Belgique-Italie (0-2), la Jup’ prend l’eau

Salut les filles !

L’Euro vient de débuter et c’est autour de la diabolique Belgique d’entrer dans la compétition. En face, l’Italie, déjà rencontrée en novembre dernier et battue 3-1. La Squadra avait pourtant ouvert le score et fourni une très belle 1re mi-temps au cours de laquelle les Belges n’avaient pas vu grand-chose, malgré l’égalisation rapide de Vertonghen. La différence s’était faite individuellement, par De Bruyne (74’) et Batshuayi (83’). A propos de ce match, Romelu Lukaku déclarait d’ailleurs dans un récent article de Sport/Foot Magazine : « Ils ont joué en 4-2-4. Les premières quinze minutes, on a pleuré. On a pleu-ré ! […] Les deux attaquants Pellè et Eder jouaient en un-contre-un avec nos défenseurs centraux. Les deux ailiers, Candreva et Florenzi, étaient en un-contre-un aussi. Et qu’est-ce qu’ils faisaient ? Ils jouaient le ballon vers l’attaquant qui était en un-contre-un avec le gardien, ou bien pour l’ailier qui effectuait un appel en profondeur dans le dos de la défense. Pendant quinze minutes, ils nous ont fait ça et on n’a rien compris. On était nulle part et ils nous ont mis le but. Ballon vers Pellè, déviation pour Eder qui met Florenzi en profondeur, centre, Pellè il est là, rebond-but. On a gagné le match grâce à des moments de grande classe de nos joueurs. »

Depuis, pas grand-chose n’a changé pour la Belgique : elle n’a disputé qu’un seul match avant de remettre sa liste officielle pour l’Euro. C’était fin mars, au Portugal, quelques jours après les attentats de Bruxelles. Pas mal de joueurs étaient blessés et non seulement la défense était expérimentale (Vermaelen-Denayer en défense centrale, Guillaume Gillet arrière droit), mais en plus le reste de l’équipe n’en avait rien à foutre. Le Portugal cher à Homerc s’était logiquement imposé.

 

La liste finale des 23 comporte quelques surprises, en raison des absences de Kompany, Lombaerts et Engels. Le réserviste Laurent Ciman intègre donc la liste, tout comme Christian Kabasele (Genk, 1re convocation) qui ne faisait pas partie des 30 appelés le mois dernier.

Les matchs de préparation n’ont pas permis de résoudre les défauts de cette équipe : la Belgique de Wilmots veut le ballon mais ne sait toujours pas pourquoi. Les latéraux sont avant tout là pour défendre plutôt que pour accompagner les offensifs, condamnés à l’exploit individuel et démolis dans la presse s’ils n’arrivent pas à faire seuls la différence. Les rôles des milieux de terrain sont toujours aussi peu clairs. Pire, malgré cette pauvreté collective, la Belgique pouvait s’appuyer sur une défense solide (et un peu de chance). Ca n’est plus le cas : après ces 3 matchs de préparation, elle a encaissé au moins 1 but lors des 6 derniers matchs (Andorre, Israël, Italie, Portugal, Suisse, Finlande, Norvège). Point positif de cette saison internationale : Romelu Lukaku est devenu le n°1 et commence à être performant, dans un rôle qui lui convient mieux. Il a trouvé le chemin des filets lors des trois derniers matchs. Son frère Jordan a également eu un peu de temps de jeu. Apportant bien plus offensivement que Vertonghen (au point d’avoir 3 passes décisives sur ses 140 premières minutes en sélection), ses faiblesses défensives sont rédhibitoires pour Wilmots.

Après une victoire un peu poussive mais plutôt correcte contre la Suisse (1-2), les Diables ont concédé le nul contre la Finlande et battu la Norvège 3-2 après avoir été menés jusqu’à 20 min du terme.

 

Les compos


Denayer n’ayant pas convaincu au poste d’arrière droit, Alderweireld semblant enfin être fixé dans l’axe et Meunier étant encore trop juste physiquement, c’est Laurent Ciman qui débute au poste d’arrière droit. Au milieu, Fellaini est préféré à Mertens, Carrasco, Origi. Parce qu’on a 2 ou 3 des plus jolis joueurs balle au pied de l’histoire du football belge, mais rien ne vaut l’impact physique, les muscles et les centimètres, hein Willy ?

