Paris SGEL / Entente Anarchiste de Guingamp (2-2) – La Porte de Saint-Cloud Académie assure le minimum syndical

Le premier mai, à Paris Saint-Germain-en-Laye, on préfère saloper le travail.

 

Coucou les syndiqués,

Le mois de mai, pour les travaillistes à la solde du capital, ce sont les jours fériés dont on ne se souvient plus du sens, les ponts, le petit repos dans la maison secondaire sur la côte normande, payée par l’optimisation fiscale de papa et la dot de maman. Chez les camarades prolétaires, en revanche, on ne chôme pas en ce début de printemps des luttes. Sous les rayons d’un soleil printanier, les passions libertaires s’éveillent au rythme des slogans antifas clamés en tête de cortège, au son des enceintes pourraves de Lutte ouvrière crachant leur rock protestaprout à deux ronds, dans l’odeur mêlée de friture et de brûlé qu’occasionne le mélange délicieux des barbecues Cégét’ et des gaz lacrymogènes. Le coeur empli de l’impression de toute-puissance que procure la foule qui nous entoure, on contemple les gyrophares des condés briller comme des lucioles bleutées au coin des boulevards barrés, les riverains observer le cortège d’un oeil inquiet depuis leurs fenêtres haussmanniennes, les mains se lever en choeur au moment d’entonner le « Siamo » de circonstance, la fumée noire monter au-dessus d’une boutique incendiée en une colonne pleine de bourrelets mouvants, les grenades éclater au-dessus de nos têtes en multiples petits palets noirs comme autant de comètes aux queues de fumée grise…

À ce moment, la foule qui nous donnait jusqu’ici l’impression formidable de la toute-puissance collective devient un piège funeste, une masse aveugle, se pressant contre elle-même pour échapper au manteau blanc se répandant dans ses rangs comme la mort en habits de noces. On crie, on pleure, on tombe, on crache, on vomit ses tripes sur le macadam tabassé de semelles en panique. On se presse contre les grilles du Jardin des Plantes, on tente de les escalader pour trouver le salut dans la verdure qui fait l’effet d’un jardin d’Eden au milieu du souffre des Enfers. Le souffle est court, les yeux brûlants, la gorge étranglée. Le boulevard de l’Hôpital est nettoyé de sa vermine d’ultragauche au canon à eau. La manifestation est dispersée. Putain d’État policier.

 

 


LA RENCONTRE


 

Les passions protestataires du printemps ne semblaient cependant pas avoir touché nos camarades de Paris-Saint-Germain-en-Laye en cette pluvieuse rencontre, et ils ont semble-t-il préféré adopter la tactique bleue-bite des Compagnies républicaines de médiocrité plutôt que de se laisser emporter par l’élan de la jeunesse révolutionnaire : résultat, un 4-3-3 frileux et attentiste, dans lequel la salope Motta refaisait son apparition au milieu aux côtés du p’tit Jul et de Le Celsuce. Face à eux, le Bloc rouge et noir de l’Entente anarchiste de Guingamp se présentait en ordre de bataille, dans un 4-2-3-1 technique et ambitieux, prêt à piquer le barrage parisiano-saint-germanois de ses pavés et autres cocktails en tous genres.

Les forces de l’ordre de PSGEL refusent le combat face aux salauds de casseurs venus presser jusque dans nos bras, égorger nos McDonald’s et nos banquiers. Leur cortège progresse en rangs serrés dans les lignes bleues-violettes, les avants-centres viennent presser jusque sur les rangers de nos défenseurs centraux pour récupérer la gonfle, la relance propre relève de l’exploit, le milieu ploie sous la pression, les attaquants sont sevrés de ballons et de bonnes idées.

 

PSGEL

Quelques difficultés à la relance pour PSGEL.

