OM-Domzale (3-0) : La Canebière académie remplit l’objectif

On ne va pas non plus se forcer à tout voir en noir.

Sentiment paradoxal que celui suscité par l’OM, lancé dans l’année 1 du Projet ®. A ma gauche, une série remarquable de matchs sans défaites, le recrutement depuis décembre d’au moins un joueur par ligne, et l’atteinte de l’objectif fixé en ce début de saison : la qualification pour les phases de poules de la Ligue Europa.

A ma droite, un style de jeu mal défini, des performances poussives contre des adversaires censément moins huppés, et une fragilité persistante de l’effectif à deux postes-clés, la pointe et la défense centrale. La perplexité règne, à l’instar de nos sentiments vis-à-vis de Rudi Garcia. Les conférences de presses pusillanimes de notre entraîneur et sa promptitude à reporter les insuffisances de l’équipe sur autrui, au choix les arbitres ou les attaquants qui ne cadrent pas, n’ont rien à voir avec les altitudes d’un Bielsa et se rapprochent davantage de l’élibauptère en rase-mottes. Soit. Par le passé, il est arrivé à certain de nos entraîneurs de débuter tambour battant en écrasant des promus 6-0. On se régalait. Faut-il en rajouter pour rappeler tout ce qu’un début de saison peut présenter de trompeur ?

Ainsi : l’OM remplit-il les objectifs ? Pour l’instant, oui. De manière plutôt sale et sans garantie que cela se poursuive, mais pour l’instant, il les remplit. Cette réussite est-elle fragile ? Très, d’autant que les divagations communicationnelles et tisanières de notre président ont attisé la soif de clinquant des supporters. Or chacun sait qu’il n’existe rien de plus casse-couilles qu’un Marseillais impatient, à part un Marseillais déçu.

La confrontation contre Domzale traduisait bien l’état d’avancement du Projet® : nous en sortons avec une victoire rien moins que convaincante, mais qui était impérative pour continuer à construire l’OM de demain. On tremble à l’idée qu’à peu de choses près, un poteau en première mi-temps, la catastrophe eût pu survenir. Certes, mais de catastrophe il n’y eut point : puisque l’OM a gagné sur le terrain le droit de continuer à travailler dans la sérénité, il serait dommage que ce soit notre propre agacement mâtiné de pessimisme qui l’en empêche. Nos dirigeants ont manifesté une propension à opposer à toute critique notre série de matchs sans défaite : je conçois que cette attitude est aussi agaçante que propice au retour de bâton. De là à souhaiter que l’OM en soit puni d’une branlée à Monaco dimanche, comme j’ai pu parfois le lire, c’est une manière d’encourager son équipe qui me semble là bien étrange.

 

L’équipe :

Evra redevient titulaire à la place d’Amavi, et Lopez retrouve sa place au milieu. Ocampos remplace Payet, toujours pas revenu de blessure.

Mandanda
Sakai-Rami (Sertic, 25e)-Rolando-Evra
Lopez (Zambo Anguissa, 63e)-Luiz Gustavo-Sanson
Thauvin-Germain-Ocampos (Doria,81e)

 

Le match :

Qualifié au coup d’envoi après son nul 1-1 à l’aller, l’OM est à la merci d’un but slovène. De la même manière que, selon les dires du philosophe, « on n’allait quand même pas se faire chier contre Guingamp », notre statut de favori nous impose de renvoyer les domzaliens compter les ours des Alpes sans un tremblement de menton. Bien évidemment, personne de censé ne pense cela et tout un chacun s’attend à claquer du slip pendant une bonne partie de la rencontre : un tir mal négocié par un joueur esseulé sur corner puis un but refusé pour hors-jeu nous confirment.

L’OM est avare de bons mouvements, pénalisé qu’il est par un milieu de terrain peinant à se coordonner pour investir le camp adverse. A l’inverse, les montées des latéraux adverses mettent en évidence un certain manque d’automatisme sur les côtés : en somme un début de match à donner des éjaculations nocturnes à Leonardo Jardim en vue du Monaco-Marseille de dimanche.

