La Valhalla Académie présente ses Vikings

« On réussit souvent mieux avec la queue du renard qu’avec la griffe du lion. » Surtout quand le Lion est parti aux States…

L’Histoire de la Suède pour les nuls (2000 ans d’histoire en 20 lignes…)

Les Suédois sont les commerçants du grand Nord. Au VIIIe siècle, Les Varègues (on va utiliser leur joli petit nom) étendent leur influence aux terres slaves jusqu’à Constantinople et Bagdad (on comprend mieux le bordel généralisé là-bas). Les affaires appellent les affaires. Les vikings sont alors rangés au placard et on troque Thor et Odin contre un Jésus tout neuf et tout ressuscité (Bon, avec presque mille ans de retard au compteur quand même). En 1520, Gustave Vasa sort de l’Union de Kalmar et fonde la Suède Moderne. Pour fêter l’événement, la légende prétend qu’une foule immense se serait réunie sous les fenêtres de Gustave en sortant une biscotte. Ils l’auraient brandi en hurlant à qui voulait l’entendre : « Vas y Vasa ». Après la « révolution de la biscotte », les Suédois décident de conquérir tous les territoires dont personne ne veut. Ils envahissent le Nord de la Finlande (enfin la Finlande quoi) et même un petit bout de la Norvège. Ce n’est pas compliqué, ils étaient à deux doigts d’annexer la Picardie et la Lozère.

« Allons Enfants de la biscotte, le jour de gloire est arrivé »

Au XXe siècle, les suédois optent pour la neutralité. Ils veulent bien récupérer l’or des juifs, euthanasier les handicapés, stériliser les déficients mais il est hors de question de s’engager dans tout conflit armé. Mais cette neutralité apaisée n’empêche pas le royaume d’adhérer à l’Union Européenne en 1995. Les affaires restent les affaires.

Être Viking au XXIe siècle, un combat difficile


Le Ballon Rond au pays du Père Noël

On l’oublie trop souvent mais la Suède a disputé une finale de Coupe du Monde. On ne parle pas ici d’une petite nation du ballon rond. Avec près de trois mille clubs et deux-cent-cinquante-mille licenciés, le football suédois se porte même à merveille. Mais nous sommes loin des heures glorieuses qui faisait des « Blagult » une référence, l’équipe scandinave par excellence. Dans les années 50, la Suède monte deux fois sur le podium de la Coupe du Monde à une époque où les remplacements n’existaient pas, où les ballons avaient eux aussi des lacets, où les poteaux étaient soit en fonte soit en bois. Alors, à domicile en 1958, quand les Suédois ouvrent le score contre le grand Pelé, on commence à croire à la belle histoire. Mais les Brésiliens ne tremblent pas longtemps. La sélection suédoise va retomber, petit à petit dans l’anonymat. Seul l’IFK Göteborg sortira le pays de sa léthargie dans les années 80 en remportant deux coupes de l’UEFA (autant que le football Français soit dit en passant).

Sir Ravelli veille sur les « Blagult »

La fédération entame alors un travail de formation important. Cette volonté de s’appuyer sur la jeunesse va s’avérer payante. Dans les années 90, les Tomas Brolin, Martin Dahlin et Thomas Ravelli montrent leur talent au monde entier. Tout d’abord, ils réalisent l’exploit de sortir la France et l’Angleterre d’un l’Euro 92 disputé à la maison. Ils s’inclinent, après avoir bataillé, contre des Allemands plus forts et mieux rodés. Deux ans plus tard, lors de la Coupe du Monde aux États-Unis, Thomas Brolin va une nouvelle fois éblouir les caméras du monde entier. Les « Blagult » se hissent une nouvelle fois dans le dernier carré, et si Romario n’était pas passé par là (à la 80e) ….

