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La Balkans Acad’ au pays de Vahid, Safet, Mecha et Faruk (2è partie)

Mardi 21 mai 2013

Vous l’avez attendue impatiemment ? La seconde partie du voyage en Bosnie vous est livrée…

FK Zeljeznicar

Cette saison, dans le Top 7 du championnat, on retrouve 4 clubs de Sarajevo dont le trio des leaders. Sasa Ibrulj nous en fait une brève présentation : « Zeljeznicar et le FK Sarajevo sont les deux plus grands clubs de la ville et les deux grands rivaux. L’Olimpic est quasiment un club privé (quasiment car de par la loi bosnien, il est impossible qu’un club appartienne à une personne privée) où Nijaz Gracic met l’argent et décide de tout. Il fut formé en 1993 mais ce club n’a pas vraiment de noyau solide de supporters à Sarajevo. Ils ont même pensé déménager à Tuzla ou Gorazde cet hiver et ils jouent parfois leurs matchs dans des petites villes, quasiment comme une franchise. Le dernier club est le Slavija Istocno Sarajevo, basé à Istocno Sarajevo, banlieue de la ville créée pendant la guerre et partie actuelle de la Republika Srpska. Ce club fut interdit après la seconde guerre mondiale, comme tous les clubs ayant évolué pendant la seconde guerre mondiale ; les communistes les considérant comme des traitres et ayant décidé de suspendre leurs activités. A la même époque, les grands clubs de Belgrade et Zagreb furent éteints, parce qu’ils évoluèrent dans le championnat de la Croatie fasciste. Le club vit le jour à nouveau dans les années 1990 et c’est aujourd’hui un club serbe. »

zeljo

S’il y a un club qui tient le haut de l’affiche en ce moment en Bosnie, c’est bien le FK Zeljeznicar, vainqueur de 3 championnats sur les 4 dernières saisons. Selon Sasa Ibrulj, le mérite en revient avant tout au manager Amar Osim : « honnêtement ils n’ont pas une équipe bien meilleure que les autres mais Osim a une vraie mentalité de gagneur qu’il a su transmettre aux joueurs et ils gagnent en jouant mal ou en ayant des difficultés. »

Ce club fut créé en 1921 par un groupe de cheminots, d’où le nom Zeljeznicar. Les années 70 et 80 furent les plus belles du club. En 1972, le club gagna le championnat de Yougoslavie, restant avec le FK Sarajevo les seuls clubs bosniens à emporter ce grand championnat d’antan. En 1980-81, le FK Zeljeznicar joua la finale de la Coupe du Maréchal Tito (coupe de Yougoslavie) contre le club bosnien du Velez Mostar. Perdue 3-2, cette finale mettait aux prises Vahid Halilhodzic du Velez et Mehmet Bazdarevic du Zeljo, tous deux auteurs d’un doublé lors de cette finale. Les années 80, sous la commande du grand Ivica Osim, virent aussi le Zeljo réussir de grandes performances européennes avec notamment une demi-finale de coupe UEFA en 1985, perdue contre les Hongrois de Videoton1. Les coéquipiers du captain Mecha éliminèrent le club bulgare du FC Sliven puis le FC Sion, l’Universitatea Craiova et le Dynamo Minsk. Moi aussi, je suis nostalgique à la vue de ces noms…

942617_10152795951095557_2090549239_nA l’occasion du dernier derby de Sarajevo

Aujourd’hui, le club reste confiné à la scène nationale ayant bien du mal à sortir des tours préliminaires de Champions League. La dernière performance internationale réalisée par le club est d’avoir sorti Edin Dzeko. Cependant la ferveur reste énorme avec notamment le groupe de supporters des Maniacs. Ce groupe est sans doute le plus actif de Bosnie et sait donner une saveur particulière aux joutes domestiques, notamment contre les rivaux du FK Sarajevo et de Banja Luka. Si vous voulez en voir plus, regardez cette vidéo d’avant-match contre le FK Sarajevo avec fumigènes, feu d’artifice, etc. Oui, la législation est différente dans cette partie du monde.

