Racing Club – Newell’s (2-1) : Halloween fait du rab

J’aurais très bien pu faire autre chose, en ce dimanche 6 Novembre 2016 à 9h00, qu’écrire cette académie qui s’annonce comme misérable. Je ne sais plus quel écrivain/philosophe l’a dit mais il parait qu’il est « plus facile de décrire la pauvreté et la misère que la richesse et le bonheur ». Peut être parce que les Hommes et les fonctionnaires, par nature, sont des professionnels pour se plaindre et pour ne pas voir qu’en réalité leur verre est à moitié rempli et pas à moitié vide. Peut être aussi parce que l’on veut toujours plus et que l’on ne se rend pas compte de ce que l’on a déjà. On pense souvent que la pelouse est plus verte ailleurs alors que parfois (souvent) elle est en synthétique. Eh bien cette académie sera, je vous informe d’entrée vous ne pourrez pas venir m’insulter après « Oééé t’as pas prévenu enculé, j’étais à deux doigts de me tailler les veines! », misérable. Mais pourquoi misérable? Parce qu’hier c’était misérable. Je lisais les commentaires sur Twitter des quelques français que je suis et qui accompagnent le Racing sur ce réseau social, mais aussi les Argentins basés situado cerca de Avellaneda. Tous étaient, moi compris, dans le même état. « Ce match me donne envie de dormir » « Partido de mierda« , je ne compte plus le nombre de tweets où j’ai démarré par « Putain ». En fait, au delà de la misère sur le terrain, il régnait surtout la frustration. La frustration car sur le papier le Racing a l’une des plus belles équipes d’Argentine. Jamais il faudra rougir face à l’effectif de River, d’Estudiantes ou de Boca. Jamais, et puis Zielinski est connu comme un entraîneur qui travaille toujours à la recherche de la meilleure cohésion de groupe possible. Je ne remets pas en cause la cohésion de groupe, non, mais trop souvent les joueurs font le geste de trop ou manque cruellement de concentration.

Hier clairement Halloween a fait du rab. Pendant près de 40 minutes, tous les joueurs sur la pelouse étaient à l’unisson pour reproduire une mise en scène macabre d’un match de football. La panoplie du parfait joueur de merde était de sortie : Contrôle raté qui offre une contre attaque elle aussi manquée à cause d’une passe pas assez appuyée, transversale qui atterrit en tribune, dribble où il est de rigueur de marcher sur le ballon et de se vautrer comme une merde, frappe qui passe à 30 mètres au dessus, glissades, mésententes… Tout je vous dis, il manquait juste le tacle trop vigoureux synonyme de rouge. Des fantômes. Pendant 40 minutes quasiment j’ai vu des fantômes sur la pelouse. Alors ça courait hein, oui, mais dans le vide. Bref, passons au debrief.

Les compositions :

A chaque match, son boulet en défense. Alvarez sur le banc, Ortiz absent, qui de Sanchez, Pillud, Vittor ou Insua allait prendre le bâton de relais? Qui a dit berger? Disposition classique de Zielinski, Acuña et Romero sont en électron libre derrière la paire Gustavo « El Pantera » Bou et Licha Lopez.

1ère Mi-Temps : 

Qu’on se le dise une dernière fois, cette première mi temps, ou en tout cas jusqu’aux cinq dernières minutes, est à diffuser dans les écoles de football pour montrer ce qu’il ne faut pas faire. Pendant longtemps, le ballon a eu toutes les difficultés à circuler. Romero, un des plus techniques du Racing, s’est cassé la gueule un nombre incalculable de fois, Acuña a beaucoup tenté mais peu inspiré il a beaucoup raté, et Lopez et Bou se sont soit trop précipités dans la transmission de la pelota ou à l’inverse furent trop attentistes pour créer une situation dangereuse devant les buts de Pocr…Pocnr… du gardien de Newell’s. A la 20ème minute, j’ai eu peur que Diego Gonzalez se soit pété sur une collision avec… Aued, mais plus de peur que de mal. Bien… Je réfléchis à ce que je peux vous raconter pour faire passer ces 40 minutes… On les passe en version rapide? Allez.

