Juventus – Parme (2-0) : La Bianconero Académie livre ses impressions, à défaut de notes.

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Lucca DI Lammermoor

michelpanini

Tous les soirs sans fins,

Je traine un vieux désarroi,

Dans mon gilet de chagrin,

Loin de la dolce vita.

 

Tragédie : œuvre dramatique, représentant des personnages hors du commun (votre serviteur, Michel Panini) en proie à un destin exceptionnel (non, ce n’est pas écrire sur Horsjeu.net) mais malheureux (sous-entendu : connaitre la ville de Lucca en Toscane, et devoir la quitter).

 

La meilleure thérapie, c’est l’écriture. Alors exorcisons ensemble ces semaines oniriques.

Après huit heures d’autoroute – vous connaissez un trajet aussi court vers le paradis ? – nous y sommes. La ville est bordée par des remparts dont les Lucquois fêteront les 500 ans en 2013, aménagés en jardin public aujourd’hui, sur lequel ces habitants peuvent marcher ou faire leur jogging à l’ombre d’arbres plantés au XIXe siècle. De l’extérieur, les briques rouges des remparts donnent une impression de froideur médiévale à la ville, sensation qui s’estompe immédiatement après avoir franchi cette dernière. Dans la cité, les véhicules sont interdits, la ville se parcourt à pieds, ou à vélo lorsque l’on est un bobo parisien ou l’archétype de la famille Décathlon (plutôt habitués à l’Ile de Ré).

D’ailleurs les français sont beaucoup trop nombreux dans cette ville, avec leurs discussions plus stériles qu’un japonais servies par une intonation d’anesthésiste à faire passer Paul Le Guen pour un mec dynamique. Ces gens-là gâchent la véritable symphonie que recèle ce pays : écouter, parler fort et d’un accent chantant les jeunes Lucquoises, la mélodie du bonheur. Surnommée la ville aux cent églises, même si une bonne partie a été détruite, offre tant d’endroits majestueux que je vais devoir faire court.

La Piazza Napoleone (car en substance, il a refilé Lucca à sa sœur Elisa Baciocchi) dans laquelle la plantation des arbres sous une forme rectangulaire répond à un immense palais, lieu géo-stratégique pour profiter d’un banc ombragé et gérer d’un œil vigilant mais désintéressé – évidemment – le flux d’arrivées et de départs des jeunes Lucquoises. La via Filungo, longue d’au moins 500 mètres, est la rue la plus célèbre de la ville. Truffée de petites boutiques très spécialisées, abordables, typiques propres à l’économie italienne (composée de nombreuses petites entreprises familiales). On est donc loin de l’atmosphère pesante et artificielle des centres commerciaux déshumanisés et uniformisés dont la France s’est dotée depuis plusieurs décennies. Mauvais patriote que je suis. A ce titre, j’habite dans le département ayant la plus forte concentration de centres commerciaux.Et vous le voyez, ma condition d’homo oeconomicus chère à Laurent Joffrin me réjouit pleinement n’est-ce pas ?

Je reprends : allée inévitable pour faire les boutiques, les vitrines ou lever les yeux pour les façades qui surplombent les négoces. Mais surtout pour faire admirer son bronzage grâce au port du mini-short, véritable institution à Lucca, ou entretenir l’art de la « passeggiata » – la promenade du soir – que ce soit sur les remparts ou dans la ville. Du futile, de l’apparence, du superficiel, mais sauvé par une richesse historique et culturelle. Mon idéal.

Le fait d’arpenter la ville conduit à plusieurs rituels : déguster quelques crostini quand se présente l’heure de l’apéritif – tranches de pain grillé garnies de tomate, jambon, fromage ou autre – avec un Martini, et pour cinq euros (si on est seul), l’occasion d’économiser un repas, de se surprendre à savourer l’extrême perfection de la simplicité, et encore et toujours activer le radar-scanner à 360°. Noter que ce schéma s’applique également à la consommation des meilleurs coupes de glace du monde ou d’une part de pizza.Cette capacité à mettre de la magie et de la beauté dans les choses les plus simples est ce qui rend à la fois l’Italie fascinante, et qui permet de tenir même pour ceux dont le quotidien n’a rien d’enthousiasmant.