Pourtant, c’est sur l’action la moins construite du monde que Domzale se procure sa meilleur occasion. Blessé, Rami revient sur le terrain pour participer à une relance olympienne sans l’autorisation de l’arbitre . Susceptible, celui-ci le sanctionne nous seulement d’un carton jaune, mais aussi et surtout d’un coup-franc indirect à l’endroit de l’infraction, c’est-à-dire à 25 mètres dans l’axe. S’ensuit une lourde passant sous le mur marseillais pour aller heurter le poteau d’un Mandanda totalement surpris.

L’OM réagit en jouant la partition du « gros-enculé-de-favori-cynique-qui-fait-rien-qu’à-éteindre-les-espoirs-du-valeureux-petit-qui-propose-du-jeu » : Lopez centre de la gauche, Ocampos et Sanson ratent la balle mais Germain surgit dans le dos de son défenseur pour reprendre d’une tête à bout portant (1-0, 28e). Pas déprimés pour deux sous, nos adversaires continuent de pousser, sans succès. Au contraire, en toute fin de mi-temps, c’est l’OM qui se montre le plus incisif par Germain, dont la tête est cette fois-ci repoussée.

Si les Slovènes attaquent la reprise en tentant encore de porter le danger dans notre camp, il s’agit là de leur chant du cygne. L’OM se rapproche d’un 4231, avec un Sanson jouant un cran plus haut tandis que Lopez reste davantage aux côtés de Luiz Gustavo. Morgan en profite pour se réveiller et éliminer deux joueurs avant de lancer Thauvin. Pas en reste, Florian viole son défenseur d’un double dribble avant d’adresser un centre au second poteau pour Germain : contrôle-frappe en pivot, un vrai avant-centre ne fait pas de sentiments (2-0, 55e).

Cette fois-ci, Domzale baisse enfin de pied, pas tant par abattement que par manque de fraîcheur physique. Les Slovènes ont beau occuper notre camp par séquences, les occasions de nous inquiéter se font bien plus rares. La dernière demi-heure se déroule dans un ennui poli, que vient rompre notre dernier but. Après un ballon récupéré par Zambo Anguissa, Sanson lance joliment Germain à droite. Le centre de Valère est repris acrobatiquement par Thauvin et scelle notre qualification (3-0, 85e). Peu maîtrisé, le match est sauvé voire rendu flatteur par l’efficacité des attaquants. En étant optimiste, on pourrait y voir une bonne nouvelle : mieux vaut une équipe perfectible dotée de finisseurs de talent qu’un collectif au taquet pénalisé par des boulets incurables en attaque.

 

Les notes :

Mandanda (3/5) : Finalement peu de choses à faire, à part regarder la balle heurter son poteau et calmer d’un beau dribble un attaquant au pressing un peu trop prétentieux.

Rami (1+/5) : Un début de rencontre difficile marqué par une perte de balle dangereuse, avant de sortir d’une façon étonnamment anale compte tenu de son expérience : il se blesse, quitte le terrain, rentre sur le terrain sans autorisation de l’arbitre, concède pour cela un coup-franc dangereux assorti d’un carton, doit quand même être remplacé dans les trente secondes qui suivent.

Sertic (25e, 4/5) : Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise, il n’a rien raté, sortant au passage quelques ballons chauds. De toute façon Grégory va être titulaire contre Monaco, autant qu’il soit en confiance.

Rolando (3-/5) : Un 4×4 Lada dans une mairie communiste. Comme on ne peut pas renouveler tout le parc automobile d’un coup, on l’utilise encore : moitié pour sa robustesse, moitié par sentimentalisme.

Sakai (3+/5) : Plein d’énergie et d’allant offensif, énergie qu’il a d’ailleurs souvent mise à contribution pour revenir sur ses montées non couvertes.

Evra (3+/5) : Il a tenu à montrer qu’il ne lâcherait pas si facilement son bol de soupe à Jordan Amavi. Comme à gauche, un problème certain de coordination collective sur les montées des latéraux adverses.

Luiz Gustavo (4-/5) : Les attaques adverses pouvaient passer de tous les côtés, elles finissaient toujours par trouver Luiz Gustavo sur leur route. C’est juste s’il ne brandissait pas un petit panneau « Bouh », comme dans les Tex Avery.

