Arsenal – Chelsea (3-0) : La Gunners Academy livre ses notes

C’est dingue. C’est limite insupportable. De constater que cette équipe d’Arsenal, qui peut être tellement frustrante, tellement cradingue, tellement désespérante peut tout à fait devenir une équipe sublime. Certes, depuis quelques mois, elle est devenue plus pragmatique, a abandonné certains idéaux inutiles. Arsenal joue plus bas, Arsenal a appris à subir, Arsenal a désormais de vrais numéros 6. Mais cette équipe est toujours capable de développer ce football de malade, ce truc spontané, fulgurant. Le Wengerball. Le week-end dernier, le blitz a encore frappé. Comme ils avaient démembré United l’année dernière, les Gunners ont désossé le Chelsea d’Antonio Conte, propre et net. En trente minutes, sans sourciller ou presque. Très cliniquement.

Pourtant, j’étais à nouveau dubitatif sur la compo. Peu ou prou celle qui avait commencé au Parc des Princes et s’était faite éteindre part le pressing parisien. Seul Walcott remplaçait Chamberlain. La nette différence avec le match face au PSG, c’est qu’il y avait cette fois un plan de jeu très clair et, on le répète, assez similaire à celui appliqué face à Man U l’année passée : exercer très tôt un pressing tout terrain, faire trembler les fesses des défenseurs de Chelsea et prendre l’ascendant très rapidement. Avec le recul, c’est probablement la raison de ce XI et notamment de cette ligne de trois devant, extrêmement rapide et dotée d’une grosse capacité physique. Dès le début du match, à chaque ballon relancé court, Luiz, Cahill et leurs petits copains voyaient Alexis, Walcott et Iwobi arriver sur eux façon chiens de la casse. Abandonnés par leurs milieux de terrain, ils ont pas tardé à faire une connerie. Faut dire aussi que Luiz – Cahill, on est quand même pas dans le label sérénité. Après dix minutes à pas voir le jour, c’est finalement l’Anglais qui, sous la pression d’Alexis, est le premier à craquer sur une fantastique cagade. Le Chilien finit perfecto, one nil to the Arsenal.

Mais pas question de laisser Chelsea respirer, Arsenal décide de camper devant la surface de Courtois. Techniquement, on est à des années-lumières des pauvres hères vêtus de bleu, dans l’impact aussi, les duels penchent quasiment tous en faveur d’Arsenal. C’est une balade, on les écrase. Et trois minutes après Alexis, c’est Walcott qui vient conclure une action débordante de bisous, passée d’une fixation à gauche à un débordement du latéral droit pour se conclure à gauche par une rentrée de l’ailier droit. Les Blues ont le cerveau cassé, Conte semble mesurer l’ampleur de sa tâche et Arsenal en un quart d’heure, semble avoir fait le taf. Le pressing se relâche donc légèrement, si ce n’est encore et toujours sur les relances courtes de Courtois dans son camp. Chelsea se rebiffe vaguement, on a droit à une bonne action, un décalage conclu par une frappe croisée de Willian assez dangereuse. Contraint de tenter de réagir, les types se découvrent doucement. Iwobi manque une première fois d’arriver dans la surface avant de se faire faucher discretos par cette salope d’Ivanovic. Et bim, la troisième lame arrive à la 40e minute, sur un ballon perdu n’importe comment par Chelsea. Sur son contrôle, Ozil efface Kanté comme on efface un dessin de bite d’un tableau Velleda. Le Teuton aux grozyeux cavale, met le milieu de Chelsea loin derrière lui et sert Alexis sur la droite dans un tempo divin avant de lui redemander au deuxième poteau. Luiz et Cahill font les lapins pris dans les phares. Centre en une touche d’Alexis qui lobe les deux cons, reprise de volée toppée d’Özil, poteau rentrant, merci au revoir.

La suite se déroulera sur le même schéma, Arsenal opérant essentiellement en contres, souvent dévastateurs d’ailleurs. La tristitude, c’est qu’on aurait pu en passer cinq. On prend ce qu’il y a à prendre, mais faudra faire gaffe quand même, face à des équipes plus réalistes ou en meilleure forme. Parce que là Chelsea, c’est un désastre. Il semblerait que Mourinho ait fait beaucoup plus de dégâts que ce qui était évalué… Les mecs sont au fond du trou, Hazard n’a jamais défendu sur Bellerin qui s’est fait plaisir, leur milieu de terrain a pris l’eau de tous côtés, Costa est devenu une espèce de grosse chialeuse insupportable. Conte a énormément de travail, ne serait-ce que pour trouver une formule à peu près viable (il n’a même pas encore de XI fixe et a même changé de dispositif en cours de match pour passer en 3-5-2). En attendant, Arsenal doit garder la tête froide. C’est un Chelsea triste sur lequel on a roulé. Walcott a déjà fait un départ canon l’année dernière avant de partir en sucette et de redevenir le type inutile et fatigant qu’il était. Alexis réussit devant tant qu’il y a de l’espace, il faut encore voir ce dont il est capable face à des équipes plus rigoureuses. Bref. Calma.

50 millions de balles, aller et retour. Voilà.

Les-notes

CECH : 5/5
A fait absolument tout ce qu’il fallait comme il fallait. Le Tchèque a réussi à rester concerné jusqu’à la fin, pour sortir son duel face à un Batshuayi tout mal à l’aise avec le ballon. On passe la salam à Thibaut Courtois, mais aussi et surtout à Roman.

