Valenciennes-Nîmes (1-2) : La Crocro Académie fait la bandido

L’analepse

            Vois-tu, collègue, il y a dans l’histoire de tout club des périodes fastes et des périodes merdiques, scandées par des périodes de ventre mou, de transition, de reconstruction. L’actuelle période de reflux du Nîmes Olympique remonte à loin, loin. 1990. L’équipe végète en Deuxième division (c’est ainsi qu’on disait, à l’époque). Surgit alors un héros local bien connu, décidé à sortir le club de l’ornière. Il s’appelle Michel Mézy. Il fut lui-même jouer du NO en 1974-75, et à l’époque, il avait encore une gueule qui ressemblait à quelque chose.

 

(Comme d’autres Nîmois, ajoutons que Mézy se fit remarquer ensuite en vendant son cul du côté de la Paillade. Suivez mon regard.)

Movember, the origins

 

          Mézy rappliqua donc en temps que directeur sportif avec un projet, du pèze et l’envie de remettre le NO sur les rails. A la fin de la saison, retour en Première division. Mézy, devenu président, sort le carnet de chèque. L’argent étant fourni à l’époque par la belle entreprise familiale d’outillage Catavana, dont le pédégé Toni Sauli était un grand ami de l’ami Michel. Solide, le projet, non ? Et là, on va chercher du lourd : Philippe Vercruysse, Michel Catalano, et bien sûr, Eric Cantona, fraîchement débarqué de l’OM pour une somme coquette dont une partie fut avancée par la municipalité, parce qu’après tout l’argent public ça doit servir à faire plaisir à la populace, fada.

           La saison du retour dans l’élite fut celle de toutes les promesse. Belle époque que celle où l’on pouvait se permettre de poser en maillot rouge au soleil, confiant et tranquille, détendus du gland, au beau milieu de la place du Marché. Mais la confiance, collègue, c’est un bien précieux qu’il ne faut jamais considérer avec trop d’assurance. Surtout, ne jamais attaquer une saison avec la certitude que tu es trop fort, trop beau. Ne jamais vendre la charrue avant d’avoir tué la peau des ours, tu comprends ? Il faut de l’humilité, collègue, de l’humilité. Sinon, le retour de manivelle du boomerang n’est jamais plus loin qu’une portée de fusil.

 

            Et ouais, tout ça pour dire que deux ans plus tard, Cantona s’était barré en Angleterre après n’avoir pas fait grand chose à part jeter son maillot par terre et insulter les arbitres, et que le NO était redescendu en Deuxième division après deux saisons merdiques. On peut toujours se dire que Nîmes fut pour Canto la dernière étape avant la gloire, mais c’est une bien maigre consolation. Mézy vit son projet tomber peu à peu dans le n’importe quoi, avec le sponsor qui laissa le projet en plan. Le NO connut ensuite une longue traversée du désert, avec un passage en Natianal éclairci par la Coupe de France 1996, mais c’est une autre histoire. Retour au présent.

 

Le mâche

            Valenciennes. Bigre. C’est vraiment le Nord, Valenciennes. La seule excursion qui m’a amené dans ces contrées s’est terminée de façon désastreuse, avec trop de frites, trop de bière et surtout trop de degrés en dessous de zéro. S’il y a une constante entre les différentes contrées qui peuplent la glorieuse Domino’s Ligue 2, c’est bien le fait qu’on s’y fait globalement chier. Mais nous au moins, on a le bon goût d’avoir le soleil.

                Dès l’entame de la partie on montre qui c’est les darons, avec une nouvelle démonstration de la connexion turco-marocaine de notre attaque de bogosses : centre de Valdivia, remise en talonnade-champagne de Bozok, finition de près d’Alioui.

