Liverpool – Manchester City (3-0) : la Reds academy livre ses notes

Steve Macadam déteste deux choses dans ce bas monde : Manchester et tous les footballeurs de cette ville. À quelques heures du match retour à L’Etihad, souviens toi du match aller.

 

20h30. Il pleut des cordes sur la ville de Chalon-sur-Saône, bastion de votre hôte. Cela n’empêche pourtant pas Macadam de filer droit vers le Paddy’s, l’un des deux pubs du centre ville. Et de la ville tout court, en fait. Cela n’a pas été facile de convaincre le patron, Paul, de diffuser les matchs de Liverpool dans son établissement. Passionné de cyclimse (pédé), c’est plutôt La Vuelta ou autre Paris-Nice auxquels ont droit les quelques clients de l’établissement. Mais Steve Macadam est persévérant. Après 47 samedis soirs consécutifs passés à user le comptoir, il a réussi à avoir droit à une diffusion d’un match sur deux de Liverpool sur la toile du vidéoprojecteur. Et ce malgré le coma éthylique du 23e soir qui n’a pas plaidé en sa faveur. Qu’importe, il profite du bout de chemin séparant sont appartement et le pub pour jeter un œil sur les compositions des équipes.

 

 

Nos onze héros.

Leur onze zéro.

 

Steve pousse les portes du Paddy’s, une demi-mole prenant place dans son caleçon à l’idée de voir Mo Salah enthousiasmer tout Anf…

 

Du bleu ciel. Du bleu ciel partout. Alors que les portent claquent derrière son dos, Steve Macadam sent des dizaines de regards se tourner vers lui. Les sourcils se froncent. Visiblement, Paul est copain avec des Citizens.

– Salut les gars, je suis content de vous voir. Comme je passais par ici, je pensais m’arrêter un peu, à moins que vous vouliez que… Je parte ?
– Tu peux rester. Pas de problème, lance Paul d’une voix claire. Je suis même content que tu sois venu chez nous. J’aimerais bien que tu restes. On va manger des Reds. Tu entends ? Des Reds ! C’est tout ce que ça te fait quand je te dis qu’on va manger des Reds ? Mais qu’est-ce qui t’arrive ? Pourquoi tu dis rien, tu fais la tronche ou quoi
– Disons que j’étais pas au courant qu’il y avait un rassemblement de connards ce soir mais je suis tolérant hein, ça ne me pose pas de problème.

 

L’ambiance se tend. Et votre serviteur, pas si con, s’en rend bien compte.

– … Donc j’imagine que vous n’en êtes pas à un connard de plus en m’accueillant ? Hein ? Allez les gars, souriez quoi. C’est la fête ! Vous n’avez jamais été aussi près d’aller aussi loin en Ligue des Champions
– Ce n’est pas la première fois qu’on pourrait aller en demis
– *Clap-Clap-Clap*. Oh bravo. Quel palmarès, dégaine Macadam d’un ton narquois
– T’es bien pessimiste pour un mec dont l’équipe est deuxième de Premier league, analyse Paul tout en servant une Guinness au Liverpuldien
– Écoute, vu le match qu’on a produit face à Crystal Palace, je vais pas te faire croire que je viens ici avec la certitude qu’on va vous mettre la fessée. Et comme vous êtes doués dans l’art de frapper des handicapés, il n’y en qu’un seul ici qui peut être pessimiste : moi.

 

Les Citizens esquissent un sourire et se retournent vers l’écran. Les joueurs entrent sur le pré.

 

 

LE MATCH

C’est un Anfield en ébullition qui accueille les 22 protagonistes sur le terrain. C’est à ce moment précis que le match de Sané a commencé et s’est terminé. Certains diront « petit organe », personnellement je vous dirai que, à sa place, j’aurais sûrement pissé dans mon froc. Passé ce détail urinaire, et malgré une ambiance digne des plus grandes nuits européennes comme seul Liverpool sait en donner (objectivité ? késaco ?), ce sont bien les Citizens qui prennent le jeu à leur compte. C’est assez simple : Liverpool ne touche pas grand chose. Il suffit pourtant d’un ballon bien exploité pour faire sauter le verrou. Sur un contre éclair, Firmino bute sur Ederson mais un caffouillage en règle de la défense de Skyblues permet à Bobby de passer à Salah qui ne rate par cette occasion. Premier coup de massue sur la tête de City.

Les Reds continuent le pressing et surtout profitent du couloir de Sané laissé à l’abandon. Ce dernier n’ayant reçu que des consignes offensives laisse un boulevard au Reds et deux fois plus de travail pour un Laporte qui, il faut l’avouer, n’a pas démérité. Mais tout le mérite du monde ne peut rien faire face à une frappe pure, bien sentie, et tellement jouissive signé Ox. 2-0. Deuxième coup de massue.

Inutile de vous dire que, les Citizens commencent à voir flou et coulent sous nos yeux. Dix minutes plus tard, c’est Mané qui, sur un centre de Salah, crucifie les Mancunienscaca de la tête. De. La. Tête. Le mec mesure 1m75. Bon, faut dire qu’il a bien été aidé par un Vincent Kombany aux abonnés absents et un Fernandinho qui a autant de détente qu’un grande-section. 30 minutes et l’affaire est pliée. L’un des favoris de la compétition, le futur champion de Premier league, s’est fait manger en 30 petites minutes et titube autant qu’un adolescent sortant de son premier bal des conscrits. LA messe est dite. Pardon ? Il reste encore une mi-temps ? Merde.

