Russie-Costa Rica (3-4) : la Ticos Académie se prépare

Autant s’habituer tout de suite à gagner en Russie.

Coucou mes trésoripouninous,

Un mois avant le début du tournoi de qualification à la prochaine coupe du monde, mes Ticos d’amour prenaient déjà contact avec la Russie, invités que nous étions à inaugurer le nouveau stade du FK Krasnodar. L’occasion d’une dernière revue d’effectif avant les choses sérieuses, en nous faisant au passage le plaisir d’être la première équipe à gagner dans ce stade, par définition, et aussi la première à passer 4 buts à la Russie ou à l’URSS chez elle depuis 1912. Pour aller plus loin dans l’anecdote, sachez également que nous conservons depuis désormais 110 jours ce bâton de Nasazzi arraché à la Colombie à la fin de la dernière Copa America.

Tout ceci est très intéressant, mais ne nous voilons pas la face, ces quelques informations sont balayées par un tsunami de cyprine quand survient la nouvelle du jour.

Il reviennnnnnnrhaaarhglaf.

 

Le match

Mes chéris, cette équipe du Costa Rica associe le meilleur de la Coupe du Monde 2014 au pire de la Copa America 2016. Côté pile, une belle cohésion, de l’engagement, de l’adresse et du beau jeu devant. Côté face, une défense et parfois un milieu bien trop tendres, et des couloirs plus sinistrés que le mien en ce funeste printemps de 1986, quand j’avais contracté une mycose carabinée. J’avais même dû rater la journée d’intégration des étudiants quelques mois plus tard, ça ne m’est jamais arrivé depuis mais enfin, ce n’est qu’un mauvais souvenir et ce n’est pas le sujet.

Transsibérien se heurtant à une boule, allégorie.

Composition initiale :

Navas

Salvatierra – Acosta – Gonzales – Calvo – Matarrita

Borges – Azofeifa

Ruiz                                                Venegas

Ureña

 

Composition finale :

Navas

Salvatierra – Gonzales – Waston – Calvo – Oviedo

Guzman – Tejeda

Campbell                                                Wallace

Venegas

L’équipe-type est presque au complet, ne manquent que Bolaños et Duarte (blessés). Gamboa n’est pas retenu. En théorie, Oscar Ramirez en tire un 3-4-3. En pratique, les latéraux ont très peu débordé et se sont (mal) concentrés sur leurs tâches défensives : à la rigueur, ce sont plus les centraux que l’on a vu se projeter derrière Ruiz et Venegas. Ces deux-là ont plutôt proposé des mouvements axiaux, particulièrement Bryan qui joue clairement comme un n°10 traditionnel. On comprend alors la fragilité du milieu sur les transitions défensives, où le rideau Borges-Azofeifa se montre parfois plus fragile qu’un hymen d’indigène à l’arrivée de nouveaux missionnaires. En revanche, sur les attaques placées, l’ensemble se transforme en 5-4-1 bien organisé, seulement exposé aux failles individuelles (manque de vitesse, d’ardeur du duel, de concentration).

Une première mi-temps maîtrisée et généreusement pourvue en cadeaux russes s’achève sur un tableau d’affichage bien garni. Puis nous faiblissons et nous replions, oui, mais de manière assumée et coordonnée. Malgré la cohérence du bloc et cette bonne gestion des temps faibles, nos largesses défensives n’en ont pas moins permis la remontée russe. Si les six changements autorisés, tous opérés, ont bien revivifié l’équipe, l’avertissement est clair : nous ne sommes pas assez solides pour nous permettre d’arrêter de jouer, mais notre jeu exigeant ne peut pas être accompli pendant les 90 minutes. A Oscar Ramirez de se débrouiller avec ça. En attendant, voici les buts (cliquez ici pour le résumé complet) :

0-1 (Azofeifa, 22e) : Un gentil cadeau du gardien permet à Bryan Ruiz de se trouver en position de centre. A la réception, Celso Borges remet très intelligemment pour Randall Azofeifa. Sans contrôle des 16 mètres, le joueur d’Herediano envoie sa spécialité, ce que vous appelez une « lourde », qui transperce un portier Russe décidément très accommodant.

0-2 (Ruiz, 29e) : Bryan Ruiz reçoit le ballon à 35 mètres. Les Russes ne jugent pas utiles de l’attaquer. Je ris. Puis je me masturbe. Puis je ris encore. Puis je me masturbe en riant.

Rangez vos langues, messieurs, seul un extérieur du pied de Bryan Ruiz sera assez doux pour flatter mon clitoris.

1-2 (Samedov, 30e) : Pas le temps d’aller me chercher un rince-doigts, les Russes humilient Borges et surtout Salvatierra sur notre côté droit. Sur le centre, la défense joue le hors-jeu, à l’exception d’Acosta, Gonzalez et Calvo. En fait, seul Matarrita joue le hors-jeu. Samedov peut donc marquer dans un fauteuil, en s’assommant à moitié sur le genou de Keylor Navas au passage.

1-3 (Berezutsky csc, 45e+ 2) : Excellent pressing de Ruiz pour récupérer le ballon aux 25 mètres, suivi d’une passe aveugle pour Jhonny Acosta lancé sur l’aile droite. Je change de main pour varier les plaisirs, et ai à peine le temps de parvenir à l’orgasme avant d’être saisie par un nouveau fou rire à la vue de Berezutsky déviant le centre dans son propre but.

2-3 (Dzyuba, 46e) : Les Russes accomplissent leur seule action construite du match avec un excellent jeu à trois qui mystifie Venegas, Azofeifa et Matarrita. L’ailier est envoyé au centre pour Dzyuba, qui surgit devant Giancarlo Gonzalez et Navas.

