Fiorentina – Pescara (0-2) : la Chianti Académie livre ses saintes notes

 

Ciao mes très chers fidèles ! Come va ? J’espère que je vous ai manqué ! Si je n’ai pas été très assidu ces derniers temps, c’est principalement parce que j’ai accumulé, lors de ces deux derniers mois, les orgies de bouffe, les rendez-vous galants et une gastro de tous les diables après un passage dans un restaurant chinois. Grâce à Dieu, je n’ai pas vécu tout ça le même soir !

La fin d’année offre parfois quelques miracles et, ô joie, j’ai retrouvé une ancienne camarade de mes années étudiantes. Nous nous retrouvions aux intercours, en secret,  l’enseignement étant rigoureusement séparé, les Jésuites redoutant que nous devenions hétérosexuels. Déjà fort attiré par la gent féminine, j’étais tombé amoureux pazzo de Giulia, superbe nymphe aux cheveux de jais et aux lèvres purpurines. Ah ! Giulia ! Notre attirance est toujours restée platonique mais j’ai gardé un souvenir ému de nos rencontres, le soir, à l’ombre des peupliers. Nos mots doux, nos regards timides et pourtant emplis de désir sont, de très loin, les moments les plus poétiques de mon adolescence. Mais parce qu’un jour, il faut bien tremper le biscotto, j’ai succombé aux charmes de sa meilleure amie, Maddalena, beaucoup moins farouche qu’elle et que j’avais gaiement besogné sur l’autel de la chapelle une nuit de septembre, après le catéchisme. Malgré le temps écoulé, Giulia est restée belle comme une Pietà de Michel-Ange. Fra Francesco n’en reste pas de marbre, si vous voyez ce que je  veux dire ! C’est une œuvre d’art qui vous transperce le cœur de part en part ! Mon côté Marcello Mastroianni en robe de bure sera à son zénith en 2013 !

Sans aucun rapport, cela faisait quelques années que je n’avais plus foutu les pieds au Vatican. Giovanni Trapattoni m’a bien invité plusieurs fois à suivre les matches de la sélection à ses côtés mais regarder des curetons jouer en robe au ballon, ça ne me branchait pas des masses. En plus, de ce qu’on m’en avait dit, ils n’arrêtent pas de faire la prière, à tel point qu’on se croirait dans un reportage de Téléfoot sur les Eléphants de Côte d’Ivoire à la CAN. La seule différence, c’est qu’au lieu d’écouter Magic System et Moussier Tombola dans le bus, ils écoutent des psaumes et des cantiques.

En fait, si je suis revenu au Vatican, c’est parce que j’ai été invité par Benoît XVI à la messe de minuit, à Saint-Pierre. Bon, je dis minuit mais comme il se fait vieux le taulier, c’était plutôt la messe de 22h30. Je ne veux pas être méchant mais il se Jean-Paulise le Ratzinger. A un moment, j’ai bien cru qu’il allait baver sur les hosties en Mondovision. Quand tu es le boss de tous les Catholiques du monde, ça la fout un peu mal… De toute façon, l’office en lui-même, c’est rarement très folichon. D’ailleurs, je ne comprendrai jamais pourquoi ils font tous la gueule à la messe de minuit. Sans déconner, on t’annonce la naissance du Sauveur, celui qui vient pour nous délivrer de nos péchés et toi, tu fais la tronche ! Mettez un peu d’allégresse les gars, qu’on vibre un peu ! Faut au moins avoir le sourire quoi ! Bah non, c’est trop demander ! Ça tire des ganaches de six pieds de long, ça te bousille le nez et les yeux avec de l’encens immonde et après, ça se plaint de l’essor des églises évangélistes ! T’inquiète pas que chez les évangélistes, ils ont sorti les guitares et ils se sont mis le slip sur la tête pour saluer l’arrivée du Christ rédempteur ! Je leur ai dit au service marketing mais les directeurs sont en place depuis trop longtemps, ils se laissent aller et ils se font bouffer des parts de marché. Au moins, je les aurais prévenus, faudra pas venir chougner dans ma robe de bure après !