Et cette mi-temps est ce qu’on peut appeler « un mi-temps serrage de fesses ». Les Reds ont bien moins eu la mainmise sur le ballon et les Citizens ont multiplié les offensives, sans pour autant jamais atteindre le cadre. Un statistique dingue, mais rendue possible grâce à un groupe soudé et où aucun joueur n’a rechigné à apporter un soutien en défense. Seul bémol de cette soiré finalement : la sortie de Salah sur une petite alerte. Rien de grave, les supporters peuvent pleinement profiter de cette victoire aussi inattendue que merveilleuse.

 

L’APRÈS MATCH

Paul éteint la retransmission TV et le rideau du rétroprojecteur se replie sur lui même. Un grand silence inonde la pièce et les regards se tournent un à un sur le seul clampin habillé de rouge. Ce dernier est à terre, les bras en l’air, les yeux révulsés.

– WAHOOOOOOOOOOOOOOO ! OH PUTAIN ! PUTAIN ! QUEL. PIED
– La modestie ça ne te connaît pas, visiblement
– Oh Paul, s’il-te-plaît, laisse moi profiter de toutes ces mines déconfites. Regarde-les. Regarde ces regards agars, perdus dans le vide et qui, finalement, se dirigent vers moi. Tu comprends. Au fond de leurs yeux, tu comprends ce qu’ils pensent. Ils se disent : « Ok. Ce mec là a quelque-chose qui nous manque. Il a des couilles d’être resté là, des couilles de continuer de supporter un club qui a fait jouer Jonjo Shelvey et Jay Spearing ensemble, des couilles d’avoir cru au titre en 2013 pour le perdre à Crystal Palace et des couilles de continuer à supporter son équipe après tout ça. On ne peut que s’incliner devant ça. » Alors oui, Paul, oui j’exulte un peu ce soir car j’ai vécu ces merdes, j’en vivrais peut-être d’autres. Mais si c’est pour vivre de telles émotions, alors je signe des deux mains. Bordel quel pied, regarde-les à m’envier !!
– Ils ne t’envient pas bordel. T’es con ou quoi
– Que
– Ils regardent ton entrejambes. Tu t’es pissé dessus mec
– … Ah…  OH ÇA VA VOUS AUTRES HEIN, c’est pas vous qui avez dû supporter 45 minutes de front avec une défense dont le plus vieux briscard est, je vous le rappelle, Dejan Lovren hein… Je reste un humain après tout.

 

Steve Macadam

 

LES NOTES

Karius (4/5) :
on ne va pas mettre la note maximale à un mec qui n’a presque rien eu à faire de la soirée, non ? Mais il a très bien fait le peu de chose qu’il avait à faire.

Robertson (5/5) :
un match dingue sur tous les plans. On appréciera plus que tout ses oppositions face à Sterling dont il a fait sa chose.

Lovren (5/5) :
s’il jouait comme ça tous les week-end, il pourrait être une icône. Bon, faut peut-être pas pousser mais son jeu simple a été d’une efficacité redoutable.

Van Dijk (5/5) :
rien à redire. Puissant, constant, dominant… Quel homme.

Alexander-Arnold (5/5) :
MOTM so far. Moins en forme sur les derniers matchs, on pouvait penser qu’il allait avoir les jambes qui tremblent face à l’enjeu. C’est tout l’inverse puisqu’il a mis Sané dans sa poche. Un match exceptionnel à tous les niveau.

Henderson (4/5) :
mercredi soir, 80% des supporters des Three Lions voulaient voir Henderson sortir les mêmes matchs en Russie. En revanche, 99% des supporters de Liverpool avaient peur qu’il réédite la même performance que celle face à Crystal Palace. Dieu merci, ils se sont trompé.

Ox’ (5/5) :
mercredi soir, 75% des supporters des Three Lions voulaient le voir planter ce même but lors de la prochaine Coupe du monde. On les comprend.

Milner (4/5) :
mercredi soir, 90% des supporters des Three Lions le voulaient de retour en sélection.

Mané (4/5) :
il a été une menace de tous les instant et tous ses efforts ont été récompensés par son but, de la tête qui plus est. Un match bon pour la confiance du Sénégalais qui ressemble en ce moment à un grand huit.

Firmino (5/5) :
quel travail. Quel homme. Sa passe décisive montre tout ce qu’il apporte aux collectif : une rampe de lancement incroyable et une pugnacité incomparable. Son match est à montre dans toutes les écoles.

Salah (5/5) :
Salah vs. De Bruyne. Salah buteur. Salah blessé. Salah vainqueur quand même. Salah est Dieu.

Steve Macadam

Cousin sans classe de l'élégant Steve McManaman, je cherche le glorieux passé de Liverpool au fond des pintes vides qui s'accumulent au fur et à mesure des matchs. Apprends actuellement l'Allemand grâce à GoogleTrad' pour les beaux yeux de Klopp (mais si, derrière ses lunettes. Regarde bien.).

3 Comments

  1. Deuxième du championnat ?
    :EmojiQuiImiteLilianThuramQuiCélèbreSonButFaceALaCroatie:

    J’avoue avoir complètement ignoré ce match aller, parce que bon, c’est comme, sur le papier pour moi, regarder une pub Michel & Augustin avec Lea Seydoux et Louis Garrel (au bas mot)…
    Mais j’avoue que le retour me botte, parce qu’il y a quand même les possibilités que soit vous en preniez quatre tellement ils vont être absurdement en colère, soit de voir la sale semaine de City se poursuivre et revoir le public de l’Etihad repleurer pour la deuxième fois en quatre jours.

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