Angleterre – Brésil (0-0) : la Three Lions Academy livre ses notes

Salut les gueux ! Bienvenue sur l’académie de l’équipe nationale d’Angleterre ! Avant de vous parler du match amical contre le Brésil, je vous propose une introduction sur les Three Lions.

Tiens saviez-vous qu’il n’y a jamais eu de roi Arthur dans l’histoire de l’Angleterre (hormis Alexandre Astier) ? Non ? Pour votre prochain dîner mondain ou votre prochaine pinte à votre bar local, lisez ce qui suit. Au 13e siècle, Jean Sans Terre a fait tuer ou a assassiné (y a débat) de ses mains son neveu et héritier du Trône, Arthur de Bretagne. On parle du même mec, Jean donc, qui a réussi à perdre les joyaux de la couronne dans des sables mouvants. Le rapport avec l’équipe nationale ? Ben c’est le même niveau.
Nous nous sommes qualifiés directement pour le prochain Mondial dans au mieux un anonymat poli et plus généralement en s’en badigeonnant les couilles du pinceau de l’indifférence. Je vous explique : l’Anglais amateur de foot aime son équipe nationale. Mais il en a marre de regarder du match tout pourri et de voir le soi-disant favori se planter lamentablement à chaque Coupe du Monde / Europe.

Plusieurs raisons à cela :
– l’absence de fonds de jeu ou d’identité. Depuis que le « kick & rush » a été jeté aux orties (et encore que …), les différents sélectionneurs se contentent de mettre les meilleurs (ou supposés) joueurs ensemble et serrent les fesses très fort pour que ça fasse des buts. Il y a eu l’époque “je mise tout sur Michael Owen” (cf. Coupe du Monde 98), l’épisode “essayons d’obtenir une faute pour que Beckham colle un coup-franc”, puis “essayons de faire jouer Lampard & Gerrard ensemble”, l’époque “mettons des joueurs de couloir rapides sans technique” (coucou Théo Walcott). Aujourd’hui ça ressemble plus ou moins à “faire une passe à Kane proche du but adverse et prier qu’il mette un but”. J’exagère peut-être un tantinet mais comparé à d’autres nations qui ont une vraie identité de jeu (Espagne, Brésil, Allemagne …), on ressemble vraiment à l’équipe de France version DD. Ce n’est pas un compliment.
– l’absence de spectacle. En général, les amateurs de foot préfèrent voir des buts. C’est mieux. C’est aussi le but (sans mauvais jeu de mot) de ce sport. En Angleterre on n’a que des victoires “à la Baup” depuis un sacré temps. On fanfaronne de toujours se qualifier une main dans le slip pour les évènements … Mais on doit vraiment avoir le cul bordé de nouilles pour tomber sur des groupes « sans gros ». La dernière grande équipe qu’on a eu dans une poule qualificative c’est la Suisse. Et puis on vend toujours les 8 ou 10 victoires en 10 matches. Mais on parle ici de la moche victoire contre une équipe d’intermittents du spectacle – en général d’Europe de l’Est, sur un but sur corner ou douze contres dans la surface. Regarder un match de l’Angleterre, c’est devenu une purge.
– “Premier League”. Je ne fais pas l’éternel couplet sur le nombre de joueurs étrangers qui nuisent au développement des jeunes joueurs anglais. D’autres l’ont fait mieux que moi et je vous invite à lire l’excellent articles des Cahiers du Football sur l’implosion de la Premier League.
– Absence de managers : Suffit de regarder les entraineurs du Big Five (Portugais, Allemand, Français, Italien et Argentin). Question : Quel est le dernier manager anglais à avoir remporté la Premier League (Ferguson étant Ecossais, ça ne compte pas). Howard Wilkinson, avec Leeds, saison 1991 – 1992. 25 ans putain. On n’a pas un seul mec au niveau depuis 25 ans.