Nous voici donc à la 39ème minute, le ballon est au centre du terrain, quand…

J’étais pas prêt. D’ailleurs tellement pas prêt que j’étais en train d’écrire une saloperie sur Twitter quand dans mon casque j’ai entendu le commentateur, dont j’ai oublié le nom, s’exciter, j’ai tout de suite remis la page YouTube et GOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOL de Gustavo Bou (1-0, 39′)!!! Sur sa 2nd tentative!!! Ouais, un quart d’heure avant il s’était essayé à 16 mètres mais sa frappe trop molle et à ras de terre avait été stoppée. Comment dire, vu la prestation du Racing c’est inespéré, mais j’arrête de me plaindre et je me dis que c’est parti, le Racing va enfin embrayer et lancer son match.

T’as raison mon con. Cinq minutes plus tard…

MATTEZ MOI CES PLOTS!!!! Acuña complètement dépassé sur le côté droit, Advincula, excellent hier soir, le mystifie, et ensuite c’est cas d’école, Orion part aux fraises, passe en retrait et Formica n’a plus qu’à transformer l’offrande en but (1-1, 44′). Quignon fait une merveille de passe en profondeur, à lui seul il met dans le vent trois joueurs et permet à Advincula d’être dans les meilleures dispositions pour l’action finale, la mise à mort d’une défense trop statique et qui est encore à fêter l’ouverture du score de Bou. En cinq minutes, tout s’est emballé. Je viens de me sniffer ma 10ème ligne de poudre, et je suis à deux doigts de me lancer un porno, je décide tout de même d’aller jusqu’à la mi-temps, je verrai ensuite.

Engagement. Et puis…

EL PANTERA !!! Deuxième but!! Cette fois c’était Newell’s qui était encore en train de fêter son égalisation, Romero, dans le rôle de Quignon, lance parfaitement Bou à la limite du hors-jeu, la panthère, qui était plus un chat jusqu’à hier, croise sa frappe (2-1, 45’+1). Encore une fois, putain je me dis que c’est inespéré quand je regarde ce que l’on a fait jusqu’à maintenant. Le score est trompeur. Celui qui voit « 2-1 » à la pause peut très bien se dire « Y a du jeu, de l’action! », rentre dans chez ta mère.

MI TEMPS!!! Bordel, j’en suis à mon 2ème pack de Kro, j’ai des capsules qui traînent entre mes couilles, le regard dans le vide, je suis prêt à faire l’irréparable pour me redonner goût à la vie, écrire Patrick Sébastien dans YouTube, merde on est samedi soir bordel!!! SAMEDI SOIR C’EST CABARET!!!!!!

Comme cette supportrice distinguée, je me sens prêt à affronter la 2nd période.

2ème Mi-Temps : 

On se mouille la nuque, finalement je n’ai pas lancé mon porno, on verra à la fin du match en fonction du résultat.

Dès le coup d’envoi, je me dis que j’aurais peut être dû le lancer car on repart sur les mêmes bases qu’en première mi-temps. C’est brouillon, y a pas un ballon qui va d’un point à un autre quand c’est voulu, les fautes commencent à se multiplier. Néanmoins, je note que Newell’s est monté d’un cran dans l’envie de proposer quelque chose, les Old Boys ont le ballon, le Racing court après. C’est Newell’s qui porte la première estocade à la 56ème minute, centre d’Elias, la pelota arrive au second poteau, Amoroso gagne son duel contre Insua mais sa reprise passe au dessus des buts d’Orion… qui n’a pas encore arrêté une frappe. 60ème minute, Gonzalez perd le ballon dans le camp du NOB, rapide remontée de la balle, Quignon donne encore à Amoroso qui dépasse totalement Nicolas « Caravana » Sanchez, se présente excentré face à Orion sorti à sa rencontre, dans l’évitement Amoroso tente sa chance mais ça flirte avec la transversale, toujours 2-1 (60′).

Puis le tournant de la rencontre, Tevez sur le côté droit, centre pour Formica, seul devant Orion, l’avant centre de Newell’s égalise mais but refusé pour une position de hors-jeu. Pas de bol car il n’y avait pas hors-jeu. 

Formica aura beau protester, le but sera refusé. Tant mieux.

Enfin une action du Racing, Bou hérite du ballon côté gauche, esseulé, il repique dans l’axe, Lopez attend le ballon au second poteau mais Bou, en confiance, tente sa chance, de peu au dessus (82′). Newell’s poussera jusqu’au bout mais toutes les tentatives seront repoussées par le Racing qui va chercher les 3 points une semaine après avoir trébuché à Estudiantes, dans un match loin d’être aussi dégueulasse que celui-ci.

Les notes : 

Orion (3/5) : N’a rien eu à faire du match. Les attaquants de Newell’s beaucoup trop brouillons ne l’ont jamais inquiété. Part un peu à l’aventure sur l’égalisation mais abandonné par sa défense il s’est dit que le suicide n’était finalement pas si mal.

