match. Cela se voit que je n’ai pas grand-chose à dire sur lui ? Tout à fait. A la place, je peux vous mettre une photo de boule, si vous voulez.

Boule au palmier (vous avez vu ? j’ai remis la main sur mon fonds iconographique égaré par cet incapable d’Eduardo. Je suis sûre que cela vous manquait)

Marco Ureña (2/5) : Oui, sa talonnade divine pour lancer le beau Bryan m’a fait très plaisir. Vraiment beaucoup. Genre rghlaf. Mais je ne suis pas du genre à privilégier la qualité à la quantité. I want it all, comme l’on dit.

 

Les demi-finales

Costa Rica – Etats-Unis, c’est pas plus tard que cette nuit (pour vous, à 4h du matin, compte tenu du décalage horaire, de vos insomnies et de votre absence de vie sociale). Le vainqueur aura le droit d’affronter en finale le vainqueur de Mexique-Jamaïque.

 

Kimberly GutiérrezYigüirro

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

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