France – États-Unis (1-1) : L’Académie Française s’étouffe sur ses nuggets

Certains s’endorment en lisant Belle du Seigneur. D’aucuns objectent que ce match est pourtant un bien meilleur somnifère.

Dernier épisode des matchs de préparation de l’équipe de France. Il était temps parce qu’à ce rythme-là, même les joueurs ne se seraient plus présentés sur le terrain, faute d’intérêt. D’ailleurs, étaient-ils bien là face aux Ricains ?


La compo :


Cette fois-ci, on prend le 4-3-3 classique mais présenté en 4-4-2 losange, avec Griezmann en soutien des deux attaquants, tel un n°10 qu’il n’est pas (on y reviendra). Concernant les jouors, on est pas loin de l’équipe-type susceptible de débuter face à l’Australie, malheureusement.

Le derrière :

Nos deux estropiés sont à nouveau titulaires sur les côtés, charge leur revient de montrer qu’ils ont le coffre bien solide et qu’ils tiennent la route, communsymbole de Lady Di. En charnière, et pour mon plus grand plaisir, le duo de choc Umtatane est de retour.

Le milieu :

Ngolo tient son rôle de sentinelle. Blaisou positionne classiquement ses quinze poumons et son arthropathie à gauche du pré. Inhabituellement à droite, Paul Pogbanter doit montrer pourquoi les gens ont tort de le critiquer.

Le devant :

Grizou comme pièce maîtresse pour combiner avec Mbappé. Face à un bloc bas, Giroud doit servir de point d’appui et être le vrai 9 dans la surface, si tant est que des centres arrivent et qu’on lui donne le ballon.

Le match :

En ce début de match, et alors que les GI ont du mal à dégager, Pogba, excentré sur la droite, déclenche une lourde frappe qui s’écrase sur le poteau gauche nord-américain. Pogba, qui semble bien décidé à fermer des bouches trop ouvertes à son goût, adresse un centre soyeux de l’extérieur vers Giroud qui est vulgairement plaqué au sol par son défenseur. L’arbitre ne bronche cependant pas. Parait que selon les angles, le pénalty est pas flagrant. Encore une fois, c’est la faute de Giroud : avec un vrai lyonnais comme Lacazette, le doute n’aurait pas été permis.

Si les dix premières minutes sont plutôt agréables, le reste de la première période est lénifiant. Plusieurs situations de frappe pour les Bleus, qui dominent sans non plus paraître complètement convaincus de ce qu’ils font. Griezmann et Mbappé combinent souvent bien, mais les frappes sont soit non cadrées, soit déviées, soit aussi dangereuses qu’une bière sans alcool. Alors que Sidibé part en contre et lance Kanté dans la profondeur, Ngolo est soudain saisi d’une matuidite aigüe : l’enchaînement contrôle à chier – action salopée est parfait, 20 sur 20, rangez vos cahiers.

« Frère, tu veux la recette pour rater un contrôle ? Garantie 100% à l’aiiiiiise Blaise »

Un bon renversement de Mendy vers Griezmann nous laisse croire à l’ouverture du score. Mais le ballon d’Antoine frôle le montant gauche. Alors qu’on a trouvé plus ennuyeux qu’un film de Guillaume Canet, les fantômes de Laurel et Hardy font leur apparition. Quoique non, c’était tellement nul, on va dire que ce sont les fantômes des Chevaliers du Fiel, même s’ils ne sont pas morts. Bridjil Sidibé rate une relance anodine, le ballon revient sur Julian Greene, qui, tel un fervent défenseur du deuxième amendement, ne rate pas sa cible (0-1, 44e). Et pourtant, la cible n’était pas bien grande, hein Hugo ?

Je tiens ici à faire un petit aparté : il convient de rappeler que le premier match des Bleus est dans une semaine et que là, on est menés 1-0 par les putains d’Etats-Unis de la putain d’Amérique. Un pays qui est au football ce que Nabil Djellit est au journalisme sportif. Un pays qui, quand on entend « football », on pense à un sport où le temps effectif de jeu dans une après-midi consacrée à une rencontre n’excède pas trente secondes. Les États-Unis putain !

Ca donne envie hein?

Au retour des vestiaires, ce n’est guère plus flamboyant. Les frappes des Bleus ne sont toujours pas cadrées ou pas inquiétantes. Etre aussi inefficace dans la conclusion, on n’avait pas vu ça depuis la fin de Lost. Faute de voir un but des Bleus, on voit du sang. Oliv’ se prend la tête de Miazga, et inversement. « L’arcade a dû péter » me souffle-t-on. Prenant au mot l’expertise du Dr Delajoux assis à côté de moi, Giroud sort et est remplacé par Dembélé. Tolisso, ovationné par le Groupama Stadium, en profite pour remplacer Matuidi.