stade Le stade Grbavica (sur la droite) pendant la guerre

Le Zeljo est aussi très attaché à son stade Grbavica, porteur d’une lourde histoire. Ce stade fut construit dans les années 1940. Modernisé dans les années 70, le Zeljo ayant gagné son seul titre de champion de Yougoslavie hors de son stade fétiche,  Grbavica était sur la ligne de front pendant la guerre en 1992. Les Serbes brûlèrent les structures en bois du stade, entre autres graves dommages. Ce n’est qu’en 1996 que le football gagna à nouveau ses droits dans cette enceinte mythique avec un derby entre le Zeljo et le FK Sarajevo. Ce stade fait aussi la fierté de ce club qui se veut porteur d’une histoire de son pays au-delà du football.

 

Le futur

Si le foot bosnien a une histoire dense avec notamment ses grands noms comme Vahid, Mecha, Safet Susic (la grande star du FK Sarajevo dans les 80’s) et Ivica Osim (n°10  à la technique superlative des 60’s/70’s), la Bosnie semble aussi trouver des motifs d’espoir pour le futur notamment à travers son équipe nationale.

safet

Safet2, cette idole

Sasa Ibrulj explique la division des citoyens de Bosnie-Herzégovine quand il s’agit de foot international : « bien entendu les Croates supportent leur équipe, les Serbes supportent la Serbie – vous pouvez même trouver des internationaux actuels de ces deux pays qui sont nés en Bosnie, mais le reste du pays soutient la sélection de Safet Susic et attend avec impatience la Coupe du Monde au Brésil ! Mais la situation a changé lors de ces 15 dernières années. Au début les citoyens serbes et croates de Bosnie haïssaient la sélection bosnienne mais aujourd’hui certains d’entre eux supportent l’équipe, peut-être pas pour le pays mais au moins pour certains joueurs emblématiques. Les talents actuels de la sélection sont un mélange de notre mentalité et des mentalités étrangères. Plus d’un million de Bosniens quittèrent le pays pendant la guerre, nous avons donc un gros contingent de joueurs à l’étranger. Regardez notre équipe – Begovic, Spahic, Pjanic, Ibisevic, Salihovic, Medunjanin, Mujdza, Muslimovic… Ils ont tous grandi à l’étranger. Certains ne jouent pas pour notre sélection comme Zlatan, d’autres pour la Croatie ou la Serbie mais comme nous devenons meilleurs, plus de joueurs veulent évoluer sous le maillot bosnien. »

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L’équipe qui a battu la Grèce 3-1 (crédits photo : demotix.com)

En haut de gauche à droite : Begovic, Ibisevic, Zukanovic, Misimovic, Spahic, Dzeko

En bas de gauche à droite : Lulic, Mendujahin, Mudjzan Vranjes, Zahirovic

Cependant la sélection semble rester l’arbre qui cache la forêt d’un football assez pauvre et en situation d’inertie. Sasa ajoute que le football bosnien « manque d’un plan de développement et d’un système organisé, mais c’est le problème de notre société en général. Nous manquons également d’argent mais au moins nous avons un championnat intéressant avec 7 champions différents lors des 10 dernières années. La Fédération a été radicalement bouleversée par l’UEFA dernièrement et les choses évoluent de manière positive. »

Espérons au moins qu’on verra l’équipe de Safet Susic au Brésil pour que le football de Bosnie soit discuté de manière positive dans les journaux internationaux, voire que le Zeljo passe quelques tours en Ligue des Champions. J’espère que vous avez apprécié le voyage. On se retrouve dans la semaine pour le compte-rendu du derby de Belgrade Partizan – Etoile Rouge.

Un grand merci à Sasa Ibrulj pour son aide inestimable !

Tristan Trasca

1 Le match Zeljo – Videoton avec la conduite de balle superbe de Mecha Bazdarevic : http://www.youtube.com/watch?v=yYLx6oG3j3c

2 Une vidéo de 5 minutes pour admirer Safet Susic : http://www.youtube.com/watch?v=gRizaUOlYzw

 

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