Montréal – Orlando (2-1) : L’Impact Académie revient à quatre mains

C’est le retour du vrai football, c’est le retour de l’Impact Académie de Montréal. Félicitons Marcel Picon, qui a su faire reprendre à Mauricio sa plume.

Salut petit tas d’oiseaux morts à la face glaiseuse,

En attendant que je sois d’humeur à revenir vous parler de Nancy, j’ai envoyé mon juvénile séide Roger Piantoni Vairelle académiser le match de l’ASaNaL depuis la source-même de la béatitude immuable, et c’est tout sauf chevaleresque. Tout ceci n’avait pour but que de masquer ma lâcheté (ou mon courage devant la fuite selon de quel côté de la théorie laborienne on se place) face à une reprise en ligue 2 synonyme de souffrance et de dépravation. Mais on n’est pas là pour parler de ça.

Je hais les voyages et les explorateurs et allez savoir pourquoi, quelqu’un de très riche (donc forcément mal intentionné) qui doit me détester plus encore m’a offert un voyage au Canada. Soit, me suis-je dit avec détachement : autant optimiser la chose et nous acclimater aux coutumes locales. Allons voir un match de l’Impact, seul club américain ou presque dont j’aie entendu parler chez Horsjeu. Il fallait bien ça pour que Mauricio Vincello accepte de me confier la rédaction de ces quelques lignes. Merci à toi mon bon Momo.

Au stade Saputo, il fait bleu vivre, car ici on est au Québec, on parle français avec un tel entrain que lorsqu’une voyelle se présente on les prononces toutes d’un coup (« le match est à dix-neuf haeuiyor quarante-cinq », m’apprit-on par exemple), et on roule les « r » au lieu de les grasseyer, mais ça les vexe quand on leur dit. En tout cas ça ne casse pas l’ambiance, moins que le prix de la bière en tout cas. Et encore moins que son goût. Pays de sauvages.

Le Picon-match

L’Impact recevait donc Orlando en son stade plein comme un chasseur de carcajou au cœur de l’hiver, dans un match dont je n’ai rien saisi des enjeux, ne connaissant ni le championnat canadien, ni la place qu’y occupe Montréal (une recherche m’a cependant appris qu’il s’agissait de la Major League Soccer, soit un truc que je pensais réservé à cette sous-race d’Etats-Uniens, et que l’Impact se trouvait actuellement à une 9è place -sur 11- de conférence est – démerdez vous pour savoir ce que c’est, j’y pige que pouic).

Très vite, les Québécois justifient leur classement grâce à une superbe claquette acrobatique de Donadel qui lance idéalement le grand noir costaud typiquement Ligue 2 qui sert d’attaquant aux Floridiens. Finition hasardeuse mais gardien en bois (normal, il est Etats-Unien) : c’est cadré donc ça rentre. 0-1, 12e.

Soucieux de se rattraper, Donadel pose ensuite le pied sur le ballon et distribue la jeu à la manière d’un Pedretti chevelu, les tacles tous crampons dehors en moins. Malgré les folies dribblesques de la star locale Tacos Piatti à gauche, les débordements de Pat Oduro à droite et les interventions chaque fois plus engagés de Laurent Ciman le Belge, le score en reste là. S’il est belge, il est forcément sympathique pourtant, non ? Ben pas avec les mecs qui se dorent la pilule toute l’année en rejetant des Cubains à la mer et en matant des pétasses à rollers en poum-poum short, apparemment.

Le temps de siffler une Molson imbuvable et de trouver un coin où fumer est autorisé, pour ensuite expliquer au vigile sur place la différence entre un pétard et une simple cigarette roulée maladroitement, on ne se rend pas compte que le jeu a déjà repris, et que ce bon Nacho Piattini a trébuché sur une orange dans la surface d’Orlando : penalty que le même Piattoche se charge de transformer. 1-1, 52e.

