Juve – Milan (3-1) : La Bianconero Académie jubile

Salut les zèbres,

Rarement une trêve internationale ne m’aura fait autant de bien que celle-ci. La Squadra toujours non qualifiée au Mondial russe, j’ai pu avoir un avant-goût du formidable été qui se profile. On ne va pas feindre de s’être intéressé aux intérimaires qui ont pris l’eau contre l’Argentine et l’Angleterre, le pot aux roses ne tiendrait pas bien longtemps. Non, ces quelques jours sans football ont été une véritable bouffée d’oxygène. Triste constat pour un homme qui a articulé tout sa bêtise et son état de corps gras autour de ce sport. Mais cet été, alors que vous peuplerez sûrement les débits de boissons et les salons de vos amis en buvant de la pisse d’âne et en mangeant des protéines carnées carbonisées accompagnées de chips à l’E 285, et bien je… Non, j’y arrive pas.

Mentir aux lecteurs, c’est un exercice de style. Paraît même que ça s’apprend en école de journalisme. Et j’ai pas fait de putain d’école. Est-ce que ça m’est déjà arrivé malgré tout ? J’ai peut-être (sûrement) académisé des matches sans les avoir regardés, mais j’ai toujours été franc à ce sujet. Non, je peux dire que je n’ai jamais menti aux lecteurs. Alors on ne va pas commencer aujourd’hui. Et le pire dans cette histoire, ce serait de se mentir à soi-même. Je vomis de rage à l’idée de pas voir la Nazionale au Mondial pour me donner mon quota de sensations fortes. Et ce même si depuis 2006, et sans compter la belle épopée estivale de 2012, l’émotion procurée par la présence des Azzurri dans les compétitions internationales tient plus du coït interruptus que de la creampie. Alors oui, on suivra mollement l’équipe de France, mais le frisson ne sera pas le même. Il ne le sera jamais.

En bref (et sans transition), la Serie A reprend ses droits et ce n’est pas plus mal. Fini les Pogtrucs gênants avec les deux stars de l’Équipe de France, on revient au football. Et pas de la pire des manières en plus, en affrontant un Milan en pleine bourre alors qu’on a plus l’air du zèbre à trois pattes que de la bête de course qui rue dans la gueule des prédateurs. Parce que même si votre serviteur n’a pas couvert le match contre la SPAL, on n’oublie pas le 0-0 tout pourri où les joueurs de Ferrare ont  »filé comme des petites putes », comme on dit dans le milieu. On se réfugie derrière cette violence pour occulter le fait qu’on a été nuls ? Dieu, que vous êtes perspicaces. On croirait presque que vous regardez les matchs. Et le Milan dans tout ça ? Et bien ma foi, ça roule plutôt pas mal depuis que Rino a pris les rennes (et les familles des joueurs en otage). Enfin, ça roule pas mal en Serie A hein. L’Europe, ce n’est plus ce que c’était, en témoigne la sortie sans panache face aux Gunners (et la suite juste ici). Toutefois, c’est le retour du 19 qui sera à n’en pas douter l’événement (ou le non-événement, c’est selon) de cette partita. Sera-t-il hué ? Applaudi ? Oh, ça va je déconne, tout le monde sait comment il sera accueilli. Il a eu beau faire l’homme classe en conférence de presse, ça sonnait faux. T’es pas le quart de la moitié de Georges Chiellini mec, et encore moins de George Abitbol.

 

Gattuso pousse le 19 sur la pelouse du Juventus Stadium.

 

LE MOT DU VIL

Nous nous étions quittés la dernière fois sur un terrible cliffhanger. Bref rappel des faits.