 

Tomas Brolin a pris du poids au sein de la fédération


La Phrase qu’il faut répéter très fort pour y croire un peu

Quand tu manques d’arguments tactiques et quand tu es privé de ta star internationale, il te reste la sorcellerie et la superstition. Alors, oui, vous les historiens en herbe abreuvés aux séries télévisuelles, vous croyez probablement connaître les us et coutumes de ces sauvages du grand nord. Et bien vous vous trompez. Non, il n’est plus d’usage en Suède de fracasser le crane de son voisin et de boire trois litres d’Aquavit afin de s’attirer la bonne fortune et la chance.

Non, il suffit de taper sur du bois très fort en criant (très fort aussi) « Peppar peppar ta i trä » (poivre, poivre et touche du bois). Oui, on sait. Ce n’est pas folichon comme superstition. Enfin, c’est rarement le cas hein. Sinon, on a pire. La mite (seule et non accompagnée) porte chance alors qu’un bouquet de Bruyères (notez bien cette information, elle peut s’avérer fort utile lors de vos vacances en Suède) est un présage de mort. Mieux vaut éviter d’en apporter si vous êtes invité.

Nous allons donc tous chercher du sapin (si possible non traité) pour cet été et réciter cette formule magique. Ça marche encore mieux sur les cercueils de belle-mère. Vous pouvez aussi innover, tenter de nouveaux trucs comme mettre du ABBA sur des vidéos de Stefan Edberg, ou prendre des bains de minuit en écoutant du bon Hard Rock des familles (vous nous connaissez, on préfère éviter les clichés).

Visiblement, le bouquet de Bruyères est mal passé


La Tactique Maison

Le 4-4-2 VIKING se décompose ainsi : Un gardien charismatique aux réflexes étonnants, quatre défenseurs solides sur l’homme, quatre milieux athlétiques et courageux et deux mecs qu’on fout devant pour recevoir les quelques ballons qui pourraient arriver…
suedeviking

Une formation solide à défaut d’être résolument offensive


L’Entraîneur

Vous ne le connaissez probablement pas. Personne ne le connaît vraiment et pourtant Janne Andersson vient de réussir à qualifier les « blagult » pour la coupe du Monde pour la première fois depuis 2006. Même s’il est nettement moins renommé que ses prédécesseurs (Comme Lars Lagerbäck ou Tommy Söderberg), il a fait preuve d’un courage sans faille, d’une volonté de tourner la page Zlatan une bonne fois pour toute. Janne Andersson défend un football collectif et solidaire, un football où l’individualité ne prend pas le pas l’équipe. Alors quand Zlatan, de toute sa modestie, se propose et s’impose presque pour disputer la coupe du Monde, peu de Suédois résistent à la tentation. Si le seigneur ou « dieu », comme il se nomme lui-même dans une humilité toute delonesque, veut revenir et bien personne osera s’y opposer.

Ça déconne sévère avec Janne

Mais voyez-vous, les temps ont changé. Janne Andersson a résisté vent debout aux critiques. Il est parvenu à vaincre une Squadra Azura qui se voyait déjà en Russie. Avant de prendre les rênes de la sélection suédoise, le technicien de 55 ans a fait triompher ses idées à Norrköping. Dans cette petite ville située entre Göteborg et Stockholm, Andersson a pu construire son équipe sans pression, sans star, sans exigence populaire mais en mettant toujours en avant le sens du collectif. En 2015, il y remporte un titre espéré depuis 1988.

Il lui fallait cette légitimité pour fermer, à double tour, la porte définitivement à Zlatan. Si nous devions tirer le bilan de « l’ère zlatanesque », nul doute qu’il serait mitigé. Lors des grandes compétitions, Zlatan a disparu des radars. A chaque fois qu’il avait l’occasion de montrer au monde son talent incontestable, à chaque fois qu’il pouvait asseoir sa suprématie supposée, il s’effondrait. Il tirait tellement le collectif, il attirait tellement la lumière que son absence semblait condamner les « Blagult » à un relatif anonymat. Et pourtant, en 2018, Janne Andersson qualifie son équipe en Russie et il mérite d’être connu.


