Rennes – Paris (2-3) : la Breizhou se fâche tout rouge

La vidéo dans le foot : et mes couilles sur ton nez, ça fait des Ray Ban ?

Mardi 30 janvier 2018, la Stade Rennais affronte le Paris SG pour la millième fois de la saison. Cette fois, c’est en demie de la coupe-qui-ne-sert-à-rien-mais-qu’on-aimerait-vachement-gagner. On a beau avoir pris rouste sur rouste contre les Parigots , la magie du foot fait que nous tous, supporters, croyons en l’exploit et sommes à fond derrière notre équipe, ce qui n’est pas sale.

Rassurez-vous, les fossoyeurs de la LFP vont vite se charger de nous calmer.

 

L’équipe :

Sabri nous aligne un XI qui a des beaux airs d’équipe type (hormis Diallo titu en coupes), et peut compter sur notre nouvelle recrue Diafra Sakho, sur le banc.

 

Le match :

J’aurais bien aimé vous parler du match. Si, si, vraiment. D’autant que nos Rennais sont loin d’avoir été ridicules. Sauf que de match, il n’y a point eu. En lieu et place, nous avons assisté à la mort du football en direct, savamment orchestrée par la LFP et tous les abrutis béats pro-vidéo. Quoi de qu’une compétition ridicule pour tester une technologie mortifère ?

La première estocade est portée à la 44e minute, alors que le Stade Rennais est mené depuis un but aussi beau que chanceux de Meunier. Suite à une contre-attaque de Baal, Sarr déborde côté gauche et centre pour Khazri, qui marque.

Sauf que : recours à l’assistance vidéo, et refus du but pour une main de notre Tunisien génial. Résultat des courses : des milliers de supporters viennent de vivre un moment absolument atroce de joie annihilée après plusieurs minutes de tergiversations. En plus, force est de constater qu’en revoyant les images, l’intentionnalité du geste de Khazri est loin d’être évidente. Ce qui est l’occasion de voir que de nombreuses personnes ne connaissent toujours pas la règle de la main.

La vidéo apaise les tensions ? FAUX.

La vidéo évite les débats sans fin sur l’arbitrage ? FAUX.

La vidéo objective les décisions arbitrales ? FAUX.

La vidéo casse le jeu et l’émotion suscitée par le sport ? VRAI.

 

Dès la reprise, deuxième recours à la vidéo sur un but de Mbappé signalé hors-jeu (49e minute) et deuxième perte de temps inutile. L’arbitre de touche a bien signalé le hors-jeu, mais l’arbitre central demande tout de même la vidéo pour confirmer sa décision. J’imagine déjà les matchs autrement plus importants, lors desquels un arbitre n’osera plus décider seul puisqu’il risquera le lynchage médiatique. Vraiment génial, le foot qu’on aime, merci la LFP.

Même chose à la 63e minute : Mbappé est expulsé logiquement pour une faute dégueulasse sur Sarr. J’en profite pour adresser un joli doigt d’honneur à tous les connards qui chialent qu’il faut « protéger les joueurs comme Neymar qui subissent plein de fautes ». On vous entend moins concernant Sarr, qui subit sa deuxième faute du même type cette saison, après celle de cet empaffé de KTC. Là encore, l’arbitre sollicite inutilement la vidéo. La chaussette lacérée de Sarr et sa sortie sur civière laissaient assez peu de place au doute. On perd plusieurs minutes de jeu, ce qui n’est pas sans avantager l’équipe qui mène. Pendant ce temps, la tension monte entre joueurs désœuvrés. Au stade ou devant sa télé, on se fait chier, heureusement la LFP devrait bientôt avoir la géniale idée de meubler avec de la pub. Youpi.

En fin de match, les Rennais croient réduire une première fois le score par l’intermédiaire d’André, mais le but est refusé pour hors-jeu. Les Rouge et Noir marquent deux buts dans les cinq dernières minutes, par Sakho, notre nouveau GRANTATTAKAN, et Prcic. La prestation courageuse des joueurs rennais est hélas éclipsée par trois recours ineptes à la vidéo.