3-3 (Dzyuba, 61e) : Dédoublement russe à gauche : Matarrita suit l’appel et laisse ce faisant un boulevard au porteur du ballon pour centrer. Acosta est dépassé, Keylor est figé, le score est remonté.

69e minute : il revient ausshiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiirhharghlaf. (au passage, rappelez-moi de gifler le philistin qui lui a collé un sponsor aussi infamant, même mon Tejedounet ne semble pas revenir de l’outrage)

3-4 (Campbell s.p., 92e) : Entré depuis quelques minutes, Joel Campbell tricote dans la surface à un contre trois, quand l’ineffable Berezutsky est pris d’une envie de jouer à la moissonneuse-batteuse. Le pénalty est transformé par Joel lui-même.

Mesure de boule.

Les notes :

Keylor Navas (2/5) : Eh oui très cher, quand on l’a habituée aux miracles, il faut craindre la frustration de la groupie privée de ses sauvetages habituels. Malgré tout, une émotion non feinte au moment des hymnes, qui m’a fait un peu regretté d’avoir médit (comme tout le pays ceci dit) de son absence à la Copa America.

D’accord, il y a eu ce petit Keylorgasme en début de match, mais que voulez-vous, je deviens gourmande.

Jhonny Acosta (2/5) : Heureusement qu’il y a eu son centre décisif pour m’amadouer. Faut-il le menacer de lui coincer les testicules sous une boule en pierre pour qu’il se montre plus déterminé en défense ?

– remplacé par Kendall Waston (69e) : De retour de blessure, il est entré pour occuper l’axe et mettre de l’ordre dans la défense. Une attitude de patron, de quoi espérer le voir titulaire le mois prochain.

Giancarlo Gonzalez (2/5) : Pas de grosse bourde mais un manque d’assurance exaspérant, un peu comme ces étudiants de première année infichus de dégrafer un soutien-gorge.

Francesco Calvo (2/5) : Même tarif que ses camarades : malgré un engagement au duel un peu plus intense, il n’apporte guère plus de garanties.

Jose Luis Salvatierra (2/5) : Son geste le plus efficace, c’est cette poupée vaudou à l’effigie de Cristian Gamboa qui empêche le latéral droit d’entrer en jeu pour le Celtic après avoir vécu deux ans au placard chez WBA. On ne peut pas dire que José Luis profite de l’intérim pour convaincre.

Ronald Matarrita (1/5) : Dieu que je n’aime pas dire du mal de mes protégés. Adressez-moi le nom d’une personne que vous n’aimez pas, je déverserai sur elle les insultes que je me force à contenir.

– remplacé par Bryan Oviedo (74e) : L’état nerveux de la nation costaricienne se portera mieux s’il ne se blesse pas de nouveau d’ici à l’été 2018.

Celso Borges (3/5) : Sobre mais précieux, c’est lui qui donne le rythme de l’équipe. Trop propre même, à la rigueur : il lui a manqué un peu de rentre-dedans pour dissuader les Russes de venir franchir trop facilement nos lignes.

– remplacé par David Guzman (77e: On perd en maîtrise ce qu’on gagne en vivacité et en engagement. Son entrée en fin de match peut donc s’avérer très utile. Attention tout de même à ses tacles, à côtés desquels même Tejeda ressemble à un poète.

Randall Azofeifa (3/5) : Buteur d’un très beau missile de l’extérieur du droit, il a souffert dans l’entrejeu. Si Tejeda revient pleinement en forme, nous aurons une belle concurrence à ce poste.

 – remplacé par Yeltsin Tejeda (69e) : Car oui, mon Tejedounet a de nouveau foulé les pelouses, après ces blessures qui n’en finissaient pas. Une entrée hésitante avec quelques mauvaises transmissions, mais l’essentiel est de le revoir dans le groupe.

Bryan Ruiz (5/5) : L’élégance ultime et permanente, celle qui ferait passer Andrea Pirlo pour Donald Trump. Je l’aime.

– remplacé par Joel Campbell (69e) : Une entrée de chien fou, comme pour libérer sa frustration de temps de jeu en club. Il en est venu à jouer parfois un peu trop personnel, mais comme cela lui a permis d’obtenir le pénalty de la victoire, on ne peut pas lui en vouloir.

Johan Venegas (3/5) : N’a montré ni la plus grande finesse ni la plus grande réussite, mais il a apporté un impact (de Montréal, hihi) permanent au cours des 90 minutes.

Marco Ureña (3/5) : Exactement la même impression que le précédent, un taureau que l’on aurait lesté d’une boule en pierre de 5 tonnes. Forcément, sa finition s’en ressent. En match officiel et pour peu que l’on ne gagne pas, je pourrais être moins indulgente.

– remplacé par Rodney Wallace (69e) : Du sang frais bienvenu pour un peu mieux conserver la balle.

Boule floue.

L’hexagonal

Si vous avez raté mes pronostics sur les pays de la Concacaf qualifiés à la prochaine coupe du monde, je vous invite à consulter l’académie précédente, à ce chapitre : http://horsjeu.net/etrangers/les-selections/laticos-academie/haiti-costa-rica-0-1-costa-rica-panama-3-1-ticos-academie-se-place-lhexagone/#hexagonal. Contre les favoris, l’issue est incertaine : nous pouvons aussi bien les battre nettement que nous faire coller quatre buts. Voire les deux à la fois.

« Y’a plus qu’à », comme on dit chez vous.

Rendez-vous le mois prochain pour être dans le vif du sujet, avec le déplacement à Trinidad suivi de la réception des Etats-Unis !

Kimberly GutiérrezYigüirro

 

 

 

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Kimberly Gutiérrez Yigüirro

One Comment

  1. Je savais que ça me ferait du mal de revoir Tejedounet, mais je suis venu quand même.

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