Le match

-4’ Baup : « Avec son si beau jeu ». Elie n’a donc pas vu un match pour se préparer. Va falloir qu’il se mouille la nuque.

-3’ LE ROI, LA LOI, LA LIBERTÉÉÉÉÉ !

1’ Coup d’envoi pour l’Italie, qui concède directement une touche entre les deux bancs de touche après 2 secondes de jeu. C’est affligeant.

7’ Râteau de Pellè, qui se sent comme dans son jardin.

10’ Première situation intéressante pour la Belgique. Witsel envoie un long ballon dans la surface et Vertonghen, Lukaku et Fellaini combinent de la tête pour mettre Nainggolan en bonne position de frappe : Buffon détourne en corner.

15’ On récupère le ballon de plus en plus haut, mais le danger est inexistant.

17’ En conférence de presse, il a été dit que le pressing avait été travaillé. Visiblement, pas sur le premier relanceur adverse :

20’ Seul Hazard bouge, accélère et cherche un relais. La défense italienne est parfaite et le ballon est intercepté dans les pieds de Lukaku.

27’ Idée : et si au lieu d’attendre qu’Hazard crée des décalages, on créait les décalages avant pour permettre à Hazard de s’exprimer ?

29’ Pellè frappe au ras du poteau de Courtois.  C’est une de premières incursions de l’Italie, qui contrôle cette première demi-heure.

31’ Toujours aucun pressing sur le premier relanceur : Chiellini s’infiltre jusqu’à 45m des buts belges. On ne sait pas trop d’où il est parti, la réalisation ayant préféré des gros plans inutiles sur les sélectionneurs.

32’ BUT ! Sur un long ballon de Bonucci, Alderweireld est trop court. Giaccherini contrôle et bat Courtois. C’est fort joli. 0-1 au marquoir.

« J’avance mais tu recules, comment veux-tu comment veux-tu qu’on ne se fasse pas prendre dans le dos ? »

33’ Sur le ralenti, on voit que c’est plutôt Ciman qui ne suit pas l’appel de Giaccherini. Il joue le hors-jeu en montant d’un mètre alors que la défense centrale recule.

35’ Courtois sort de la lucarne une frappe de Candreva.

36’ Sur le corner, Pellè se procure une énorme occasion. Le ballon est mal repoussé, Courtois sort puis se ravise. L’attaquant de Southampton place sa tête juste à côté.

 

Mi-temps. Comme d’habitude, la Belgique a le ballon sans savoir pourquoi. Sans idée, elle ne peut même pas compter sur ses individualités, superbement maîtrisées par Bonucci, Chiellini, Barzagli, De Rossi & Co.

Le joueur belge ayant le plus touché de ballons lors de ces 45 min est Laurent Ciman. C’est doublement effrayant :

  • Il est là « par défaut », n’ayant plus été titularisé depuis novembre 2011. C’était d’ailleurs ses dernières minutes sous le maillot jusqu’à ses 35 min en Suisse début juin 2016.
  • Les latéraux ne sont que très peu utiles dans le système de Wilmots.

51’ Les premiers sifflets belges arrivent. Faut reconnaître que techniquement, c’est assez désastreux.

53’ Cette occasion… BORDEL ! Aux abords de sa surface, Ciman récupère le ballon et lance Hazard en contre. Celui-ci sert De Bruyne, qui donne à Lukaku en une touche de balle. Romelu se présente face à Buffon. Sa balle piquée frôle la lucarne. Du mauvais côté du poteau.

54’ Candreva trouve la tête de Pellè. Courtois se détend magnifiquement sur sa droite.

58’ L’Italie semble commencer à baisser d’un cran physiquement. Hazard profite d’un regain de fraîcheur pour se montrer un peu plus, mais la défense italienne l’isole toujours.

62’ Premier changement belge : Nainggolan est remplacé par Mertens, pour apporter plus de vitesse et d’improvisation.

