Roumanie – Suisse (1-1) : L’évadé fiscanale académie se neutralise.

Salut à mes compatriotes helvètes, et aussi aux autres qui n’ont pas cette chance.

Ça va le chalet ou bien ? De bleu de bleu, tout va trop vite dans ce tournoi pour nous autres et nous voilà déjà au deuxième match de cet Euro. Après avoir rencontré l’Albanie dans un match fratricide, nous voilà face à des Roumains décidés à laver l’affront de la défaite face à l’équipe handisport de France de football comme ils lavent nos pare-brises aux feux rouges : avec l’énergie du désespoir pour survivre.

Comme Bacary Sagna, j’ai une relation particulière avec les Roumains. Non pas qu’ils soient mes employés de maison comme le latéral droit de l’EDF, car je suis tatillon sur le ménage et la sauvegarde des bijoux de ma moitié. J’engage pour ma part uniquement des Philippins, ils sont malléables et productifs à souhait et leur hygiène est meilleure que nos adversaires du jour. Moi les Roumaines je les baise dans les salons érotiques que tu trouves à chaque coin de rue à Genève, elles ont de sacrés atouts et une souplesse pour mes goûts sexuels : comme feu mon ami Edouard Stern, on a un penchant pour le sale dans la finance.

Pour le reste, dans la cité de Calvin où je réside, leurs mauvaises reprises de chansons italiennes et leur mendicité agressive me dégoûtent au plus haut point. Mes joueurs à la croix, je compte sur vous pour les calmer, j’en ai marre de les voir tenter de me gratter des pièces alors que de toute manière je les jette toujours à terre : que des billets de 1000 dans ma team.


L’équipe :

Aucun changement tactique ou de joueurs au coup d’envoi de la part de Petkovic, qui aligne le même 11 que contre les Albanais. Malgré la piètre prestation de Shaqiri et de Seferovic au premier match, notre entraîneur leur accorde une chance de se rattraper.


Le match :
Nos joueurs débutent bien le match et contrôlent les débats, Seferovic manque encore cruellement de réalisme : il met une balle à côté (6e) et perd un duel face à Tatarusanu. Le jeu penche du côté de notre beau Ricardo Rodriguez et Xhaka a pris les clés du camion comme on dit chez nous, ça sent bon pour nous.

Mais comme un symbole de mauvais placement sur les marchés de métaux précieux, notre pépite Lichtsteiner tire le maillot d’un Roumain (dans nos magasins Ochsner Sport c’est souvent l’inverse) et l’arbitre russe indique le point de penalty. Le directeur de jeu entendait encore des «penaltyyyyy s’il vous plaîîîîît » lorsque Stancu s’élança pour le transformer (19e).

Alors que nos joueurs reprennent la possession du ballon et essayent de déséquilibrer les Tricolorii, c’est sur coup-franc que ces derniers échouent sur le poteau après une frappe de Sapunaru. Après quelques possessions intéressantes mais toujours stériles l’arbitre renvoie tout le monde aux vestiaires, ce qui fait moins loin que d’habitude pour les Roumains. On domine dans le jeu mais nos adversaires sont inspirés devant et se sont procurés les meilleures occasions, ce qui ne me chagrine pas trop puisque de toute façon je préfère acheter du neuf.

Le temps pour moi de vendre quelques produits structurés à un nouvel arrivage d’évadés fiscaux français, que la seconde mi-temps reprend comme la première s’était terminée : avantage territorial mais pas de révolte à proprement parler. Sapunaru ne passe pas loin de mettre un deuxième but sur corner : l’arrière-garde de Sommer ne se rend pas. Nous rentrons un deuxième noir sur la pelouse en la personne d’Embolo pour cet empaffé de Seferovic, ce qui prouve bien que nous sommes un pays au top en matière d’intégration, et pas seulement pour les dictateurs africains.

La lumière !!!! Elle vient de Mehmedi suite à un corner repris de la tête par Djourou !!!! La remise de l’ancien Gunner trouve notre Yougo naturalisé qui catapulte la balle au fond !!! C’EST GOOOOOAAAALLLLL !!!