 

Seuls, le cap’taine Thiago et l’Ange de Marie semblent déterminés à faire face, le premier tenant la baraque en sauvant des balles de but sur sa ligne et en montant seul sur les frappes de loin, suppléant aussi bien son gardien que le reste de son équipe ; le second étant l’unique joueur local parvenant à créer des décalages, malheureusement bien peu suivis, dans la défense brittonne.

Pendant que PSGEL ne se procure aucune occase digne de ce nom, les anars dopés au sel de Guérande enchaînent les actions chaudes, touchant le poteau une première fois à la demi-heure, avant de placer une magnifique barre rentrante sur un corner repoussé juste avant la pause. Voilà un premier McDonald’s saccagé, 1-0 pour les casseurs, on est tenus par les couilles et ça n’a pas l’air de déplaire plus que ça aux trois quarts de nos gardiens de la paix.

 

La situation ne changeant pas d’un poil au retour des citrons, le préfet de police Emery lance le beau Ravière dans la baston. Dans un 4-4-2 tout neuf, celui-ci insuffle sur son côté droit un mouvement nouveau, et lance avec son pendant à gauche une série de dribbles et centres dangereux comme autant de volées de grenades lacrymogènes, histoire de disperser un peu le Bloc adverse. Le goal rouge et noir doit ainsi s’interposer sur plusieurs actions chaudes, après une première période plutôt tranquille pour lui.

Ces quelques mises en bouche gazeuses ne suffisent cependant pas à ébranler pour de bon le cortège britton, qui se reforme de plus belle après dissipation de ces belles promesses offensives. A vingt minutes du terme, le petit Le Celsius se prend un coup de pression de CLEMENT PUTAIN DE GRENIER, Guingamp récupère le cuir, efface la charge peu subtile de Prunelle Quimperlé, élimine un Silva esseulé avant de servir à gauche le joueur préféré de Roland Gromerdier, qui profite quelques minutes de l’absence de marquage de Kurzaouah, puis aligne la Sainte-Aréole entre ses jambes. Et un concessionnaire automobile cramé, 2-0 pour les « professionnels du désordre ».

Les robocops de PSGEL se décident alors enfin à sortir l’artillerie lourde et à essayer leur nouvelle recette de gaz vomitif (la recette est bonne, le préfet vous en apportera un ramequin, vous vous ferez une idée) : Lo Celsuce est accroché devant la surface et roule dans les 16m comme un palet de fumigènes rebondissant « par erreur de visée » en beau milieu du cortège. Pénalty imaginaire (faut pas s’étonner, on est du bon côté de la loi), panique bien réelle, transformation, suffocation, célébration, dispersion : 2-1. Le Bloc de l’EAG recule en suffocant, paye les efforts du début de la manif’, ne trouve plus de sérum phy dans les besaces des médics. C’est le moment de sortir le canon à eau et de nettoyer tout ça proprement : Pastore hérite du ballon devant la surface, fixe, feinte, la glisse à Tommy la meule à droite qui centre du gauche en première intention pour Cavani qui avait surgi derrière la défense, aux six mètres, et claque une tête plongeante qui prend le goal à contre-pied. 2-2, voilà les passions libertaires rafraîchies en cinq minutes à grands renforts de douche froide.

 

Comme en manif’, les forces de l’ordre de la section séquanaise de l’Internationale footballistique sont restées planquées et ont laissé penser plus d’une heure à ces naïfs anarchistes que la rue était à eux, avant de refermer le piège sur eux et de leur rappeler en moins de cinq minutes qu’à la fin, c’est toujours la matraque et la milice du capital qui ont le dernier mot. Un beau traquenard comme on en fait trop souvent, et qui nous ravive la mémoire quant au déséquilibre de moyens inhérent à cette lutte qui semble toujours jouée d’avance. Remercions l’état de droit PSGEL pour cette leçon de pragmatisme jupitérien, ça nous apprendra à lutter contre la répression républicaine.

 


LE (BLACK) BLOC-ÉQUIPE


 

Sainte-Aréole (2/5) : Sauvé par son poteau puis par le beau Thiago en première mi-temps, impuissant sur l’ouverture du score, pris au piège du petit pont sur le second but… Une soirée mi-cuite pour Ralphonse.

