La Klakette-Moustache Académie se présente comme vainqueur

Votre serviteur se plie à l’exercice veule et inutile de présenter la fabuleuse équipe d’Allemagne.

Bonjour à tous,

L’exercice est difficile. Je ne vois pas comment je pourrais présenter l’équipe d’Allemagne de football en essayant de vous apprendre la moindre chose. Championne en titre, la NationalMannschaft n’est à présenter à personne. Tout le monde la connaît ou sinon il est peu probable que je m’adresse à des lecteurs intéressés par le foot. Je vais donc vous considérer comme ma nationalité me donne le droit de le faire, avec tout le mépris que ma supériorité nationale impose. Entendons-nous dès maintenant et pour le reste de la Coupe du monde : que vous ne soyez pas d’accord avec la méthode, les propos ou les analyses ne provoquera rien que vous n’espériez. Je, et ce faisant nous, n’ai, et ce faisant n’avons, pas l’habitude de prendre conseil chez ceux qui ne gagnent pas. Comme disait Nicolas Sarkozy, « je suis comme une Ferrari, prenez des gants blancs pour ouvrir le capot ». Vous comprenez, respirez bien fort, ouvrez grands les yeux, la master class débute maintenant.

 

Les records

Contrairement aux autres, je n’éprouve pas le besoin de mettre un paquet cadeau pour enrober autour des faits. Un record est un record, vouloir en faire des phrases, c’est penser que la samba est une danse et le Brésil, autre chose qu’une ancienne colonie.

• 19 participations sur 21 (le Brésil est 1er mais vient d’un sous-continent)
• N’a jamais échoué en phases éliminatoires
• 8 finales : 54, 66, 74 82 86, 90, 02 et 14
• Finales consécutives : 3
• Finales perdues : 4
• Finales consécutives perdues : 2
• Demi-finales : 13 (34, 54, 58 ; 66, 70, 74, 82, 86, 90, 02, 06, 10 et 14)
• Demi-finales consécutives : 4 (02, 06, 10 et 14)
• Matchs joués : 106
• Buts marqués : 224
• Buts encaissés : 121
• Rencontre la plus jouée : 7 fois Allemagne – Serbie et Allemagne – Argentine (+ Brésil – Suède)
• Finale la plus jouée : 3 (Allemagne – Argentine 86, 90, 14)
• Plus de buts pour le vainqueur : 25 (54)
• Plus de buts encaissés pour le vainqueur : 14 (54 dont 8 contre la Hongrie)
• Joueurs ayant disputé le plus de matchs : 1er Matthaus (25), 2e Klose (24)
• Meilleur buteur : Klose (16)
• Sélectionneur ayant disputé le plus de matchs : Helmut Schon (25)
• Sélectionneur ayant gagné le plus de matchs : Helmut Schon (16)

• Analyse :
Il est peu probable que l’Allemagne ne soit pas considérée comme la plus grande nation du football. Nous avons même gagné une Coupe du monde sur un autre continent comme seuls le Brésil et l’Espagne en ont été capables. Considérons que ce titre, je parle de celui de 2014, est l’un des plus illustres de l’histoire : nous avons gagné au Brésil en ayant éliminé le Brésil, le tout en ayant joué une vingtaine de minutes pour une raclée mémorable. Précisions enfin pour clore un débat inepte que le Brésil n’a donc jamais gagné chez lui. Qui peut prétendre à une quelconque couronne sans être maître de son propre jardin ? Nous sommes bien d’accord, continuons donc je vous prie.

 

Faits d’armes historiques

L’histoire footballistique de l’Allemagne n’a jamais été d’une mièvrerie crasse comme tant d’autres pays, nous ne savons pas gagner dans l’indifférence, c’est une signature. Voici quelques éléments qui vont vous amener vers la vérité.

Indirectement la suicide de Sindelar est un peu la faute de l’Allemagne, même si notre identité a été un peu bousculée, ne fermons pas les yeux et assumons une histoire que les autres sont bien trop contents de nous rappeler comme exemple dans la moindre controverse médiatique. Je peux ajouter le match de la Mort des 6 et 9 août 1942 et toutes les légendes autour, je ne suis pas historien, je vous laisse découvrir par vous même cet étrange moment. Pour le clin d’œil de l’histoire, j’oserais même avancer, l’ironie de l’histoire, 6 août est la date d’Hiroshima et le 9 août Nagasaki.

Nous avons empêché le football d’avoir deux vainqueurs régulièrement regrettés. Je me permets tout de même de dire que sans notre intervention, l’équipe de Hongrie de 54 et celle des Pays-Bas de 74 n’auraient plus rien de romantique si elles avaient été championnes. L’émotion des pays de seconde zone vient surtout de pouvoir se plaindre en tout temps de ne jamais gagner. La plus pure illustration est cette magnifique phrase du Français (comme par hasard) Coubertin : « l’important est de participer ».

Nous avons battu Maradona dans son pays d’adoption. Nous avons éliminé en trichant en mondovision un pays d’Afrique en nous entendant avec notre belle cousine autrichienne. Nous avons gagné en blessant impunément des joueurs adverses.

Et vous savez le plus beau : nous avons perdu un match contre une sélection d’une simple région de notre pays. L’Allemagne a perdu en coupe du monde contre sa région de l’Est en 1974, et le encore plus beau que le plus beau, c’est que c’était une Coupe du monde chez nous, comme une vulgaire Gambardella. Avouez qu’on sait bien se foutre de la gueule du monde.


L’histoire récente

Que des victoires en éliminatoires, 10 victoires en 10 matchs, meilleure attaque et meilleure défense. Franchement, il faut ajouter autre chose ?

