Metz-OM (1-0), La Canebière académie n’évite pas le piège

Nous étions laids. Ils étaient laids. Le football était laid.

Aïoli les sapiens,

Cette semaine footballistique a été marquée par un OM-Lyon digne d’un enterrement de vie de garçon anarchique et orgiaque, celui dont l’on émerge à grand peine en se disant : « merde, c’est vraiment nous qui avons fait ça ? ». Mais alors que l’hélicobite qui s’en est suivi entame à peine sa descente, approche déjà le lundi matin et sa réunion sur la nouvelle nomenclature comptable. Et en football, l’équivalent du lundi matin et de sa réunion sur la nouvelle nomenclature comptable, c’est le déplacement chez le FC Metz. Et dans un tel cas, trois jours pour récupérer d’une murge phénoménale et se remettre au boulot, c’est peu.

 

L’équipe

Conscient de la nécessité de reposer les organismes, Rudi Garcia opte pour une solution radicale à défaut d’être pleinement rassurante : Gomis est ménagé au profit de Sarr, et Sertic se voit offrir l’occasion de nous montrer sans attendre ce qu’il veau vaut. Payet est encore à court de forme, Zambo Anguissa est préféré à Sanson, et Diarra attend son moment de vérité, quoiqu’à défaut un chèque fera aussi bien l’affaire.

 

Le match

A l’image de la légende désormais lorraine Cheick Diabaté, ce match est une insulte à l’élégance. Et encore, quand pour l’échalas la laideur est consubstantielle à l’efficacité, la plupart des acteurs de la soirée sont non seulement laids, mais nuls. Certes, l’OM parvient à accomplir de beaux mouvements facilités par un côté gauche messin en hibernation, mais l’ensemble de la rencontre souffre tout de même d’un singulier manque de rythme. Un tir de Doria au-dessus après un amour de jeu en triangle, une percée individuelle de Bouna Sarr puis une ouverture lumineuse de Lopez pour Thauvin animent nos 25 premières minutes, avant que la somnolence ne s’installe. Grégory Sertic est tout près de conclure la mi-temps en concédant un bon pénalty des familles, mais sa charge de mammouth est gentiment tolérée par M. Lesage, dans le seul but – ne nous le cachons pas – de dispenser ça et là quelques offrandes à l’OM pour mieux dissimuler le complot arbitral dont nous souffrons au quotidien. Enculés.

5e seconde : Grégory Sertic tente une passe longue, et en tire immédiatement les conséquences en se retirant de cet exercice pour le reste de la rencontre.

Payet et Gomis entrent peu après le repos pour tenter de dynamiser un collectif mi-exténué, mi pieds-carrés. Permutant sans cesse avec Cabella (au détriment de l’assise défensive ?), Dimitri commence par déposer un coup-franc qui, dévié par Rolando, aboutit à la tête de Bafé. Le but est justement refusé pour hors-jeu. Mauvaises passes, occasions brouillonnes, replacements incertains, blagues de Renaud Muselier : disons-le tout net, ce match sombre dans l’approximatif. A l’aube du dernier quart d’heure, notre milieu de terrain finit par craquer tout à fait. Pelé sauve par deux fois la maison mais, alors que notre main s’apprête à tracer le « 4 » que sa performance mérite, Yoann se met à faire n’importe quoi sur un coup-franc de Jouffre provoqué par Sakai : placement hasardeux au départ de la frappe, petit pas de danse pour bien être certain d’être pris à contre-pied, et finalement but encaissé en plein milieu du but à un mètre de hauteur (1-0, 83e). Les Messins ayant eu un peu plus tôt le bonheur de trouver la transversale sur leur propre bourde défensive (une jolie tentative de CSC sur centre de Payet), il n’en fallait pas davantage pour que la balance anale penche définitivement en notre défaveur.

S’il fallait une action pour incarner ce match, ce serait assurément celle-ci.

 

Nonobstant le fait que cette désillusion inattendue a brutalement abattu notre hélicobite sus-mentionné façon « chute du faucon noir », il convient néanmoins de la relativiser. Aussi agréables soient les progressions de certains, Zambo Anguissa ou Sakai en tête, nous savions depuis le début de la saison que le niveau de notre effectif n’était pas à proprement parler calibré pour la ligue des champions. Pour peu qu’un coup de moins bien physique survienne et que des titulaires manquent, nous restons fortement exposés à ce genre d’accident de parcours, et ce ne sont pas trente minutes disputées par Dimitri Payet qui allaient changer grand-chose à ce postulat de départ. Après coup, il apparaît que le choix de Rudi Garcia de reposer Vainqueur et Gomis était une mauvaise, une très mauvaise idée sur le plan du score. Pour autant, si Bafé finit par laisser ses adducteurs sur la pelouse à force d’avoir fait le cheval de trait pendant des matchs et des matchs, nous ne serons pas plus avancés. Donc voilà, Rudi a fait un choix contraint par les limites de son effectif, il s’est planté, il n’y a pas de quoi en faire un drame. A la rigueur, je lui aurais au contraire reproché de ne pas avoir davantage ménagé Maxime Lopez. Attendons donc de voir où nous en serons avec un Payet remis en forme et après avoir passé notre dernier « gros », le PSG fin février : à ce moment-là, nous serons en mesure de préciser un peu mieux nos réelles ambitions au classement.

 

Les joueurs

Pelé (2-/5) : D’accord, on lui a assez reproché de rester figé sur certains tirs pour ne pas reconnaître que sur celui-ci, il a bougé. N’importe comment, certes, mais il a bougé.

Doria (2-/5) : Peu de soucis en défense. Par contre, pour ce qui est de la technique balle au pied, il a visiblement rangé la salière au profit de l’huile d’olive.