65’ Preuve que l’écart de fraîcheur physique augmente : Chiellini est en retard pour la première fois et fait faute sur Hazard. Carton jaune.

69’ Quel match dégueulasse de De Bruyne !

70’ Hazard fait l’effort de se débarrasser de deux Italiens et trouve De Bruyne 20m plus haut, qui remet 30m derrière. Voilà voilà.

73’ Lukaku est remplacé par Origi. Bronca.

74’ Eder est à son tour averti pour tirage de vareuse après avoir été pris de vitesse par Mertens. Connard !

75’ Ciman est remplacé par Carrasco.

78’ Encore un Italien en retard : Bonucci est averti.

79’ On a donc une défense à 3 côté belge : Vertonghen-Vermaelen-Alderweireld. Pour le reste, c’est assez confus.

82’ ORIGI ! Le centre de De Bruyne est parfait. Origi, seul aux 6 mètres, place sa tête au-dessus.

84’ Contre d’Immobile. Courtois a la main ferme et détourne en corner.

90’ Nouveau centre parfait de De Bruyne. Origi oublie de toucher le ballon avec la tête, Fellaini n’a pas le temps de réaction suffisant pour frapper. Buffon récupère le ballon, un peu miraculeusement.

90’+2 BUT ! En contre, Immobile sert Candreva côté droit. Celui-ci centre pour Pellè, qui marque de volée dans le but déserté par Courtois.

 

Terminé. MATCH DE MERDE.

Tu peux aussi aller lire sur HorsJeu le point de vue italien. Dans l’autre match, Irlande et Suède se sont séparés sur un match nul.

 

Les notes :

Courtois (3/5) : quelques hésitations, un jeu long avec du déchet, deux buts encaissés. Trop peu décisif, malgré trois gros arrêts.

Vertonghen (3/5) : Sans doute le meilleur défenseur, même s’il a parfois été un peu large dans son marquage.

Vermaelen / Alderweireld (3/5) : La défense centrale a un peu bafouillé en première période.

Ciman (3-/5) : En talent brut, c’est le moins bon. Parfois laissé à l’abandon, on ne peut pas lui reprocher d’avoir été mis en difficulté, sauf sur l’ouverture du score.

Witsel (2/5) : Il a su compenser quand l’équipe était coupée en deux. Mais s’il a tenté une fois sa chance au but, ses hésitations font perdre un temps précieux.

Nainggolan (2-/5) : Il a compliqué inutilement son jeu. À peine revenu de blessure, il a laissé sa place à Mertens, brouillon mais (comme souvent) très actif.

Fellaini (2+/5) : Son jeu de tête n’a été que trop peu bénéfique aux Diables et son déchet technique n’étonne même plus. Un + pour l’absence de coup de coude dans la gueule.

Hazard (3/5) : En jambes, volontaire, intelligent dans ses choix, mais désespérément seul.

De Bruyne (1/5) : Match affreux pour De Bruyne. Il délivre toutefois les deux dernières occasions les plus franches, ce qui peut justifier sa présence 90 min sur le terrain.

Lukaku (1/5) : Moins il y a d’espaces, moins Lukaku est à l’aise. C’est tellement évident que Wilmots avait préféré aligner Depoitre contre Andorre alors que Benteke était absent (et alors encore n°1). Alors forcément, contre la défense de la Juve qui est intraitable au sol comme dans les airs, c’était mission impossible. Sans doute déstabilisé, la pression était telle, lorsqu’il se présente enfin en position favorable face à Buffon, qu’il ne cadre pas. Remplacé par Origi, qui aurait pu être deux fois décisif s’il avait un jeu de tête.

 

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Bart Van der Van Krrr, ce Bel Homme, est aussi ici et .

On a récemment accueilli Lika dans l’équipe. C’est un Liégeois mais il ne se gaufre jamais.

Jean-Marie Pfouff

3 Comments

  1. Le match de De Bruyne me rappelle les heures les plus sombres de l’histoire

    • Comme il y a 2 ans.
      C’est bien marrant cette hype, mais y’a quand même pas grand chose de valable sur le terrain.

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