Dunkerque – Metz (2-4) : La Metz Que Un Club Académie en route pour le Stade de France

Cette histoire s’inspire de faits réels. 

Philippe consulta fébrilement sa montre. Une Rolex fraichement acquise, qu’il n’avait certes pu accrocher à son poignet qu’à ses 52 ans, mais qui s’en préoccupe ? Il fallait bien que la vente d’Ismaïla serve au moins à quelque chose.

« 08h15. 15 minutes, c’est bon » songea-t-il le regard plein de triomphe. Ses yeux parcoururent le bosquet dix dernières secondes, afin de s’assurer pour de bon que la mission était un succès. Il boucla prestement sa ceinture et reprit la route qui mène à l’Alvisse Parc Hôtel, camp de base retenu pour cette « mission Commando ». Tout le monde avait mordu à l’appât, même les médias. Une sortie de groupe montée de toutes pièces pour renforcer la cohésion et les liens entre les joueurs. Se mettre au vert et toutes ses conneries hippie-vegan habituelles. Devant l’élan d’espoir naissant dans les rangs des supporters, il avait fallu faire vite. Donc Philippe tâcha de trouver quelque chose de proche. Une affaire rondement menée.

Il prit moins de 5 minutes pour regagner le centre d’entraînement en voiture, et s’en alla trouver le Président, alors au téléphone dans son bureau de fortune. Il était question dans la conversation téléphonique de Bosniaque, de liens avec la mafia Belgo-Albanaise, de prêt et de service rendu. Le Président raccrocha sur un sourire, et plissa les yeux quand il aperçut son homme de main. « Alors ? » l’interrogea-t-il nerveusement. « C’est fait Chef, nous pouvons rentrer. » Le Président s’étira les bras dans son fauteuil, visiblement soulagé. Ses pommettes rosies par un alcoolisme évident étaient étirées et témoignaient d’un sourire franc. Il passa son pouce et son index sur sa moustache grisonnante, et se leva promptement.

« Je suis fier de vous Philippe. C’est du bon travail. Je pensais tout d’abord que ce plan était totalement con, d’autant qu’avec cette dernière crétinerie de faire signer Palmieri en pensant qu’avec son passif, les supporters allaient lui chier dessus… Mais c’est tout l’inverse qu’il s’est produit ! Et ce Hantz là… Si on m’avait correctement rencardé sur ces états de service, je ne l’aurais pas engagé lui pour flinguer l’effectif ! Faire un nul à Rennes, puis ces deux victoires improbables et agaçantes contre Montpellier et surtout Strasbourg ! Bordel de merde Philippe, Strasbourg était LE match à perdre pour qu’on puisse bazarder le club aux Chinois pour trois fois rien. Les supporters auraient brulé le Stade et votre voiture, on était si proche du but.. Mais aller perdre les joueurs en forêt, aussi radical soit-il, c’est brillant Philippe. Tout à fait brill… »

Le regard du Président se fixa froidement au-delà de la fenêtre, à l’horizon. Un groupe de survêtements bleus avait surgi à l’orée du bois, et remontait vers le terrain d’entraînement de Junglinster en trottinant. Ils avaient retrouvé leur chemin tout seuls.

Le Président tira une fiole de whisky de sa poche intérieure et en but une longue gorgée.

« Philippe, vous n’êtes qu’un énorme manche à couilles. Mais quelle idée de merde bon sang… Et dire que ça me coûte 400 000 balles d’avoir trainé tous ces cons ici et mettre votre pitoyable plan de déficient mental à exécution. Vous m’êtes aussi utile qu’une capote dans un couvent Philippe. »

« Mais Président Serin… C’est vous qui avez souhaité venir les perdre dans une forêt… luxembourgeoise. »

« Fermez votre clapet à merde Philippe ! On rentre en Moselle, et on trouve autre chose ». 

 

Philippe Gaillot, quand il sait qu’il a encore merdé.

 

32e tour de Coupe de France : Dunkerque – Metz

Se déplacer chez le 5e de National n’est jamais un événement pour le Metz Que Un Club. Le genre de match qui pue le piège, dans un Stade fabriqué à partir des crânes des ennemis vaincus, assorti d’une météo à faire pleurer un Ecossais de fierté. Non vraiment, chez nous, on ne se réjouit pas de ces choses-là.

Avec Niane en 6 dans la compo et une faute dans le nom de Selimovic, nul doute que ça s’envoie des wagons de coke dès le petit-déj’ dans la rédaction d’Eurosport.

Message fort envoyé par Fredo Hantz avec cette presque équipe-type, et une véritable intention d’en découdre avec le soudard dunkerquois. Quand on regarde le banc par contre, on peut légitimement claquer des gencives avec les néophytes Peugnet, Thill, Goudiaby et Sila.

 

Metz Que Un Match :

On commence l’année 2018 par chier un nouveau coup d’envoi. Comme marque de fabrique, on aurait souhaité mieux. On a les idées qu’on mérite me direz-vous. Mais dans l’enfer du stade Marcel-Tribut chauffé à blanc par 75 000 supporters en rut (une pensée pour ces coprophages de commentateurs dont l’objectivité est à peu près égale à mon amour pour la sodomie des prises électriques), et avec un vent à décorner Wayne Bridge, le club à la Croix prend le jeu à son compte. Mais entre les coup francs lunaires de Dossevi et les loupés de Niane, les Grenats donnent aux locaux quelques petites opportunités de nous faire trembler des genoux. Fort heureusement et juste avant la mi-temps, Niane parviendra à ouvrir le score, au prix de 27 tentatives différentes en 10 secondes, dont une sur le poteau. Enfin, quand le ballon reviendra une 28e fois sur lui, il trouvera les filets. 1-0, 43e.

