Domzale-OM (1-1) : La Canebière académie ballotte

Tout va bien, c’est incontestable, mais on va quand même garder cette pelle à la main, juste au cas où.

Aïoli les sapiens,

Vous pouvez le constater depuis juin, la Canebière académie s’efforce de se montrer aussi mesurée que possible quant au mercato olympien. Tentant autant que possible de ne pas verser dans l’adulation d’un président en plein hélicobite communicationnel ce printemps-ci, nous n’allons pas non plus jeter le Projet® aux orties alors que l’équipe est encore en phase de reprise, et qu’une petite quinzaine de jours nous reste disponible pour apporter à l’affectif les renforts promis – car oui, camarade Président, toutes les précautions oratoires que vous pourriez adopter maintenant ne remettront jamais en cause le fait que tous ces discours à base d’ambitions, de tisane et de « faire, c’est faire taire » ne pouvaient pas résonner autrement que comme des promesses. Il vous reste quinze jours pour les tenir ; de notre côté, nous sommes bien capables de patienter jusque-là nonobstant notre impatience congénitale.

D’autant que sur le plan comptable, ce début de saison présente plutôt bien : voici cinq matchs qui prolongent la période d’invincibilité entamée ce printemps, avec à la clé 6 points en championnat et une qualification européenne somme toute bien engagée. D’où vient dès lors ce spleen qui nous gagne ? Eh bien ma bonne dame, la réponse saute aux yeux : on se fait chier. Et pire, on s’inquiète de se faire autant chier.

Hormis une bonne période contre Dijon et quelques moments appréciables contre Ostende, l’OM se montre plus poussif à faire rêver les supporters que Donald Trump à condamner les néo-nazis. En toute rationalité, la confiance que nous devons encore à cette nouvelle équipe dirigeante devrait nous inciter à voir dans ce début de saison une période de réglages nécessaires, avant les lendemains qui chantent. Reste que l’on ne fait pas table rase de son histoire, et l’histoire récente de l’OM nous porterait plutôt à voir dans ces victoires laborieuses la marque de beaux coups de bol masquant à peine la faiblesse du jeu. Ce début de saison est aussi peu séduisant qu’un panaris, auquel chaque résultat obtenu par miracle ajouterait un peu de pus. L’issue est incertaine, et il n’est rien qui interdise de croire que les bons docteurs Garcia-Zubizarreta et Eyraud trouveront la bonne médecine. Faute de quoi, sachez-le messieurs, l’infection finira tôt ou tard par vous péter à la figure, et ce jour-là le résultat sera plutôt sale.

Cette crainte mise à part, nous en resterons personnellement aux objectifs édictés en ces colonnes en fin de saison dernière : 3e place en Ligue 1 et, au minimum, qualification pour les groupes d’Europa Ligue. La première est-elle compromise ? Absolument pas. La seconde est elle compromise ? Pas davantage. Voici donc deux raisons plutôt qu’une de laisser Monsieur Lapin dans son terrier encore quelque temps, voire toute la saison.

 

L’équipe

Ocampos prend la place de Payet, toujours blessé, et Sertic remplace Rolando, forfait itou. Quant aux compositions animées, elles souffrent toujours d’un PC en phase terminale.

Mandanda

Sakai-Rami-Rolando-Evra

Lopez (Zambo Anguissa, 84e) -Luiz Gustavo-Sanson

Thauvin-Germain (Cabella, 87e)-Ocampos

Le match

La première constatation qui s’impose concerne l’état de la pelouse, qui annonce clairement que l’équipe la plus technique sera désavantagée. Impression battue en brèche après quelques minutes : la meilleure équipe n’est pas du tout gênée et, pelouse ou pas, ne se prive pas de nous violer avec entrain. Rami a beau marquer un but refusé pour hors-jeu, ce sont les Slovènes qui se promènent, face à un OM pris en flagrant délit de complexe de supériorité. Nous sommes inexistants dans les duels, notre milieu de terrain est balayé, la défense est au supplice. Les derniers qui se sont fait avoir dans de telles proportions par de supposés inférieurs, ce sont les soldats français quant ils ont cru que Dien Bien Phu était le nom du Club Med où ils seraient accueillis avec cocktail de bienvenue, nems aux crevettes et putes mineures. Bah ouais, sauf que les autres, au lieu d’apprendre l’ethnologie chez Jean Roucas, ils ont vraiment étudié l’adversaire, eux.