Il suffit de prendre les faits :

  • Même après usage de la vidéo, la main de Khazri reste soumise à interprétation
  • Ce recours a entrainé une frustration énorme pour le public
  • Les interruptions ont fait monter la tension sur le terrain : cinq cartons jaunes et un rouge, 26 fautes et – de mémoire – trois ou quatre « empoignades » entre joueurs.
  • Ce recours possible amène les arbitres à se déresponsabiliser
  • Benjamin André s’est, à tort ou à raison, interrogé en interview d’après match sur le fait que l’arbitre n’ait pas demandé la vidéo pour une faute présumée sur Sarr dans la surface en première mi-temps.

 

Conclusion : la vidéo tue le foot, avive les tensions et les incompréhensions, ne répare aucune injustice et n’évite aucune polémique. Bref, elle ne résout absolument AUCUN des supposés problèmes qu’elle devait traiter. C’est un échec TOTAL. Je préfère sincèrement encaisser un but non valable que de revivre la frustration ressentie sur le (non) but de Khazri. J’entends d’ici les abrutis nous expliquer que si, c’est génial, qu’il faut juste du temps pour que ça s’affine. A ceux-là, je réponds d’aller se faire mettre demander aux Allemands et aux Italiens tout le mal qu’ils pensent de la vidéo.

Hélas, ce débat n’aura pas lieu, car les dirigeants de la LFP sont des enfoirés. Ils se moquent de ce sport comme de leur première chemise et n’ont que les mots « spectacle », « annonceurs » et « pognon » en tête. Il en va de même pour leurs complices médiatiques, au premier rang desquels ces incapables de L’Equipe (coucou Damien Degorre) :

La LFP a exactement ce qu’elle a voulu : un joli PSG-Monaco en finale, de moins en moins d’aléas, de suspense, de jeu et d’émotions. Mais ça fait plaisir aux diffuseurs, aux annonceurs, et aux médias de masse. Traitez-moi de frustré, d’aigri : OUI, je le suis. Mais pas à cause de la défaite, évidemment qu’on s’y attendait. Je suis frustré et aigri par tous ces salopards qui détruisent méthodiquement le sport que j’aime.

 

Allez tous vous faire enculer.

 

PS (de Joris Grognon) : On a beaucoup parlé de l’attitude de Neymar. Personnellement je n’ai aucune objection à ce qu’il chambre, on a tous kiffé quand Ntep a mis son but de la tête contre Reims. Qu’il arrête juste de se plaindre de l’arbitrage alors qu’il cherche régulièrement la faute et qu’il est arbitré comme tout le monde. Personne n’aime les petits geignards.

 

Les gars :

5/5 pour tout le monde.

Malgré les imperfections et erreurs, les faits de jeu et la supériorité évidente de leurs adversaires, les Rouge et Noir ont réalisé un match plein, courageux, et auront fait douter les Parisiens jusqu’au bout. Ils peuvent être fiers de leur prestation, car nous le sommes d’eux.

 

Marco Grossi et Joris Grognon

Marco Grossi

4 Comments

  1. Un match au cours duquel la vidéo a contribué à prendre les bonnes décisions en peu de temps. C’est donc prendre peu de recul pour juger en trois FAUX et un VRAI particulièrement subjectifs… Ce qui a rendu ce match tendu c’est que les Rennais voulaient bouffer du parisien, cette crapule d’André le premier, et que les seconds ont répondu comme des connards. Et que tout un stade n’était pas venu voir un match de foot mais siffler et haranguer les « milliardaires » venus de la capitale et financés par les chantres du terrorisme islamiste – ah, sacrés provinciaux, sont bien riches et n’ont que ça à faire de leur pognon. Ce n’est sûrement pas la vidéo qui est un outil délicieux. La mauvaise fois gaucho-écolo-bobo-anarcho-punk-à-chien-judéo-maçonnique sur ce sujet me gonfle sérieusement. J’ai arrêté de lire les Cahiers du Foot pour ça. D’ailleurs, en ce moment je me pignole devant une vidéo d’arbitre demandant l’assistance vidéo, au ralenti et zoom.

  2. Un gros +1 sur le PS concernant Neymar.

    Absolument pas d’accord sur la vidéo (en tout cas pas sur ce match-là). Oui, il y aura toujours de la place pour interpretation et la vidéo ne résoudra pas tout, mais sur ce match elle a été plutôt appréciable. Les recours sur Mbappé, aussi bien le hors-jeu que la faute, étaient ptr superflus, n’empêche les bonnes décisions ont été prises.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.