Les joueurs à Suivre

Robin Olsen
Il ne sera jamais le successeur de Thomas Ravelli. Par ailleurs, Il ne le revendique pas. Robin Olsen, formé en suède, évolue à Copenhague. Il aurait très bien pu faire le choix de s’engager pour le Danemark. Après avoir tâtonné, Janne Andersson a choisi de conforter Robin en numéro 1. Si la Suède veut rêver, il doit réussir sa compétition.

Victor Nilsson Lindelof
Victor Nilsson Lindelöf quitte Västeras pour le Benfica B en 2012 à la surprise générale. A seize ans, il va découvrir un nouveau pays, une nouvelle culture et faire ses classes dans l’anonymat de la deuxième division portugaise. Il aurait pu se perdre au bras de belles portugaises ou noyer son chagrin en bouffant des « pastéis de bacalhau ». Mais Victor a de la volonté (et surtout un peu de chance). Après deux ans passés à briller en réserve, Lindelöf profite de la blessure de Lopez pour s’imposer en défense centrale. Il devient même un élément incontournable du Benfica où il disputera la Ligue des Champions.

Qui osera dire que Lindelöf n’a pas un superbe potentiel ?

Manchester United n’est pas insensible à son talent. Mourinho accepte de lâcher près de trente-cinq millions d’euros pour s’offrir le beau suédois. Il plaît déjà tellement au Sun qui se délecte de son histoire d’amour avec la belle Maja. Sur le terrain, il est bien seul. Sa fiancée ne lui est d’aucun secours. Peut-être aurait-elle mieux joué que lui, peut-être aurait-elle eu plus d’arguments pour convaincre Mourinho. Toujours est-il que notre Victor cire le banc au point que Manchester songe à recruter un Nord-Irlandais inconnu au bataillon pour jouer à sa place. Cette coupe du Monde est vitale. Elle offre à Lindelöf l’espoir de se relancer, l’espoir de prouver aux Mancuniens qu’ils peuvent encore compter sur lui. Surtout que sa fin de saison n’a pas été si dégueulasse que ça.

Viktor Claesson
Non, vous ne lirez pas ici des conneries sur les héritiers à Tomas Brolin, le nouveau « Martin Dalhin » ou la réincarnation « d’Henrik Larsson ». Viktor Claesson n’est ni l’héritier ni la réincarnation d’une légende vivante. Transféré à Krasnodar en Janvier 2017, Viktor a gagné sa place au point de faire parler de lui en dehors des frontières opaques du paradis de Poutine. Il jouera presque à domicile, un avantage non négligeable.

Emil Forsberg
Emil c’est la caution technique de l’équipe. Au pays, personne ne comprend réellement sa décision de quitter Malmö pour signer en deuxième division allemande. Il est l’une des premières recrues de Leipzig et de la marque de taureau ailé énergétique. Il y est devenu un élément aussi incontournable que précieux. Dans le 4-4-2 Viking, Forsberg tient une place prépondérante. S’il veut quitter Liepzig, il connaît le mode d’emploi.

John Guidetti
Les anciens joueurs de Football Manager se rappellent de lui. A vingt-six ans, John Guidetti doit enfin faire parler de lui, prouver que les recruteurs de l’époque ne s’étaient pas trompés. Et s’il échoue ? Il risque de faire partie de cette farandole de joueurs qui resteront des stars éphémères sur des « vieux computers » (Rudy Haddad et tellement d’autres ne me démentiront certainement pas).
Repéré très jeune par City, John Guidetti (d’origine Italo-brésilienne) ne va pas tarder à se faire un nom. Malheureusement John a plus confiance en ses agents que dans ses jambes. Il s’emmêle les contrats, signe avec Twente un précontrat et prolonge dans le même temps chez les Citizens. Il laissera ses agents et City se débrouiller avec cette imbroglio contractuel. En 2012, il signe finalement au Pays Bas. Il y claque même, chez les bataves de Feyenoord, la bagatelle de vingt buts en vingt-trois matchs. Sa carrière est enfin lancée. Zlatan va avoir un coéquipier de valeur à ses côtés. La Suède se prend à rêver. Il organise alors une belle fête pour son anniversaire. Il a vingt ans, l’avenir lui appartient, le monde lui tend les bras. On ne saura jamais si son estomac lui a fait payer les écarts de ses agents. Mais en fin de soirée, Guidetti se sent mal, il ne peut plus bouger sa jambe, c’est le début de la galère et une vraie intoxication alimentaire.