Rolando (2/5) : Courageux et appliqué, mais à partir du moment où il se fait prendre de vitesse par Mevlut Erding, tu te dis qu’il va falloir lui organiser un 4×100 mètres contre l’équipe suisse de boccia paralympique pour qu’il reprenne confiance.

Fanni (2+/5) : D’abord en difficulté mais néanmoins solide, il se montre franchement à son avantage pendant une bonne partie de la 2e mi-temps avant de piquer du nez comme tout le monde.

Sakai (2/5) : Comme Rod, il gagne un carton jaune qui lui permettra enfin de se reposer contre Rennes, ce qui ne sera pas du luxe. Cela aurait presque été une bonne idée de sa part, si seulement sa faute n’avait pas eu lieu à 24 mètres du but à la 82e minute.

Sertic (1+/5) : Pour ses débuts, il montre une absence totale et assumée de prise de risque. Le fait que cela se traduise par une absence non moins totale d’influence sur le jeu de l’équipe n’a pas semblé le déranger. Notre esprit pervers en vient à regretter que sa charge de bourrin en pleine surface n’ait pas été sanctionnée du pénalty qu’elle méritait, tant l’on aurait alors confiné au sublime.

Zambo Anguissa (2/5) : Il a trouvé chez les Messins des compagnons de ces parties moches faites d’abnégation, de contrôles improbables et de réussites trop fréquentes pour être totalement dues au hasard, mais trop inesthétiques pour révéler une coordination psychomotrice totalement accomplie. Notons son talent certain en sorcellerie, qui lui garantit une place de titulaire ad vitam aeternam : des joueurs arrivent au milieu de terrain et menacent de le barrer ? Hop, pas grave, le Destin fait suspendre Fanni et Sakai pour lui offrir une place d’arrière-droit contre Rennes. Contrepartie de ce pacte avec les forces obscures : ses frappes pourtant excellentes sont vouées à être contrées pour l’éternité.

Sanson (84e) : Pas le temps de faire grand-chose.

Lopez (1+/5) : Un début de match sous les standards habituels, mais il est demeuré sur le terrain excessivement longtemps au regard de ce que son physique semblait lui permettre. En témoigne ce dribble subi de la part de Cheick Diabaté à la suite de trois passements de jambes en slow-motion qui ont dû faire autant de mal à son amour-propre qu’au football en général. A force de pertes de balle, Maxime s’est in fine avéré dangereux pour l’équipe, son jeune âge lui faisant méconnaître ce principe vital des Anciens : « les jours où tu bandes mou, n’insiste pas mais efforce-toi au moins de ne pas chier dans les draps ».

BONUS : Nous avons trouvé un autre angle pour revoir ce fameux dribble de Cheick Diabaté sur Maxime Lopez : cliquez ici (nous avons accéléré la scène pour plus de lisibilité).

Cabella (2+/5) : L’illustration par excellence du niveau de notre équipe : rien à reprocher sur l’état d’esprit, la combativité ou la prise d’initiative, mais il ne faut pas non plus s’attendre à de la sur-performance tous les jours.

Thauvin (1/5) : Bouilli en moins d’une demi-heure tel un slip lavé à l’ancienne, sauf que lui en ressort encore plus terne.

Payet (54e, 2+/5) : Il a extrait de la fange quelques gestes presque décisifs, insuffisamment pour faire basculer le match.

Sarr (1/5) : Dans la mesure où l’on ne lui demandait pas de faire du Gomis, il fallait considérer d’un œil bienveillant ses tentatives de dézoner pour lancer de loin des actions individuelles ou collectives. Que celui qui y est parvenu me fasse connaître son appréciation, moi je n’ai pas réussi.

Gomis (54e, 1+/5) : Un but hors-jeu et moult combats de l’inutile.

 

L’invité zoologique : Philippe Hinschberger Allemand.

Bête mais discipliné, le berger allemand a pour fonction de regarder placidement les agitateurs manifester, une muselière lui garantissant une parfaite inoffensivité. Puis, quand le cortège se disperse et que sonne la récréation, son CRS de maître lui lâche enfin la bride pour qu’il puisse enfin se défouler en plantant un bon coup de crocs dans les testicules de quelque gauchiste pas assez vigilant. Il était donc l’invité approprié pour commenter avec moi ce match contre un adversaire qui s’est pourléché les babines.

– Les autres : Le jour où cette équipe viendra s’entraîner au centre Pompidou, il faudra un œil sacrément exercé pour distinguer le FC Metz d’une performance contemporaine nihilo-dadaïste.

– Les images : Si la vie vous paraît belle, ne cliquez pas, n’allez pas tout gâcher.

– La page abonnement : Pour que vive l’Alterfoot cananal historique.

– Les réseaux : ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Homerc remporte un concours zoologique aussi disputé que le match était ennuyeux.

Au-delà des bons mots livrés dans tous les médias (Picsou Magazine et La Vie du Rail exceptés), notre président a tout de même livré au cours de ses interviews une vraie information de fond, plusieurs fois répétée : « Le moment de vérité approche pour Lassana Diarra. » Cette vidéo donne le détail des ultimes discussions entre les deux hommes.

 

Bises massilianales,

Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

7 Comments

  1. ça peu zrriver de se fzire battre par Mertx

    99999Allez l’OM99999
    4bou Diaby

    Je sens votre critère mu par notre bon N°24 : je n’ai pas vu le match, je ne vois pas les matchs, soignons nos statdes incarnés.

    et, sinon, pas mArceloO…

  2. Le William vainqueur du concours n’est pas mentionner.
    C’est dommage pour un si belle honneur.

    • Si SI c’est bien précisé que j’ai niqué @majnoun
      « Homerc remporte un concours zoologique aussi disputé que le match était ennuyeux. »
      Sur la ligne les réseaux

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