Lopez (3-/5) : Sauvé par sa passe décisive, éclair d’une mi-temps où il aura encore éprouvé des difficultés à produire du jeu. Le tout était quand même un peu plus tangible que ses précédentes sorties ectoplasmiques.

Zambo Anguissa (63e, 3+/5) : Une apparition pleine d’entrain, qui s’apprécie d’autant plus que l’OM n’avait plus besoin de faire le jeu.

Sanson (3/5) : Une première mi-temps à nous faire regretter Rémi Cabella. Heureusement, la deuxième mi-temps nous a permis de cesser de dire des énormités pareilles.

Thauvin (4-/5) : Qu’il est énervant, le bougre, avec un tel déchet dans le jeu qu’il verse parfois dans l’hommage permanent à Louis Nicollin. Et au final, ting, il nous sort le ticket de caisse avec un but et une passe décisive, TTC, service compris et les cafés c’est pour moi. Finalement, je préfère ça à l’opiniâtre qui tente moult et beau, mais finit sans avoir rien accompli d’efficace.

Ocampos (2/5) : Deux bonnes têtes en première période, non couronnées de succès. Pour le reste, de l’Ocampos pur jus avec une participation au jeu aléatoire et une contribution défensive à valeur d’invitation au festival du folklore de Château-Gombert.

Doria (81e) : J’ai cru l’espace d’un instant à un changement poste pour poste qui nous aurait permis, après Bouna Sarr arrière droit, de voir Doria jouer ailier gauche. Plus classiquement, son entrée a marqué le passage à une défense à cinq.

Germain (5/5) : Aujourd’hui on est tous comme Christine Boutin, aujourd’hui on veut tous épouser notre Germain.

 

L’invité zoologique : Senijad Colibricic

Gracieux, raffiné, l’oiseau-mouche est un charmant animal, qui dispose d’un nombre d’admirateurs sans égal dans la gent aviaire. La fable évoque ce colibri qu’un fermier avait encagé en compagnie de sa volaille ordinaire, dans le but d’égayer sa basse-cour. Un canard de barbarie qui ne pouvait contenir son rut, fit subir les derniers outrages à l’oison qui n’y survécut pas. Moralité : un colibri c’est bien joli, mais ça ne doit jamais intégrer les poules.

– Les autres : Certes agréables à voir jouer, à ceci près qu’ils ne tiennent pas la distance. Quelques mauvais gestes par moments, dont ce tacle trop appuyé de Repas occasionnant la blessure de Rami. Nous ne l’en blâmerons pas cependant, tant il est vrai que se préparer à disputer une saison dans l’équipe de Rémy Viercoutre semble être une sanction suffisante.

– Les poules : Salzburg, Vitoria SC et Konyasport seront nos adversaires. Sans dénigrer ceux-ci, reconnaissons que les oppositions proposées sont aussi bandantes que Jane Birkin après une opération de réduction mammaire. L’OM serait par conséquent bien aimable de se qualifier, histoire de nous procurer une affiche un peu plus excitante.

– Les réseaux : Ton dromadaire préféré blatère sur Facebook et sur Twitter. Kast&Deutsch remporte le concours zoologique.

Bises massilianales,
Blaah.

Blaah

Dromadaire zoophilologue et pertuisien. Idéal féminin : à mi-chemin entre Scarlett Johansson et Maryse Joissains.

One Comment

  1. Je n’avais pu voir le match que par intermittence, Merci donc pour cette académie Blaah,

    « mieux vaut une équipe perfectible dotée de finisseurs de talent qu’un collectif au taquet pénalisé par des boulets incurables en attaque. »
    Tout à fait d’accord, d’autant qu’on peut espérer que le niveau du collectif augmente, alors qu’il est plus rare qu’un Bakayoko se transforme miraculeusement en Papin.

    Par contre, il me semble que le milieu peine toujours à trouver son équilibre. Je me demande si le fait que Luiz Gustavo ne parle pas encore français ne joue pas. Le niveau de Lopez devrait aussi progresser lorsque ces problèmes de communication — s’ils sont effectifs — seront résolus.

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