Espagne – Costa Rica (5-0) et Hongrie – Costa Rica (1-0) : la Ticos Académie vous leurre

Au moins, personne ne se méfiera de nous en juillet prochain.

Coucou mes choupinous,

Alors, ça se prépare doucement ce Mundial ? J’en suis déjà toute émoustillée, j’ai passé la semaine à savourer les derniers matchs de qualification. Sur le plan du football, je ne connais pas de plus grande volupté que de voir les autres se déchirer pour les dernières places disponibles tout en sirotant un mojito une main dans les dessous, billet pour la Russie en poche.

Pour mes Ticos d’amour, cette trêve internationale était l’occasion d’une tournée européenne construite dans un seul objectif : nous ridiculiser suffisamment pour que personne ne croie en nos chances, et pouvoir ainsi rééditer la surprise de 2014. Un plan brillamment déroulé de A à Z.

 

L’effectif

Premier étape du bluff : aligner une équipe en grande partie estropiée et qui n’aura pas grand-chose à voir avec celle de l’été prochain (enfin, je l’espère). Keylorgasme blessé, les matchs sont l’occasion de mettre en concurrence les deux prétendants au poste de troisième gardien. En défense, Oscar Duarte revient de sa longue blessure, et éjecte du groupe le longtemps titulaire Jhonny Acosta.

Un milieu, un temps annoncé blessé, Celso Borges est bien présent ; il était nécessaire que notre sélection ressemble un minimum à une équipe de football, tout de même. En l’absence de Guzman, blessé, et d’Azofeifa, trop en forme en ce moment pour rentrer dans le plan « passons pour des nuls », le sélectionneur fait tourner pour tenter de découvrir l’élu qui méritera le mieux sa place à côté du beau Celso.

Devant, Campbell est en phase de reprise et Bryan Ruiz est blessé – ce qui est un comble vu qu’il ne s’entraînait même plus avec l’équipe 1 du Sporting, une ignominie heureusement abolie avant-hier. Pour replâtrer l’ensemble, Oscar Ramirez rappelle Ulises Segura, de Saprissa, et Osvaldo Rodriguez, de Santos. Deux beaux bébés de 24 et 27 ans, soit des petits espoirs à l’échelle de notre escouade de vétérans. Enfin, le prometteur (25 ans) José Guillermo Ortiz est appelé pour aider les avant-centres habituels à regarder passer les ballons au-dessus d’eux.

 

Boule camouflée.

 

La fessée espagnole

Carvajal

Gamboa – Waston (Gutierrez, 66e)  – Duarte (Gonzalez, 57e)  – Calvo – Oviedo (Matarrita, 66e)

Borges – Tejeda

Venegas (O. Rodriguez, 75e)                               Bolaños (Wallace, 60e)

Ureña (Ortiz, 57e)

 

La première partie du plan consistait à ne laisser aucun doute sur notre absence totale d’une quelconque chance face à une équipe de premier ordre. En Espagne, la consigne a été respectée à la lettre : manque  d’engagement dans les duels, erreurs techniques à foison, absence de solidarité collective face au jeu espagnol, incapacité totale à produire une action offensive, ce fut un sans-faute.

Les Ibériques ont largement répondu à nos attentes en nous collant 5 fessées qui m’ont donné des frissons partout :

– à la 6e, quand Jordi Alba voit tous nos défenseurs attirés dans les 6 mètres et attend donc tranquillement le centre au second poteau ;

– à la 23e, quand Danny Carvajal – que nous appellerons « manos de mantequilla » pour le distinguer de son homonyme espagnol – rate sa prise de balle et offre le but à Morata ;

– à la 51e, avec le beau numéro comique de nos défenseurs : Calvo dégage dans les jambes de Duarte, le ballon rebondit sur Silva qui n’en demandait pas tant ;

– à la 55e, où nous finissons de convaincre David Silva que le Costa Rica est un pays très accueillant : Oviedo se laisse tacler par l’attaquant de City, qui part tromper Carvajal avec l’aide d’un beau plongeon de ce dernier à côté du ballon ;

– à la 73e enfin quand Iniesta, lassé d’avoir distribué caviar sur caviar, s’autorise un petit plaisir solitaire : servi par un de ses défenseurs dans le rond central, Andres se promène jusqu’aux 25 mètres et, constatant l’absence totale de pressing, marque de loin.