L’occasion nous est donnée, une fois nos sièges regagnés, de constater que Saputo est quand même un stade bien bruyant avec ses gradins sur pilotis qui résonnent comme les tambours du Bronx dès que les virages donnent du pied, que les ultras sont plutôt en voix, et que lorsque dans l’euphorie on se dit que tant pis on va lâcher ses 10 dollars 75 pour se payer une bière auprès d’un de ces sympathiques vendeurs ambulants dans la tribune, ON DOIT SE REPRENDRE AU DERNIER MOMENT SOUS SON NEZ PARCE QU’ON N’A PAS LE TIP EN POCHE BORDEL DE QUEUE DE CASTOR EN BOIS.

Sur ces entrefaites, les Montréalais dominent complètement le match, même si ça ressemble plus à un choc de haut de tableau en ligue 2 qu’à une affiche de Ligue des Champions. On a donc le temps de lever les nez vers les écrans du stade qui envoient des animations en bilingue aux frontières du délirant, comme par exemple « BRUIT/NOISE » au moment d’un corner. Indescriptiblement drôle, mais moins encore que lorsque sur un dégagement du gardien adverse, le bien célèbre « Ooooooooooh » collectif précédant le sempiternel « hisse enculé » au moment où le pied dudit gardien entre en contact avec le ballon monte des tribunes ! Sauf que ces gens décidément beaucoup plus civilisés que nous ne prononcent pas oh hisse enculé, mais « GROSSE VACHE » (véridique putain), ce qui n’a toujours pas cessé de m’arracher des larmes de rire.

En fin de match, la pluie vient te rappeler que tu es dans un pays après tout conçu par cet enfoiré de Dieu sur le modèle des Vosges, et l’Impact inscrit le but victorieux à 5 minutes du terme par l’intermédiaire de Jackson-Hamel, fraîchement entré et bien servi dans l’intervalle par Dzemaili. La cloche sonne et ne s’interrompt que quelques minutes avant que l’arbitre siffle la fin du temps réglementaire. Si j’ai pas ramené grand chose de là-bas, au moins le voyage aura su me rappeler à quoi ressemble une victoire.

Un pack de Montréal

Salut c’est Momo. Je reprends la main sur les notes de nos beaux hommes. Moult bises anales à ce cher Marcel Picon qui, outre avoir traversé l’Atlantique pour voir du vrai football, m’a tendu sa grosse plume que j’ai saisie à pleine main.

Evan Bush (2/5) : On prend les mêmes qu’il y a un an et on recommence les mêmes erreurs. Le gardien montréalais n’a pas fait un match horrible, loin de là, mais il n’a pas été décisif sur l’une des seules fois où on a eu besoin de lui. Pas aidé par le retourné/passe en retrait de Donadel, il aura quand même mis entre 30 et 45 minutes à sortir de son but. Tout ça pour après ne pas utiliser ses mains.

Chris Duvall (3/5) : C’est clairement la bonne Pioche cette saison niveau recrutement. Gars solide, impliqué et qui a déjà fait sa boulette que l’on espère annuelle il y a quelques matches. Bon, c’est pas non plus un génie, mais un latéral capable de défendre correctement et de mettre un tacle quand il faut, le tout dans le même match s’il vous plait, ça nous change un peu.

Victor Cabrera (3/5) : Victor, à l’instar de Wandou, a perdu sa place au profit de Kyle Fisher. Faut dire que le jeune fait bien comparé à Cabrera qui a souvent des crampes de cerveau. Mais pas vraiment de problème sur ce match pour l’Argentin, qui a fait le taf au côté de Lolo.

Laurent Ciman (4/5) : Le jour, la nuit. La nuit, le jour. C’est souvent tout ou rien avec Lolo. Faut dire que son style particulier s’apparentant à celui d’un gangbangueur à la fois amateur mais terriblement téméraire nous mène parfois à des situations particulières. Petit à petit, il reprend les choses en main et s’impose, de nouveau, comme le patron de la défense.

