Portugal-Islande (1-1) : The Island Académie livre ses notes

Bienvenue dans The Island, où 23 pauvres Islandais triés parmi les 300 000 et des kopeks ont été sélectionnés pour tenter de survivre à la terrible France pendant un long mois. Dans ce premier épisode, les 23 ont été confrontés à la terrible épreuve du marathon après l’ingestion de cinq francesinhas. Un calvaire terminé en longue diarrhée verbale : « gneugneugneu on est meilleurs gneugneugneu. » Taisez-vous Cricri ! Laissez parler l’Islande.

Bon, ça y est, l’Islande a débuté son Euro sur la pelouse de Saint-Etienne, sans la moindre pression, contre le Portugal. Cela devait être un match difficile, ça l’a été. Il s’agissait de défendre comme des morts de faim. Ça a été fait avec talent, hargne et courage.

Pourtant, l’Islande fait dix bonnes premières minutes. Puis c’est l’heure du bouillon : Halldorsson sort les gants pour faire patienter les Portos. Bon, faut pas trop déconner, on finit par en prendre un. Aux vestiaires, on se dit que ça pourrait être pire et qu’un match de l’Euro n’est qu’un match comme un autre : quand tu as un but de retard, il faut marquer un but avant d’en prendre un autre pour réussir à égaliser. Oui, on a aussi la passion des mathématiques en Islande.

En deuxième mi-temps, on choisit donc d’en marquer un, sur un marquage somptueux de Pepe qui pense que seul le Sig est devant. À 1-1, on peut reprendre le délire défensif en perdant trop vite le ballon. C’est de plus en plus la bouillie, Halldorsson a de plus en plus mal aux poignets, mais ça tient. C’est dommage d’avoir balancé autant pour pas grand chose, alors que les premières sorties de balle était sympathique et de bonne facture. Mais ce n’était qu’une première. À la fin du match, on s’en balek. On a un point.

 

Les restes du match :

  • Dans les bars parisiens, mes compatriotes ne s’intéressent pas franchement au match. Mais ils boivent bien, chantent parfois et crient avec succès quand il y a un but ou un coup de sifflet final.
  • L’hymne islandais était superbe, même s’il ressemblait beaucoup à Hijo de la Luna dans ce bar du Marais.
  • J’ai sursauté deux fois pendant le match : quand la Portugaise criait plus fort que la Castafiore pour rien, me rappelant les sombres gifs guingampais, et quand le Rekordmeister a commandé un Monaco.
  • Même pas de stress en deuxième mi-temps. Si c’est pour nous envoyer Quaresma que vous êtes venus à l’Euro, faut arrêter tout de suite la compet. Même Florian Gazan est au courant : c’est pas un terrain de futsal ici. Vous voulez pas de la gélatine dans vos cheveux aussi ?
  • Vivement la finale contre le Portugal, pour faire 1-1 et gagner aux tirs-au-but. Tant 2004.

 

Les autres :

Dans le duel des équipes à un joueur, Cristiano Ronaldo a l’air plus affûté que Zlatan, comme le reste de leur équipe. Quelle cause ? Quel effet ?

 

Les notes :

Haldorsson (4/5) : Dans mon cœur, c’est un clean-sheet. Dans mon slip, un peu moins.

Saevarsson (3/5) : Solide et endurant. Cricri qui ? Sauf sur un centre.

Sigurdsson – celui de derrière – (4/5) : Impec dans les duels.

Arnason (3/5) : Impec dans les duels, sauf sur le but.

Skulason (3/5) : Naninananère.

Gunnarsson (3/5) : Nul doute qu’il vendra du steak d’agneau portugais dans des pubs télé à la fin de l’Euro pour se débarrasser de toute la viande récupérée sur ce match. Huuuuum, Gunnarsson.

Sigurdsson – celui du milieu de devant – (2/5) : Tu loupes l’occasion du match après dix minutes, celle qui devait faire paniquer les autres branleurs et les faire éjaculer dans leurs mères. Ce sera pour les mamans hongroises.

Bjarnason (4/5) : Le Pavel Nedved islandais. C’est pour quand le Ballon d’Or ? Ou au moins la chevelure d’or ? Ou à la rigueur le ballonnet de Reykjavik ? Parce que Bjarnason la met toujours au fond.

Gudmunsson (2/5) : Il s’est réservé pour aujourd’hui contre la Hongrie.

Bodvarsson (2/5) : Pas vu, perdu là-bas dans la moitié de terrain portugaise.

Sigthorsson (3/5) : Pas grand chose à faire, mais il a couru vite il paraît. Bon, c’était probablement après le ballon sans réussir à l’avoir, comme 95 % du temps, mais c’est déjà un bon signe.

 

Les remplaçants :

Finnbo pour prendre un jaune et Bjarnason pour prendre son temps. On se serait cru sur le Petit Port, mais c’était bien Saint-Etienne. La géographie européenne n’est pas le fort islandais.

 

Résultat : on est invaincus en phase finale de l’Euro. Qui peut en dire autant putain ?

Asgils Eidur Monsossisson

Abandonné au milieu d'un troupeau de chevaux islandais à mes vingt ans, j'ai appris à aimer les pelouses d'intérieur, les longues chevelures blondes – uniquement chez les chevaux – et la consanguinité dans les groupes de musique. L'Editeur ce bel homme m'a donc demandé de raconter les matches de l'Islande pendant l'Euro.

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