De notre part, la première action digne de ce nom (si l’on excepte la destruction d’Isco par un tacle de Waston) ne survient pas avant la 93e, quand Borges échoue à sauver l’honneur face au gardien espagnol.

 

La purge hongroise

Moreira

Gamboa (Oviedo, 59e) – Gutierrez  – Gonzalez  – Duarte (Calvo, 51e) – Matarrita

Borges

Wallace (Ortiz, 61e) – O. Rodriguez (Ureña, 87e) – Colindres (Bolaños, 76e)

Venegas (Segura, 67e)

 

Etape suivante de la tournée : dégoûter les rares qui s’intéressaient encore à nous, par le biais d’une purge sans nom dans le stade quasi-vide d’une équipe médiocre. Ici encore, la mission réussit au-delà de nos espérances : encore mieux que le 0-0 infâme planifié, c’est bien nantis d’une pitoyable défaite (1-0, un coup-franc dévié de Nikolic à la 37e) que nous repartons au pays. Le jeu, toujours nullissime, ne fut égayé en tout et pour tout que par deux frappes lointaines d’Oviedo et Bolaños. Au rayon des expérimentations tactiques, le 541 losange remplace le 541 à plat pour un résultat grandiose : carboniser Borges, soit le seul doté d’intelligence de jeu, et griller Rodriguez pour son retour en sélection.

Boule enterrée bien profond.

 

Les notes :

NB : entre parenthèses, le nombre de minutes jouées dans chaque match et la note pour chacun d’entre eux

Danny Carvajal (90/0 – 1/5) : Faute de Keylorgasme, nous avons eu Keylorreur.

Leonel Moreira (0/90 – 3/5) : Le gagnant de ce duel à distance pour le poste de 3e gardien, auteur de beaux gestes face à une adversité certes plus conciliante que l’armada espagnole.

Kendall Waston (66/0 – 1/5) : Inexistant, sauf au moment de défoncer Isco sur un tacle de brute épaisse.

Oscar Duarte (57/51 – 1/5 et 2/5) : Aussitôt son tibia réparé, le sélectionneur lui occasionne une grosse fracture de l’égo en le livrant sans préliminaires aux furies espagnoles.

Francisco Calvo (90/39 – 0/5 et 3/5) : Non seulement il s’est fait ridiculiser dans le jeu au sol, mais aussi, et c’est plus inquiétant, Piqué a passé son temps à lui manger sur la tête à chaque corner. Il se refait une santé au second match avec une entrée très correcte, et une présence retrouvée sur coups de pieds arrêtés. J’insiste sur cette phase de jeu, car lorsque nous jouons ainsi, une tête de Francisco sur corner représente à peu près notre seule chance de marquer.

Giancarlo Gonzalez (38/90 – 1/5 et 2/5) : Tarif maison pour son entrée espagnole. Moins malmené en Hongrie, mais auteur de relances abominables : à mettre en balance avec Acosta, amorphe au duel mais meilleur balle au pied.

Kenner Gutierrez (24/90 – NN et 2/5) : Insipide, il ne sert à rien de précis mais du coup peut servir un peu à tout : son principal atout pour être du voyage chez les Soviets.

Cristian Gamboa (90/59 – 1/5 et 2/5) : Noyé au premier match après avoir beaucoup couru dans le vide, le latéral du Celtic s’est montré plus prudent au second. Prudent, voire carrément trouillard, c’est vrai.

Bryan Oviedo (66/31 – 1/5 et 2/5) : Catastrophique au premier match quand, tout surpris de ne pas être encore blessé à l’heure de jeu, il s’oublie et offre un but à l’adversaire. Latéral bilatéral, il passe à droite lors de son entrée en Hongrie, et s’y montre plutôt brouillon.