On s’ennuie ferme. On pourrait dire que le match tombe dans un « faux rythme » mais cela suppose que le match en ait au moins un semblant. De la même manière que nous ne saurions être victimes d’une « grosse désillusion » quand on se fera sortir en quarts de finale, puisqu’il faut être aussi visionnaire qu’Orion pour avoir l’illusion qu’on va tout déglinguer. Comme d’habitude, face à une équipe regroupée, on ne sait pas faire le jeu. On s’entête à passer dans l’axe. Nos latéraux, quoique pas à 100%, ne sont pas du tout rassurants. Le temps s’écoule trop lentement. Même les nombreux changements qui interviennent semblent longs.

Fred Calenge, ce génie, croit qu’il est de bon ton de faire une blague liant le Mexique, la bière, et l’entrée sur le terrain de l’Américain Joe Corona. De grâce Frédéric, et je ne dis pas ça parce que vous m’êtes insupportable : ne vous essayez plus à l’humour, vous avez déjà assez de mal comme ça avec votre activité principale qui consiste à faire passer des interviews inintéressantes de deux minutes avec les joueurs de l’Equipe de France – interviews consenties car votre employeur est un partenaire commercial historique – pour des entretiens exclusifs. On s’en fout Frédéric, mais d’une force. Je ne vous en veux pas personnellement, comprenez-moi bien. Vous êtes certainement un garçon très gentil, qui sait se tenir le dimanche après-midi au repas de famille et sortir deux-trois anecdotes bien senties en vous reprenant une tranche de Sainte-Maure-de-Touraine et un verre d’un bon Saint-Nicolas-de-Bourgueil. Oui, d’accord. Mais fermez-là. Je ne veux plus entendre votre voix de benêt satisfait. Sauvegardez votre salive et ne l’utilisez qu’à l’occasion de cette situation :

« – Oui Messieurs, je suis avec Ngolo. Ngolo, c’est incroyable, quelle histoire ! Il y a encore deux ans avant l’Euro, personne ne vous connaissait – sans vouloir vous manquer de respect. Et ce soir, en Russie, vous devenez le héros de la France, le nouveau Jean Moulin ! Ce but en finale Ngolo ! Face à l’Allemagne. Racontez-nous, que ressentez-vous ?

C’est fou, j’ai pas les

C’est votre mère qui doit être contente Ngolo ! Car les familles des joueurs sont dans les tribunes ce soir, c’est incroyable !

Ahah, oui, mon père, ma mère…

Vos frères, vos sœurs ! Une grande famille certainement. Quel but Ngolo ! Pas le plus beau, mais le plus important de votre carrière sans aucun doute ! Un grand but pour un petit bonhomme !

Euh… Oui, c’est vrai que c’est un but de raccroc, à l’arrache !

Et non pas un but à l’arReich!

– …

Non mais… Parce que ça ressemble au Reich. Le régime allemand. Parce que vous avez dit « à l’arrache ». C’est une astuce. »

Brusquement, nous sommes sortis de notre léthargie. Après un super travail de Fékir côté droit(e), le centre de Pavard trouve Mbappé qui s’applique et égalise (1-1, 77e). Le centre est particulièrement bon, Mbappé étant trouvé au milieu de 5 ou 6 américains. Comme quoi, ça aide de prendre l’information avant de centrer, pas vrai Bridjil ? La fin de match n’est pas plus palpitante. L’égalisation ne doit pas masquer l’ennui abyssal et la honte incommensurable de ne pas battre les Etats-Unis, même en match de préparation. Bordel.

Je l’ai déjà dit ici, mais nous n’avons pas avancé d’un pouce depuis six ans. On ne sait pas faire avancer le ballon, on n’a pas de plan de jeu établi. Avez-vous vu de la construction, je veux dire, des actions limpides où l’on peut comprendre que les joueurs ont une intention claire, définie, préétablie ? Des automatismes ? Moi pas. Certainement que l’assise défensive, ça, c’est bossé. C’est presque pire puisque c’est quand même pas rassurant. On va donc faire comme à l’Euro : serrer les fesses, galérer face aux blocs bas, compter sur des contres. Sauf que ce n’est pas du tout assumé par Deschamps. Il mise sur les éclairs individuels de nos talents devant. Oui, mais non, ce n’est pas un plan de jeu. Bref, même en essayant d’être optimiste, je ne vois pas comment on pourrait s’en sortir. Même en s’injectant directement dans les veines la chatte à Deschamps. Donc Didier, avec le respect, toujours : VA TE FAIRE METTRE AVEC TA FRILOSITE DE MON CUL.


Les notes :


Lloris (0/5) :

Je peux décemment pas lui mettre plus. Il a un seul truc à faire, pas le plus compliqué, et il le fait pas. Ca y est Hugo, je suis inquiet.

Mendy (1/5) :

Clairement pas à 100%. Toujours aussi prompt à aller de l’avant, il n’a pas le moteur pour redescendre. C’est embêtant. On va espérer que tout est calculé pour qu’il pète la forme en huitièmes. Remplacé par Hernandez (non noté), à qui je n’ai malheureusement rien à reprocher.