Une certaine idée de la classe

Un petit mot sur Gareth Southgate. Remplaçant d’abord temporaire de Big Sam (…), il est devenu sélectionneur attitré depuis. Il convoque des jeunes joueurs en n’oubliant certains anciens (Defoe par exemple). Bon, il a le mérite d’essayer différentes formations. Et je le trouve classe. Surtout depuis qu’il ne reprend pas Alex O-C dans l’équipe.
– J’ai franchement l’impression que les joueurs ne sont pas prêts à vendre leur mère pour porter le maillot aux Trois Lions. D’une part, on leur colle une putain de pression. Un peu comme en France avec Zidane (coucou Kamel Meriem), dès qu’un milieu claque un bon match, il est le nouveau “Scholes / Lampard / Gerrard”. On a des équipes jeunes ultra prometteuses mais comme le dirait L’Equipe (attention ce lien envoie vraiment vers le site de L’Equipe), ça n’implique pas de réussir à l’échelon supérieur.
Ouais on n’a pas gagné un trophée depuis 1966 mais est-ce que c’est nécessaire de mettre autant de pression ? L’expression FEC (Future England Captain) pour désigner un jeune promoteur se transforme en “craptain” pour expliquer ce qu’il devient par la suite. Et puis les mecs n’ont vraiment pas envie de se bouger le cul pour l’équipe nationale. Quand tu vois que les joueurs de Tottenham (Kane surtout) ont joué blessés contre le Real mais sont forfaits pour les Trois Lions … Tu as l’impression qu’ils chient sur la sélection. Bordel, on joue contre l’Allemagne et le Brésil, ça vaut au moins le Real.
-Absence d’exposition : l’ensemble de la sélection joue au Royaume-Uni. Dans les 20+ joueurs sélectionnés, on n’a aucun clampin qui joue à l’étranger. A part Joe Hart et sa pige d’un an au Torino, je n’ai pas le souvenir d’un autre joueur sélectionné en équipe nationale et jouant à l’étranger depuis … Beckham au Los Angeles Galaxy ? J’espère vraiment me tromper, merci de me corriger. S’il vous plaît.

 

La composition

On retrouve le même 3-5-2 qui avait lutté contre l’Allemagne. Joe Hart reprends sa place dans les buts, Gomez remplace P. Jones blessé contre l’Allemagne. Walker et Bertrand reprennent la place de piston et Rashford remplace Abraham devant. Dans l’idée, ça donne ça :

 

Le match :

Contrairement au match précédent, celui-ci part sur un bon rythme. Les deux équipes essayent de jouer vite vers l’avant avec plus ou moins de bonheur, et mettent une bonne pression à la récupération. On note la jambe que Vardy oublie de replier pour gentiment caresser celle d’Alves.

Et on s’y connaît en impunité …

Après cinq bonnes minutes, les Brésiliens prennent le dessus et c’est parti pour une attaque-défense qui va durer tout le match. A partir de là, ça va devenir pénible à regarder, jusqu’au bout.

Le Brésil a tenté pendant toute la première mi-temps de trouver une solution face à la défense anglaise. On a souvent été onze à défendre, avec une ligne de trois défenseurs centraux et deux latéraux dans une belle ligne de cinq. Les trois milieux suivent les mouvements et les deux attaquants pressent. Sans inspiration (quelques tirs lointains non cadrés), les Brésiliens se sont montrés incapables de leurs habituels changements de rythme. Il n’y a jamais réellement eu une grosse pression sur le but de Hart hormis quelques tirs (toujours non cadrés) de Neymar.

Architecte de l’équipe … mais oui.

Côté relance, on s’est souvent montrés incapables d’aligner plus de trois passes de suites. Comme contre l’Allemagne, ça a souvent balancé des parpaings vers Vardy ou Rashford. D’autant plus que Loftus-Cheek blessé, est remplacé par Lingard.

Les quelques dernières minutes voient la pression brésilienne se relâcher. On arrive à faire plus de passes et même à s’approcher un peu du but d’Allison.

Mi-temps : Encore 45 min ?! Franchement c’est un peu plus dynamique comparé au match contre l’Allemagne mais ça reste une belle purge !

Pendant que j’y pense, Brésil – Angleterre me fait penser à cet attentat de Ronaldinho sur Seaman.

Et pourtant j’aime ce gardien moustachu qui a quasiment inventé le jeu au pied pour les gardiens. Voilà pour l’intermède vidéo de la mi-temps.

Ça repart sur ce rythme bizarre : les Brésiliens essayant de bouger le bloc et les Anglais attendent le contre sans le provoquer. Le jeu est un peu haché, il y a plus d’engagement et de faute. Livermore sèche Neymar et prend son jaune. C’est bien. Alves prend son jaune pour avoir séché Bertand. C’est bien.