 

PSGEL

Réaction d’Alphonse en voyant Le Celsius perdre la balle juste devant sa surface.

 

Daniel Ardèche (1/5) : Il s’est salement fait percer le cul par le petit-neveu par alliance de Thuram sur quelques débordements en première période, et n’a pas particulièrement semblé enclin à se rattraper par la suite.

Thiago Sylvestre (4/5) : Le voilà, le dernier rempart, le seul à tenir encore la baraque, lorsque même son goal se trouvait aux abonnés absents. Les gauchos se sont cassé le nez plus d’une fois sur le grillage qu’il avait dressé devant ses cages, mais il ne pouvait malheureusement pas non plus faire le boulot de toute une défense à lui tout seul, comme en atteste son impuissance sur le second but… Il en avait un peu ras la gueule à la fin, et a récolté un jaune pour deux fautes d’humeur. Je serais pas étonné que ça se transforme finalement en condamnation des Guingampais pour « outrage à agent », cette histoire.

Prunelle de Quimperlé (2/5) : Souvent dépassé à la relance, il a aussi trop découvert ses arrières en allant au charbon pour finalement revenir à vide… Les jambes de gauchistes se sont dérobées à ses gros crampons trop lourdauds, et la sanction est vite tombée derrière : une giclée de Maalox sur la tête, et il repart avec la coupe de Michel Polnareff.

Liévin Kurosawa (1/5) : Il se poste sur les ailes, prend des photos, mais ne s’abaisse jamais à une quelconque interpellation défensive : mesdames et messieurs, voici le RG du jour.

La Motte (1/5) : L’air bourru, la barbe éparse, Thiago a fait acte de présence, observant la baston sans risquer d’intervenir, pour finalement placer quelques coups de pute en loucedé, bien protégé par le cordon de sa défense. La BAC dans toute sa splendeur.

(Remplacé à la 64e par Chris N’coucou, sans relief)

Gigi L’amorocelso (1-/5) : Il provoque le pénalty (imaginaire), d’accord, tant mieux pour lui, il doit avoir le cul qui brille. Mais c’est pas ça qu’on appelle la classe. Et la classe, c’est surtout pas se faire bolosser à l’épaule par Clément Grenier, à vingt mètres de ses buts.

Juju la Drax (2/5) : Sans doute le milieu le plus en verve (c’est dire) en première mi-temps, il a fait les frais de la réorganisation tactique au retour des vestiaires, sacrifié sur l’autel du pastorisme.

(Remplacé à la 51e par Gravier Pasteurisé (3/5), qui a égaillé la soirée pendant une bonne dizaine de minutes de dribbles en tous genres avant de s’éteindre peu à peu, comme un bon vieux nuage lacrymogène)

Kiki M’bappette (2/5) : Trop souvent en mauvaise position, ou tout simplement hors-jeu, pour être décisif, le Kiki.

Angelito de Marie (3/5) : Quand on est le seul à proposer des trucs, on finit par passer pour le sauveur, même sans réussite dans le dernier geste.

(Remplacé à la 64e par Tommy la meule, sifflé pour un « j’aime », passeur décisif en fausse patte, merci, bonsoir messieurs-dames)

Eddy Carabinieri (1 puis 4/5) : Quasiment invisible durant l’essentiel de la partie, il est sortie de sa planque pour faire refermer la nasse sur des Guingampais usés, désarmés, et a sorti son gros canon à eau pour frapper par deux fois. Le traquenard, version Police natianale.

 

La bise préfectorale,

Georges Trottais

P.S. : une accolade pour les camarades toujours en garde à vue, ceusses qui veillent sur nous, ceusses qui attendent les copains, ceusses qui luttent encore… Et un grand merci à Juju Routine pour sa contribution artistique !

Georges Trottais

L’homme le plus (lutte des) classe(s) du monde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.