NÎMES – BREST (4-0) : LA CROCRO ACADEMIE DEROULE

L’analepse

 

            Allez, un peu d’histoire, collègue. Il ne faudrait pas que les fulgurances actuelles des Crocodiles nous fassent monter le sang à la tête et dresser la bite trop vite, tu crois pas ? Alors laisse-moi te rappeler un principe fondamental : le Nîmes Olympique occupe une place tout à fait particulière dans l’histoire du foutebole tricolore. Institution indéboulonnable, surtout lorsqu’il s’agit de parler de lose. Le NO est un peu le Raymond Poulidor du sport en chaussettes, avec de glorieuses secondes places du championnat à la pelle, en 1958, 1959, 1960 et 1972 ; mais aussi de mémorables places de finalistes en coupe : 1958 toujours, 1961, et puis bien sûr l’heure de gloire la plus récente, la défaite contre l’AJ Auxerre en finale de la Coupe 1996.

            Ah, putain, 1996. L’épopée. J’étais relativement gamin à l’époque, mais que de souvenirs. Le club végétait alors en Natianal, mais cela n’empêcha pas les collègues de taper Saint-Etienne en 16e de finale, Strasbourg en quart, et Montpellier en demi. ET DE FOUTRE NICOLLIN A CHEVAL. Paix à ton âme, Loulou, soit dit en passant, toi qui auras eu le bon goût final de casser ta pipe en sortant d’un restaurant nîmois. En finale, malgré l’ouverture du score par ce bogosse d’Omar Belbey et la célébration la plus ratée de l’histoire du foutebole, la flamboyante escouade céda. Va voir si tu veux, moi ça me fend le cœur (et inscris-toi sur ce site, si c’est pas déjà fait).

            La défaite ne nous empêcha pas de disputer la regrettée coupe d’Europe des vainqueurs de coupes l’année suivante, Auxerre ayant également remporté le championnat. Le souvenir de la tarte infligée aux terribles Hongrois du Budapest Honved au stade des Costières, le 12 septembre 1996, mes amis j’en garde une émotion intacte. Ca ressemble presque au souvenir de ma première masturbation. Nous perdîmes contre des Suédois au tour suivant, cette plaie toujours ouverte me laissera une répulsion éternelle pour les blonds.

            Heureusement que le football ne se résume pas qu’aux résultats, hé fada. Car Nîmes, c’est aussi une histoire de style, pour preuve la capacité jamais démentie de nos dirigeants à dénicher des sponsors classes.

 

Le Nîmes Ol… L’Olympique Nîmois 1975-76, la réglisse représente

 

 Le Nîmes Olympique 1980-81, à l’aise dans ses baskets

 

 

Le Nîmes Olympique 2015-16, recyclable.

 

            La récente polémique autour du changement de logo du club (pour fêter dignement les 80 ans du club, garçon, 80 ans quand même, c’est à peu près le double de Montpellier, t’as vu) illustre parfaitement la capacité de nos supporters bogosses à parler d’esthétique autant que de ballon. D’aucuns y trouveront d’ailleurs matière à commenter nos supposées déviances sexuelles.

            A ce propos, les collègues, je dois avouer que je le trouve pas si moche ce nouveau  logo. C’est peut-être du fait de mon exil forcé loin des terres languedociennes, mais j’y trouve un côté hipster fort sympathique. Dans sa grande sagesse, la direction du club a finalement lancé une grande consultation populaire sur les internets, je t’invite pas à y voter si c’est pour y foutre ta merde, hé conno.

 

 

Le mâche

 

            Bon allez, parlons de ce qui fait plaisir, à savoir la rouste infligée aux Brestois, troisièmes au coup d’envoi. Une semaine après le 4-1 propre et net contre Orléans, on maintient le rythme, c’est bieng. Bon, faut pas prendre la grosse tête de suite, étant donné que ce match aura été marqué par des faits de jeu plutôt à notre avantage, pour ne pas dire tout à fait chatteux, avec l’expulsion de deux Brestois dont une franchement sévère, et deux buts de renard de Bozok sur des passes en retrait grotesques de la défense bretonne. A croire qu’ils avaient décidé de nous rendre la tâche facile. Toujours est-il que la victoire est amplement méritée, que la dynamique est là, que la hype Umut est en marche, et que putain faudra compter sur Nîmes cette année.

