JUVE 4-0 TORO : LA BIANCONERO ACADÉMIE RECOMMENCE EN BEAUTÉ

Salut les Zèbres,

Après une longue période d’abstinence académique, le peuple bianconero méritait bien son débrief « un peu décalé et parfois irrévérencieux mais sympa dans le fond » des matches de son équipe. Et c’est donc moi, Roberto Bettégras, qui m’y colle. Je ne suis qu’un des jeunes puceaux recrutés il y a peu par l’intelligentsia footballistique de horsjeu, mais il semblerait que je dispose d’assez de mauvais goût pour pondre l’académie du plus grand club d’Italie. Quoi ? Le plus détesté ? Soit. Les deux font souvent la paire. Laissez-moi donc quelques semaines pour étaler tout mon fiel et ma mauvaise foi afin de devenir le plus détesté des académiciens (même si la concurrence est farouche, convenons-en) (même imbattable, à moins que vous ne soyez Robert Carlos ndlr).

Alors d’avance, pardon pour tout. Pardon pour les vannes sur le poids de Higuain et l’allure de Blaisou quand il sprinte, etc.

Bon, qu’y a-t-il de mieux pour commencer mes sévices horsjeuïens qu’un Derby della Mole ? Des résidents de la Maratona ou des Curve Nord et Sud, lesquels s’illustreront le plus par des chants dégueulasses sur Superga et le Heysel ? On va pas se mentir, ça carbure plus à la haine en tribunes que sur le terrain, et ce depuis un bout de temps. Le dernier match en date nous a quand même fourni son lot de cartons de différentes couleurs et une égalisation à la 91ème. Mais globalement, les derbys c’est plus ce que c’était.

LE MOT SUR L’ADVERSAIRE.

Otto sul campo.

Le Torino, bien que fondé quelques neuf années après la Juve, a été plus précoce que son illustre aîné dans le domaine de la corruption. En 1927, le défenseur bianconero Luigi Allemandi est soupçonné d’avoir reçu 50,000 lires de part du docteur Nandi, dirigeant du Toro de l’époque. Résultat, derby gagné par le Toro 2-1, puis scandale, et finalement retrait du Scudetto 1927. En somme, le début d’une grande tradition turinoise (sauf que nous c’est pas pareil, tout le monde trichait).

LA COMPO DE MAX.

Seul 4 des titulaires présents mercredi pour affronter la Viola sont là ce soir. On renouvelle complètement l’arrière-garde, et on met Gonzalo sur le banc en attendant une petite cure à Merano. Le 4-2-3-1 (faut bien lui donner un nom hein) semble convenir à cette Juve 2017-2018, pas de raison d’en changer donc.

LA PARTITA

Un début de match normal où les équipe se jaugent. Une merveille d’ouverture de Chiellini et un contrôle non moins spectaculaire de Mandzukic au bout de 30 secondes de jeu. Une passe en retrait dangereuse car cadrée de Lyanco à la 4e minute sans conséquence pour le Toro. Le fait le plus notable de ce début de partie c’est le t-shirt pour le moins compliqué de Matt Pokora (que j’adore au demeurant, c’est vraiment un mec bien et un grand artiste. Et je dis pas ça parce qu’on m’a expressément prévenu que horsjeu ne pourrait pas assumer un procès, encore marqués par la merde laissée par l’affaire des Cahiers VS Denis Balbir, un mec que j’adore aussi).

Retour sur la bonne chaîne à temps pour voir Dybala et Cuadrado faire l’amour à la défense granata (à tour de rôle hein, comme les monogames propres sur eux qu’ils sont sans aucun doute) mais la frappe du Colombien caresse la transversale de Sirigu (6′). Baselli récolte un carton jaune quelques instants plus tard pour une faute (discrète) sur Dybala que je soupçonne de s’être laissé tomber simplement pour amener de l’eau au moulin des complotistes qui pensent encore que la Juve est favorisée par les arbitres. Pjanic envoie une petite passe lobée pour Cuadrado qui est trop court. Puis vint Thomas Rincon. Fraîchement débarqué au Torino, le transfuge bianconero perd un ballon au milieu du terrain et la suite va trop vite. Dybala marque son 9ème but de la saison d’une frappe du gauche qui ne laisse aucune chance à Sirigu. (1-0, 16′). La Juve pousse fort mais c’est bien Baselli qui fait de la merde en faisant une bombe sur Miralem Pjanic. Oui oui, une bombe. Deuxième jaune synonyme de douche prématurée pour le milieu du Toro (23′).

Nicolas Dupont-Aignan peut l’avoir mauvaise. Baselli expulsé, le match est plié.

Le Toro, équipe aux nerfs fragiles malgré un emblème pour le moins viril, a du mal à finir ses derby à 10. C’est vrai que Mandzukic va savamment distiller un peu de venin par ci-par là, mais c’est aussi comme ça qu’on gagne un derby, merde.

