La Forez Académie raconte le merscato – Episode 34 : brelan (Romeyer) de recrues

Un merscato qui a pris un énorme coup d’accélérateur, un peu comme quand Roro attaque dans la montée du Col de la République après avoir son EPO à lui, la Suze-Badoit, directement dans les veines.

Après Diousse la semaine passée, ce sont Hernani, Katranis et Gabriel Silva qui arrivent en l’espace de 2 jours. Pendant ce temps là, Nordin est prêté à Nancy (bonne chance) et on parle de Lacroix vers la Turquie (bon débarras).

 

Romeyer : salut Dominique. Beuon, j’suis tout mouillé d’chaud là, j’sens plus mon poignet à force de signer tous ces contrats, t’sais. Et puis ho, j’ai même les ébarioles à force de faire les photos. Il est conteuent meuon Oscar ?

Rocheteau : oui, il est satisfait. Mais…

Romeyer : mais quoi ? Fouilla, il va pas m’d’mander encore un joueur, neuon ? Ho, on est pas les Kantaris nous ! On est pas capable d’se payer le Nénuphar pour 220 miyeuons !! A c’prix là, on a le stade, le club, le centre d’entrainemeuent et une gâterie du maire Perdreau !

Rocheteau : il lui manque un attaquant…

Romeyer : commeuent ??!! Mais qu’est-ce qu’il jabiasse l’Espingouin là !! Et le Sortadoudoune c’est quoi ?? Oui beuon neuon, réponds pas tu vas m’vexer, j’l’aime bien moi l’pillot, y fait gagner des derbys et quiner les quenelles, ça a pas d’prix ça ! Le Johnny là ! C’est pas l’chanteur qu’on a pris quand même ??

Rocheteau : oui, enfin non. Mais Oscar n’est pas satisfait des joueurs à disposition notamment Søderlund et…

Rocheteau : ETBEN IL F’RA AVEC LA TORTILLA !! I’ commeuence à m’faire flique là !! Non mais Dominique, on vire les jambes d’alu dont il ne voulait plus comme Lemoine, Polomat ou Jorginho parce qu’il voulait un groupe aussi épais qu’un matru qu’aurait passé 8 jours sous une benne ! Après, il m’fait acheter des joueurs parce que bien sûr, il va pas nous mettre les badabeus qu’on a pas réussi à fourguer comme M’Babet ou Lacroâ sur l’terrain. Du coup, vas-y qu’j’te signe du Douceur, du Armani, du Casanis et main’ant du Gambelle Silva, et ça lui va toujo…

Garcia : ¡ Holà Rolán ! Comment tou vas, hombre ? Muy bien les jouors qué sont vénus, mais il en manque uno ou dos más me parece.

Romeyer : QUOI ??!! Nonononon, no es ce que nous avons décidado aveuant ! Tresse joueurs arrivados, no tenemos las pocketas pleinas amigo, no somos los Kantaris, b’let !

Garcia : ¿ Qué ?

Romeyer : Qué quoi ? Purée mais il comprend rien quand j’bajafle dans son patois là ? Dedzeu, pourteuant j’me suis entraîné en écoutant du Despacito toute la journée. Mes esgourdes ont saigné pour rien apparemeuent. Beuon bref, Dominique, tu lui diras neuon, pas de recrues. On a plus les sous là.

Rocheteau : Roland, soyons sérieux. Hernani c’est un prêt, Katranis a coûté 600 000 €, et Gabriel Silva arrive sans indemnité de transfert.

Garcia : Rolán, yé comprends un poco lo francès, y yé né souis pas oune bobiatte (ndlfa : un bobiat, avec l’accent). Yé sé qué yé démande mucho, pero l’équipe avait trop dé badabeús (ndlfa : des badabeus). Soderlound está demasiado gordo, il né court pas, el débaroule comó una pelota dé graisse. Beric es muy bueno mais el va aussi vite qué oune escargot. Yé bésoin d’avoir dé la competencia.

Romeyer : oui, beuon. Yo té comprend mon b’leto, pero no tengo el argento para achetar las jougadores.

Garcia : ¡ no dice tonterías ! Dominique ha dicho que Katranis n’a rien coûté o casi, y Gilberto Silva è vénou pour rien. Hernani è prêté. Nous avons l’argent !

Romeyer : ben tiens, ça tu le sais dire en bon français mon canou. Beuon ! OK pour prendre d’autres joueurs, mais pas questieuon de le faire sans se séparer de quelques babets aveuant ! Le pillot Bredin en prêt à Nancy c’est bien, mais si on pouvait envoyer le greuand badinguet suisse en Turquie comme seuon agent le veut, on le fait aussi. Les transferts c’est une chose, mais après, faut que le Roro il allonge les biffteuons pour les salaires aussi.

Garcia : ¡ Alex ! ¡ Yé té vois, tou as encore des miettes sour ton maillot ! ¡ Cabrón !

Romeyer : et ben on est pas rendu

 

Le merscato roule à fond en ligne droite, espérons qu’il ne va finir dans le mur. Quel sera le nom de la prochaine recrue ? Qui va partir ? Que mangeait donc Søderlund :  des krisprolls ? La réponse dans le prochain épisode…

 

Roland Gromerdier

 


Vocabulaire :

  • Babet : pomme de pin,
  • Badabeu : niais, idiot,
  • Badinguet : attardé, simple d’esprit,
  • Bajafler : parler à tort et à travers,
  • Belet : agneau, utilisé aussi avec une certaine tendresse pour parler d’un proche,
  • Bobiat : idiot, simplet,
  • Canou : chéri, chérie,
  • Débarouler : dégringoler, descendre très vite ou tomber en roulant,
  • Débarouler : dégringoler, descendre très vite ou tomber en roulant,
  • Dedzeu: ou nom de dzeu ! juron, forme atténuée de Nom de Dieu !,
  • Ebarioles : avoir le tournis, voir des étoiles, également avoir le regard vacillant, peu assuré, notamment sous l’emprise de la boisson ou les lendemains de fête,
  • Être mouillé de chaud : transpirer abondamment,
  • Être rendu : être arrivé (sous-entendu « à bon port »)
  • Flique : dans l’expression « ça m’fait flique » : « ça m’ennuie, ça m’énerve » (ne s’utilise pas seul),
  • Fouilla: intraduisible, c’est l’expression typique stéphanoise qui traduit la surprise, l’étonnement, l’exclamation…
  • Jabiasser : parler avec une certaine malveillance,
  • Jambe d’alu : nigaud, maladroit,
  • Matru : dernier de la famille,
  • Passer 8 jours sous une benne : référence à une situation difficile devant laquelle on ne doit pas faire la fine bouche. Analogie avec la situation des mineurs qui pouvaient, en cas d’éboulements ou d’explosions, se retrouver coincés dans la mine plusieurs jours coincés sous une benne avant l’arrivée des secours ;
  • Quiner : pleurer.

 

Rendons ici hommage au « Cri du Pillot », qui paraît régulièrement dans le Progrès, édition stéphanoise (pas l’autre qui sent la quenelle), et dont le format de cette fiction est inspiré. Toutes les expressions, et bien d’autres encore, peuvent être retrouvées ici ou .

Roland Gromerdier

Né dans le Chaudron, de la verveine coule dans mes veines. Mes analyses sont aussi carrées que les poteaux de Glasgow. Peu importe les époques : je n’oublie jamais qui sont les plus forts.

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