C’est en fouillant les archives dans les tréfonds du HorsJeu Building, juste au dessus de la cave d’où émanent d’étranges vibrations d’une grande analité, que je suis tombé sur une coupure de presse jaunie du Daily Telegraph, datée du 27 octobre 1863. La veille, la première assemblée générale de la Football Association s’était déroulée dans une public house de Covent Garden, le Freemason’s Arms. Jusqu’ici ma foi, rien de bien troublant. Mais la présence d’un « French enthusiast, as vile as a French can be », elle, m’a bel et bien troublé. Et si c’était le même VIL qui m’envoie une phrase de temps à autre pour assaisonner la Bianconero Académie ? Meh, tu délires Roberto. Probablement cette odeur d’ozone mêlée à celle de la 8°6 qui vient de la cave, ou bien le cubi de rouge bien chimique que tu portes sur ton dos tel un camelbag, et dont le contenu te perfore gentiment l’estomac. L’idée ne me quitte pas, alors que je ferme la porte en disant au revoir au veilleur de nuit. Drôle d’histoire que celle des veilleurs de nuit d’ailleurs, on raconte que ce sont les anciens académiciens d’un club disparu, les Vianto-Nongayar ou un truc du genre. Très sympas les mecs, même s’ils me rajoutent un boulot monstre. En qualité de bizu, c’est à moi de sortir les containers de verre en partant le soir. Et franchement, que ce soit Franck ou Pascal, ça picole sec. Mais l’histoire des veilleurs de nuit attendra. Le verre vidé, je fourre le tas de papelards suspects que j’ai sortis en douce dans ma Clio Bebop et fonce le plus loin possible de Paris, en direction de la Provence. J’ai l’affreux pressentiment d’avoir mis le doigt dans un pot de douze kilos de confiture de merde et de devoir le bouffer en entier. Comment le VIL pouvait-il être déjà en vie il y a 150 ans ? Avait-il vraiment participé à la création des règles du jeu ? Je devais mettre un maximum de kilomètres entre lui et moi, entre le HorsJeu Building et moi, avant que les gros membres et le stagiaire bizarre (mais en même temps qui ne l’est pas là-bas ?) ne m’enculent à mort et ne me balancent par dessus le parapet du Canal Saint-Martin comme un poivrot vomit son trop plein dans la Seine. Et alors que je conduis en direction du sud, la dernière phrase du VIL, balancée par texto après la victoire contre le Milan, résonne comme un mantra dans mon esprit malade.  »Ils se sont fait Khedirer. » Est-ce qu’elle a un sens caché ? Et pourquoi diable m’a-t-il parlé de peintres au pub la dernière fois ? Tant de questions et si peu de réponses…

LA COMPO DE MAX

 

Retour au 3-5-2, Khedira toujours là, on va bien se marrer.

 

LA PARTITA

Le 19 est copieusement sifflé chaque fois qu’il touche le ballon, mais pouvait-il en être autrement ? Le round d’observation lui n’a pas vraiment lieu, et c’est Pipita qui allume la première mèche des 20 mètres. Donnarumma se détend bien et sort la frappe tendue du gros Argentin. Il n’arrive toutefois pas à sortir celle du petit Argentin deux minutes plus tard. Bien servi par Pjanic et bizarrement tout seul, Dybala décoche une belle frappe. Gigio ne déplie pas sa grande carcasse de raclure de bidet assez vite, ça fait mouche (1-0, 8e). Milan essaie bien de répondre à l’ouverture du score, mais n’y arrive pas. Faire le dos rond avec une défense comme la notre, ça durerait des heures qu’on s’en battrait royalement les couilles. Faut dire que 142 ans d’expérience (Gigi inclus, ça va de soi), ça peut que peser dans la balance. Faudrait quand même faire gaffe à ne pas faire son âge. Par exemple, faudrait être premier à la retombée du ballon sur les corners et éviter de se prendre un but du 19. Et bien entendu, c’est tout le contraire qui se passe. Il s’élève plus haut que Barzagli et place une tête que Gigi ne peut repousser (1-1, 28e). Il célèbre son but, mais encore une fois pouvait-il en être autrement ? On l’aurait tous fait. Tu te fais conspuer pendant tout le match, alors si tu marques… Et ben tu poses tes couilles sur le nez des tifosi adverses.

 

Le 19, ce fouille-merde.

La suite de la première mi-temps est assez floue. J’ai repris mes bonne habitudes, à savoir regarder le match en état d’ébriété et je dois avouer que bon… J’ai pas retiré grand chose de ce dernier quart d’heure. Benatia met une joli semelle à Suso, Rodriguez enfonce Lichtsteiner dans la foulée, un carton chacun et puis voilà. Il me semble qu’il y a eu un truc de VAR encore, mais j’ai tout dit sur cette merde et j’y reviendrai pas (rah, j’avais dit que je mentirai pas aux lecteurs…).

