Fiorentina-Atalanta Bergame (4-1) : la Chianti Académie livre ses saintes notes


Ciao chers fidèles ! Come va ? Fra Francesco vous bénit ! J’ai bien cru que je ne pourrais pas rédiger cette Chianti Académie dans les temps. Déjà un miracle si j’ai pu voir le match en intégralité ! Depuis plusieurs jours, je suis pourchassé sans relâche par la famille d’une conquête qui m’a mis à la porte avec pertes et fracas, tout ça parce que j’avais flirtouillé avec la serveuse d’un estanco après la défaite de la Nazionale, mercredi soir. C’est arrivé à ses oreilles et voilà le résultat ! J’aurais dû me méfier. Une Juventina ! Sa passion pour Zucchero, ça sentait le piège à plein nez ! C’est quand même pas de ma faute si la serveuse a flashé sur ma robe de bure ! Du coup, j’ai toute sa famiglia sur le dos et ils ont pas l’air choucard. Il paraît qu’une fois, ses cousins lui ont ramené un indélicat qui avait cassé les spaghetti avant de les mettre dans l’eau : elle l’aurait étouffé avec du tiramisu’ du Bistro Romain. Le type serait mort d’une infection alimentaire, un entonnoir dans la bouche, au terme d’une longue agonie.

Je ne comprends pas comment ça a pu finir comme ça. La veille, elle me comparait encore à Marcello Mastroianni, questo bel uomo. Comme elle est bionda, je l’appelais Catherine Deneuve, ça la mettait dans tous ses états, même si elle préférait Sophia Loren. Tu parles d’une moglie jalouse ! Aucun second degré les Italiennes ! Regarde-moi ça ! Je ressemble à un mix de Ben Laden et Saddam Hussein ! J’ai bien pensé à me planquer dans mon ancien monastère mais c’était trop évident comme cachette. Ses cousins, t’as l’impression qu’ils ont des GPS greffés dans la testa ! J’ai pas intérêt à me faire chopper sinon ça va être la fête à mon culo… Déjà qu’elle m’a accueilli le couteau de cuisine à la main ! Pour les exciter, elle leur a dit que j’avais du sang espagnol et que je supportais la Roja ! Vous noterez à quel point les familles italiennes sont grandes quand il s’agit de vendetta. On dirait les oiseaux d’Hitchcock ! Surtout que j’ai rien fait avec la serveuse en plus. Bon, d’accord, j’ai dû lui reluquer deux-trois fois les meloni… quoi ? Oui, d’accord, c’étaient plutôt des angurie mais y a pas de quoi me foutre dehors non ?! On m’avait prévenu pourtant : «Francesco, touche pas à la femme blanche et noire !». Tu parles ! J’en ai fait qu’à ma tête et voilà le résultat ! En plus, moi je croyais qu’elle allait se calmer et me demander de revenir, comme un Saint-Bol de Scudetti paumés à cause du Calciopoli. Même pas ! Et me voici tout tremblant, aux aguets, la robe de bure trempée, la tonsure transpirante. En plus, la serveuse, elle savait rien ! Elle faisait du café en capsule ! J’ai dû lui expliquer la vie, c’est bien légitime. Ah ! Elle est belle ma récompense ! En plein automne, en sandales, sur les routes toscanes ! Heureusement que je connais toutes les routes ici, sinon je te dis pas la galère pour leur échapper… De toute façon, tant qu’ils mettront Eros Ramazzotti à fond dans leur voiture, j’aurais toujours un temps d’avance !

