Albanie – Suisse (0-1) L’Evadé Fiscanale Académie est à l’heure.

Le coup d’envoi est donc lancé pour nous autres Helvètes, dans cet Euro qui nous voit tomber dans un groupe de pays pauvres.

Albanie, Roumanie et France, les deux premiers n’ayant pas d’argent et le dernier nous refilant le peu qu’il gagne. Si vous saviez ce que nous avons empoché pour perdre 5-2 contre vous à la dernière coupe du monde, vous ne cracheriez même plus sur les Balkany, que nous saluons chaleureusement au passage.

Trêve de salutations, nous allons nous présenter aussi rapidement que notre légendaire vélocité nous le permet : après votation, nous avons décidé d’être représentés ici par l’un de nos dirigeants, dont le succès pour développer sa carrière plus que son association n’est plus à vanter, le blanc comme neige (qu’il ne se met pas dans le nez) Sepp Déblatère. Pour accompagner son propos, il sera parfois accompagné d’un comique à l’humour bien de chez nous (enfin, de chez nous, ça dépend du canton dans lequel vous habitez), notre illustrateur vedette Zip.

Nous commençons ainsi cette compétition contre l’Albanie, un ex-pays du bloc soviétique qui n’a plus de coco que la drogue que nous leur achetons dont ils polluent nos jeunes têtes blondes. Une équipe composée de joueurs inconnus qui tueraient père et mère pour encore moins cher que d’habitude pour représenter leur sélection, autant dire que le combat s’annonce rude et que l’on n’exclut pas de rappeler pour le match nos gardes cantonnés (ahah, elle est bien bonne celle-ci) au Vatican, que nous saluons chaleureusement au passage.


Les Suisses :

C’est une équipe composée de joueurs issus d’une immigration qui fait la richesse de notre culture. Non, je déconne, ce qui fait notre richesse c’est l’argent que vous venez planquer chez nous. Notre équipe, ce sont les enfants de nos femmes de ménages et de nos éboueurs qui ont bien compris que le seul moyen pour avoir un peu de reconnaissance chez nous était de faire gagner la Nati. Quelques Suisses de souches, comme vous dites en France, permettent d’encadrer efficacement cet enthousiasme bon enfant quoique parfois naïf qui caractérise nos milieux.


Le match :

Nous avons l’agréable surprise d’être dirigés par un arbitre espagnol, un ressortissant d’un pays aussi sale et malodorant qu’est classe et distinguée sa famille royale, que nous saluons chaleureusement au passage. Nous compléterons la présentation de cette rencontre en rappelant qu’il y a deux frères, les Xhaka, sur le terrain, un dans chaque équipe. Nous autres avons pris le plus fort, parce que nous avons beaucoup de talent. Et par talent je parle de la monnaie antique grecque : si vous saviez ce que ça vaut aux enchères ces breloques, chaque pièce vaut plus que son pays d’origine.

A la peine le temps d’évoquer notre patrimoine que déjà le gardien adverse tente de gagner son titre de séjour : voulant prendre Schär d’assaut, il se troue de fort belle manière pour laisser notre teuton ouvrir la marque aussi facilement qu’on ouvre un compte numéroté à Genève. 1-0 à la 5e minute de jeu, ne venez pas nous dire que nous sommes lents après une entame pareille. D’ailleurs, demandez à nos femmes : même elles nous trouvent trop rapides.

Nous allons gérer la suite de cette mi-temps comme nous avons géré la seconde guerre mondiale, soit sans être trop emmerdés. Nous profiterons même d’une prestation comique de la part d’un saltimbanque (de manière inexplicable, j’aime ce mot) adverse qui s’est jeté sur le ballon comme sur une pièce à un feu rouge, rouge comme le carton que l’espiègle reçoit pour l’occasion pour accumulation de cartons jaune. Quitte à accumuler du jaune, il devrait le faire avec des lingots d’or, comme ceux qui dorment dans nos coffres, ça reste une valeur refuge.