            Juste après, on se remet à claquer des fesses et on prend un but minable : centre, défense en retard, Valette qui sort sans sortir et dégage sans dégager, ricochet, but. BOR.DEL. La fin de la première période est globalement du même tonneau, avec des contres dangereux des Nordistes et une domination stérile des Crocos. Le match commence même à puer le traquenard en seconde mi-temps, avec une pléthore d’occasions franches côté Nîmois, toutes repoussées par le gardien ou ses poteaux (ah putain ce ciseau d’Alioui sur la transversale, comme dirait les Lyonnais, « elle en tremble encore »), on se dit que ça pas rentrer, qu’on va pas gagner ce match et qu’on va s’en bouffer les couilles, ET PUIS SOUDAIN SAVANIEEEEEEEEER : coup-franc à l’entrée de la surface à la 82e, et Téji nous claque un but qui vaut très cher, le parcage Nîmois sort le pastis, je fais l’hélicobite sous le regard médusé de Madame, et on embarque ces trois points ô combien mérités.

 

 

Les collègues

 

Baptiste Valette (1/5). Bon là tu fais chier, apprends à gérer tes sorties et après on pourra discuter.

Olivier Boscagli (4/5). Le jeune est bel homme et il est présent. Des taquets, des montées, et une propension fort appréciable à rattraper les retards coupables de la charnière centrale. Il nous sauve à deux reprises sur des contres Valenciennois.

Anthony Briançon (2/5). Les « retards coupables » c’est pour toi, gras-double.

Fethi Harek (2/5). Et pour toi aussi, l’ancêtre.

Sofiane Alakouch (3/5). Sorti sur blessure assez tôt dans le match après un mauvais coup. Compliqué de le noter, mais il avait parfaitement attaqué la partie, en humiliant copieusement son adversaire direct à plusieurs reprises. Il a du jus, c’est bieng. Remplacé par Paquiez (2/5), moins tranchant, qui a compensé ses lacunes techniques en mettant des coups, ce qui est toujours utile dans un match comme celui-là.

Téji Savanier (4/5). S’il nous met des coups-francs comme celui-là régulièrement, je suis prêt à oublier ses tendances passagères à glander au milieu du terrain avec l’air de s’en foutre.

Pierrick Valdivia (3/5). Un guerrier, il gratte des ballons, pèse sur les relances adverses et compense les errements de Savanier.

Romain Del Castillo (2/5). Globalement moins en réussite et moins en jambe que lors des matchs précédents, on l’a moins vu que ses collègues du milieu.

Sada Thioub (3/5). Si, si, c’est pas mal. Il a réussi quelques jolis déboulés et même quelques dribbles. L’air de rien, sa capacité de percussion (ce cul, mais amis, ce cul, on n’a jamais rien vu d’aussi gros depuis celui de Samir Nasri) permet d’apporter une touche de danger supplémentaire.

Rachid Alioui (5/5). Mais quelle classe. Quelle vista. Quelle élégance. Une finition de tueur sur le premier but, une activité incessante, une multitude d’occasions qui aurait pu lui valoir un triplé. C’est peut-être le seul reproche qu’on puisse lui faire, de ne pas avoir été plus clinique sur les situations chaudes.

Umut Bozok (5/5). Mais quelle hargne. On dirait un pitbull. Une remise parfaite sur le but d’Alioui, une frappe sur le poteau, un poison pour la défense adverse.

            Bon, on va pas se mentir, si l’équipe continue comme ça, ça va commencer à sentir très bon. La saison est longue, mais il y a une vraie dynamique, une attaque qui marche du feu de Dieu, et un danger qui peut venir de n’importe où. Dans le monde merveilleux de la Domino’s, un milieu un peu technique et une attaque qui plante, ça te permet de voir venir. Reste à calmer la propension gaguesque de la défense et du gardien, et on pourra parler sereinement d’ambition. Allez, la bise.

                Karoud Fider

(Tu peux aller sur Twitter aussi, je commence, je trouve ça très bizarre, très narcissique et très symptomatique d’une époque qui va mal, mais après tout il faut connaître l’ennemi, non ?)

Karoud Fider

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