Japon – Honduras (6-0) : L’Académie du Soleil levant livre ses notes

Bonjour à tous,

Et oui je suis vivant en fait, vous m’en voyez le premier étonné mais ravi,

Il m’a fallu quatre mois pour m’extirper de la jungle amazonienne et trouver un lieu sûr et néanmoins civilisé. Coup de chance dans mon périple, j’ai eu le plaisir de découvrir que j’étais doté d’une assez bonne vision nocturne (entre 4h15 et 7h47 notamment). Je suis également désormais capable de recharger les batteries de ces longues pirogues qui parcourent le fleuve et qui ont conduit Sir Peter Blake vers la mort quelques années plus tôt. Mes nouvelles capacités m’ont permites de remonter l’Ucayali sans encombre et d’atteindre Pucallpa ça problème. Ça fait juste un peu mal quand je pisse et ces longs mois de solitudes font aussi que j’ai un peu de souci à m’exrpimer.

Une fois en ville, j’ai délaissé le modernisme clinquant des tripodes motorisés de la Plaza de Armas pour me réfugier dans une petite cevicheria de la place du 9 de Octubre. J’espère que le poisson y est à peu près frais. A voir la tête de hareng saumâtre du patron on peut se douter que non. Bon en même temps il fait cyber-café, c’est pratique.

Le Pérou étant doté sur sa côte d’une belle colonie japonaise, j’ai cru envisageable de trouver dans cette ville amazonienne authentique (les rues sont en terre battue, les politiciens corrompus et les journalistes morts en sursis) au moins une personne intéressée par la coupe Kirin, qui récompense tous les ans l’équipe la plus valeureuse de la coupe Kirin. Et bien figurez vous que pas du tout. Tout le monde s’en cogne. J’ai donc dû imaginer une nouvelle fois le match dans ma tête pour vous le décrire. Par miracle un bref coup d’œil sur un exemplaire d’El Comercio (le journal national de droite, je suppose que celui de gauche s’appelle El Popolo po popo popolo) de la veille m’a permis de constater que je n’avais pas perdu toutes mes capacités de prémonition.

Mais laissons place aux faits, lesquels feront place à l’analyse.

Après une Coupe du monde valeureuse dans ma tête mais désastreuse dans celle de 100 % des japonais, Alberto Zaccheroni a été prié de prendre ses cliques et ses tongs pour s’en aller dénaturer d’autres footballs autochtones et néanmoins exotiques.

Place à Javier Aguirre, ce Javier Aguirre pas le plus Kohler des deux mais je ne réussirai pas à faire un jeu de mot avec ça alors à quoi bon et ma connexion Internet commence à me coûter cher je n’ai pas le temps de faire mieux.

Résumons les choses. Javier Aguirre nous fait ce que font tous les sélectionneurs à la reprise d’une équipe en perdition honnie pony mauvais : expiation, expulsion des coupables, nouvelle défaite, nouvelles défaites, défaite, tôle, hachis parmentier, rappel des anciens.

Ce match contre le Honduras était donc celui du retour de l’exil pour nombres de joueurs, mais voilà qui n’avait rien d’un cadeau puisque ce Honduras est tout bonnement le même que celui qui avait tenu tête aux plus grandes nations lors de la dernière Coupe du Monde (ou alors je confonds avec le Costa-Rica). Mais voyez plutôt la composition (je remercie au passage Padls qui m’a dit qu’il n’avait pas le temps mais qu’on ne verrait pas la différence ; grâce lui en soit rendue)

L’arrière-garde hondurienne – des bêtes sauvages

defenseurs

et bien sûr les redoutables attaquants (n’ont-ils pas des têtes de tueurs?)

attaquants

Inutile de préciser que tactiquement ça jouait plus le kazoo de Fort Alamo que la Samba brésilienne avec une tactique ultra défensive :

hondurastactique

Côté japonais, Javier Aguirre comptait passer la seconde et démarrer sur les chapeuax de roue dans un stade Toyota fumant. On commence par la tactique, qui tient toujours la route :

japontactique

et on enchaîne avec les vieux routiers rappelés pour faire le métier (à l’heure où j’écris je ne vois pas les dessins qui sont directement ajoutés par Padls en post-production : je les découvrirai en même temps que vous petits veinards) Là c’est la défense (on retrouve de vieux amis) :

japondefense

Et pour l’attaque spécial love :

japonattaque

Inutile de vous dire que l’audace tactique et le conservatisme compositionnel d’Aguirre ont fonctionné à merveille face à une équipe du Honduras totalement larguée et absolument pas au niveau alors qu’elle avait eu tout le temps de faire une sieste dans le bus qui l’amenait de l’aéroport de Tokyo au stade Toyota.

Imaginez un peu.

Non : imaginez un peu plus.

Non sérieusement, faites un effort, merde.

Il fallut moins de 9 minutes à Yoshida – défenseur en pleine bourre d’un Southampton en délire – pour ouvrir le score avant que le Japon ne bisse contre le vent par Honda sous les sifflets du stade, chose logique mais malheureuse. Puis Endo-mon-petit-frère-tu-auras-Laurent-Blanc aggravait le score juste avant la pause. La seconde mi-temps ne laissa pas le Honduras souffler avec deux buts incroyables d’Inui et une réalisation de Toyoda qui fit lever tout le state.

Bref, un résultat sans appel porteur d’espoir pour tout un peuple et qui porta le Japon en finale où il tapa l’Australie 2 à 1 devenant par là même vainqueur de la coupe Kirin et favori nataf de la prochaine Coupe d’Asie des Nations.

japhondurasflag

Ganbatte Japan !

Voilà c’est tout, je vous laisse avec des amis

http://www.nippon-ganbare.com/

Hitoshi

Luke Seafer

Fils de Satan, fils du metal, fils de la haine, fils de Cobra.

7 Comments

  1. Si quelqu’un pouvait m’envoyer quelques dollars je suis un poil en rade là bas…

  2. Mr Hitoshi, il y a ici un monsieur qui souhaiterait vous parler. Je lui dis quoi ?

  3. Sinon c’est vrai que ça marche pas mal cette histoire de Ghost. L’académie du soleil levant vient de tripler son nombre moyen de commentaires

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