MONREAL : 4/5
Hormis un ballon dans le dos (le fameux duel de Batshuayi en fin de match, et il était loin d’être le seul à être passé au travers), l’Espagnol a été monstrueux de volonté, de rigueur. Énormément d’apport devant et ce toujours dans le bon tempo, même si les centres qui découlent de ses montées sont pas franchement jojo. L’aurait-on enfin retrouvé ? Genre définitivement?

BELLERIN : 4/5
S’en sort bien niveau notation, vu les boulevards qu’il laisse constamment derrière lui et les ballons qu’il offre en tentant des relances Pinder. Mais bordel, quel atout devant… Cette passe décisive en un touche sur le deuxième but, c’est du velours, purée. Et puis, je continue de m’émerveiller devant sa vitesse. Le mec compense tout en repli à l’arrache, c’est terrifiant et en même temps fascinant.

KOSTAFI : DARON/5
Le début de ce que certains amis anglais ont appelé le Kostafi? J’espère. Je les note ensemble tellement ils ont semblé être en symbiose sur ce match. Ils ont fait pleurer Diego Costa en se montrant aussi durs et inflexibles qu’il avait pu être putassier. Costauds, rapides, tranchants, excellents de la tête et dans les tacles, il faut juste qu’ils améliorent encore leur communication.

COQUELIN : N/N
A joué 30 minutes avant d’être remplacé pour une blessure au genou (finalement pas aussi grave qu’on aurait pu le craindre). Mais il démarrait son match de la plus parfaite des manières. Soit-disant qu’il baisserait de pied. En attendant, en tant que numéro 6, il est encore bien au-dessus d’un Xhaka pour le moment.

CAZORLA : 4/5
Dans les matchs où Arsenal joue bien, Santi excelle forcément. Si le satellite est livré comme il faut, c’est parce que le premier étage de la fusée Arsenal s’appelle Cazorla.

ÖZIL : 5/5
Distributeur de bonbons PEZ de l’amour. Une démonstration.

WALCOTT : 5/5
Le chemin de la rédemption continue. Travailleur, on l’a vu énormément revenir, énormément presser. Souvent excellent sur ses premières touches (avec même des contrôles complètement improbables), c’est pour le moment la bonne surprise de ce putain de début de saison.

Quand Walcott te souille de la sorte, c’est que le match est mal engagé.

Alors forcément, lorsqu’il récidive, c’est limite un pousse au suicide.

IWOBI : 4/5
Je retrouve en lui ce que j’adore chez Rosicky, la simplicité du jeu, la propreté des touches de balles, la technicité de la conduite, le jeu en une touche très rapide, la vision. A son âge, c’est exceptionnel.

ALEXIS : 5/5
Obligé de lui mettre la meilleure note par rapport à tout ce qu’il arrive à faire de bien, mais il foire encore tellement de trucs, c’est complètement indécent. S’est roulé dans les espaces laissés autour de la défense centrale comme un petit chien fou, ressortant pour fixer tout le monde et mieux lancer ses camarades. Capable du meilleur comme du pire. Il est génial et affreux.


Substitutes

XHAKA (pour Coquelin à la 32e minute) : S’est intégré dans le jeu sans faire de vague, mais je demeure un peu dubitatif sur son niveau défensif. Reste que ses passes, c’est de la douceur en berlingots.

GIBBS (pour Iwobi à la 70e minute) : Une très bonne entrée, où il a fait parler sa vitesse et sa qualité de centre. Très propre, on aurait toujours dû le faire jouer ailier. L’avoir sur le banc, c’est plutôt cool comme option d’après moi.

GIROUD (pour Alexis à la 79e minute) : Pas dans le rythme. Aurait pu probablement marquer sinon, sur une ouverture de Xhaka. Mais c’est difficile de lui en vouloir. Toutefois, il se pourrait qu’il reste plus longtemps sur le banc si Alexis continue de produire ce genre de performances.


Sinon

La putain de tristesse quand t’en arrives à filer le brassard à Branislav Ivanovic. BRANISLAV IVANOVIC. Ce gros tas nul.

On est toujours sans nouvelles du petit Cesc Fabregas, qui comptait tellement sur ce match pour revenir dans les grâces de Conte.

Je vais quand même m’arrêter sur un des faits du match, cette espèce de changement radical de position de Costa, qui est passé d’immense salope truqueuse et provocatrice à pauvre type larmoyant qui demande à Koscielny l’amitié en mode « Mec, sérieusement, arrête, on est là à la cool entre potes, on tape le Five ». Aberrant.



Nan mais Koscielny, niveau relance, c’est quand même pas Varane.

Les 20 ans d’Arsène ? Oh, vous en entendrez parler bien assez tôt dans ces lignes…

Le Père Fidalbion

J'ai décidé de supporter Arsenal grâce à FIFA 99 : y avait Dennis Bergkamp sur la jaquette et c'était la première équipe disponible dans l'ordre alphabétique. Ce jour-là, j'aurais mieux fait de me péter une jambe.

3 Comments

  1. On sent que le père a prit du plaisir à la rédaction de chaque mot.

    J’ai pris en tout cas du plaisir à lire cette acad’.

    Des baisers tendres.

  2. Et des coeurs à la pelle pour Cazorla. Il est en train de devenir mon nouveau Rosicky (en moins beau, et avec moins de classe).

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