Cuadrado fait (presque) mouche à la 30ème après un centre laser d’Alex Sandro mais Lyanco sauve sa reprise du genou (presque) sur sa ligne. Acquah remplace Falqué pour densifier le milieu du Toro. Douglas Costa semble prendre ses marques dans ce championnat italien, en témoignent ses quelques actions de classe sur son côté gauche. Bon ça sert à rien pour le moment, mais quand ça va être le cas faudra pas dire qu’on vous avait pas prévenu. Ljajic hérite d’un coup-franc qui ne donne rien. Il ramasse quasi dans la foulée un carton jaune pour avoir bêtement dégagé le ballon après un coup de sifflet de monsieur Giacomelli sanctionnant une faute sur Lichtsteiner.
Pjanic aggrave la marque peu avant la mi-temps après une bonne passe en retrait de Cuadrado. Mamma Mire quelle frappe ! Entrée de la surface, petit filet gauche de Sirigu. (2-0, 40′) Propre. Gigi nous rappelle qu’il est sur le terrain en sortant un ballon difficile de Ljajic, et c’est la mi-temps à Turin.

Le temps de sauter une ligne et on repart avec les 21 mêmes acteurs. Alex Sandro n’attend pas trop pour se signaler avec une superbe frappe qui chatouille la lucarne de Sirigu. Il casse la cage quelques minutes plus tard avec une tête de poney (je suis pas trop sûr du terme mais on va le garder quand même) au premier poteau suite à un corner de Pjanic. (3-0, 56′). Le match est bel et bien plié, Max Allegri commence à sortir ses cadres pour les préserver en vue de la coupe d’Europe et donner leur chance à des remplaçants qui ont les dents longues. Entrent donc successivement Bernardeschi pour Cuadrado (62′), Bentancur pour Matuidi (72′) et Higuain pour Mandzukic (80′). Sirigu a beau s’employer à plusieurs reprises face à Bernardeschi, Benatia, Mandzukic et Douglas Costa, Dybala marque tout de même son dixième but de la saison et met un terme à cette fessée (4-0, 91′).

Bref, sans l’ancien parisien c’est bien le cul du Toro qui aurait été couleur grenat. Comme après une saillie d’un zèbre sévèrement membré quoi. Après 4-0 c’est quand même une belle petite rouste et on ne va clairement pas bouder notre plaisir.

LES NOTES.

BUFFON (3/5) : Noté pour la forme parce que franchement… Le seul tir cadré qu’il a dû sortir, c’est le coup franc de Ljajic en première mi-temps. Un Gigi en pré-retraite ce soir.

LICHTSTEINER (3/5) : Un match comme on l’aime de la part du suisse. Jamais pris en défaut, actif devant… J’ai peur qu’il manque en Champions League mes chers zèbres, vraiment.

BENATIA (3/5) : Un match tranquille de Mehdi qui, après avoir fait virer Phillipot du FN en l’envoyant manger un bon couss’ chez son cousin à Strasbourg, a fait des misères en équipe à Sinisa Dupont-Aignan. L’homme que la droite décomplexée aime détester. Il a failli marquer d’une belle tête mais Sirigu veillait à ce que la dilatation de la rondelle granata se fasse tout en douceur.

CHIELLINI (3/5) : N’a pas fini le crâne ouvert ni poussé un adversaire au suicide, donc on reste un peu sur notre faim. Mauvaise blague à part, Georges a tenu son rang et tout comme son partenaire en défense centrale, il n’a jamais été inquiété par les 4 attaquants du Torino.

ALEX SANDRO (4/5) : Match de patron du Brésilien. Au four et au moulin, il a annihilé les offensives du Toro sur son côté, délivré moult centres qui auraient mérité meilleure fortune, et il y est même allé de son but en début de deuxième période. Il y en a peu de meilleurs que lui à son poste en ce moment, si toutefois il y en a. On parle quand même du mec qui était en concurrence avec le jumeau pas fort de Pat’ Evra.

MATUIDI (3/5) : Encore une excellente copie de Blaisou qui s’installe tranquillement dans le 11 du Mister Allegri. Il a fait ce qu’il sait faire de mieux et retrouve peu à peu le niveau qui a fait de lui un incontournable à Paris. Même pas de vanne sur sa façon de courir me direz-vous ? Bah non, j’en garde un peu sous le coude avant de me faire virer. Remplacé par BENTANCUR qui ne s’est pas trop fatigué en rentrant dans le match à 3-0 pour les vingt dernières minutes. Il semble être un superbe joueur en devenir, et on le reverra plus longuement cette saison.

PJANIC (4+/5): La Mire était réglée au poil, et le Bosnien se dispute le titre d’homme du match avec la Joïa. 1 but somptueux, 2 passes dé, 97% de passes réussies. Faut pas se palucher sur les stats on est d’accord, mais elles reflètent ici le match de cochon qu’il a fait. Son duo avec Matuidi promet une palanquée de sueurs froides aux adversaires.