Les Trois Lions poursuivent leur gestion défensive : hors-jeu maîtrisés et jeu « sans ballon » pour les deux milieux. On sent le Brésil sans inspiration et qui commence à être un peu énervé. Du coup, ils relâchent un peu la pression de nouveau ce qui nous permet de sortir. Certains joueurs (devinez qui …) cherchent la faute et essayent de provoquer une réaction disproportionnée.

Je ne vois qu’un gros câlin …

Ou pas, car leur plus grosse occasion arrive dans ce moment de relâchement : poteau sur un tir lointain de Fernandinho. 76e minute de jeu. On a attendu 76 minutes pour frissonner (et pas du bon côté). D’ailleurs : coup-franc de Dier, à un mètre du poteau droit. C’est notre plus belle occasion.

Le match s’emballe côté jaune, on sent la fatigue côté anglais. Incursion dans notre surface, superbe tacle de Young qui venait d’entrer pour contrer. Arrêt du torse de Hart dans un angle fermé suite à combinaison brésilienne, arrêt vilipendé par les commentateurs, mais efficace et voulu (inclinaison du torse vers la ligne de sortie de but).

La dernière occasion sera néanmoins pour nous, avec une bonne déviation de la tête pour Solanke, annihilée par une sortie éclair dans les pieds d’Allison.

Fin du match : Gareth l’a dit lui-même. Les joueurs ont eu peur de jouer. On n’a fait que défendre mais on l’a vraiment bien fait. Il n’y pas eu de situation très chaude sur les buts. La défense à trois avec deux latéraux semble la meilleure solution. Pas de buts encaissés contre l’Allemagne et le Brésil.

Les notes :

Hart (4/5) : Impeccable sur l’ensemble du match, +1 pour l’arrêt du torse. -1 pour le jeu au pied qui est vraiment mauvais. Surtout quand il est filmé de dos et qu’on le voit incliner la tête pour suivre la trajectoire de la balle.

Gomez (4/5) : Première titularisation, il a fait de Gabriel J. sa petite chose. A revoir.

Stones (3/5) : Moins flamboyant que son collègue mais tout aussi efficace.

Maguire (3/5) : Des montées sur les coups-francs salopées par des fautes évitables.

Bertrand (4/5) : Je m’attendais à le voir souffrir la comparaison avec Trippier. Il a été très bon défensivement et a apporté offensivement quand il nous a été possible de sortir. Remplacé par Young (non noté) : Auteur d’un contre magistral sur une possibilité de tir dans notre surface, auteur du centre qui amène la non-occasion de Solanke. N’a pas dit son dernier mot.

Walker (3/5) : Pas aussi bon que son homologue de gauche, mais vicieux et roublard comme il le faut.

Livermore & Dier (3/5) : Difficile de dissocier ces deux-là. Ils n’ont pas été mangés par les milieux d’en face, mais n’ont pas été étincelants non plus. Gros jeu et excellents déplacements sans ballon pour diminuer les possibilités du Brésil à signaler. Peu efficace dans la relance. Livermore a été remplacé par Rose (non noté) : il a grossi ou ce sont les tresses ?

Loftus-Cheek (2/5) : Positionné comme un faux numéro dix, en soutien des attaquants, il a eu du mal à trouver sa place. Mais il a un nom rigolo. Blessé au dos, il a été remplacé par Lingard (2/5) : beaucoup d’envie et de course à son entrée, invisible en seconde période.

Rashford (3/5) : Il a utilisé ses qualités : vitesse de course et d’exécution. A eu une grosse occasion mais n’a pas su se retourner pour frapper. Sevré de ballons malheureusement. Remplacé par Abraham (non noté) : me paraît encore tendre pour être dans le groupe.

Vardy (3/5) : Il court, fait des appels et montre une grosse activité. Doit être chiant à tenir. Par contre ça doit être chiant de marquer avec deux péniches à la place des pieds. Remplacé par Solanke (non noté) : il a essayé d’exister dans ce match. On ne peut rien lui reprocher sur la sortie « flash » d’Allison dans ces pieds.

On se retrouve l’année prochaine pour les matchs amicaux contre les Pays-Bas et l’Italie !

Ken SingTown

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