Pour confesser la vérité, si j’ai honoré l’invitation de Beu-Beu, c’est surtout pour baffrer gratos, comme un Saint-Bol de Depardieu à Zurich lors de la remise du Ballon d’Or, ce cancer du football moderne. A l’époque de Jean-Paul II, y avait des buffets incroyables et de la vodka polonaise carrément démente, sans parler des Marie-Madeleine qui se ramenaient déguisées en elfes après le repas. Les filles de l’Est, c’est quelque chose ! Les évêques, déjà bien beurrés, étaient comme des dingues : ils se goinfraient, fumaient des pétards à faire peur à Oumar Dieng et s’envoyaient en l’air entre deux plats ! Je vous raconte pas l’orgie ! Y avait des emballages de capotes partout, une succursale de Durex ! A côté de nous, la Grande Bouffe, c’était un repas de famille chez Romano Prodi !

Peut-être vieillis-je mais là, franchement, ça devient glauque le Saint-Siège. A 3h du mat’, les évêques, les archevêques et les cardinaux ont commencé à danser sur la table, à balancer leurs petites calottes et à chanter des cantiques demandant au pape l’autorisation de s’amuser avec les parties intimes des enfants de chœur et des gardes suisses. Le pauvre Benedetto, ça faisait un moment qu’il dormait sur sa chaise et qu’il avait fait sur lui. Sa robe blanche était souillée d’une énorme tâche jaunâtre, c’était impressionnant. Je ne savais pas qu’une vessie pouvait contenir autant de liquide… A un moment, y a un membre de l’Opus Dei qui s’est levé pour blasphémer en latin sur la vertu de la Vierge Marie avant de lire un passage de la Bible en rotant. Avec l’écho de la basilique, j’ai cru que j’avais perdu de l’audition et que j’allais finir mes jours avec le même bidule pour les oreilles que Robert Hossein (allez, avouez miei cari lettori, vous aussi vous profitez des programmations de fin d’année pour vous toucher la quiquette sur Angélique marquise des anges). Pour déconner, y a un prélat hollandais qui a mélangé le vin de messe avec de l’herbe et du Viagra. Ça partait d’un bon sentiment c’est certain mais avez-vous déjà vu des représentants du culte en train de se taper un cierge ? Bah moi oui et je ne souhaite ça à personne ! Heureusement dans mon infinie sagesse, j’avais gardé dans mon répertoire les numéros des Polonaises de l’époque de JiPé, restées fort abordables au niveau des prix malgré la hausse du prix de l’essence et la crise. Avec un peu de chance, j’ai pas chopé la syphilis, un exploit quand tu as passé 4 jours non-stop collé au plumard avec 6 filles aussi belles que chaudes… Elles pensaient que Fra Francesco avait vieilli et qu’il ne savait plus mettre le petit Jésus dans la crèche! Tu parles ! Si elles étaient mécréantes en arrivant, je peux vous garantir qu’en repartant, elles croyaient toutes en Dieu !

Du coup, j’ai joué les prolongations et je suis rentré à Santa Maria a Monte juste à temps pour préparer mon réveillon de la Saint Sylvester Takac. Comme chaque année depuis ma sortie du séminaire, j’avais convié Sorella Valentina au presbytère. Nous avons dîné avec la bonne et, comme le veut la coutume, elles ont pris leurs douze coups de minuit. Vive 2013, l’année de la baise dans mon diocèse ! Après nous être vautrés avec volupté dans la luxure, nous avons vidé une bouteille de chartreuse et dévoré un panforte, un gâteau que si t’en as jamais mangé de ta vie, tu ne sais pas ce qui est bon.

Evidemment, j’ai attrapé la crève, j’ai pas pu boire d’alcool pendant trois jours entiers mais j’ai survécu jusqu’à dimanche pour célébrer l’office puis m’affaler sur mon divan pour regarder un match qui ne devait être qu’une formalité. Finalement, ça ne s’est pas passé comme prévu et on a salement perdu, la faute à Perin, qui n’est pas un gardien mais la réincarnation de Goldorak. Le gars, il a écœuré tout le monde : les joueurs, Montella, les tifosi venus se peler à Artemio-Franchi, moi et la bonne qui essayait de me calmer pendant que je maugréais bruyamment. De toute façon, je déteste les Dauphins. Quel emblème de merde quand même ! Les dauphins, ce sont des animaux du Diavolo. Dès qu’elles en voient un, les filles se transforment et se mettent à hurler à la mort avec des voix de crétines: «Oh ! Un dauphin ! C’est l’animal le plus intelligent du monde ! Regarde comme il est beau celui-là !». Et depuis quand une poiscaille c’est malin ? T’as déjà vu un dauphin Prix Nobel stronza ? Je me suis toujours demandé ce qui poussait les filles à l’école primaire et au collège à faire des exposés sur les dauphins. A mon avis, c’est une maladie génétique, hormonale ou un truc comme ça. Certaines (et Fabien Barthez) se le tatouent sur l’épaule. Généralement, elles regardent Rendez-vous en terre inconnue et ont acheté la version collector de la Terre vue du Ciel du moustachu  en hélicoptère. L’euthanasie parlons-en.

