Nîmes – GFCAjaccio (4-0) : La Crocro Académie est en Ligue 1

On a suffisamment mangé de la merde pendant des années pour se la péter un peu, bordel à queue


 

Préambule

Une petite parenthèse, tiens. Le modeste amateur de football que je suis va vous révéler quelque chose : il est quand même assez complexe d’être un fanatique exclusif du Nîmes Olympique. Je vous entends d’ici me faire la remarque que c’est le cas pour tous les clubs de péquenauds, et pour tous les clubs avec un passé plus ou moins glorieux et tombés ensuite dans l’anonymat. Certes. Cela étant, quelques rappels chronologiques et géographiques. Nîmes, la Rome française située entre Cévennes et Provence, est surtout coincée entre Montpellier et Marseille. Je ne m’étendrai pas sur la rivalité avec les éboueurs d’outre-Vidourle, rappelant simplement que depuis 1974 – date de naissance du MHSC quasiment concomitante à celle du PSG, ce qui vous pose le niveau de filsdeputitude –, un certain nombre d’évènements ont conduit à la détestation, ce qui m’a toujours empêché de me réjouir de leurs succès. Et pour ce qui concerne l’autre côté du Rhône, si la rivalité n’est pas instaurée, je n’en ai pourtant pas moins toujours développé une haine certaine envers l’OM, essentiellement due à la forte présence de Nîmois supporters de l’OM, le genre de tête de bite qui ne se pointe aux Costières que pour les matchs importants et se fait passer pour Marseillais le reste du temps. Ces gens-là, Monsieur, sont la honte de l’Occitanie.
Cette brève introduction pour vous dire que le lendemain de la victoire historique dont je m’en vais vous parler ci-après, j’ai évidemment couru chez le kiosquier pour faire l’acquisition du meilleur quotidien de sport du monde, pensant naïvement y trouver un article qui parlerait dignement de la remontée du NO dans l’élite, vingt-cinq ans après. L’article en question existait bien, mais en page 12, après un dossier consacré à la fête dans la ville des Sardines suite à leur qualification en finale de l’Europa League. Et ouais, comme un résumé de ma vie de supporter, collègue. Mais sachez que nous aurons notre revanche lors de l’Olympico du Sud qui se profile la saison prochaine. En attendant, Messieurs les journaliste, allez tous vous faire enculer.

 

L’avant-mâche

 

Maintenant qu’on l’a fait, je peux l’avouer : je me suis bouffé les couilles toute cette foutue journée de vendredi. Je la sentais bien, mais on n’était pas à l’abri d’une énième cagade. C’est dans l’ADN du club, la cagade. Pour nous faire patienter, le club avait d’ailleurs prévu de révéler le nouveau logo dans la matinée, si c’est pas du timing.

 

Le précédent avait le tort de ne pas reprendre la forme triangulaire du logo historique. Celui-ci le fait, avec une tête de crocodile stylisée façon agence de comm’, un côté épuré pas si mal et un rappel des Arènes au milieu. Sur le moment j’ai pas trop su qu’en penser, obnubilé que j’étais par le match. A tête reposée, si on reprend les différentes tentatives passées, je dirais qu’il est correct.

Le croco a une tête plus agressive que le gentil reptile qu’on avait jusqu’à présent, et on évite le côté un peu bric à brac de celui de cette saison – sur lequel j’étais pourtant moins sévère que pas mal de locaux. Pour moi, le plus beau reste le vieux, celui de l’époque glorieuse, avec juste le croco menaçant et un blason doré sur le rouge.

Bon, allez, on va dire que c’est celui du renouveau, du NO qui regarde l’avenir sereinement, toutes ces conneries. Tant qu’on tape Montpellier l’année prochaine, je m’en tape. Pendant ce temps-là, la file d’attente devant les Costières anticipait mon érection du soir et prenait des proportions aussi démesurées que grotesques. Car oui, le NO est un club résolument décroissant, se refusant à la mode sans doute passagère de la billetterie en ligne, privilégiant le présentiel et le lien social. D’ailleurs, un certain nombre de collègues en profitèrent pour faire l’acquisition de places par dizaine pour ensuite généreusement les revendre au marché noir. C’est sans doute ça qu’on appelle la start-up nation.

Le mâche

Enfin, nom de Dieu. Enfin un stade plein, qui chante, qui vibre et qui gueule.

 

En fait, on s’est vite rendu compte que ce match serait vite plié. Les Corses nous ont rendu la tâche facile, en y mettant assez peu d’implication, mais côté rouge il faut dire que c’était très sérieux, avec un pressing haut, des projections rapides et une pluie de tirs. L’ambiance est énorme, c’est le genre de soir où tu sens que tout va dans le bon sens et qu’il ne peut rien se passer. C’est dans ces moments que les souvenirs de lose deviennent des sortes de doudous, des preuves qu’on peut se dire à soi-même, des « moi j’y étais déjà quand on galérait », des « moi j’étais allé voir une défaite 2-0 à Créteil au moment où on pensait que Thiriez nous ferait repartir en Division d’Honneur », des « moi je suis rouge et blanc pour toujours ». C’est pas pour ça qu’on regarde du foot, pute borgne ?