            L’ouverture du score rapide intervient sur un corner un peu étrange, tiré loin au second poteau, Bozok reprend sans contrôle et trompe le gardien à ras de terre. On confirme notre bonne habitude consistant à attaquer les matchs pied au plancher. Le reste de la première période est solide de la part de nos gars, avec une grosse pression, une belle ocase vendangée par Valdivia sur une belle passe de Thioub, et une parade de Valette pour garder la cage inviolée. Et puis juste avant la mi-temps, 2e jaune pour Sissoko pour pied haut (qui ne me semble pas scandaleux, et qui fait surtout suite à de grosses fautes du gars). Ca sent donc plutôt bon.

            La tendance se confirme au retour des vestiaires, avec le début du nawak dans la défense brestoise : passe en retrait moisie mal appuyée, Bozok se retrouve seul face au gardien et l’ajuste tranquillement. On profite ensuite d’une drôle de décision de l’arbitre : sur un contact entre Valdivia et Diallo à la 53e, c’est rouge direct pour le Brestois. En revoyant les images on voit que Pierrick se fait mal, mais ce pauvre Diallo ne me semble pas fautif. Etrange. L’arbitre considère-t-il qu’il lui a marché sur la cheville volontairement ? A-t-il été victime de pressions ? De chantages ? Lui a-t-on promis des caisses de pinard ? Lui a-t-on promis un emploi fictif à la mairie pour sa retraite ? A-t-on séquestré sa femme ? A-t-on menacé de niquer sa mère ? Toujours est-il qu’à partir de là, c’est la fête du slip, les collègues en profitent pour se faire plaisir, et notamment Del Castillo qui s’offre un but superbe sur une frappe à l’entrée de la surface. Bozok scelle le score sur une offrande copie-conforme de son premier but, un triplé pour lui. Une belle soirée contre une grosse équipe, le stade est content (mais toujours un peu vide quand même, merde alors, pour une fois qu’une saison s’annonce sympa du côté des Costières…).

 

 

 

Les collègues 

Valette (4/5). Match globalement tranquille, avec quand même deux belles parades avant la mi-temps. Solide depuis deux matchs, espérons que ce clinechite lui donne la confiance.

Harek (4/5). Taulier.

Briançon (5/5). 100e match pour le garçon. Une belle note rien que pour services rendus.

Alakouch (4/5). Il est franchement pas mal le gamin. De la générosité dans les courses. Remplacé par Paquiez.

Boscagli (4/5). Là aussi bon match sur son aile.

Valls (3/5). M’a semblé plutôt en retrait par rapport aux autres.

Valdivia (3/5). Il bouffe la feuille sur une grosse occasion en première mi-temps, mais c’est lui qui est à l’origine du premier but de Bozok avec une grosse frappe contrée, et c’est surtout lui qui provoque les deux expulsions. Sparring-partner ou éclaireur envoyé au casse-pipe, il sort blessé, signe qu’il a pris son rôle un peu trop au sérieux. Remplacé par Savanier, toujours aussi juste techniquement.

Del Castillo (5/5). Oh le but de bogosse ! Cette frappe soyeuse du gauche qui nettoie la lucarne vient couronner un très bon match. Grosse activité sur le côté, plusieurs situations chaudes. Remplacé par Ripart.

Thioub (3/5). Bon, je sais jamais comment le noter. Qu’il est lourdaud, qu’il est vilain ! Mais il se bat, crée des occasions…

Alioui (4/5). « On a tous quelque chose en nous de Alioui… » ,  c’est ce que fredonnent les supporters nîmois sous leur douche. Un mauvais choix sur une grosse occasion en première mi-temps, mais je te pardonne tout, mon Rachid.

Bozok (5/5). A parfaitement su profiter de la « journée portes ouvertes » de la défense brestoise, avec un triplé de filou, dont deux sur d’énormes cagades adverses. Petit, teigneux, râblais, toujours dans le sens du but, c’est le Sergio Agüero des Costières. Il finira Pichichi de Ligue 2 tout en jouant du piano. Il s’inscrit dans la grande tradition nîmoise consistant à favoriser l’éclosion de talents offensifs appelés à quitter le navire rapidement. On appelle ça la jurisprudence Lamine Sakho. Continue, gamin.

Prochain match à Valenciennes, l’occasion de prouver qu’il faudra compter avec le NO pour la montée cette année. Tremble, Montpellier.

 

La bise, collègue,

Karoud Fider

Karoud Fider

4 Comments

  1. Ah mon copaing qui revient nous narrer les exploits de notre belle équipe ! Sympa l’historique, je me rappelais pour ma part davantage du 1/4 de final de coupe de France où on avait niqué le Monaco de Deschamps

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *