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Communiqué de David Fernandez

Vendredi 24 mai 2013

 

La critique fait partie du jeu surtout quand les résultats ne sont pas là, le football est un sport merveilleux, un jeu. Le côté médiatique du football fait que ses acteurs sont souvent soumis à cette critique par moment acerbe et injustifiée car oui on peut critiquer les résultats, la façon de jouer, d’être sur un terrain mais quand on commence à atteindre l’homme c’est une autre histoire.

Ce que je vais dire ici n’engage que moi et avec le plus d’objectivité possible, j’aimerais reprendre un article que j’ai lu ce matin et qui pour moi a dépassé les limites du tolérable. Beaucoup vont dire « Il défend son père » oui surement mais je ne fais que reprendre des chiffres et des faits facilement vérifiables.

Dans cet article d’une demi-page intitulé « La peur du lendemain » et avec une photo de banderole qui en dit long sur l’intonation de l’article « MERCI FERNANDEZ D’ETRE PARTI », le journaliste commence par écrire « La parenthèse Fernandez, prédateur de nombreux clubs (voir les lendemains d’Auxerre, Metz et Sochaux…). » Je vais donc me permettre de faire un peu d’histoire pour rafraîchir la mémoire de certains qui éludent certains faits, je suis sûr, par inadvertance.

Dans l’ordre chronologique, je vais donc commencer par le FCSM (Sochaux) où mon père a pris la succession de Philippe Anziani un soir de septembre à Cannes en 1999 alors que le FCSM se trouvait la 11ème place en 2ème division. Résultat cette année-là, le FCSM finit 4ème à un petit point de la montée en 1ère division après une 2ème partie de saison de très bonne facture.

L’année suivante 2000/2001, le FCSM grâce à de nombreux bons joueurs (Meriem, Frau, Santos, Pagis, Pedretti) réalisent une saison magnifique avec une 1ère place synonyme de monter et de titre. Je tiens à préciser que quand il est arrivé au club, on lui a dit que Frau avait les pieds carrés, Pedretti était au centre et il est allé chercher Santos et Pagis pour un soi-disant incompétent c’est quand même pas mal. S’en suit une saison en Ligue 1 avec une belle 8ème place en championnat et la 6ème attaque de Ligue 1 pour un entraîneur réputé défensif c’est un comble.

Parlons de ces fameux lendemains que le journaliste a mentionné et notamment de celui du FCSM qui lors des 3 championnats suivant obtient deux 5ème place et une 10ème place sans oublier une victoire en Coupe de la Ligue ! Pour un prédateur de club soi-disant cela reste quand même du travail bâclé.

En 2002/2003 direction le FC Metz suite à un désaccord sur la durée du contrat avec le président sochalien et malgré mon ressenti de l’époque, je dois admettre qu’il a eu de bons résultats par la suite. Le nouveau challenge a relevé est difficile, remonté un club traumatisé par une descente directement en ligue 1. La saison a été longue et je me souviens d’un match à Reims avec un but de Borbiconi qui a servi de déclic et qui a permis lors d’un dernier match contre Gueugnon (4-0) une accession directe en Ligue 1. Match que je n’oublierai jamais, pas plus que le président exceptionnel qu’était Carlo Molinari.

Les saisons suivantes avec le FC Metz vont être très compliquées avec peu de moyens et l’objectif du maintien atteint à chaque fois même si c’était dans la douleur avec l’émergence de Ribéry que mon père est allé dénicher à Brest. Lors de sa 3ème saison messine, des contacts avec son club de cœur l’OM se noue. L’OM se trouve alors dans une situation assez précaire avec si mes souvenirs sont bons 12 matches sans victoire à domicile. Le lendemain du FC Metz serait assez compliqué mais l’équipe était déjà sur la tangente depuis 2 saisons avec un effectif très limité et quasiment pas de moyen pour recruter et quand on n’a pas les joueurs c’est toujours très compliqué. Mais comment peut-on attribuer la descente à quelqu’un qui n’est plus là ?? Facile et j’ai toujours eu de très bon retour de son passage messin par les supporters donc le terme de prédateur ne sied toujours pas dans ce cas de figure là.

Malgré un transfert difficile, il débarque sur la canebière à l’orée de la saison 2005/2006. Les débuts sont très difficiles avec une 20ème place au bout à la 5ème journée du championnat ! Certains entraineurs se montraient déjà en tribune pour le remplacer. Le fait est qu’il fallait entièrement reconstruire ce groupe qui restait sur une fin de saison précédente catastrophique. Je n’ai pas été souvent dans son bureau dans sa carrière, cela doit se compter sur les doigts d’une main car ce n’est pas ma place mais j’ai été une fois à Marseille et je l’entends encore me dire, j’ai 2 choix, si je mets lui dans ce système je suis mort et si je mets lui dans ce système je suis mort aussi et je peux pas jouer dans un autre système d’où la complexité de la situation. Malgré tout il s’est accroché, malgré la pression inhérente au club marseillais, résultat une 5èmeplace en fin d’exercice à 2 points de la Ligue des Champions et une finale de Coupe de France que j’ai encore en travers de la gorge 7 ans après. Je précise que l’entraîneur défensif a encore la 6ème attaque de Ligue 1 comme quoi quand on a les joueurs pour c’est quand même plus simple.

Malgré tout, cette saison est réussie n’en déplaise à certains, ils quittent l’OM pour des raisons qui lui sont propres en rompant son contrat d’un commun accord avec le président de l’époque Pape Diouf. J’en reviens toujours à cette fameuse formule des lendemains des clubs de Jean Fernandez, qui soit dit en passant n’a pas été mentionné dans l’article que je conteste ici. Lors des saisons suivantes le déclin de l’OM à cause du prédateur se fait sentir avec deux 2èmes places, une 3ème place pour finir par un titre de champion avec une Coupe de la Ligue. Encore une fois, c’est du travail de prédateur bâclé, quelle déception !!

Le chapitre de l’OM est clos et nous en arrivons aux années auxerroises, quoique l’on puisse dire c’est tout sauf un échec car passer après Guy Roux et les bons résultats de Jacques Santini, ce n’est pas chose simple. Avec de moins en moins de moyen, l’AJA finit dans la 1ère moitié du classement 4 années sur 5 et à une 15ème place en 2007/2008 due surtout à des départs importants (Cheyrou, Sagna, Kaboul). Pour le reste, c’est une 8ème place en 2006/2007, une 8ème place en 2008/2009, une 3ème place en 2009/2010 avec au final une 9ème place en 2010/2011.

Certains me disent, oui mais on passe une partie de la saison entre la 15ème et la 20ème place. Je répondrais que seul le résultat compte et que moi entre la 15ème et la 20ème place et finir 5 ou 6ème selon la situation et l’effectif, ça me va.

Ce qu’on a vécu avec l’AJA est inoubliable que ce soit avec un président extraordinaire Monsieur HAMEL (sans oublier Monsieur Dujon !) ou la Ligue des Champions. Oui, la Ligue des Champions car beaucoup ont dit que c’est un coup de chance mais finir 3ème d’un championnat c’est tout sauf un coup de chance et en plus l’équipe a été loin d’être ridicule face à Milan, Madrid et l’AJAX. En 2007/2008 alors que l’AJA 18ème était mal en point, le président Hamel rentre dans le bureau de mon père et lui dit : « Coach, vous êtes bien ici ?? » Mon père : « Oui président ». Hamel : « Ok, ben on prolonge alors » et c’était réglé. Ça, c’est une marque de confiance exceptionnelle et ce n’est que comme ça qu’un club peut fonctionner, dans les bons comme dans les mauvais moments il faut être solidaire !

Vous savez tout peut aller très vite en football dans un sens comme dans l’autre mais il faut toujours garder la tête froide, le respect de l’autre et l’honnêteté.

Le lendemain auxerrois a été plus difficile mais mon père avait laissé un groupe largement capable de finir autour de la 10ème place et des finances positives. D’ailleurs l’équipe était 10ème au soir de la 10ème journée, ce n’est quand même pas de sa faute si ensuite le groupe s’est effondré et que le coach en place n’a malheureusement pas pu trouver les solutions. C’est trop facile et surtout mensonger de lui imputer cette relégation.

S’il est parti d’Auxerre, c’est parce qu’il pensait que 5 ans dans un club était déjà beaucoup et que le groupe avait besoin d’un autre message et lui, je pense, d’avoir un nouveau défi.

Je ne vais pas m’attarder sur ses 18 mois à Nancy, oui c’est un échec et il l’a dit plusieurs fois, oui il a sa part de responsabilités et il l’a dit également. Il ne se réjouit pas de la descente en Ligue 2 de l’ASNL bien au contraire jusqu’au bout il m’a dit, j’espère qu’ils vont s’en sortir pour les joueurs, pour les gens proches du club. Il faut qu’on arrête de le faire passer pour un lâche et un malhonnête car c’est faux. L’échec est sportif pour lui, sur le plan humain, il a subi, il a reçu des coups sans rentrer dans les détails car ce n’est pas à moins de le faire mais une chose est sure après un échec on rebondit plus fort.

Mais je m’éloigne de la raison initiale de ce papier en commençant à verser dans le sentimentalisme. L’article que je conteste ici m’a profondément choqué car on y explique « Qu’il invite à réfléchir courageusement sur ce système mafieux qui verra, l’an prochain, le futur apôtre (fils d’apôtre, ce n’est pas beau ça !) de la Mosson continuer à arpenter la Ligue 1 pendant que ses victimes galèreront dans les souterrains. »

Incroyable, j’en ai entendu des choses dans ma vie mais système mafieux jamais. Donc à en croire cette article, Sochaux, Metz, Auxerre et pour finir Nancy, tous ces clubs ont pris part à un système mafieux élaboré par Don FERNANDEZ, je m’en vais acheter le costume à rayure de ce pas.