Umtatane (1/5) :

J’en viens à espérer qu’ils ont comme consigne de ne surtout pas relancer en cassant des lignes et de ne surtout pas prendre de risques. Si ce n’est pas le cas, c’est catastrophique. Encore plus face à une équipe de branques en face. Quant à leur temps de réaction sur le but, disons qu’à côté, même la mort de Jeanne Calment était plus rapide.

Sidibé (0/5) :

A la ramasse à tous les niveaux, Bridjil n’était que l’ombre de lui-même, c’est-à-dire qu’à chaque phase offensive et défensive, il avait 5 mètres de retard sur la place qu’il aurait dû occuper. Remplacé par Pavard (non noté), passeur décisif et encore une fois bon, tout simplement. Oui, aucune expérience du très haut niveau en compétitions, mais Sidibé n’est clairement pas irremplaçable en ce moment.

Kanté (2/5) :

Bouf’tout a ramassé du ballon et n’a pas souffert plus que de raison face aux colosses  d’en face nourris au KFC. Par contre, aucune plus-value offensive, plusieurs ballons perdus assez inhabituels et un contre salopé.

Matuidi (1/5) : Absent des débats tout le temps où il a joué. Courir partout et être invisible, c’est une prouesse que seul Blaise pouvait accomplir. Autant d’impact que Nick quasi-sans-tête. Remplacé par Tolisso (non noté), dont on se demande encore pourquoi il n’a pas sa place de titulaire réservée bien au chaud (on connaît la réponse, mais elle ne nous satisfait pas).

Pogba (4/5) :

Homme du match. D’un match nul et chiant, certes, mais quand même. De beaux gestes utiles, ce qui est bien mieux que des grigris. Et beaucoup de PogVolonté. A noter : une coupe moins dégueulasse qu’à son habitude.

Griezmann (3/5) :

Hyperactif en première période, combinant souvent avec Mbappé, il n’a pas su conclure. Porté disparu en seconde période. je ne vois pas l’intérêt de le mettre en 10. Il se retrouve trop bas trop souvent. C’est notre meilleur joueur, le plus technique et patin-couffin. Laissons-le un maximum aux avant-postes. Remplacé par Fékir (non noté), acclamé par le Groupama Stadium suite à la découverte de sa malformation du genou.

Mbappé (4/5) :

De nouveau buteur, Kyky était partout et dans tous les bons coups. Il a beaucoup combiné avec Grizou, faisant parfois passer Giroud pour l’homme invisible (mais pas Matuidi, le vrai). Continue comme ça, mais quand t’apportes la lumière, « c’est pour que tout le monde y voie : si c’est que pour ta gueule, je ne vois pas l’intérêt ». Remplacé par Lemar (non noté), qui joue plus que Thauvin, ce qui nous fait une belle jambe.

Giroud (1/5) :

Oliv’ n’a pas eu son impact habituel devant, bien verrouillé par Michael Phelps, LeBron James et Bruce Willis. Très peu servi par ses compères (aucun ballon de Mbappé, trois de Grizou), nul doute qu’il saura répondre présent quand on aura besoin de lui, comme toujours. En tout cas, on le lui souhaite. Remplacé par Dembélé (non noté), qui a failli donner la victoire en toute fin de match.


Comme promis dans l’académie face à l’Irlande, le beau papier sur la liste des 23 est prête. Elle sera publiée un jour. Si Pascal Praud le veut. [ndlr : Pascal Praud on ne sait pas, mais la rédac veut bien. Soyez prêts pour demain.]


Le Mont Térubio est mort, vive Didier Décampe.

Didier Décampe

4 Comments

  1. Je vous vois dire du mal de Balaise Blaise. Roberto qui est à côté de moi me demande de vous faire passer un message mais vous le connaissez, il est d’un vulgaire cet homme… En version édulcorée, ça donnerait à peu près ça :

    – « Cet enculeur de génisses mortes de Décampe a pas intérêt à mettre l’oeil sur Blaisou, sinon je m’en vais lui cautériser ses hémorroïdes à l’allume-cigare. »

    Et il vous souhaite une bonne coupe du monde par la même occasion.

    Moi j’aime beaucoup ce que vous faites en tout cas.

    • L’important, c’est que vous appréciiez mon travail Roland. L’allume-cigares, ce n’est qu’une épreuve comme tout un chacun doit en surmonter dans sa vie.

  2. Cet Acad commun symbole du mec aigri qui n’a pas pu cracher sa bile sur la dech pour cause de victoire face aux Macaronis et aux rouquins. La satire ne nous empêche pas d’être objectif et de supporter nos joueur… et leur coach (pour mémoire, 1/4 de CDM en 2014 et finale Euro 2016 …) beaucoup de nations aimeraient avoir notre parcours sur les dernières echeances. Un peu de respect pour le travail accompli. Un match en demi-teinte face à une équipe qui refuse le jeu doit-il nous forcer à tout bruler ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.