Mais assez parlé de mes pérégrinations. Parlons calcio miei cari lettori ! Avant d’évoquer ce match face aux Bergamasques, je tiens à revenir sur les propos d’Antana… Antino… ah non Antonetti. C’est qui ce cazzo ? Il sort d’où ? De Corse ? Bon ça va, je dirais rien, j’ai déjà une bande à mes trousses, faut que j’en garde un peu pour le dessert. Il paraît qu’il est connu chez vous, les Francesi. En Italie, on le connaît pas. C’est quoi son palmarès par rapport à Ancelotti et Leonardo ? Je veux dire, sans compter sa victoire à Parigi ? Une fois, il est venu à Udine avec les Rennais. Ils avaient fini le froc baissé et le culo tout rouge. Di Natale en rit encore ! Et ouais, c’est ça les vrais Italiens : ça sait jouer au ballon avec des giocatori, pas des catcheurs ! D’ailleurs, c’est qui son meilleur joueur ? Alessandrini ! Comme par hasard hein… Je l’ai entendu, Totonetti. On dirait James Gandolfini avec 20 centimètres de moins et la voix de Daffy Duck. Les Sopranos choutés à l’hélium ! Et c’est un de vos meilleurs Mister ça ? Vous êtes encore plus dingues que je ne pensais ! A part ça, aucune nouvelle de vos associations antiraciste ? On attend toujours leur réaction pour le célèbre «Les Italiens, on les connaît, ils ont la triche dans le sang» de Franck Leboeuf le bien nommé lors de l’Euro 2008. Jouons ensemble : enlève «Italiens» et remplace-le par Arabes, Musulmans, Juifs, Noirs ou Homosexuels… Ah là, tu en auras du ministre indigné, de la caricature de Charlie Hebdo, du Stéphane Aisselle ! Dans la hiérarchie française, on est même en dessous des Ch’tis ! Rien ne changera sur notre réputation en France… On pourrait en prendre ombrage mais, au fond, on s’en moque, on a 4 étoiles cousues sur le maillot de la Nazionale ! Et pas en pointillé hein ! N’oubliez pas que si vous êtes civilisés les Francesi, c’est uniquement parce que les Romains ont envahi la Gaule !

Match

L’Atalanta n’est pas une équipe à prendre à la légère. Avant d’être un club invaincu depuis 6 matches, c’est le club où est parti Franck Sauzée, fraîchement sacré champion d’Europe avec l’OM, en 1993. Après avoir mené au score très tôt, on a reculé bêtement et les Bergamasques en ont profité pour égaliser. L’expulsion de Cigarini a été punie par Aquilani en fin de première période. Le but de Toni a vite plié l’affaire et nous passons troisième du championnat, à 5 petits points de la Juve, questa putana.

Notes

Viviano (3/5) : le but qu’il encaisse est un peu bizarre, j’ai pas tout bien vu. Ça a été son seul moment de faiblesse au cours des 20 minutes bergamasques en première période. Au chômage technique le reste du match.

Roncaglia (3/5) : un peu absent pendant le temps fort de l’Atalanta. Pour le reste, c’est propre, comme d’hab. Faut avouer qu’il a de la grinta Mimisiku ! Remplacé par Hegazi (76’) après avoir pris un brun.

Gonzalo (4/5) : troisième but de la stagione pour le défenseur, clairement un ton au-dessus de ses deux acolytes de la base arrière.

Savic (3/5) : plus sobre et discret que les deux hispanophones mais un rendement toujours top moumoute.

Pizarro (4/5) : je tiens personnellement à remercier la Roma pour l’avoir viré de chez elle ! Son slalom spécial dans la défense adverse provoque le coup franc victorieux d’Aquilani. Avec le maillot de la Viola, il a rajeuni de dix piges. Suspendu au prochain match, malheureusement.

Borja (4/5) : en l’absence de Jovetic, il a clairement pris le leadership lors des deux derniers matches, ajoutant une passe déc’ à son actif. Ce type, c’est la régalade. Il monte en puissance et progresse à chaque match. Surtout, continue comme ça !

Pasqual (4/5) : après un match en demi-teinte face au Milan, Il Capitano s’est ressaisi et a été absolument partout sur son côté. Une nouvelle passe décisive au compteur, pour Gonzalo, du mouvement, des débordements et toujours ce sacré pied gauche !

Cuadrado (4/5) : on parle d’un mec qui s’est tapé un aller-retour en Am Sud en milieu de semaine pour jouer Colombie-Brésil, qui a marqué un but décisif avec les Cafeteros, qui a provoqué l’expulsion de Cigarini, qui a ferraillé pendant 90 minutes et qui s’est tapé des retours défensifs énormes. Cœur avec la Bible.

Aquilani (5/5): oh Mamma Mamma Mamma, oh Mamma Mamma Mamma ! Sai perche’ mi batte il corazon ? Ho visto Aquilani ! Ho visto Aquilani ! Et Mamma’, innamorato son. Et de sa femme aussi.
Remplacé par Matias (68’), il a été célébré par une standing ovation.

Ljajic (3/5): très actif mais terriblement brouillon. En tout, il a tiré six fois, sans jamais cadrer. Un Te Deum sera chanté dans la semaine pour rendre hommage à la tortue volante morte au champ d’honneur à la 74e minute.