Malgré cinq dernières minutes intenses, nous n’arrivons pas à breaker, à l’inverse de Roger Federer, que nous saluons chaleureusement au passage. C’est donc la mi-temps et l’équipe peut retourner au vestiaire prendre une collation sur ce score de 1-0 en notre faveur.

La collation dut être un tantinet copieuse puisque ce sont les Albanais qui tentent de nous envahir dès la reprise. Heureusement que nous allons voir de notre gardien le génie : le Sommer des grands après-midi. Il nous maintient à flot, tel le pêcheur expérimenté subissant une tempête lémanique, et ce tout au long du match. Heureusement ! Car dans l’autre surface, Seferovic a décidé de commencer les vendanges en avance, et si c’est de bonne augure pour notre divin pinard, c’est quelque peu déplaisant pour l’issue de cette rencontre.

Nous sommes d’ailleurs passés plus près de la correctionnelle sur ce match que sur n’importe quelle affaire de fraude fiscale quand, à la huitante-septième minute, notre sauveur Sommer, vil, attendit le dernier moment pour s’interposer face à un Albanais qui tentait de nous voler deux points comme les frontaliers français nous volent nos emplois. Tout est bien qui finit bien, l’adversaire est battu et la Nati est gagnante sur la plus petite des marges, ce qui n’est pas notre habitude au vue des tarifs de nos produits bancaires.

Prochain match contre la Roumanie, nous allons finir par mieux connaître les Balkans que les Balkany, nous n’aurions pas cru la chose possible. La magie du football.

Les images du match.


Les notes :

Sommer : 5/5 : Un jour, Dieu voulut créer un grand gardien, et cela donna Sommer.

Rodriguez : 4/5 : Il monte et il descend sur le terrain comme le skieur hors-piste à Verbier : avec style et vélocité. Rodri-pas-guez.

Djourou : 1/5 : Il n’a pas été très chanceux dans ses interventions, on peut dire qu’il était noir.

Schär : 5/5 : Le héros. Devant comme derrière, à nous en donner la Gaule ?

Lichsteiner : 3/5 : On attendait plus, mais c’est pas pour autant que c’est pas bon.

Xhaka : 4/5 : The pass seems impossible ? Xhaka can.

Behrami : 3/5 : Le travail de l’ombre. Typique d’un étranger dans notre belle confédération.

Mehmedi : 2/5 : Plus transparent que notre système bancaire, et ce malgré le flou qui entourait son jeu. Paradoxe.

Dzemaili : 4/5 : Une vista que nous n’avions pas connue en Suisse depuis le système d’exploitation de Bill Gates, que nous saluons chaleureusement au passage.

Shaqiri : 4/5 : Xherdan s’est amusé avec les défenseurs albanais comme un Shaqiri avec des souris.

Seferovic : 2/5 : Comme tout bon Suisse, son travail lui a offert des opportunités. Mais cet Euro se déroule en France, du coup comme tout effort français, les siens n’ont pas été récompensés.

Les neutres :

Embolo (Mehmedi, 62e) : N’a pas été la brêle annoncée par son prénom.

Frei (Dzemaili, 76e) : Ne nous a pas fait oublier Alexander.

Fernandes (Shaqiri, 87e) : Pour faire plaisir à M. Pinault, que nous saluons chaleureusement au passage.


Allez, à la revoyure.

Sepp Déblatère.

Sepp Déblatère et Zip

Evadé en Confédération Hélvétique pour fuir l'oppression fiscanale de mon pays d'origine, je me suis établi dans la campagne genevoise où je gère mon patrimoine sous couvert d'une association sportive dédiée au football. J'y ai rencontré Zip dessinateur engagé connu notamment pour des affiches au profit de l'UDC et le Partei National-Orientierter Schweiz qui l'ont rendu célèbre.

5 Comments

  1. Je découvre Sep Débatère, quel plume , quel talent !!! Vengera t-il les emplois menacés par les français ?? Vivement les prochains matchs de poule.

  2. Mon RSA ne les a pas intéressé chez UBS à Genène, ne comprends pas. Mais je pense que je finirai pas comprendre en lisant de façon assidue cette académie.

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