On repart à l’assaut, mais sans notre Suisse préféré. C’est Douglas Costa qui le remplace. Quelques actions de part et d’autre en ce début de seconde période, mais rien de bien terrible. Le 19 continue son récital de filsdeputerie en tirant le maillot de Benatia sur un corner, ce qui a le don de rendre Mehdi fou de rage. Faut dire que ses maillots semblent être des prises de choix en ce moment. Bon, ça s’anime un peu, en tout cas suffisamment pour créer des souvenirs malgré l’ivresse qui commence à être manifeste. Quelle idée de mettre des matches le samedi soir aussi… Bref, Calhanoglu envoie une minasse sur la barre de Gigi et le ballon revient sur le pied gauche de Suso qui frappe. Pas inquiété, le Gigi. Pas plus inquiété par une autre frappe de Calhanoglu (cadrée cette fois-ci) deux minutes plus tard. On rentre tranquillement dans la dernière demi-heure quand Max décide de changer d’approche. Il sort Blaisou, auteur d’un match blaisesque s’il en est, pour offrir du temps de jeu à Juan Guillermo Cuadrado. Il est de retour. On le croyait cuit jusqu’à la fin de la saison, comme Bernardeschi. FAUX. Fredo a repris avec le groupe le lendemain de ce match, et Cuadrado est là, prêt à souiller le Milan AC. Bon, faudrait marquer pour gagner tout de même. Le Napoli a fait match nul, faut profiter. Et c’est là, alors qu’on commençait à se résigner, que la lumière vint d’un duo de joueurs que j’ai toujours aimé et défendu ici (SI SI) : j’ai nommé Khedira et Cuadrado. Le premier, bien lancé sur la gauche, envoie un très joli centre au second poteau où la Cuadrade reprend victorieusement de la tête (2-1, 79e). On est bien, on met l’hélicobite à chauffer, on taquine un peu les amis milanisti, on se ressert un whisky, tout va bien. Demain sera une mauvaise journée, mais on s’en branle. Et quand Sami, déjà passeur sur le deuxième but, y va aussi de son but… C’est le genre d’action qui provoque des AVC (3-1, 87e).

Il ne se passera plus rien, si ce n’est un coup-franc de Suso repoussé par Gigi. On remet le Napoli à quatre points. Il nous reste huit matchs de Serie A, incluant la réception du Napoli et des déplacements à Milan pour y jouer l’Inter et à Rome pour affronter la Roma. On va le faire. On va pisser sur nos rivaux, ça va être grandiose. En attendant, on regarde vers l’est en direction de Kiev, avec la date du 26 mai en tête et un rendez-vous avec l’Histoire.

 

LES NOTES

BUFFON : 3/5
Il peut pas grand chose sur le but, il a fait le taf une fois de plus avec plusieurs parades décisives. Je vous ai déjà parlé de son âge ?

BARZAGLI : 2+/5
Fautif sur le but du 19, il a assuré le reste du temps. Je vous ai déjà parlé de son âge à lui aussi ?

BENATIA : 3/5
Le mec prend TOUT de la tête, il est hallucinant. Il a fait oublier l’ancien défenseur Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom.

CHIELLINI : 3/5

 

LICHTSTEINER : 3/5
A fait étalage de sa suissitude pendant 45 minutes avant de laisser sa place à DOUGLAS COSTA (3+/5), qui lui a fait une démonstration de brésilité. Et ben disons qu’il y en a une plus agréable à regarder que l’autre.

ASAMOAH : 3/5
Kwadwo a été appliqué en défense, et c’est déjà pas mal avec un client comme Suso dans les pattes.

MATUIDI : 2/5
Du Matuidisme (j’invente beaucoup de mots, va falloir se calmer un peu) comme il sait le faire, mais un peu en délicatesse avec ses pieds. Enfin plus que d’habitude quoi. Allez ça va, t’as le droit de pas faire un super match de temps en temps mon Blaisou, ça remet rien en cause t’en fais pas. Remplacé par CUADRADO qui fête son retour en marquant LE but qu’il fallait au moment où en avait le plus besoin. Tu reviens au bon moment Jean-Guillaume.

PJANIC : 3+/5
Dans le dur, puis dans le mieux. Il donne le ballon à Dybala pour le premier but, petit + pour toi Mire.

KHEDIRA : 0/5 puis 4/5
Nul en première période, dans la continuité de ses dernières prestations. Il a ensuite offert un super ballon à Cuadrado pour redonner l’avantage à la Juve, avant de marquer quelques minutes plus tard. Il prolonge ipso facto son immunité, 71961 semaines tout de même. Ne vous en faites pas, il redeviendra nul à chier dès mardi.

DYBALA : 4+/5
Un but, une passe décisive, on retrouve la Joya qu’on aime. Celle qui nous fait regarder des matches de foot avec des yeux d’enfant. J’ai bien l’impression que ce système lui convient à merveille, de bonne augure pour la suite.

HIGUAIN : 3/5
OK je force peut-être un peu la note. Un match de besogneux où Pipita n’a pas eu grand chose à se mettre sous la dent. Heureusement qu’il a des réserves. Il pèse lourd sur les défenses adverses, et ça mine de rien c’est précieux. Putain deux blagues de gros en une ligne, je deviens feignant.

 

Un grand merci aux mecs de juvefc.com qui me laissent utiliser les feuilles de match, ils ne le feraient probablement plus s’ils pouvaient comprendre mes articles.

FINO ANAL FINE,

un baccio nel culo.

Roberto Bettégras

Pharaon Gérontophile. Bianconero Académie. l'Académie des Poteaux Bizarres.

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