Toni (4/5): évidemment, il y a ce but, ce coup de tête magistral qui a scellé la victoire des Gigliati. Mais il y a tout le reste : son abattage, son envie, son implication. Il a pris une quantité astronomique de coups, surtout au cours du premier quart d’heure. Bravissimo Luca ! Remplacé par El Hamdaoui (57’) sous les applaudissements d’Artemio-Francchi.

Sostituzioni

El Hamdaoui : un but hors-jeu, deux tentatives pas dégueu mais il ne sent absolument pas le jeu, comme un Saint-Bol de nez bouché.

Matias : dur dur de remplacer le héros du jour. Entrée honorable.

Hegazi : z’y étais.

 

L’instant Michela

Cet instant Michela est particulièrement dédié à Jean-Nicolae Surdu-Mutu, questo bel lettore.

 

Alberto Aquilani a planté un doublé, y a du rab’ de Michela ! Baci à Bart Van den Van Krr, évidemment !

 

La grande storia della Fio : Socrates

Certes, il n’est resté qu’un an chez nous. Certes, il n’a joué que 25 matches sous nos couleurs. Mais s’il ne s’est jamais vraiment fait au calcio européen, Socrates est une Légende. Evidemment, tout le monde se souvient de lui pour ses buts à Botafogo et au Corinthians, club avec lequel il a joué près de 300 matches, marqué 172 buts et créé la fameuse démocratie corinthiane. Le jour de l’annonce de son décès, le 4 décembre 2011, j’ai fait donner une messe pour saluer le départ de ce génie du ballon, un esthète qui colle si bien à la personnalité de la Viola. International à 60 reprises (22 pions), il n’a jamais remporté un Mondial qu’il aurait amplement mérité, pour l’ensemble de son art. Seulement, la Nazionale passait dans le coin, en 1982 ! Peu importe au fond, Socrates c’était l’élégance, la classe, la vision panoramique, la talonnade, le numéro 8 dans le dos. De là où il est, quelque chose me dit qu’il doit bien l’aimer, cette Fio-là !

Rince-toi l’oeil!

 

Il Music Box di Fra Francesco : Adriano Celentano

Voici l’Alpha et l’Omega de la musique italienne contemporaine. Rien n’est au-dessus du Mythe, même pas le Soleil !

Prisencolinensinainciusol (all right!)
Il Ragazzo della Via Gluck
24 000 Baci
L’indépassable Azzuro, chanté par « Il Mito » et par un soir de juillet 2006 au Circo Massimo de Rome!

 

Toscana, il mio paese : Basilica di Santa Croce

La Basilique Santa Croce est la plus grande église franciscaine du monde. Elle a été bâtie sur les fondations d’une petite chiesa construite peu après la mort de Francesco di Assisi, questo bel santo. Ce sont le peuple et la République florentine qui ont permis à l’édifice de voir le jour, à partir de 1294. La basilica di Santa Croce a connu beaucoup de modifications au cours des siècles, devenant même le Panthéon italien ! Tous les plus grands artistes, religieux et hommes politiques ont tissé une relation particulière avec ce monument. De style gothique, elle abrite des œuvres de nombreux génies des XIII et XIVes siècles ainsi que les tombes de Galilée, Michel-Ange (2e photo) et Machiavel. Devant l’église, vous pourrez admirer une statue de Dante Alighieri. La façade a mis du temps à être inaugurée (400 ans quand même). Dessinée par Niccolo Matas (1798-1872), Santa Croce a enfin pu avoir son allure définitive en 1863.

 

Copinage

Floriana n’est pas Toscane, ça arrive à des gens très bien. Mais si tu lui offres une glace industrielle toute pourrie, tu risques d’avoir très mal. Alors lis Mangiara Ridere pour découvrir une gelateria du feu de Dieu !

Les tifosi français de la Fio se retrouvent sur Touitteur et sur le Ternet.

La Serie A en français, ça se passe uniquement sur Calcio Mio !

 

Toscanalement,

Fra Francesco

 

Roazh Takouer

2 commentaires

  1. Je sens chez Fra Francesco une pointe d’amertume (de haine peut-être) sur les Français. Si t’as besoin d’un refuge, viens au couvent des Soeurs Clarisses, on a déjà une femme de violeur et ta charmante Valentina. On pourra boire de la bonne bière et du bon vin (mais pas mélangés, c’est dégueulasse).

    Par contre, le p’tit chant sur Aquilani, c’est du plagiat et du vol sur Maradona. Et il aime pas trop les voleurs et les fils de putes (que tu n’es évidemment pas, fils de pute. Voleur peut-être)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.