Costa Rica – Angleterre (0-0) : La Ticos Académie livre ses grecs en attendant les boules

Après les émotions fortes des deux premiers matches, nous pouvions nous autoriser quelque relâchement face à des Anglais n’ayant guère plus que l’honneur à sauver. Pas trop néanmoins, les enjeux du match étant :

1°) de récolter un point pour assurer la première place du groupe et éviter la redoutable Colombie en 1/8;

2°) de maintenir notre bonne dynamique en termes d’engagement et d’efficacité collective, en vue du match suivant :

3°) de tout de même garder un œil gourmand sur l’Italie-Uruguay simultané, fatal au perdant, en vertu de l’adage bien connu selon lequel le plaisir d’être à l’aise ne vaut rien sans celui de voir les autres en chier autour de soi.

 

La composition

(en gras, les modifications par rapport aux deux premières rencontres ; ligne par ligne, les joueurs sont énoncés de gauche à droite)

Sérénité dans les buts : Keylor Navas

Assurance en défense centrale : Miller, González et Duarte

Bouchage de couloirs : Díaz et Gamboa.

Maîtrise au milieu du milieu : Borges (Barrantes, 78e), Tejeda.

Technique au milieu un peu plus devant : Brenes (Bolaños, 59e), Ruiz.

Activité devant-mais-un-peu-partout-en-fait: Campbell (Ureña, 65e).

 

Ce n’est pas clair ? Pensez à un 3-4-3 en phase offensive et dans le pressing d’après-perte de balle, et à un 5-4-1 en phase de défense contre les attaques placées.

Ce n’est toujours pas clair ? Je ne ferai pas de schéma Paint, mais je peux vous passer une photo de boules si vous voulez.

 Boules en 3-4-3 (détail)

 

 

L’avis préliminaire d’Eduardo

« Grèce – Costa Rica en 1/8e de coupe du monde ? Tu es certaine que c’est bien du football au moins, cette affiche de merde ? »

Ah ah, Eduardo, sais-tu que je t’aime, malgré ces accès d’imbécillité qui trahissent de temps à autre tes origines indigènes ? Récapitulons : désigné comme victime expiatoire dans ce qu’il convenait d’appeler le « groupe de la mort » le Costa Rica vient, pour employer un terme technique, de mettre leur race à l’Uruguay, l’Italie et l’Angleterre, détenteurs à eux trois de sept coupes du monde (dont certes deux incluses de force dans le pack « chemise noire » et une accordée par la « Elisabeth Line Technology », mais n’ergotons pas). Mais nous sommes une faible équipe, donc, si j’en crois ton analyse.

Le Costa Rica, ci-devant deuxième de son groupe de qualification en zone Concacaf, ladite zone envoyant très probablement trois de ses quatre représentants en huitièmes de finale (voire quatre si le Honduras se décide à détruire les filets et non plus les joueurs adverses). Mais l’Amérique du Nord et centrale ne valent donc rien en soccer, selon ton analyse.

Quant au jeu prétendument ennuyeux et défensif des Grecs, je ne reviendrai pas dessus, il y a un académisroussos pour cela.

Quoi qu’il en soit mon cher Eduardo, je te prierai de reconnaître l’aveuglement que te procure ton infériorité civilisationnelle et mélanique : si tu rapportes la qualité du jeu au potentiel individuel, le Costa Rica, c’est le Brésil. Enfin, non, justement, mais tu m’auras compris.

 

Le match

Après, chers lecteurs, ne sombrons pas non plus dans le snobisme : contre l’Angleterre, il faut bien reconnaître que l’on s’est un peu fait chier par moments, si vous me pardonnez le terme. Le Costa Rica a tenté quelques mouvements, jusqu’à se procurer la meilleure occasion de la rencontre sur un coup-franc de Borges détourné sur la barre par Foster.

Sans se départir de son style (jeu regroupé, pressing soutenu relativement haut, polyvalence des latéraux), le Costa Rica a logiquement montré un peu moins d’engagement et de concentration que lors des deux premières rencontres. Dès lors, certaines limites individuelles sont apparues plus nettement, même si nous avons pu tant bien que mal contenir des offensives anglaises parfois menaçantes, mais inconstantes.

Quelques beaux mouvements dans les deux camps, un esprit relativement correct, et surtout aucune suspension ni blessure de notre côté : c’est confiants mais concentrés que nous pouvons aborder la seconde phase, non sans avoir au préalable aidé Gerrard et Lampard à remplir leurs papiers de retraite (après Pirlo et Buffon, nous disposons en effet d’une petite expérience en la matière).