« Chef, on aurait une piste pour l’intoxication de Guidetti »

Alors oui, il va s’en tirer, oui il va retrouver l’usage de sa jambe. Mais plus rien ne sera comme avant. Les Citizens oublient petit à petit le petit prodige qu’ils convoitaient tant, John s’exporte au Celtic (une belle réussite) et part découvrir l’Espagne à Vigo. A vingt-six, Guidetti joue sa dernière carte.

« Putain les gars, je ne retrouve plus mon plan de carrière »


 

Le Groupe des 23

Vous avez les noms et entre parenthèses les clubs. Si vous voulez vous faire des fiches techniques, rien de plus facile. Il vous suffit de taper dans « Google Image » le nom (ou si vous êtes vraiment trop faignant, autorisez-vous un copier-coller) et d’envoyer en impression. Choisissez de préférence une impression sur votre lieu de travail ou chez un ami qui ne se doute de rien.

Gardiens

1- Robin Olsen (Copenhague, DAN)
23- Kristoffer Nordfeldt (Swansea, ANG)
12- Karl-Johan Johnsson (Guingamp, FRA)

Défenseurs

4- Andreas Granqvist (Krasnodar, RUS)
3- Victor Nilsson Lindelöf (Manchester United, ANG)
2- Mikael Lustig (Celtic, ECO)
6- Ludwig Augustinsson (Werder Brême, ALL)
18- Pontus Jansson (Leeds, ANG)
16- Emil Krafth (Bologne, ITA)
14- Filip Helander (Bologne, ITA)
5- Martin Olsson (Swansea, ANG)

Milieux

7- Sebastian Larsson (Hull City, ANG)
13- Gustav Svensson (Seattle Sounders, USA)
8- Albin Ekdal (Hambourg, ALL)
10- Emil Forsberg (Leipzig, ALL)
17- Viktor Claesson (Krasnodar, RUS)
21- Jimmy Durmaz (Toulouse, FRA)
19- Marcus Rohden (Crotone, ITA)
15- Oscar Hiljemark (Genoa, ITA)

Attaquants

Un mot sur le point faible de cette sélection. Il suffit de jeter un œil (c’est une expression, faites pas les cons avec vos yeux les gars) sur le nom des clubs pour se douter que la force des « Blagult » ne sera certainement pas l’attaque. Ce n’est pas la prestation offensive indigente contre un Danemark sérieux mais sans génie qui nous rassurera.

9- Marcus Berg (Al Ain, EAU)
11- John Guidetti (Alavés-Vigo, ESP)
22- Isaac Kiese-Thelin (Waslan Beeveren, BEL)
20- Ola Toivonen (Toulouse, FRA)


Conclusion Conclutive

Nous serons présents à vos côtés pour suivre les « Blagult » dans cette coupe du Monde. Je tenais à remercier @Nordisk pour l’aide apportée à l’écriture de cette modeste chronique (ils ne sont pas responsables de mes errements coupables). La Coupe du Monde arrive, profitez de votre temps libre pour vous perdre sur @horsjeu et prenez le temps de venir parler football sur twitter.

Eric Sonkisson

Chacun de nous porte un fou sous son manteau, mais certains le dissimulent mieux que d'autres. Envoyé Spécial chez les Vikings, voisin de Tomas Brolin et de Stefan Edberg

2 Comments

  1. Erreur sur la biscotte en photo. La wasa ne ressemble en rien à une krisprolls !

  2. Nous déclinons toutes responsabilités. C’est Lorant Deutsch qui nous a conseillé pour les images. On imagine mal qu’il se soit mal renseigné pour les lithographies que nous publions.

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