Le LOSC, Bordeaux cru 2011?

Mardi 15 février 2011

Note à l’éventuel lecteur: cet article ayant été écrit il y a quelques jours, il est déjà en partie obsolète. Les Lillois ont d’ailleurs commencé leur traditionnelle chute de fin de saison, même si l’état déplorable de leur pelouse leur permet de rester aussi arrogants lorsqu’ils sont leaders à la différence de buts que lorsqu’ils avaient 8 points d’avance. Grand bien leur en fasse.

Ces dernières semaines, les médias n’arrêtent pas. Le LOSC survole la ligue 1, il n’a pas d’adversaires à sa portée. D’ailleurs, « on ne les voit pas perdre 3 matches d’ici la fin de la saison » (entendu sur le CFC, au sujet de l’écart qui séparait à ce moment là les hommes de Rudi Garcia du champion en titre, et qui a d’ailleurs déjà fondu). Alors, vraiment?

Ne brûlons pas PEAUDOURS avant de l'avoir vendu

Force est de constater que l’équipe Lilloise traverse une période d’euphorie, et qu’elle a de nombreux atouts pour séduire l’amateur de football français, pas forcément gâté toutes les semaines (les récents Monaco-Marseille ou Lyon-Bordeaux par exemple ayant ayant été à peu près aussi divertissants que le dernier Sofia Coppola, les stripteases en moins). D’abord un entraineur jeune, talentueux et un peu arrogant (juste ce qu’il faut de swagger). Ensuite, un trident offensif Gervinho-Sow-Hazard qui fait peur à beaucoup de défenses de ligue 1. Un trio au milieu qui a finalement peu d’équivalents en France : Mavuba – Balmont – Cabaye. Et enfin, une défense solide emmenée par  Adil Rami.

Alors oui, ils marchent très fort, mais avec 15 matches à jouer , le titre semble quand même loin d’être acquis. L’effectif manque peut être encore d’expérience, même si Landreau a les cheveux grisonnants. Les joueurs offensifs, jamais plus efficaces que dans l’espace, risquent de souffrir lorsque les défenses de ligue 1 se refermeront comme les jambes de la rombière après le premier enfant (les premières par peur de la relégation, la seconde de la fécondation). Preuve en est le match à Auxerre, où les dogues n’ont pu cadrer qu’un seul tir en 90 minutes (les comparaisons, hardies, avec le Barça devraient s’arrêter là). Et puis évidemment, la hype Lilloise rappelle trop celle autour de Bordeaux l’an dernier à la même époque, alors que Bordeaux avait été encore plus impressionnant sur la phase aller, et que l’effectif avait un titre de champion dans le retroviseur. Celui de Rudi Garcia reste sur un fin de saison raté qui les a vu rater la qualification en Ligue des Champions, une nouvelle fois. Le problème de la pelouse du Stadium Nord, sur lesquels les Lillois se sont longuement attardés dimanche soir, devra aussi être réglé le plus vite possible.

Du foot, de la politique, une enveloppe mystérieuse... C'est pas net tout ça.

Alors, s’il reste 17 journées à jouer et que finalement, rien n’est joué, pourquoi ce buzz (comme disent les digital natives)? On voit mal Eden Hazard faire partie des reptiliens (quoique Balmont…), Adil Rami aurait quand même du mal à intégrer la franc-maçonnerie, et la CIA a certainement autre chose à faire en ce moment. A qui profite tout ce boucan? Aux poursuivants, qui peuvent ainsi rattrapper leur retard sans bruit? Oui et non, puisque Marseillais et Lyonnais, pourtant pressentis (au vu de leurs investissements et effectifs respectifs) pour dominer la saison cet été, sont trop occupés à se marcher sur les pieds et enchainer matches corrects voire bons et purges sans nom, sans qu’on puisse vraiment l’expliquer. Et les médias leur réservent, bien sûr, leurs flèches les plus acérées. Les Parisiens, apparemment meilleurs sans leurs supporters, ont malgré leur bon parcours un effectif a priori trop réduit pour tenir la distance. Les Rennais, eux, ont récemment pris 5 buts à Bonal, et sont donc automatiquement disqualifiés.

Les adversaires de Lille ne profitent donc pas de la « pression » mise sur les Lillois, faibles qu’ils sont. Qui alors? Lille, c’est aussi Martine Aubry. Et franchement, parader à l’hôtel de ville entre Adil Rami et Tulio de Melo, ça aurait quand même une sacrée gueule en vue des primaires socialistes de l’automne 2011. La maire de Lille en mettrait quand même plein la vue de ses adversaires, qui n’ont pas compris l’importance de s’afficher avec des vainqueurs en short. Ségolène et son poitou sinistré, François Hollande et son « fief » corrézien, ou encore DSK le banlieusard égaré au pays du soccer, ne pourront pas en faire autant. Et oubliez Arnaud Montebourg. Ancrée dans la terre, proche du terrain, Martine se positionnerait en alternative plus que crédible à l’arlésienne bossue.

Change rien Adil, t'es le meilleur

Gerd Mulder

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