QRM-Nîmes (1-3) : La Crocro Académie, et toi t’es qui putain ?

Je vous préviens, je suis content.


C’était un samedi matin assez ordinaire que ce 7 avril 2018, en tout cas assez ordinaire pour que le tocard aux yeux qui louchaient dans la rame de la ligne 6 ne remarque même pas la gueule de ravi de la crèche que j’arborais malgré l’heure trop matinale, et cet ordinaire me ramena soudain à l’extraordinaire de l’émotion footballistique, cet extraordinaire qu’on n’arrivera sans doute jamais à atténuer tout à fait, celui qui te fait oublier ne serait-ce que l’espace de deux secondes l’océan de merde que peut parfois constituer cette existence trop courte où l’on meurt à la fin.

Le Nîmes Olympique venait de faire un pas de plus vers la montée en Ligain, m’emplissant d’une satisfaction indicible, de celle qui fait passer le reste des émotions au second plan.

Léger retour en arrière – la veille, vendredi 6 avril 2018, donc, journée de travail lambda avec son lot de petites réalisations et d’épines dans le pied – il serait tellement plus plaisant de pouvoir traduire littéralement l’expression équivalente par laquelle les anglo-saxons ont l’habitude de parler de « douleur dans le cul », frustrations, espoirs déçus et routinière fatigue. Même la petite rouquine du 1er étage, celle avec le grain de beauté sur la narine gauche et ses deux gosses en bas âge, n’arriva pas à me filer le sourire. Je sortis du boulot avec la sensation désespérante de l’habitude, ce sentiment abominable d’une vie passée à tracer une trajectoire dont il s’agit de ne plus dévier.

Il ne te reste plus, dans ces cas-là, que la recherche de pis-allers : alcool, drogue, sexe, football. Etant donné que le sexe reste difficilement conciliable avec l’observation sereine et tranquille d’un match – quoique la souplesse puisse se travailler –, le combo alcool-football reste décidément le plus satisfaisant. C’est tout naturellement que je me retrouvai donc devant ce match capital dans notre folle course pour la montée. 5 victoires d’affilée pour les crocos avant ce match. Punaise, j’en suis tout chose. La perspective d’assister à une catastrophe sur les derniers matchs n’est évidemment pas tout à fait dissipée (après tout, Ajaccio n’est pas loin, et si on se retrouve à finir troisièmes la perspective d’une défaite en barrage contre Toulouse ou Lille est sacrément présente), mais je n’en imagine pas moins avec délice la perspective d’un match au Parc des Princes dans le parcage visiteur, avec un groupe aviné de tout ce que la capitale compte de nîmois en exil.

 

Le mâche

 

Et c’est dans ce contexte que le miracle quotidien du foot opéra. Les Crocos ont bouffé du Normand.

Ca commence avec Del Castillo, qui obtient un péno pour l’ouverture du score. Romain slalome, enrhume, se prend le pied dans la jambe du défenseur et tombe en en rajoutant des caisses, preuve qu’il sait jouer au foot mais reste lyonnais avant tout, preuve aussi que le NO est officiellement le Barça de la Ligue 2 : une belle équipe de foot composée de salopes talentueuses. Et c’est d’ailleurs le talent qui parle après le repos, pour le 2e but, avec là encore des tricotages de bogosse de Del Castillo, qui décale Bozok à l’entrée de la surface. Notre éphèbe turco-gardois envoie une caresse au ras du poteau droit, c’est imparable, c’est plaisir, c’est beauté, c’est Ligue 1. Le troisième fait cette fois parler la connexion maroco-manouche, avec une ouverture lumineuse (c’est comme ça qu’ils disent à la télé) de Savanier dans la course d’Alioui, qui contrôle parfaitement et ajuste le gardien d’un plat du pied-sécurité. C’est tellement facile et beau que j’en pleurerais. La réduction du score par les locaux est finalement anecdotique.

A la fin du match, je prends un Ricard et quelques minutes pour repenser à la petite rouquine du 1er, celle avec son grain de beauté et ses deux gosses en bas âge. Et là, je suis soudainement frappé par l’évidence du miracle footballistique susmentionné : tant que le NO gagne, le monde extérieur, Emmanuel Macron, Dieudonné, tous les fâcheux de la terre ainsi que la petite rouquine peuvent bien aller se faire foutre.

Maintenant les collègues, il s’agirait de pas déconner et de finir cette saison en évitant l’accident industriel. Vous pourrez vous chier dans les grandes largeurs l’année prochaine, à base de branlées contre les gros, de matchs de merde et de saison à la Arlavignon, mais par pitié, terminez celle-ci en beauté. Pour l’histoire, pour le football, pour une vie de frustrations, POUR LE NIMES OLYMPIQUE PUTAING.

 

 

LES COLLEGUES

 

Valette (5/5) : une fois n’est pas coutume, je l’ai trouvé rassurant. Il nous sort même une balle de but. Allez grand, je t’aime bien, va.

Briançon (4/5) : solide comme son quintal l’indique.

Harek (4/5) : tié bogosse hein, mais les chaussettes qui remontent au dessus des genoux, pitiééééééé

Boscagli (3/5) : t’as déjà dû te faire dépouiller un soir de Féria, toi.

Paquiez (3/5): et d’ailleurs, c’est pas toi qui l’aurait dépouillé, le pitchoune ?

Valdivia (5/5) : non j’ai trouvé, c’est Pierrick qui les a dépouillés tous les deux en leur demandant de l’appeler papa.

Savanier (5/5): pendant ce temps là, Téji faisait des transversales, distribuait le jeu et multipliait les pains.

Ripart (3/5) : si Téji est Jésus, Renaud serait plutôt Brian, tu vois.

Del Castillo (5/5) : oui, et pendant que Valdivia dépouille les mecs, Del Castillo baise leurs femmes. Filou, va.

Aliouizok (5/5) : allez, encore quelques matchs et vous êtes des légendes, les gusses. La gaule assurée à chaque match. Les deux meilleurs buteurs du championnat sont chez nous, collègue.

 

Karoud Fider

7 Comments

  1. C’est l’année de tous les possibles les gars, on a réussi à créer du Costières Bio buvable je vois pas ce qui pourrait nous empêcher de devenir champions du monde

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