DOUGLAS COSTA (3-/5) : S’il n’a pas été décisif, une fois de plus, Douglas semble bien monter en puissance. Ses grigris ont au moins flatté les yeux des spectateurs à défaut d’être vraiment utiles. Je l’ai toutefois trouvé mieux que contre le Chievo où je lui aurait volontiers collé une balle dans la nuque pour abréger ses souffrances. En route vers le mieux.

CUADRADO (3+/5) : Pourquoi un petit + à son 3 ? Premièrement parce que c’est moi qui écrit et donc je fais ce que je veux (si le ministère de la censure le veut bien). Ensuite, parce que Juan a été très bon et qu’il aurait pu finir avec deux buts à son compteur avec un peu plus de réussite. Il est très intelligent, loin de l’impression de tout droit qu’il dégage. Défend, attaque, fait la diff’, marque presque du genou. Indispensable. Remplacé par BERNARDESCHI qui a eu 30 minutes pour se mettre en évidence et qui l’a plutôt bien fait. Une frappe de mule quelques minutes après son entrée, il a également failli offrir un but à Douglas Costa. Encore une fois Sirigu les en a empêché. Les places seront chères devant mais Fredo a une carte à jouer.

DYBALA (4+/5) : Dans la lignée de son début de saison, la Joïa a marché tranquillement sur ses adversaires. N’koulou et Lyanco n’ont pas fait mieux que les précédents sparring-partners du numéro 10 bianconero. Il a une fois de plus pissé sur la concurrence en marquant ses neuvième et dixième buts de la saison. La caution porn foot de son équipe.

MANDZUKIC (3/5) : Préféré à Higuain au coup d’envoi, Mario a fait du Mario, les buts en moins. Comme s’il semblait moins à l’aise en pointe que sur son désormais habituel côté gauche. Un échange d’amabilités avec Lyanco, la partie émergée de l’iceberg sans aucun doute. On a besoin d’enfoirés pour gagner un derby, et Mario n’a pas eu à forcer son talent. Gageons que sans l’expulsion, il aurait pu faire étalage de toute sa putasserie de classe mondiale et libérer le Wario en lui. Remplacé par HIGUAIN à la 80′ qui a tout de même eu le temps de faire une passe (vraiment, une passe?) décisive à Dybala.

Voilà les zèbres, première académie de pondue, et j’ai moins mal au cul que le Torino. Tutto va bene comme on dit. On se retrouve très vite. La forme va changer petit à petit et devenir plus digeste ne vous en faites pas. Le fond par contre, c’est mal barré.

Vous me détestez pas encore? N’ayez crainte ça va venir, vous devez déjà sentir au fond de vous une animosité grandissante. Ça c’est surtout si vous supportez un club quelconque de la Botte qui viendra prendre une valise à Turin. Quant à vous mes chers zèbres, vous savez ce que c’est que d’être honnis parce que vous aimez le plus grand club d’Italie. Quoi ? Le plus détesté ? Ça nous va, les deux font souvent la paire.

Finno alla Fine,

Un baccio nel culo.

Roberto Bettégras

Gérontophile en noir et blanc pour Hors-Jeu. Alter ego bedonnant et bas du plafond d'un célèbre attaquant de la Juve

13 Comments

    • J’emploierai mon droit de réponse lors de l’acad’ européenne. Mon cher président Agneaux est victime d’un immense malentendu j’en suis sûr.

      Merci Monsieur Seafer pour les conseils, j’en viendrai presque à sincèrement apprécier le satano-mancunien que vous êtes. En qualité de premier commentateur de mon premier article je fais la promesse solennelle de vous saouler à mes frais ( Belle Brasseuse et imitation Picon ça va ?) à l’occasion.

        • Lèche cul pourquoi pas, j’ai crû comprendre que l’anus c’était important chez HJ. Mais nîmois… Pourquoi pas stéphanois pendant qu’on y est !

        • Un Turinois, ça n’est qu’un Lyonnais qui mange des pâtes. Avec cette passion des penalties que vous partagez.

        • Moi je crois plutôt qu’un stéphanois, c’est juste un lyonnais au chômage. Mais ça n’engage que moi. Pour les pénos, c’est une petite gourmandise coupable je l’avoue. Je les aime d’autant plus quand ils sont inexistants, mon côté tricheur sûrement.

    • Higuain infâme je suis d’accord, comme le précise ma note.

      Allegri déficient, par contre non, le bonhomme a su se remettre en question. Et c’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens.

      Agnelli  »filou », faut pas exagérer. Un homme qui s’appelle agneaux (au pluriel oui monsieur) ne peut pas être foncièrement mauvais. Et puis franchement, le trafic de billet avec la ‘Ndrangheta c’est même pas dans le top 10 des méfaits qu’on reproche à la Juve.

      Drogués, corrompus, corrupteurs.

      C’est un peu notre pédophiles, chômeurs, consanguins à nous.

      En attendant nos trois étoiles brillent au firmament et l’ensemble des clubs de la Botte réunis n’arrivent pas à faire mieux !

      Comme on dit à Millwall,

       »No one likes us, and we don’t care »

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