Je me calme ce n’est pas bon de s’énerver, nous sommes tellement tièdes en Suisse qu’éprouver une émotion est très fatigant. Je me sers un cognac Napoléon de 1939 pour m’en remettre… aaahhh 1939, le début de notre richesse familiale alors que nous n’étions qu’un petit fiduciaire à l’époque. Quelle période bénie.

La fin de match sera à notre avantage mais sans pour autant trouver la faille. Nous nous contentons de ce score neutre qui nous correspond si bien et nous nous préparons à disputer la première place du groupe à la France. Deschamps a préparé sa liste mais moi aussi, j’ai sous les yeux plusieurs noms détenteurs d’une société panaméenne qui concordent avec la sienne. Tous les moyens de pression sont bons dans le sport, croyez-moi.


Les notes :

Sommer 4/5 : Il est pris sur penalty mais il a été vigilant tout le match et rassurant comme un placement dans une valeur refuge.

Lichtsteiner 2/5 : Nous attendons plus de la part du Juventino : en plus de provoquer un penalty idiot il n’a pas montré les qualités offensives qu’on lui connaît.

Shär 4/5 : Un roc en défense et un délice au chocolat sur une reprise des trente mètres qui finissaient sous la barre sans l’intervention du gardien adverse.

Djourou 4/5 : Toujours aussi emprunté et craintif en défense, mais il a été appliqué dans les moments chauds et le but vient de sa remise sur corner.

Rodriguez 3/5 : Très en vue en première mi-temps, il a abattu un travail colossal. Même si nous ne partons jamais à la guerre, je partirais avec lui en cas de conflit avec le Lichtenstein.

Berhami 3/5 : Après une première apparition décevante il monte en puissance dans l’entrejeu, un peu comme une action Eurotunnel inversée.

Xhaka 5/5 : Le néo-Gunner ratisse, distribue des galettes, déstabilise l’adversaire. C’est notre pierre angulaire, le Grand Architecte comme on dit dans ma confrérie…

Shaqiri 0/5 : Plus il vieillit plus il est Albanais à mes yeux. Encore un match insignifiant de la sorte, en deux coups de fil tu es dans ton pays d’origine. Il a autant dévalué que l’Euro face au Franc suisse.

Dzemaili 2/5 : Un match en demi-teinte tel un vulgaire métis.

Mehmedi 4/5 : Le joueur de Leverkusen a fait un match effacé jusqu’à une fulgurance qui fusille le gardien roumain. Merci mon natif de la Macédoine, je vais aller manger une pizza dans le restaurant de ton père pour célébrer ton goal.

Seferovic 0/5 : Le but c’est le grand truc avec des filets dedans. Embolo l’a remplacé avec plus de conviction, je préfère à contrecœur un deuxième Noir dans cette équipe que ce blancos ridicule devant des gardiens du tiers-monde.


Prochain match entre les frouzes et notre belle nation, déjà envahi de frontaliers de merde venus voler notre pain pourtant si dégueulasse et qui vont en plus nous chambrer en cas de victoire. On compte sur vous mes cons fédérés, ne me décevez pas.

Bise Patrimoniale.

Texte : Sepp Déblatère ; illustration : Zip.

Sepp Déblatère et Zip

Evadé en Confédération Hélvétique pour fuir l'oppression fiscanale de mon pays d'origine, je me suis établi dans la campagne genevoise où je gère mon patrimoine sous couvert d'une association sportive dédiée au football. J'y ai rencontré Zip dessinateur engagé connu notamment pour des affiches au profit de l'UDC et le Partei National-Orientierter Schweiz qui l'ont rendu célèbre.

One Comment

  1. C’est fade comme équipe, on dirait du fromage suisse.
    En France on sait pimenter le truc en marquant à la fin, en insultant mes coaches ou les journalistes, en titularisant des mecs comme Evra ou Karembeu ou faire un vrai match à handicap.
    Bref, ça sent plus le roquefort

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