Daniel Lovitz (3/5) : Souffre du syndrome des latéraux de l’Impact, dont semble immunisé Duvall. C’est-à-dire qu’il a du mal à combiner une défensive et une offensive correctes. Pour son cas, pour aller à l’attaque, c’est pas trop mal, mais pour stopper les ailiers adverses, c’est plus la même limonade. Le Ambroise Oyongo blanc, le titre de champion d’Afrique et les chaussures qui clignotent en moins.

Marco Donadel (3/5) : Une fois qu’il eut terminé ses cours de breakdance après sa passe en retrait à Bush, il a réalisé une belle prestation au milieu, notamment dans la distribution. Certes il a les genoux qui grincent et on les entend jusqu’en haut du mont Royal, mais du moment qu’on n’oublie pas de le mettre dans son bocal de formol à la fin du match, tout va bien.

Patrice Bernier (3/5) : La fameuse question n’a toujours pas de réponse. Quel est l’âge du capitaine ? Sur son passeport, il approche des 40 ans, mais en vrai je pense qu’il en a 25. Un présu à l’envers. Vision, vista, sagesse, bel hommisme. J’attends toujours une réponse à ma demande en mariage.

Blerim Dzemaili (3/5) : La grosse recrue de l’été. A base de grandes cacahuètes et de passes millimétrées. Il a fait beaucoup de bien au milieu et devant, ses stats parlent pour lui. Une main dans le slibard, il marche tranquillou sur la MLS.

Dominic Oduro (2/5) : Je crois qu’à part pour un acteur de films de boules, on peut difficilement faire plus au fond du trou que Dom. Il étire toujours les défenses mais comme il ne met plus un pied devant l’autre, on a tendance à le laisser tout seul se prendre les pieds dans le tapis. Doit manger moins de pizzas. N’est pas une tortue ninja qui veut.

Matteo Mancosu (2/5) : Oh que cette saison est compliquée pour le bel italien. L’homme a complétement perdu son mojo de la saison dernière et on pourrait parfois croire qu’on lui a greffé le gêne de la finition d’Oduro. Invisible pendant de nombreux match, y compris face à Orlando, il a peut-être retrouvé un peu de confiance lors du dernier match contre Chicago (oui parce que cette Académie sort avec deux bonnes semaines de retard, tu croyais quoi ?)

Ignacio Piatti (4/5) : Que dire sur Nacho à part que s’il reste ad vitam aeternam à l’Impact, je le laisserai allégrement me prendre les fesses. Même que ça dérangerait pas Mauricette. Juste, faudra lui enlever les bouts de défenseurs adverses qu’il a de coincé entre les dents.

Les substituts

Michael Salazar : Je le préférais avec son afro qu’avec sa coupe peroxydée. Mais cette dernière semble lui permettre de placer quelques jolis coups de ganache.

Anthony Jackson-Hamel : Tu cherches un homme de ta région capable de mettre le coup décisif dans les situations les plus compliquées ? Envoie JACKS au 8700-MTL.

Shaun Francis : Coucou Shaun. Au plaisir de te revoir sur le terrain.

Le tableau deux semaines après le match

Le bonus

Si mon compte Twitter @VincelloM est suspendu, c’est parce que Twitter c’est des sacs à merde (selon mon expertise personnelle évidemment). Tu peux quand même suivre le nouveau compte de secours qui risque fort de devenir le seul et l’unique à suivre si tu veux avoir des infos sur rien, mais profiter de superbes Aventures de l’Impact : @MauricioVince. Le bec anal.

Mauricio Vincello

Vraie fausse légende du soccer montréalais (ou l’inverse), Mauricio Vincello, après une carrière bien remplie sur les terrains des Amériques, a décidé de prendre sa grosse plume pour conter au commun des mortels les folles aventures de l’Impact de Montréal.

2 Comments

  1. Depuis on a enchaîné les défaites….mais on a battu ces cons de Toronto chez eux :)
    comme quoi, y’a de petits moments de joie dans cette saison sans séries (?)

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