Islande-Angleterre (2-1) : The Island Académie attend la France

Bienvenue dans The Island, où 23 pauvres Islandais triés parmi les 300 000 et des kopeks ont été sélectionnés pour tenter de survivre à la terrible France pendant un long mois. Dans ce deuxième épisode, les 23 Islandais ont tranquillement poursuivi leur route comme si de rien n’était. Ouais, c’est un match à élimination directe et ouais, ça a été géré comme sur des roulettes.

Après le premier tour et la série de matches nuls (avec victoire bonus pour l’amusement), c’est une nouvelle compétition qui commence. Celle où il faut gagner les matches à un moment ou à autre. En attendant les tirs au but ? De préférence, non, parce qu’on a encore jamais connu ça alors on ne va pas commencer trop tôt. Il fallait donc planter au moins un but avant et faire nos relous qui défendent comme des acharnés à quinze derrière – on est pas au rugby, mais c’est un détail.

Petit soucis : Halldorsson doit rétablir son quota baraka-boulette, comme tout gardien qui se respecte un minimum. Plutôt que d’attendre sagement la dernière minute et faire la bêtise qui coûte la qualif, il entame cash : une sortie de débilos sur le premier anglais qui vient dans la surface et hop, le penalty crétin. 1-0. On reprend le théorème de départ et on ajoute un but : on en marque deux et on défend comme des acharnés.

Le suite est donc facile : une touche longue, une déviation, un mec qui traîne et marque. Ca marche contre l’Autriche, l’Angleterre… Toutes les équipes en A. Rep a sa la banque mondiale. (Spoiler : ça marchera pas contre la France et sa note dégradée à F, si vous suivez.)

Pour le deuxième but, on va changer des longs centres sur le mec laissé libre au deuxième poteau on ne sait pas pourquoi (cf. le Portugal) ou attendre une phase arrêtée (cf. le reste des buts), et ce n’est pas encore l’heure du contre assassin. Alors quoi ? Et bien les Islandais font joujou avec la baballe au milieu des Anglais. Personne ne réagit, c’est trop facile, et Sigthorsson ne force même pas sa frappe pour que Joe Hart laisse passer. Au pire, de toute façon, il la déviait sur Bodvarsson (ou Gudmunsson ? Je n’ai pas revu les images du but). Il a bien fait d’avoir la main molle, c’était plus drôle ainsi. 2-1, le théorème de base est de retour, on s’amuse à défendre.

Avantage certain : en face, c’est nul en attaque. L’Islande se permet donc des relances plus propres qu’à l’habitude, en bonus des tacles aussi fous que relâchés. Franchement, rien à craindre, la place dans le top 8 de l’Europe c’est cadeau. Qui c’est les tocards ? Peut-être les Français à la fin de la semaine.

 

Les restes du match :

  • Avec le trouillomètre à 100 au coup d’envoi, le penalty a été presque un soulagement. La diarrhée du stress est passée, on nettoie la cuvette et le mur et on repart faire la fête. C’est comme le petit vomi au milieu de la soirée : il faut en passer par là pour faire de la place.
  • Hart, cœur à vif ?
  • HOU.
  • Avec le trouillomètre à zéro, le coup de sifflet final est passé comme papa dans maman : sans douleur, sans satisfaction outre mesure, mais la sensation du devoir accompli. Reste la période de gestation à subir.
  • Neuf menacés de suspension en cas de jaune contre la France ? Meilleure gestion de la règle de l’Euro. Le talent tactique de l’Islande est là. Sigurdsson et Gunnarsson ont pris le leur sans rien risquer.

 

Les autres :

À force d’être couvés par une Reine, pas étonnant qu’ils soient plus intéressés par les titres à mettre avec leur nom que dans leur palmarès. Sir Thorsson vous passe le bonjour.

 

Les notes :

Halldorsson (5/5) : quel sens du suspens, quel sens du timing, quelle dramaturgie. Hitchcock sucks.

Saevarsson (4/5) : Pat Evra va prendre une belle leçon d’abnégation.

Sigurdsson – celui de derrière – (5/5) : que de beau tacles, que de belles relances. T’es pas le plus beau mais t’es plus beau que le Bel Homme.

Arnason (4/5) : t’es trop fort. Faut que tu fasses des dollars, que des liasses, que des liasses, que des liasses.

Skulason (3/5) : Bacary Sagna va prendre une leçon de centres.

Gunnarsson (4/5) : i touch myself when i saw your touches.

Sigurdsson – celui du milieu de devant – (4/5) : les mecs le connaissent pour le voir toutes les semaines, et pourtant ils foutent du Delle Ali ou Wayne Rooney à ses basques. Bon bah voilà le résultat.

Bjarnason (3/5) : la revanche d’une blonde.

Gudmunsson (3/5) : attention à ne pas se transformer en Christophe Jallet contre les Bleus. Il faut trouver autre chose que ce crâne chauve au plus vite.

Bödvarsson (4/5) : toujours aussi inattendu, toujours aussi bon, comme une académie de Nando.

Sigthorsson (4/5) : qu’il est bon d’avoir un blond impassible qui aimante les ballons de la tête. Son pied est moins puissant, mais c’est pas grave.

 

Les remplaçants :

ont remplacé et on n’a pas vu la différence. Le zob vrai.

 

Résultat : on est toujours invaincus en phase finale de l’Euro et en quarts. Qui peut en dire autant ?

 

Asgils Eidur.

Asgils Eidur Monsossisson

Abandonné au milieu d'un troupeau de chevaux islandais à mes vingt ans, j'ai appris à aimer les pelouses d'intérieur, les longues chevelures blondes – uniquement chez les chevaux – et la consanguinité dans les groupes de musique. L'Editeur ce bel homme m'a donc demandé de raconter les matches de l'Islande pendant l'Euro.

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