Vous avez compris que je l’ai légèrement mauvaise, encore plus qu’après la défaite de la Nazionale face à la France, et après avoir vu les résultats des bastardi de la Juventus et de l’Inter, ma rage n’a pas décru tout de suite. Forcément, il a fallu que je passe mes nerfs sur quelque chose. Du coup, j’ai déglingué une chaise et la bonne.

 

Match       

Notes

Neto (2/5) : un nom de supermarché discount, un n°89 dégueulasse dans le dos, pas grand-chose à faire du match mais deux pions en travers du gosier. Plus Leader Price que Thomas Price.

Roncaglia (1/5) : en l’absence de Gonzalo, il était censé être le taulier derrière. Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Grazie pour ta cagade dans les arrêts de jeu qui offre le but du 0-2.

Savic (2/5) : il se fait dunker sur le beignet par Jonathas sur le premier but, surpris par la air-défense de Tomovic.

Tomovic (1/5) : oublie de sauter sur le premier but, il mange une occasion grosse comme le Palazzo Vecchio en première période. Retourne sur le banc, tu seras mieux !

Pizarro (3/5) : toujours aussi bon le Chilien. Sa sortie sur blessure ne nous a pas fait du bien, c’est certain. Espérons que ce ne soit pas bien grave. Remplacé par Matias.

Pasqual (1/5) : il s’est passé quoi Capitano ? Jamais je ne t’ai vu jouer comme ça ! Coups de pieds arrêtés catastrophiques, occasion en or gâchée, centres dans les pieds adverses ou au 3e poteau : il a tellement galéré que Montella l’a sorti. Remplacé par Seferovic.

Aquilani (2/5) : ah, si sa tête était rentrée, nous serions certainement sur le podium à l’heure actuelle !

Borja (3/5) : plaque tournante du jeu florentin, l’Espagnol a été égal à lui-même, mis à part ce brin de réussite qui nous aurait mis à l’endroit. Son seul défaut, c’est de ne pas être Italien pour jouer avec Pirlo en sélection.

Cuadrado (3/5) : notre joueur frisson a fait mal à Pescara sur le côté droit. Toujours aussi percutant, le Colombien confirme qu’il est bien l’un des meilleurs ailiers du championnat.

Jovetic (3/5) : avec un J comme «J’ai essayé mais vous auriez pu me filer un coup de main les gars». A tenté de combiner, d’y aller seul, de feinter, de mettre en position ses coéquipiers mais, décidément, ça ne voulait pas passer.

Toni (3/5) : sorti trop tôt par Montella, Luca a gêné la défense adverse avec sa protection de balle, ce qui lui a valu de prendre une palanquée de coups dans les chevilles. Et on ne m’enlèvera pas de l’esprit que la tête loupée par Ljajic, elle finissait au fond avec la testa de Luca ! Remplacé par Ljajic.

 

Sostituzioni

Ljajic : bon là gamin, va falloir t’acheter un instinct de tueur. Au cas où tu ne serais pas au courant, Rossi arrivera en juin prochain. Non non, ne pleure pas ! Ce n’est pas Delio, c’est Giuseppe qu’il s’appelle ! En revanche, il risque de te casser la gueule tout pareil hein !

Matias : un Chilien remplace un Chilien. Plus salace que Zamorano.

Seferovic : derrière cartouche offensive de Montella, n’a pas tiré.

 

L’instant Michela
Cet instant Michela est particulièrement dédié à Dudu Stefano, Loulou La Fraîche et Michel Panini, ces beaux académiciens.