Notre équipe offre ainsi le spectacle plaisant de joueurs s’empilant sans grâce dans le camp adverse, pour y perdre le ballon et voir six d’entre eux éliminés d’une seule passe, Luiz Gustavo étant condamné à ramasser ce qu’il peut trente mètres plus bas. En général, les coups de pieds arrêtés offrent aux prétendus favoris l’occasion d’asseoir leur statut face aux petits insolents ? Ici, macache : un coup franc lointain de Domzale est dévié au premier poteau par un premier joueur, puis dans le but par Vetrih. Celui-ci surgit en effet devant un Sertic encore si attaché aux Girondins, qu’il semble faire le nécessaire tout le match durant pour que nous soyons éliminés par un club encore plus insignifiant que Videoton (1-0, 12e).

Le match se poursuit sur une ode de nos milieux à Lucas Silva, mieux connu sous le sobriquet de : « je ne peux jamais montrer que je suis doué balle au pied, vu que je ne vois jamais ladite balle à cause de mon placement et de mon impact de moule marinière. » Des passes ratées à foison achèvent de transformer notre « heatmap » en œuvre de Jackson Pollock.

1-0 à la pause, un score d’autant plus inquiétant qu’il n’est pas bien payé pour nos adversaires. Loin de se réfréner, les Slovènes poursuivent leur entreprise slipocide une bonne dizaine de minutes après la pause avant que, l’expérience et le physique aidant, l’OM ne mette enfin le pied sur le ballon. Rami y va se son second but refusé après une tête de Germain sur le poteau, puis Sanson rate une grosse occasion (encore hors-jeu) avant de se racheter. Maxime Lopez, une fois n’est pas coutume, récupère un ballon au physique dans les 30 mètres slovènes : la passe de Thauvin fait cette fois-ci craquer la défense, avant que le tir croisé de Morgan ne laisse aucune chance au gardien (1-1, 63e).

La plus belle action du match s’ensuit mais voit Ocampos mis en échec par le gardien, à l’issue d’un bon mouvement Evra-Germain-Sanson. Le reste voit l’OM dominer sans se créer d’occasion franche, tout en maintenant le slipomètre défensif assez élevé par la grâce de quelques beaux numéros de clowns offerts par Sertic ou Evra.

C’est donc un nouveau résultat ambigu qui sanctionne cette faible partie, ce nul à l’extérieur restant en effet de bon augure en vue du match retour. Mais ne nous y trompons pas : la même performance en championnat contre un adversaire présumé plus faible vaudrait aux Olympiens l’enfer habituel, à base de Monsieur Lapin et de paroles prônant l’insertion d’ustensiles divers dans les orifices maternels. Quant à nous faire battre au retour, il n’y a guère que les peintres façadiers résidant aux abords de la Commanderie pour y songer sans se scarifier.

 

Les notes

Mandanda (3/5) : Ce début de saison doit lui évoquer ses années à l’OM sous Elie Baup. Reste à souhaiter qu’il s’agisse de la première saison plutôt que de la seconde.

Rami (3-/5) : C’est terrible. Il n’y a pas grand-chose à lui reprocher, il est près de marquer, et pourtant il reste toujours un je-ne-sais-quoi d’indéfinissable qui m’empêche de lui faire totalement confiance.

Sertic (1/5) : Lui, en revanche, c’est plus facile : je ne l’aime pas. Arrivé dans des circonstances douteuses, il est maladroit comme Rolando, mais encore plus. Il est lent comme Rolando, mais encore plus. Il est laid comme Rolando, mais encore plus. Et il pose avec Macron. Autant dire que pour l’instant, il y a plus de probabilités pour que j’aie envie de rouler une pelle à Maryse Joissains que de dire du bien de lui.

Sakai (2+/5) : Homme de devoir, emporté dans la médiocrité ambiante, sans pour autant faire un mauvais match.