Boule ‘n’ Roses

Les notes

K. Navas (5 boules) : Une sortie à haute teneur testiculaire devant Sturridge, et le quota de sauvetages habituel.

R. Miller (2 boules) : Aïe. Un peu moins bien qu’Umaña, qui lui-même occupe le côté faible de notre défense à trois. De même que j’en avertissais Eduardo à propos de ma hanche gauche : si ça doit craquer, c’est de ce côté.

G. González (3 boules) : Des interventions efficaces, gâchées par quelques erreurs de placement. Il s’est trouvé dans sa défense comme dans les toilettes d’un bateau : quand ça tangue, il a du mal à la tenir tout seul.

ó. Duarte (4 boules) : A la différence de son acolyte, il n’a pas souvent hésité, à l’image de son sauvetage de bourrin énergique mais on ne peut plus régulier devant Sturridge.

J. Díaz (3 boules) : Le Costa Rica étant venu prendre un point, il n’a pas eu à se montrer très offensif et s’est contenté de couvrir avec sérieux.

C. Gamboa (3 boules) : Dans la mesure où l’Angleterre attaquait un peu plus de son côté, il davantage coulissé sur son aile pendant le match que la main de Christian Jeanpierre sur son membre pendant un Téléfoot spécial Drogba.

C. Borges (4 boules) : Même s’il a connu un creux en milieu de rencontre, il s’est montré précieux à la récupération et au lancement des actions. Une troisième victoire aurait incité nos futurs adversaires à se méfier, aussi a-t-il pris soin d’expédier son coup-franc sur la transversale. Notre match nul tout en sobriété nous permet ainsi de continuer à avancer masqué (© « la surprise de la compétition »).

Y. Tejeda (3 boules) : Un très bon début, gâché par des imprécisions inhabituelles dans le placement et les passes. On se reconcentre contre la Grèce et tout se passera bien.

Randall Brenes (3 boules) : Un nom à se faire péter les bras par Steven Seagal, de la bonne volonté, de la présence offensive, mais un peu trop de horsjeu.net et de mauvais choix à mon goût.

B. Ruiz (4 boules) : Non, mais à part ça, le Costa Rica, c’est défensif et pas technique, hein.

« Le Costa Rica, ils garent l’autocar devant le but et attendent que ça passe. »

 

« Le Costa Rica, c’est bien pour les vacances, mais en football ça ne vaut rien.« 

 

J. Campbell (4 boules) : Guère d’efficacité offensive, mais ce n’était pas le sujet. Il court partout, il dézone le plus souvent à bon escient, il obtient des coups-francs. Donc, ce soir encore, un « oui » rauque et humide de ma part pour Joel.

 

Les remplaçants : Ca vous intéresse vraiment ?

Rumboule in the jungle

La suite

Nous voilà donc revenus au stade jusqu’ici le plus élevé de notre histoire footballistique, 24 ans après avoir été battus par la Tchecoslovaquie (avec les suites que l’on connaît pour ce pays, sans vouloir porter malheur aux Hellènes).

Sur le papier, l’opposition paraît bien plus abordable que celle qui nous fut attribuée pour la première phase. Néanmoins, le Costa Rica devra pour l’emporter lever certaines interrogations :

– Sommes-nous en capacité à assumer la pression mentale d’un match forcément historique (mais les Grecs sont dans la même situation) ?

– Saurons-nous maintenir notre fraîcheur physique et mentale (mais ici encore, désavantage aux Européens, encore éliminés à 30 secondes de la fin du dernier match) ?

– Saurons-nous nous adapter à la posture du favori, non seulement d’un point de vue mental mais aussi dans notre jeu ? Nous qui avons jusqu’ici laissé le soin aux équipes plus prestigieuses de s’empêtrer dans notre bloc milieu-défense avant de les contrer, nous allons être confrontés à des joueurs qui ne sont pas les derniers des manches à ce jeu-là.

 

Pourrait-on dès lors prévoir que le vainqueur sera celui qui aura su « ajouter de l’audace à la rigueur » ? Voici en tout cas ce que je ne cesse de répéter à mes étudiants en boulologie, du moins aux naïfs qui continuent à croire qu’un travail appliqué les dispensera de me faire claquer le porte-jarretelles s’ils veulent obtenir la mention.

Bises Kimberly

Bises mes coquins,

Kimberly Gutiérrez Yigüirro

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

4 Comments

  1. Je connais pas le Costa Rica mais au niveau football et même si je les ai jamais vu jouer ils vont se faire éclater l’anus ! P. M. Spécialiste football en France d’après ses amis du comptoir médiatique…. Bravo Kim je te soutien

  2. Et puis au final, est ce que c’est si bien d’y partir en vacances?

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