Ronald Matarrita (24 et 90 – NN et 2/5) : Prototype du latéral intéressant et hyperactif dans les phases offensives, mais dont le QI s’abaisse à celui du bigorneau dès qu’il s’agit de se placer correctement.

Celso Borges (90 et 90, 1/5 et 1/5) : Le seul à avoir disputé l’intégralité des deux rencontres, du fait de son intelligence de jeu indispensable à ce que le Costa Rica conserve un minimum de dignité. Il en a clairement pâti au second match, finissant carbonisé dans un schéma qui lui demandait en outre de produire deux fois plus d’efforts tout en participant moins à la construction. D’où une note inhabituellement sévère (c’est notamment lui qui provoque le coup-franc fatal des Hongrois), qui n’enlève rien à l’amour ni à la confiance que je lui porte. Les vrais savent, comme vous dites.

Boule cassée en deux.

Yeltsin Tejeda (90 et 0 – 0/5) : Aïeaïeaïe, mon Tejedounet, pauvre de toi. Ce retour n’était certes pas un cadeau, mais là, le milieu espagnol t’a dévoré tout cru, et tu n’as même pas eu l’occasion de tacler comme un assassin pour te mettre en évidence. Ca me fait mal de le dire, mais quand tu étais remplaçant, il y avait au moins les plans de coupe sur le banc pour qu’on te voie au moins une fois dans le match. Reviens-nous vite en forme, mon Yeltsin, notre séjour en Russie ne peut se passer de ton si beau prénom.

Cristian Bolaños (60/14 – 1/5 et NN) : C’est triste, mais cela se confirme : sans un bon Bryan Ruiz à ses côtés, on a l’impression que le hideux bandeau de Cristian lui tombe entièrement sur les yeux, jusqu’à ne plus rien voir de ce qui se passe autour de lui.

Daniel Colindres (0/76 – 1/5) : Renommé pour être « l’homme qui ne sourit jamais ». De toute façon, sur cette tournée, il n’y avait vraiment pas de quoi rire.

Osvaldo Rodriguez (15/87 – NN et 1/5) : L’exemple-type de la « sélection-cadeau-empoisonné ».

Rodney Wallace (30/60 – NN et 2/5) : L’un des seuls à conserver quelques résidus de football accrochés au fond de cette fosse à purin, et encore n’était-ce que par intermittence.

Johan Venegas (75/67 – 1/5 et 1/5) : Inutile, inexistant, inoffensif contre l’Espagne, il est contre la Hongrie replacé en pointe, où il avait plus de chance de voir tomber de la neige qu’un ballon exploitable.

Marco Ureña (57/3 – 1/5 et NN) : David Ramirez était blessé et Ariel Rodriguez n’avait pas envie de se fendre d’un nouveau vol depuis la Thaïlande : Marco était donc le seul avant-centre disponible pour cette tournée, quand bien même il aurait sans doute préféré avoir une jambe cassée que d’y participer.

José Guillermo Ortiz (33/0 – 1/5) : On notera qu’il a quand même fait semblant d’y croire, soit par inconscience soit par hypocrisie. Dans tous les cas, il mérite d’être revu.

Ulises Segura (0/23NN) : Oscar Ramirez lui a laissé 23 minutes pour conquérir la Russie, même Adolf Hitler était plus souple sur les délais à l’époque.

 

La suite

Nous allons aborder le Mundial avec sans doute l’équipe la plus âgée de la compétition. Notre niveau de jeu actuel qui ferait d’un bon parcours une authentique surprise, avant la très probable entrée de la sélection dans un trou noir générationnel. Pour cet été, l’espoir naîtra peut-être d’un tirage au sort nous opposant des équipes peu expérimentées, et surtout du retour de Ruiz et Campbell sans lesquels nous ne pourrons pas espérer grand-chose. Bref, les amicaux de mars nous en diront un peu plus sur nos capacités réelles, mais en tout état de cause, cela m’étonnerait que cette fois-ci, on arrive à battre l’Italie au premier tour.

 

Kimberly GutiérrezYigüirro

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

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