 

 

Alioui plie le match très tôt, avec juste ce qu’il faut de réussite. On mène déjà de deux buts à la mi-temps. Bozok ne marque pas mais régale. Au milieu, Bobichon tient la baraque en l’absence de Savanier. C’est lui qui marque le 4e but, après un 3e sur un coup-franc de bogosse de Del Castillo qui avait achevé de faire basculer les Costières en mode Féria. Putain que c’est bon. Va voir les images, tiens. Dans le même temps, les autres Corses d’Ajaccio faisaient match nul à Auxerre : la montée en Ligue 1 est désormais mathématiquement faite, on peut lâcher les chevaux et aller BOIRE. Les artistes présents sur la pelouse étant tous au diapason de l’évènement, je m’en vais leur mettre une note maximale à tous. Je vous aime, les mecs.

 

Les collègues

 

 

Valette (5/5)

Meilleur gardien de Ligue 2 mouhahahahahahaha

Briançon (5/5)

Meilleur stoppeur de Ligue 2 et surtout meilleur VRP d’une petite entreprise de spiritueux comptant quelques adeptes en Languedoc

Ripart (5/5)

Harek, meilleur vétéran de Ligue 2, était absent. Du coup c’est Boscagli qui occupait l’axe et Ripart le couloir. Et c’était beau. Imaginer Renaud face à Neymar aux Costières, ça oscille entre le surréaliste et le grotesque. Remplacé par Cadamuro.

Boscagli (5/5)

Meilleur jeune. Une saison très solide malgré des cagades assez mémorables comme ce carton rouge de con en Coupe à Saint-Etienne.

Alakouch (5/5)

Une saison plus compliquée à cause d’une blessure, mais du très bon aussi. Parfait ce soir.

Bobichon (5/5)

Remplaçant de Savanier au pied levé, il marque même son but après une soirée très sereine. Un exemple de produit 100% local, ce qui est aussi un des signes de la réussite du projet Blaquart (à ne pas confondre avec un autre).

Valls (5/5)

Idem, en l’absence de Valdivia, qui fut notre vrai taulier du milieu cette saison.

Del Castillo (5/5)

Encore un enroulé pied gauche orgasmique. Une de nos armes offensives en plus de nos deux pointes. Si Lyon pouvait nous le laisser en prêt pour un prix correct, ce serait bien. Remplacé par Vlachodimos, qui aura eu le mérite de nous claquer quelques buts lui aussi.

Thioub (5/5)

Le plus gros derche de Ligue 2 certes, mais une combativité et des buts importants. Et puis un côté mascotte aussi.

Alioui (5/5)

Bogosse. Un doublé pour lui. Punaise, si on pouvait garder notre doublette d’attaquants la saison prochaine, peut-être même qu’on pourrait envisager le maintien. Remplacé par Desprès.

Bozok (5/5)

Va falloir se sortir les doigts pour le garder. Allez Umut, encore une saison. Pas de but ce soir mais une grosse activité et quelques hanches adverses brisées.

 

Et sinon

 

La fin de soirée fut belle sur le terrain et dans la ville.

– Reims 1er et Nîmes deuxième, c’était le classement du championnat de Division 1 en 1957-58 et 1959-60. Le calendrier nous donne un dernier match de la saison à Reims justement, ce serait bien de terminer sur une victoire de prestige.

– Je vous ai dit qu’on était en Ligue 1 ?

 

Allez, la bise. Tremble, Montpellier.

Karoud

 

 

Karoud Fider

6 Comments

  1. Tout à fait en ligne, surtout à propos des têtes d’ail qui supportent l’OM.

  2. Je n’ai pas du tout compris la cabale contre le blason de cette saison. Il paraissait peut-être un peu brouillon, mais au moins il proposait quelque chose de nouveau, tout en insinuant un petit effet rétro qui convenait parfaitement à votre retour en Liguain, et les bons souvenirs qui vont avec. Mais non, tout le monde lui a craché dessus sans raison, résultat : vous vous retrouvez avec le même logo que tout le monde, un truc de franchise US sans âme qui se démodera en quelques années. Nîmois.

    • Concernant le logo de la saison passée, je suis plutôt d’accord, il avait quelque chose de coolos. Que voulez-vous camarade, ainsi va la start-up nation

  3. Le truc pour garder un bon équilibre mental c’est de supporter le club de son cœur + le Bayern de Munich.

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