Evra (1/5) : Je veux bien que l’arrivée de Jordan Amavi l’envoie sur le banc, à la condition que ledit banc soit celui de l’hospice de Montolivet. Il y amusera les grabataires avec ses vidéos sur Instagram, des fois que ceux-ci n’aient pas assez rigolé en le voyant défendre.

Luiz Gustavo (2+/5) : Idole de la fonction publique en 2017 : laissé seul à abattre le travail de trois milieux de terrain, et donc trop souvent battu pour mériter une bonne note (si le parallèle se confirme, on devrait lui demander le mois prochain d’aussi donner un coup de main à Valère Germain en pointe de l’attaque et de préparer le café à la direction, le tout sans oublier ses nuits de garde à la Timone pour remplacer quatre infirmiers partis en burn-out).

Lopez (1/5) : Traîne une peine de plus en plus apparente tant il est dépassé par la tâche en ce moment.  Un mélange de Cosette pour le côté triste, et du petit Grégory pour le côté submergé.

Zambo Anguissa (84e) : Et toi, tu me poses immédiatement cette poupée vaudou à l’effigie de Maxime. Erzulie a été stricte : pas de sacrifices de mineurs.

Sanson (2+/5) : Sauvé par son but et une deuxième période globalement honorable, qui effacent à peine cette première mi-temps observée avec le même sentiment de malaise qu’en découvrant un membre de sa famille dans une production Jacquie et Michel.

Thauvin (2/5) : Tout ceci reste bien pauvre, mais il y a encore une passe décisive à la clé, alors sachons nous en contenter tant que les résultats sont là.

Ocampos (3-/5) : Une satisfaction certaine dans son engagement – qui ne se dément pas – et son implication défensive – qui marque un agréable progrès. Reste cette propension à parfois gâcher des situations intéressantes par une passe ou un centre en apparence faciles mais totalement salopés, cette caractéristique qui donne à Lucas son côté tête à claques et dont l’on désespère de le voir se départir un jour.

Germain (2/5) : Une tête sur le poteau et une abondance d’efforts en pure peine vu le penchant de l’équipe à courir comme des poulets sans tête au lieu de poser des combinaisons.

Cabella (87e) : Vu le moment du remplacement, son entrée répondait moins à la nécessité de modifier notre jeu qu’à l’exposer aux caméras en rappelant qu’il est à vendre – tactique dite « du vide-grenier ».

 

L’invité zoologique : Matija S’Aurok.

Animal éteint, l’auroch s’est vu au début du XXe siècle « recréé » par le croisement sélectif de bovins domestiques contemporains : un moment de l’histoire de la recherche génétique qui n’est pas toujours connu du grand public. On a ainsi vu des touristes en Europe de l’Est ricaner à l’idée de se rendre dans une réserve à aurochs, persuadés qu’il s’agissait d’une légende folklorique à l’instar de notre chasse au dahu. C’est au moment où, peu méfiants, lesdits touristes se font transpercer une couille d’un coup de corne, qu’ils se rendent compte que l’animal en question, quoique approximativement  reconstitué, est bien vivace. L’auroch est ainsi l’invité approprié pour parler de ce match en vue duquel les Olympiens n’avaient pas potassé leur guide du Routard.

– Les autres : Huhuhu, Freiburg s’est fait sortir par ces ploucs, les nuls eh mais… ils courent vite ces cons, mais ils font des passes en plus, eh, mais rattrapez-les, putain !

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Rémi M. remporte le concours zoologique, également marqué par la proposition innovante de Roland Gromerdier.

 

Bises massilianales,

Blaah.

 

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

8 Comments

  1. Tout d’abord, merde pour votre recherche d’emploi dans la paresse territoriale du Pays d’Aix. Votre « envie de rouler une pelle à Maryse Joissains » devrait grandement faciliter la chose.

    Et bien évidemment merci encore pour cette acad aussi rafraichissante que la Vologne.

  2. Merci pour les académies, je n’ai jamais eu l’occasion de le faire donc je remercie pour cet instant de bonheur hebdomadaire (bi-hebdomadaire ???).
    J’attends tout spécialement celle d’Angers pour avoir le droit au récit de l’histoire d’amour entre monsieur Lapin et VroomCasse Ocampos !

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