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Mexique – Italie (1-2): La Baci a Tutti Accademia livre ses notes

Lundi 17 juin 2013

 

 

Je me suis rasé de près. J’ai mis mon costume du dimanche. J’ai ciré mes Versace édition limitée. J’ai chopé ma serviette Gucci en poils de zèbre. Et me voilà, fringuant comme le jour où Napolitano m’a appelé en catastrophe.

C’est dur la retraite forcée. Dur de se retrouver seul dans le duplex de Varèse, nu sur le canapé Berto Salotti, une bouteille de limoncello à la main et Simona Ventura se trémoussant à la télévision.

J’ai l’impression d’être revenu d’entre les morts, de rejaillir à la surface comme un symbole de semence italienne. Je me suis pris une sacré rouste aux dernières élections, je croyais qu’on m’aimait, moi, le professeur, le plus joyeux d’entre tous. Mais non, on préfère donner le pouvoir à ces manges-merde de gauchistes, on préfère aller voter pour un ancien clown devenu gourou, on préfère même redonner du crédit à l’accoupleur de bougnoules mineures. Déchéance, ô déchéance, quand tu nous tiens, ce n’est sûrement pas pour relâcher ton étreinte d’un iota.

Plus un coup de fil, rien, depuis la pile. J’ai pleuré, dans à peu près toutes les pièces du logis, j’ai mangé du chocolat devant le Nabucco, j’ai passé le Polti en culotte, Paolo Conte dans les oreilles. Je n’ai cherché qu’à revigoré mon surmoi masculin, ma virilité subconsciente.

Et puis un jour le réveil a sonné. Sur l’écran d’accueil de mon nouveau joignable, une alerte : « Coupe des confédérations : 1er match au Maracana contre le Mexique ». Ma che cazzo, j’avais complètement oublié !

 

C’était ce jour-là que je retrouvai avec une excitation juvénile mes azzuri, enchanteurs de mon mois de juin 2012 tandis que la situation du pays était déplorable. Un groupe centré sur l’axe Juventus-Milan avec la disparition des napolitains : De Sanctis même pas pré-convoqué, Maggio sur le banc.

Que penser de cette Coupe des Confédérations ? Après une longue saison, je me demande si les organismes vont tenir le coup, quoique Monsieur Gravelaine ait bien voulu nous montrer que Balotelli était « bien affûté », en bonne pédale amatrice de ya’bon qu’il est. Mais c’est tout de même une sacré occasion de se rassurer après le nul en qualif contre la République Tchèque (0-0) et surtout le match quasi-catastrophique contre Haïti (2-2). Une bonne manière de se tester à un an de la coupe du monde, vous dis-je, mais pas de voir quelques jeunes se montrer puisque dans les U21, Prandelli n’a récupéré que De Sciglio et El Shaarawy (vous me direz, Mario, c’est déjà amplement suffisant).

 

Le match contre le Mexique, équipe qui continuera sûrement à surprendre par la suite, me donne évidemment beaucoup de satisfaction, je serai romanoprodien de vous dire le contraire. La domination ne fut pas outrageuse, mais elle a eu au moins le mérite d’exister. Il fallait tout de même faire attention à ses saloperies de petits milieux chicanos et leurs accélérations fulgurantes balle au pied, n’est-ce pas Andrea ? Le milieu a fait son boulot proprement, parfois même majestueusement avec ce coup franc d’un autre Andrea, centenaire celui-là, qui m’a encore une fois régalé de sa classe. Ses conversations pré-CPA avec Mario m’ont rappelle celle que j’avais avec Flamby ( «  Je peux avoir le numéro de ton tailleur dis ? – No, ma che Francesco, démérdé toi avec té cravate de traviole »).

Maintenant, c’est le Japon, pitié, éclatez leur la gueule aux kawazaki, qu’Enrico se goure en présentant ses condoléances au peuple turkmène.

 

Titolari :

 

Buffon (3/5) : Superman n’a pas eu à faire des aller-retours en quatrième vitesse pour revêtir son costume de beau gosse. Par conséquent vous m’excuserez de ne pas disserter pendant deux heures avec le stylo-plume de Zizi Jeanmaire.

De Sciglio (4/5) : Un très bon match du petit jeune qui monte davantage que le catogan romain amateur de danseuses de cabaret. Solide défensivement il a maîtrisé les sombres héros de l’amer et a été très entreprenant dans son couloir même si la qualité de ses centres laissait parfois à désirer. Et vaffanculo la ponctuation.

Chiellini (4/5) : C’est peut-être une salope, mais il a un plus joli sourire que Sergio Ramos et sans avoir l’air du saxophoniste de la fanfare. Parfois en marchant sur les tendons d’Achille de ses adverses, mais pas toujours, il a tenu la baraque et préservé les siens d’un retour mexicain.

Barzagli (2/5) : Il a chié son match tout simplement. Responsable de l’égalisation mexicaine sur penalty, il a montré des signes de fébrilité en deuxième période également.

Abate (3/5) : Propre dans un camp comme dans l’autre, bien que relativement discret sur le plan offensif. Par contre va falloir bronzer ou quoi, on tourne pas les Ch’tis au Maracana pour W9.

De Rossi (3/5) : Rampe de lancement numéro deux quand Pirlo était pris, du classique. Sauf que cette rampe de substitution envoie trop souvent des navettes Challenger, mais bon. On retiendra surtout son très gros travail en phase de récupération.

Pirlo (4/5) : Le maestro s’est offert une belle centième dans un stade de légende, en inscrivant un but remarquable sur coup-franc, et en distribuant bonbons et chocolats à ses coéquipiers sans discrimination; il y en avait aussi pour les lapins crétins.

Montolivo (4/5) : Il a beaucoup progressé au Milan, comme Ibrahim Ba en son temps. Très disponible, il a distribué de bons ballons à ses coéquipiers grâce notamment à une précision chirurgicale dans les transversales, et s’est même retrouvé plusieurs fois en position de marquer.

Marchisio (3/5) : Assez discret malgré les chaussures jaunes de pédéraste ou de Mickey au choix, dans tous les cas ce n’est pas très viril.

Giaccherini (2/5) : C’est le retour du lapin crétin. À part une passe décisive en deuxième période, il n’a rien réussi de ce qu’il a entrepris. Comprenez, il avait mis ses chaussures à l’envers et papa n’était pas là.

Balotelli (4/5) : Il avait deux souris sur le dos pendant quatre-vingt dix minutes, chargées de le faire dérailler. Total il est sorti de ses gonds, mais il a quand même marqué. Mario peut avoir le beurre et l’argent du beurre.

Sostituzioni:

Cerci : Je l’aime beaucoup mais il a tout foiré.

Gilardino : Un petit jeune qui monte.

Aquilani : La classe! Il a pas touché un ballon par contre.

 

Baci a tutti compagni,

Double M.

 
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