1-0 à la mi-temps, c’est insuffisant compte-tenu de la domination messine. Et dès le retour des joueurs pour la seconde période, tout peut laisser à penser que l’épée de Damoclès s’apprête à nous trancher un testicule. Il faut un excellent retour défensif de Balliu pour empêcher un attaquant dunkerquois de se présenter seul face au but, puis plusieurs corners locaux pour faire flotter comme un air de fébrilité sur la défense.

Mais un renard nommé Rivière rode. Sur une belle frappe de Dossevi que le portier ne peut que repousser, Manu suit bien et termine le travail, pour nous rassurer. 2-0, 51e. Les jolis mouvements grenat se suivent, sans pour autant se conclure. Donnant ainsi le loisir à Dunkerque de se rabibocher et de venir réduire le score au coeur d’une défense aussi apathique qu’une ville bombardée. Ne parvenant pas à se dégager, la défense laisse le ballon arriver dans les pieds d’un attaquant bleu, qui se fait un plaisir de fusiller notre Japonais de gardien. 2-1, 70e.

On se dit alors que notre Metz Que Un Club est toujours malade, et qu’on aimerait débrancher son moniteur cardiaque. Ceci sans compter sur un tumultueux Dossevi, qui arrivera une fois encore à trouver une faille dans la Matrice et à servir un Cafu entré en jeu et dans une position insensée de buteur. Ce dernier n’a qu’à se baisser pour ramasser le but. 3-1, 72e. On se dit alors que c’est le tarif minimum contre une équipe deux étages en dessus de notre clapier à déjections. La Coupe n’est pas encore pleine, puisqu’en ce lendemain d’épiphanie, Roux décide d’envoyer une galette dans les pieds de Niane, qui se fait une joie de s’offrir le doublé. 4-1, 79e. On se dit enfin que nous sommes une machine à buts, que le maintien est acquis et que nous sommes en route pour le Stade de France.

Le 4-2 viendra ternir cette impression hélicobitale, quand un Dunkerquois s’y prendra à deux fois pour tromper Kawashima, abandonné par sa défense. Cette nécessaire qualification en poche, le Metz Que Un Club a bien bossé si l’on oublie ces deux buts qui font défensivement tache. Mais de bonne augure pour le déplacement à Dijon samedi prochain, premier étape de la Grenatada.

 

Metz Que des Notes :

Kawashima, 3/5 :

Abandonné par sa défense sur les deux buts, il a passé le reste du match assez tranquillement. Qu’est ce qui est jaune et qui attend ? Notre gardien.

Balliu, 2-/5 : 

Peut-être le moins bon Grenat sur le terrain, et ça me peine de le dire. Le petit corps salade espagnol s’est trainé derrière les contre-attaques des attaquants de Natianal. Enlève la charrue, Ivan.

Selimovic, 2/5 :

Un jaune sévère, mais un match un peu trop light. Il en faudra plus pour concurrencer Bisevac, et surtout se maintenir.

Niakaté, 3/5 : 

Solide comme à son habitude. Aurait même pu être gratifié de l’ouverture du score. Prolongez-le jusqu’en 2025, lui.

Assou-Ekotto, 3/5 : 

A paru avoir de l’impact physique et de la rapidité. On a peut-être trouvé son véritable niveau : la Division 3.

Remplacé par Peugnet (83e), non noté : 

Bienvenue chez les grands mon p’tit gars. 

Diagne, 3/5 : 

Toujours intéressant d’avoir un gros mâle musclé dans l’entrejeu. Rien de transcendant en dehors de ça.

Cohade, 3/5 : 

La rampe de lancement Renaud a encore fait un paquet de kilomètres. Mais parfois, à vouloir courir partout, il donnait l’impression d’être nulle part.

Dossevi, 4+/5 : 

Il retrouve l’éclat perdu en fin d’année 2017. Ses accélérations, dribbles et centres ont déchiré la défense locale comme un drap de pauvre. Il échappe à la note maximale compte-tenu de son paquet de coup francs merdiques.

 

Niane, 4/5 : 

Deux buts certes. Mais c’est 5 unités que son compteur doit afficher s’il ne bouffe pas autant d’occasions. Ibrahima n’a toujours que 18 ans, ne l’oublions pas, et beaucoup de potentiel.

Roux, 3/5 : 

Le dernier Nolan a avoir mis les pieds à Dunkerque a fait 2,5 millions d’entrée en salle. Celui-ci en a fait une particulièrement délicieuse à l’attention de Niane. Et s’il était ailier, tout compte fait ?

Rivière, 3/5 : 

Il a pesé dans la défense adverse, pas que par son poids. Un but de renard, preuve que son instinct demeure encore là, quelque part.

Remplacé par Cafu (58e), 3/5 : 

On ne sait pas ce qu’il a fait du match en dehors de son but. On ne sait d’ailleurs pas ce qu’il foutait là quand Dossevi l’a trouvé. Mais peu importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse. 

 

Le prochain match : A Dijon, et vraiment déterminant. On y croit. #Grenatada

 

Kast & Deuch

Pour aller plus loin :

Kast & Deuch

4 Comments

  1. Quelle bataille, mes amis, quelle bataille ! Où s’arrêteront-ils ?

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