Pillud (3/5) : A l’image de toute l’équipe ou presque, Pillud a rempli son rôle sur son côté mais quand il s’agissait de proposer plus… quel problème!! Bordel qu’il était emmerdé.

Sanchez (2/5) : Clairement le maillon faible hier. Souvent débordé, peu serein dans les airs où généralement il règne, Nicolas a montré des limites inquiétantes hier soir. Coupable sur le déboulé d’Amoroso, il l’a laissé partir seul à la conquête du but d’Orion. Sur le coup, si vous voulez lui confier votre gamin le temps d’une course, préférez demander à un gars du Nord. Il ne vous le rendra peut être en bon état mais il ne le perdra pas.

Vittor (3/5) : Pas dégueulasse, bien présent en fin de match quand il fallait mettre un pied, une tête, une burne pour dégager le ballon et préserver le score. En version plot comme ses potes sur l’égalisation, il a compris que c’était mort avant même que Formica reprenne la balle.

Insua (3/5) : A fait son boulot, mais brouillon dans ses transmissions, à un moment donné il s’est dit « Mes coules, je dégage le ballon j’en ai rien à branler », c’est ce qu’il a fait.

Gonzalez (3/5) : Dans le gaz pendant 40 minutes, il s’est pris un coup qui, je pensais, allait le faire sortir sur blessure, mais non il est resté sur ses appuis et a délivré une merveille de passe pour l’ouverture du score de Gustavo Bou. S’est rendormi ensuite.

Aued (3/5) : J’ai failli mettre 4/5, mais en tant que gros connard je laisse le 3. Pourquoi? Parce qu’Aued a fait comme ses potes, il a dormi. Pourquoi j’ai failli mettre 4? Parce qu’il s’est réveillé timidement en 2e mi-temps, il a réalisé de brillantes interventions au centre du terrain qui ont permis à Acuña et Romero (puis Mansilla et Rosales) de porter le ballon vers l’avant. Je note aussi sa superbe intervention dans la surface de réparation en première mi-temps alors que toute l’équipe se branlait. Bon allez…
Aued (4/5) : il s’est réveillé timidement en 2e mi-temps, il a réalisé de brillantes interventions au centre du terrain qui ont permis à Acuña et Romero (puis Mansilla et Rosales) de porter le ballon vers l’avant. Je note aussi sa superbe intervention dans la surface de réparation en première mi-temps alors que toute l’équipe se branlait.

Romero (3/5) : Quand tu proposes un menu XXL en saveur tous les week end, t’es forcément frustré quand le repas n’est pas au niveau des autres. Romero c’est ça. Sa passe millimétrée pour le 2nd but de Bou ne peut pas effacer les approximations qui l’ont accompagnées tout au long du match. Il s’est démené, je ne dis pas le contraire mais a voulu bien faire il a perdu X ballons qui ont relancé Newell’s dans le bon sens du jeu.

Acuña (3/5) : Comme Romero avec la passe décisive en moins. En retard sur le débordement d’Advincula qui amènera le but de Formica.

Lopez (3/5) : Le Capitaine du Racing n’était pas dans un bon soir. Il a souvent fait le geste de trop et donc a perdu en efficacité. Cependant, gros développement d’énergie, il s’est longtemps battu avant d’être remplacé par Martinez en fin de match. Aurait pu marquer si Bou n’avait pas préféré tenter sa chance pour inscrire un troisième but. A imité Fekir pour obtenir un penalty qu’il n’a pas obtenu la première fois, simulation moins évidente sur la deuxième tentative. Joli clin d’oeil de l’ancien Lyonnais qu’il est.

Bou (4/5) : EL PANTERA est de retour. Habitué à attendre sa 30ème occasion pour mettre la balle au fond des filets, Gustavo a attendu la deuxième frappe pour scorer. Parfaitement lancé par Gonzalez, il a gagné son duel et a permis au Racing d’ouvrir le score, avant de doubler la mise juste avant la pause sur une merveille de passe de Romero. En tout quatre tirs, trois cadrés pour deux buts.

Le Racing, fort cette victoire, se repositionne à la 3ème place de la Primera Division. Prochain match face à Huracan avant la réception de l’ennemi de toujours l’Independiente.

Besos anales,

Vamos Academia,

Diego.

 

Diego

Ce qui ne me tue pas me laisse en vie

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