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La grande storia della Fio : Sergio Cervato

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C’est un monument de la Fiorentina. Onze ans de présence au club, de 1948 à 1959, un Scudetto, une finale de Coupe d’Europe des Clubs Champions, 316 matches (3e joueur le plus capé chez les Gigliati) et 31 buts. Né en 1929 à Carmignano di Brenta (province de Padoue), il n’a que 19 ans quand il arrive sur les bords de l’Arno, après avoir fait ses classes à Tombolo et Bolzano. Défenseur remarquable, il a débuté avec la Nazionale en 1951, face au Portugal (victoire 1-4). Réputé infaillible, il a porté 28 fois le maillot national (6 fois capitaine, 4 buts), une performance exceptionnelle pour l’époque. Capitaine de la Fio, il rejoint la Juventus en 1959, puis la SPAL en 1961. Devenu entraîneur de 1966 à 1970 (Pescara, Trani, Empoli), il a ensuite fait partie de l’encadrement de la Viola (entraîneur des jeunes et scout). Défenseur attiré par le but (45 sur l’ensemble de sa carrière ; seul Facchetti a fait mieux avec 59 réalisations), Cervato était aussi un très bon tireur de penalty. Avec 466 matches de championnat, il est le 20e joueur le plus capé de l’histoire du football italien. Il est décédé à 76 ans, le 9 octobre 2005, à Florence.

 

Il Music Box di Fra Francesco : Paolo Conte
Via con me : fermez les yeux et écoutez les premières notes…
Come di
Azzurro
Topolino amaranto
Bartali

 

Toscana, il mio paese : l’exposition Raphaël au Louvre
Pendant que des milliers de malades mentaux attendaient des plombes sous la flotte devant le Musée Pom-pom-Pidou pour voir l’exposition Avida Dollars, aussi bon dessinateur et connaisseur de l’histoire de l’art qu’il était businessman et franquiste (dédicace à Luis Buñuel), Fra Francesco, de passage à Parigi, est allé admirer les dernières œuvres de Raffaelo, le Pirlo des peintres italiens. Contemporain de Leonard de Vinci, son ami, et de Michel-Ange, son plus grand rival, Raphaël a notamment peint pour les papes Jules II et Léon X de Medicis. Peintre de la séduction, de l’harmonie et de l’équilibre dans la composition, Raphaël est un artiste essentiel du XVIe siècle, qui a véritablement éclos à Florence. Les plus grandes œuvres de la fin de sa vie, mis à part le portrait de Balthazar Castiglione sont réunis pour l’occasion. Grouillez-vous d’investir le Louvre : l’exposition ferme ses portes le 14 janvier. Ne pas y aller serait un péché !

«Quand Raphaël mourut, la peinture disparut avec lui. Quand il ferma les yeux, elle devint aveugle» Vasari, peintre et historien.

 

Copinage
Floriana n’est pas toscane, ça arrive à des gens très bien même s’ils ne sont pas nombreux. Floriana est tifosa bianconera ce qui est déjà beaucoup plus grave. Mais on oublie vite ça quand on lit Floriana qui parle de la moka. Alors bazarde ta saloperie de machine à capsules et apprends à faire le véritable caffe’ !

Le calcio italien en version française, c’est sur Calcio Mio !

 

Toscanalement,

Fra Francesco

 

 

Roazh Takouer

7 Comments

  1. Francesco, le meilleur d’entre nous. Michela, la plus bonne d’entre toutes (un peu mieux nourrie elle n’en serait que plus belle, ceci dit).

  2. Michelaaa mwen ké fend’ tchou aw
    pendan Fra Francesco pa la, Michelaaa

    Encore une académie parfaite qui donnerait presque envie de suivre la série A pour autre chose que les futures recrues du PSG.

    Sinon très belle ville Florence, mais le seul truc qui m’en reste c’est un maillot à 10 balles de Gigi Buffon époque parmesane.

  3. Alors d’abord, quand on parle de Gianluigi on se découvre, et puis on ne dit pas un « maillot à dix balles » mais « une relique ».

  4. @Blaah: Une relique je suis d’accord si c’était un vrai (rien qu’un maillot de foot Champion USA, quelque soit l’équipe, quelque soit le joueur peut être considéré comme une relique) malheureusement mon budget de collégien ne m’autorisait à investir que dans du maillot 100% polyamide du marché, donc c’était bien un maillot à 10 balles (négocié certes, mais 10 balles quand même) mais ça m’empêchait pas de le porter à l’entrainement.

  5. Fra Francesco a aussi une relique de Gigi à Parme (bleu et rouge) acheté à Rome lors d’un séminaire. Il m’est souvent arrivé de dormir avec.

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