Manchester United-Fenerbahce (4-1) : La Raide et Vile Academy livre ses notes.

Salut à tous !

En cette période de doute (qui dure depuis bientôt quatre ans, je vous vois venir les mauvaises langues, surtout toi là-bas, au fond avec ton maillot d’Arsenal), il est toujours bon de coller une volée à un club retombé dans l’anonymat de l’Europa League. Qui a dit « tout comme Manchester » ?

Après un match à Liverpool pas aussi dégueulasse que certains l’ont prétendu (sauf peut-être Luke Seafer, mais Luke Seafer a toujours raison, ce qui ne donne pas plus raison aux autres si lui le dit, ne cherchez pas), il était donc temps pour nos gagneuses de reprendre leurs quartiers dans le lupanar du Vieux Trafford, et de cartonner quiconque osait en franchir le seuil drapé de rouge.


COMPOSITION INFERNALE

Sept changements après un match sérieux à Pool. Pourquoi pas, José.


LE MATCH

Le spectateur attentif serait tenté de se dire « Mais que s’est-il passé ? ». On a vu du pressing, du pressing haut même, des combinaisons, des buts rapides, du JEU enfin.

Jamais le Fener n’a réussi à exister dans cette rencontre, à tel point que le coach des enfers s’est permis de faire entrer Memphis Depay à la 65è minute, ce qui à notre appréciation, n’est pas loin d’être le pied de nez le plus violent que l’on puisse asséner à ses adversaires, très très loin au-dessus des simagrées réservées à Wenger par le passé.

Et que dire de ces buts. Si les deux premiers sont des penalty, l’on ne doit pas occulter le travail sensationnel de Carrick et Mata, l’un à la passe depuis son camp, l’autre à la réception grâce à un contrôle « porte-manteau » (jamais compris cette appellation – si quelqu’un peut m’expliquer) de toute beauté (Pogba transforme 1-0, 30è) dans un premier temps, puis la passe satanique en demi volée de Mata pour l’appel croisé de Martial qui se fait descendre dans un second temps (ce dernier transforme à son tour, 2-0, 33è).

Vient ensuite le chef-d’œuvre du maître Pogba sur sa branche de génie perché, qui profite du bon travail de pressing de Rooney (!) et de la remise de Lingard pour ouvrir la porte des enfers et déchirer la lucarne turque comme le malin déchire de jeunes vierges laissées à sa portée (3-0, 46è).

Le quatrième est lui aussi parfaitement jouissif, avec Lingard à la conclusion d’un bon travail de Pogba au milieu et d’une remise en une touche de Rooney, bien placé (4-0, 48è).

Les images :

Enfin, parlons un peu de Robin Van Persie. Dans un passage de son autobiographie, Sir Alex Ferguson raille Wenger en affirmant que si Arsenal lance des joueurs, il ne les forme pas, contrairement à Manchester. Ce fut bien évidemment le cas pour Robin Van Persie, qui a été formé à Feyenoord. Toutefois, il nous semble devoir rendre honneur au sieur Tonton en la matière, car jamais, sans son passage à Arsenal, Van the Man ne serait arrivé dans la peau d’un joueur de ce calibre à Old Trafford. De son replacement dans l’axe, de son efficacité, de la compensation de son physique fragile, de son intelligence de jeu, de sa supériorité technique sur bon nombre de ses coéquipiers en cette dernière saison de titre national, il paraît difficile de trouver un autre auteur qu’Arsène Wenger. Bravo donc et merci à lui de nous avoir offert sur un plateau (un plateau à 35 patates, quand même) ce joueur qui éclaira de son talent, de sa classe et de son charme absolus la dernière année de Fergie. Pas formé, mais lancé sur la route du succès, il ne manquait probablement à Robin que de trouver un club à sa mesure.

C’est cela que les fans de Manchester sont prêts à reconnaître. En témoignent les ovations à répétition que Van Persie a reçues à chacune de ses prises de balle durant tout le match, et même son but (4-1, 83è). Quel plaisir simple et doux de le voir rester sur la pelouse à la fin pour saluer ce public qui l’a tant aimé, répondant à l’hommage par son délicat sourire et le salut d’un homme qui sait au fond de lui que sa plus belle période fut ici, même si elle ne dura que trois saisons. Pour toutes ces choses, Robin, merci et bonne route.

Aimer Robin Van Persie, c’est regarder ensemble dans la même direction.


LES NOTES

De Gea 3/5 Un arrêt du pied parfait à la 37è, puis à nouveau le chômage technique. Son contrat tacite avec Robin l’empêche de stopper la tentative du Batave, mais comment lui reprocher ?

Darmian 3/5 A rappelé qu’il pouvait profiter des espaces quand son adversaire lui en laissait, et ainsi se montrer actif devant.

Smalling et Bailly 3/5 Pas embêtés, match très tranquille pour eux. La plupart du temps, ils ont repoussé les attaquants turcs au physique, sans grande difficulté. Smalling est sorti à la mi-temps pour un pépin physique sans grande gravité, remplacé par Rojo (46è).

Shaw 3/5 S’il peine légèrement à revenir au niveau monstrueux d’avant sa blessure, il reste très agile défensivement.

Carrick 4/5 Toujours le premier à poser le ballon au sol et à lever la tête. Ce qui nous interroge sur le fait qu’il n’ait pas joué contre Liverpool. Mais baste.

Pogba 5/5 Il a tout. Tout le monde le sait déjà. Seulement quand il achève de le montrer, c’est tellement bandant qu’on est même prêt à lui pardonner sa course zazesque sur son penalty.

Mata 4/5 Très beau match derrière l’attaquant. Il semblerait que ce repositionnement lui plaise assez, finalement.

Lingard 4/5 Un but superbe, une passe décisive. Il joue toujours un peu comme un chien fou, mais quand ça paye, ça fait plaisir.

Martial 3/5 Assez discret, comme depuis le début de saison. Il n’est plus la plaque tournante de cette équipe, mais cela ne devrait pas poser de problème s’il assure les tâches défensives dans son couloir comme il l’a fait, et qu’il continue à planter.

Rooney 3/5 Captain retrouvait la pointe de l’attaque, et s’il n’a pas marqué, on a pu noter une belle activité, notamment dans le pressing et les décrochages afin de participer à la construction. Une attirance pathologique pour le ballon qui laisse d’ailleurs penser qu’il ne jouera jamais correctement avec Ibrahimovic…

SUBS

Rojo 3/5 a assuré avec son mélange inégal de physique et de débilité.

Memphis NN Entrée presque correcte, même s’il manque encore de réussite et de confiance. Le Mou parviendra-t-il à lui faire remonter la pente ?

Fosu-Mensah NN Fraîchement prolongé de trois ans, le Mou devait avoir à cœur de le récompenser en le faisant entrer. Souhaitons lui d’éclore sans passer par la case « je te repaye une chiée de brouzoufs alors que je t’ai formé ».


Ne ratez pas le retour du Mou à Stamford Bridge, bientôt narré en ces lieux.

Bobby Carlton.

Bobby Carlton

Académicien et souteneur de la Raide et Vile Academy.

4 Comments

  1. On dirait bien que le doute va durer une année de plus après tout.

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