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Italie – Japon (4-3) : La Baci A Tutti Accademia livre ses notes

Jeudi 20 juin 2013

J’avais émis un souhait bien particulier à la fin de l’introduction du dernier article : celui de voir ma Squadra atomiser l’empire du soleil levant. J’aurais bien dû fermer ma gueule. Bien comme il faut.

De toutes les manières, c’est la ouate que je préfère. De toutes les façons, je suis un garçon. Et les prévisions, ça n’a jamais été mon truc. Utile pour un économiste me direz-vous, pratique pour un politique, surtout en période de récession. Je suis un fieffé incapable lorsqu’il s’agit de déterminer une issue probable, un peu comme un présentateur météo. En somme, j’avais hautement désiré voir le Japon en prendre un wagon. Il y a eu 4-3 et l’Italie s’est fait une belle frayeur. Vous avez bien fait de ne pas me garder au palais Chigi, j’avais prévu la sortie de crise en 2014, une croissance au beau fixe, et un taux de chômage battant un record historique de faiblesse.

Personne ne voyait les nippons faire de l’ombre aux Azzuri après leur défaite 3-0 contre la Selaçao lors de la première journée. L’Italie, impressionnante de maîtrise face au Mexique, ne se sentait en aucune façon menacée. Le sentiment supérieur de l’européen avait bon dos jusqu’à ce que les japonais mènent 2-0 en même pas 35 minutes de jeu.

J’étais sorti voir le match incognito au bar de la Poste. Postiche brune, fausse moustache, aviator de vue vissées sur le nez. Je ne peux pas prendre le risque qu’on me reconnaisse, je n’en ressortirais pas vivant. L’enfant du pays est devenu l’homme à abattre après son passage au gouvernement central. Tout le monde veut ma peau. Je suis un homme traqué, comme un renard ayant promis de sauver le poulailler mais qui s’est servi au passage pour ses repas personnels. Donc quand je veux aller boire un ristretto ou une Moretti, je m’affuble tel l’inspecteur Morse.

C’est donc à travers un hublot oculaire ( bona sera licence poétique) que je vis cette étrange partie. Les japonais démarrent pied au plancher, il faut dire qu’ils sont disciplinés les wasabis. Avec Kagawa en métronome du sudoku, ils pilonnent comme à Pearl Harbor. La canna si piega ma non si spezza.

Après un pénalty plus que sévère dont je ne parlerai pas puisque je juge celui en notre faveur tout aussi sévère, un cafouillage dans la surface profitant au bridé de ManU, il fallait repartir dans le bon sens. Aussi, De Rossi occupa le devant de la scène : après avoir pris un jaune le privant du match de samedi contre le Brésil, il s’éleva dans les airs pour reprendre un corner frappé par le bel Andrea. Et dès la sortie des vestiaires, un csc et un pénalty transformé par Super Mario (je lui laisse définitivement le sobriquet) redonnèrent l’avantage à la Squadra. Les espaces se libéraient avec la baisse de régime japonaise et donc la fin de leur pressing opressant. Mais Montolivo, qui m’aura décidément bien fait chier hier soir, lâcha le marquage d’Okazaki qui alla placer sa tête pour égaliser. Et une nouvelle fois, ce fut De Rossi qui sonna la révolte en délivrant une passe limpide pour Marchisio qui trouva, avec un centre à ras-de-terre, une fourmi atomique qui passait par là.

Nous avons eu chaud, mais nous sommes qualifiés. Savez-vous ce que cela veut dire? Eh bien, vous aurez encore de mes nouvelles. Au moins deux fois.

Titolari :

Buffon (2/5) : Comme un symbole de navire américain dans l’océan Pacifique, il a fini par céder aux assauts répétés des kamikazes japonais.

 Maggio (2/5) : De « Superbike » ou de Honda, le véhicule débridé n’est pas celui qu’on croit.

 Barzagli (3/5) : Sans être excellent, il s’est bien rattrapé après un premier match raté.

Chiellini (2/5) : C’est l’inverse pour lui : après un très bon match contre le Mexique, il n’a pas été bon hier soir. Parfois mal placé, souvent surpris par la trajectoire des ballons, il est fautif sur le deuxième but japonais.

De Sciglio (2/5) : Cette fois les couloirs étaient bloqués, et le gamin a dû se (riz) cantonner à un rôle défensif particulièrement difficile, alors que les Japonais se succédaient dans son couloir pour lui faire des farces – le lapin crétin qui sort du chapeau, tout ça. Les chaussures rouges c’est à double-tranchant : tu te fais remarquer quand tu fais de bonnes choses, mais aussi quand tu fais des conneries.

Pirlo (3/5) : Match compliqué pour Johnny à 70 ans maintenant. Le pressing exercé sur lui par les nippons, très haut, n’avait de cesse que lorsque ceux-ci étaient physiquement fatigués (pas moralement, ils n’ont pas d’âme). Mais le barbu a tout de même délivré une nouvelle passe décisive sur coup de pied arrêté.

De Rossi (4/5) : Premier buteur italien, il a sonné la révolte et emmené les siens dans son sillage, probablement galvanisé par la conférence de presse de son futur entraîneur Rudi Garcia, plus tôt dans la journée. Et quelle passe pour Marchisio, à l’origine du but de la victoire. Malheureusement, il sera suspendu pour le match contre le Brésil, après avoir écopé d’un nouveau carton jaune.

Montolivo (2/5) : Positionné à gauche, il a tout manqué à peu près. Comme un symbole de François Hollande.

Aquilani (0/5) : C’est comme quand je confie le volant à ma femme : après avoir roulé pendant quinze minutes en seconde, je finis par reprendre le poste de conducteur.

Giaccherini (2/5) : Le lapin crétin a été malin. Une fois, quand il a surpris Dora l’exploratrice et provoqué un csc.

Balotelli (4/5) : Il semble avoir compris une chose : le fait de se mettre au service du collectif n’exclut pas la possibilité de marquer des buts. Et paf, ça fait des chocapics.

Sostituzioni :

Giovinco : tout nain et tout décisif ; quenelle suprême au peuple japonais en somme.

Abate : au royaume des aveugles, les borgnes sont rois. Ceci n’est pas un compliment pour Maggio.

Marchisio : un bel appel et un super centre, décisif en l’occurrence.

Baci a tutti compagni,

Double M.

 
Vos commentaires (vous pouvez créer votre gravatar en cliquant ici)
  • defon jankulovski dit :

    bravo bello…
    On a eu chaud aux miches mais ils sont en constante progression les japonais sous l’impulsion d’un excellent technicien qui n’est pas francais (pleonasme quand tu nous tiens).
    La febrilité défensive depuis plus d’un an me gave sérieusement, le jeu proposé est ambitieux mais l’equilibre precaire.
    A dimanche bel homme

  • patam dit :

    Etre qualifié ça veut peut être dire aussi ramasser une valise contre le Brésil

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