Je ne sais pas si je dois en rire ou en pleurer, en rire certainement car c’est tellement absurde. Je n’ose croire que quelqu’un puisse penser ça, que la nature humaine permette d’imaginer une telle absurdité.

Le football change, les hommes changent mais l’amour d’un football, l’amour d’un jeu doivent perdurer. Le football est une échappatoire à la dureté de la vie et lire de telles choses amènent une haine qui ne devraient pas exister ici.

Je suis persuadé que mon père réussira à Montpellier car il est dans un club pour lui, que toutes les composantes du club sont avec lui et que Louis Nicollin respire le football et la passion. Je suis heureux pour lui, il va pouvoir retrouver la joie de faire un métier difficile mais exceptionnel.

J’ai essayé de rester le plus objectif possible, de ne pas trop être maladroit et d’éviter de verser dans le sentimentalisme mais ce que j’ai lu ce matin, je pensais ne jamais le lire dans ma vie car mon père ne le mérite pas ; Pas une telle méchanceté.

Vivement cette nouvelle saison en Ligue 1,

David FERNANDEZ

 
Vos commentaires (vous pouvez créer votre gravatar en cliquant ici)
  • Jean-Pierre Pétain dit :

    Je comprends tout à fait la rage d’un fils quand son père est sali par la presse nauséabonde.

  • mika gowab dit :

    jean fernandez est un mec honnête

  • Robi Leproux dit :

    C’est un condensé de « proses du jour » pour le comité ?

  • Bobby Mälm dit :

    C’est qui son daron? Luis Fernandez? Je s’rais vénère moi aussi.

    La bise à ta maman mon p’tit david.

  • MLDB dit :

    Merci pour cet article: j’ai toujours trouvé que J.Fernandez etait un bon entraineur et un mec honnete. Je voulais tout de meme relever un peu de mauvaise foi dans cette analyse:

    « Mais comment peut-on attribuer la descente à quelqu’un qui n’est plus là ?? » (pour son passage a Metz)

    « ce n’est quand même pas de sa faute si ensuite le groupe s’est effondré (…) C’est trop facile et surtout mensonger de lui imputer cette relégation. (a Auxerre)

    S’il n’est pas responsable des mauvais resultats apres son depart, on ne peut pas lui attribuer les bons non plus (de l’OM)

  • sebiseb dit :

    Bonjour en l’occurrence, la presse est parfois faignante, elle reprend la posture du président de Nancy. Je ne sais pas ce qu’il s’est passé au départ de Monsieur Fernandez, mais l’ayant rencontré, je me rappellerai toujours de la lumière de ses yeux et de la passion qu’il a pour ce jeu de football. Les petites anecdotes sur le zizou adolescent, ses années cannoise et cetera…Alors je pense que le président Rousselot a tort de vouloir porter la totalité de la descente sur les épaules de Jean Fernandez. Il a sa part de responsabilité mais pas plus que le président. C’est triste pour de nombreux salariés du club, il y aura un plan social…Mais c’est le sport, il y a trois descentes, trois montées. A nantes, Monaco et Guingamp on est joyeux. A Brest et Nancy on pleure. Metz remonte en Ligue 2 et ça c’est bien, non? Avec un entraîneur qui s’était fait virer méchamment il y a quelques années…c’est la vie quoi, le foot c’est la vie, elle est parfois injuste, la vie, non?

  • BDLM dit :

    Pourquoi ne pas parler du revolver dans la bouche de Jean Fernandez à Marseille ?

    Pourquoi ne pas parler de ses pleurs lorsqu’il va faire nul avec Auxerre à Marseille « L’OM méritait la victoire, je suis désolé »

    Jean Fernandez aux commandes , c’est 0 points sur 6 assuré contre Marseille.

  • tuz'ram dit :

    je connais pas cette anecdote du « revolver dans la bouche de Fernandez à Marseille » mais elle parait truculente…

    sinon, le président de Nancy qui vend ses meilleurs joueurs au mercato d’hiver ne prévoyait il pas déjà de descendre en L2 ?

    je dis responsabilités partagées, après la proportion on s’en fout,
    c’est surtout triste pour Nancy, mais plutôt joyeux pour les rétines des téléspectateurs qui n’ont que trop subi le maillot de l’ASNL

  • l'amour du fist dit :

    je cite : »Louis Nicollin respire le football et la passion »

    non, monsieur je m’offusque la !! on parle de mon pere la !!! je ne laisserai jamais dire ca…et pourquoi pas la guimauve et le miel pendant qu’on y est.
    Je vais t’envoyer un manouche te rende visite, je suis trop vénère…
    Mon pere respire ces pets et ces 4 choucroutes quotidiennes, point.ok ??
    L.N

  • Roland Gromerdier dit :

    C’est quoi ce communiqué ? Ça sort d’où ?

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