Vainqueur de la Coupe des confédérations 2017.

Seule troublante série, la sélection allemande cherche un nouveau souffle, une victoire en 6 matchs depuis fin 2017 : 3 nuls, 2 défaites et une victoire la semaine dernière contre l’Arabie Saoudite. Je vous rassure, il s’agissait de matchs amicaux dans une saison chargée pour la plupart de nos grands joueurs. Soyons objectifs, gagner des matchs amicaux ne fait gagner aucun titre, c’est le pragmatisme qui manque à la plupart d’entre vous.

 

Les 23

Gardiens : Manuel Neuer (Bayern Munich), Kevin Trapp (PSG), Marc-André Ter Stegen (FC Barcelone)

Défenseurs : Joshua Kimmich (Bayern Munich), Antonio Rüdiger (Chelsea), Jérôme Boateng (Bayern Munich), Mats Hummels (Bayern Munich), Niklas Süle (Bayern Munich), Matthias Ginter (Borussia Mönchengladbach), Jonas Hector (FC Cologne), Marvin Plattenhardt (Hertha Berlin)

Milieux de terrain : Sami Khedira (Juventus), Toni Kroos (Real Madrid), Ilkay Gündogan (Manchester City), Leon Goretzka (Schalke 04), Mesut Özil (Arsenal), Sebastian Rudy (Bayern Munich)

Attaquants : Thomas Müller (Bayern Munich), Julian Brandt (Bayer Leverkusen), Timo Werner (RB Leipzig), Julian Draxler (PSG), Marco Reus (Borussia Dortmund), Mario Gómez (VfB Stuttgart)

Sélectionneur : Joachim Löw.

 

La compétition

Inutile de vous cacher que pour l’Allemagne, une bonne compétition est une compétition gagnée. Je vous épargne la tarte à la crème des journalistes en mal d’inspiration avec la citation de Lineker, tordue selon la richesse sémantique de son auteur.

Les adversaires ont très peu d’importance étant donné la faible dose de hasard qu’il y a généralement dans nos parcours. Nous avons affronté tout ce qui se fait de mieux, nous avons gagné contre tout ce qui se fait de mieux et en plus l’Italie n’est pas là, ce qui nous assure presque la finale.

 

L’état d’esprit

Seuls l’Italie fasciste (34 et 38) et le Brésil post-colonial (58 et 62) ont conservé leurs titres, deux anomalies de l’histoire. L’Allemagne est cette année la seule équipe évidemment à pouvoir rouler sur cette statistique. Cela donnerait un peu de modernité à ce chiffre littéralement d’un autre siècle. Cela nous permettrait également de revenir définitivement sur ce pays qui, après le football, se prend de passion pour la samba et le beach volley, soyons sérieux.

L’heure est à la confiance. Nous avons marché sur le monde depuis deux ans. Nous avons renouvelé une bonne partie de notre équipe par des joueurs de grand talent. Nous avons su écarter des titulaires étoilés pour éviter la nécrose, maintenir la pression sur les cadres et attiser cette soif de conquête qui caractérise pleinement nos jeunes générations. Comble de ce foisonnement, nous nous sommes permis de mettre de côté certains joueurs élus parmi les meilleurs de certains championnats de seconde zone comme la Premier League anglaise et ce petit Sané. Il est probable donc que cela nous permette d’assurer la maturation d’une autre génération victorieuse dans les années à venir, mais n’allons pas trop vite.

Thomas Muller pourrait devenir le meilleur buteur de l’histoire de la coupe du monde, il a inscrit 5 buts en 2010 et 5 buts en 2014.

Nous avons trois gardiens exceptionnels, seul le PSG est incapable de le reconnaître.

L’Allemagne, qui se contente du meilleur, continue contrairement à la France, de sélectionner son triple champion d’Europe, Tony Kroos.

Reus tient à marquer de son empreinte une compétition qui se dérobe à lui jusqu’à maintenant.

La faiblesse pourrait venir du banc et de joueurs en manque de repères, voire contre-performants mais bon chez nous les faibles jouent à Chelsea, pas à Auxerre.

Nous ne jouons pas à Stalingrad.

 

Le programme

• Allemagne – Mexique : Dimanche 17 juin – 17 heures
• Allemagne – Suède : Samedi 23 juin – 20 heures
• Allemagne – Corée du Sud – Mercredi 27 juin – 17 heures

 

En conclusion

Soyez heureux et fier, vous aurez l’occasion de me lire longtemps.

 

Frantz-Frédéric Van Dustgroski

Frantz-Frédéric Van Dustgroski

Je suis cette présence menaçante dont on ne se défait jamais tellement. Ce sombre sentiment que ton destin ne tient qu'à ma volonté de gagner ou de vous laisser les miettes. Parfois les deux. Savoir que je suis là constitue ta pire crainte. Je peux être sans éclat, je peux être sans beauté, mais je suis souvent là plus longtemps que toi. Je suis l'Allemagne. Ma devise est : La chouette de Minerve prend son envol au crépuscule.

3 Comments

  1. Bonjour Herr Van Dustgroski,

    Très bel article, très factuel. Avec juste assez de mépris. Une erreur cependant :

    – « Nous avons su écarter des titulaires étoilés pour éviter la nécrose. »

    Et Sami Khedira alors ? Il a un totem d’immunité en équipe nationale aussi ? S’il a jadis été un grand milieu de terrain, il est aujourd’hui plus apparenté au vier marin.

    Je vous souhaite un bon mondial, non pas que vous ayez besoin de chance ou de quoi que ce soit d’autre.

    Auf wiedersehen.

  2. Meisterklasse et non pas master class
    Je doute de votre « germanité »

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