Dernier sujet, mais pas le moindre : les Lucquoises. Il suffit de quelques minutes pour s’en rendre compte, la ville possède une population féminine anormalement élevée. Des gamines de 12 ans déjà trop féminisées pour des enfants, aux jeunes filles, le constat est le suivant : la promenade du soir n’est pas qu’une occasion de flâner dans les rues, cela en devient un besoin obsessionnel. A chaque changement de ruelle, votre regard tombe amoureux, votre rétine imprime inexorablement ces jambes fines et sans aucune imperfection, si ce n’est leur perfection (quel poésie de CM2, mais ne m’en veuillez, l’exercice ressemble furieusement à une rédaction de vacance en cette période de rentrée scolaire) que seul un minishort préserve de l’indécence, de ce bronzage si uniforme et délicieusement doré, de ce choix entre des brunes typiques, ou bien celles aux reflets châtains et aux yeux clairs (avec le bronzage, l’alchimie est surréaliste d’alchimie mystique), il ne reste plus que deux solutions : vous suicider en rentrant en France, ou trouver un moyen d’y rester définitivement. Pour le moment, je prospecte la deuxième option, même si j’ai toujours un stock de lame de rasoir au cas où.

Ainsi je conclurai en abordant mon coup de cœur – quelle vilaine expression quand on y pense, on se croirait dans un prospectus de la Fnac dans lequel un vendeur hypothétique, qui est en fait un pubard parisien, vante les mérites du dernier torchon de Marc Lévy – ma fracture oculaire de ces deux semaines : la serveuse du Queen’s, une pizzeria trattoria de la via Cenami, qui a fait voler en éclats tout ce que je pensais connaitre sur mon idéal féminin. Alors quand, en outre, le restaurant est situé à quelques mètres de banc en pierre adossé aux murs d’une libraire ouverte jusqu’au début de la nuit, vous comprendrez aisément combien de temps j’ai pu passer dans une posture contemplative.

 

Le match

J’ai grandement salopé la notation, mais le match n’était pas passionnant. Première mi-temps caca, deuxième bien meilleure. Quelques discussions arbitrales, le penalty n’aurait pas dû être accordé car position de hors-jeu, et les images du coup-franc de Pirlo ne permettent pas de se prononcer quant à sa validité. Vous savez que je me contrefous de l’arbitrage, je ne bosse pas à Canal. Ah tiens, d’ailleurs je suis suivi sur twitter par Cyril Linette que j’avais renommé Cyril Dinette dans un tweet, mais visiblement, il doit apprécier l’humour. Tant mieux, quand on dirige des programmes aussi vides, il vaut mieux en rire après tout.

PS : je n’avais pas envie de mettre de note. Et elle n’est pas drôle. Désolé.

 

Storari : rassurant, ce qui est déjà une victoire. Déterminant lorsque la Juve était sous pression.

Lichtsteiner : comme la saison dernière, il ouvre le score lors du premier match de la saison (même si l’an dernier, la Serie A avait débuté par la deuxième journée pour cause de grève). Carlo n’en voulait pas, ça tombe bien, la Juve n’était pas vendeuse.

Bonucci : décalé axe droit dans la défense trois, il a perdu plusieurs ballons sur des montées assez inhabituelles. Dans cette position, il peut vite être dépassé par son adversaire direct. Le retour de Chiellini devrait arranger sa situation.

Marrone : placé libéro, le jeune milieu de terrain de formation, pourrait être une des révélations de la saison (surtout depuis la blessure de Lucio) et profiter de cette reconversion pour gagner du temps de jeu.

Barzagli : axe gauche, correct. J’ai rarement quelque chose à déplorer chez lui.

Asamoah : celui dont le prénom signifie « lundi » en ghanéen, car il est de coutume d’attribuer le prénom en fonction du jour de la semaine de la naissance de l’enfant, s’impose déjà comme un investissement réussi. Reconverti latéral gauche, il fait preuve de puissance dans les uns contre uns, ne commet aucune erreur derrière, tout en étant l’un des joueurs les plus intéressant offensivement. Passeur décisif pour le latéral opposé.

Vidal : à l’image de l’équipe. Décevant en première période durant laquelle il manqua un penalty. Plus en vue, et une meilleure maitrise technique ensuite. Une qualité de passe toujours agréable.

Pirlo : arbore une barbe épaisse fausse-virilité-travaillée qui lui confère une certaine côte dans les milieux ambigus. De fait, on ne saura jamais si son coup franc à ras de terre à réellement franchi la ligne de but, pour l’arbitre c’est oui. Nous avons un amateur de quenelle. Je ne cautionne pas cette évaluation, d’une vulgarité pathétique.

Marchisio : capitaine de soirée, on ne l’a pas vu pour ramener ses potes bourrés lorsqu’ils étaient en difficultés en première mi-temps. En seconde période, il a profité de la maitrise collective, pour faire le kakou avec son frein à main. Il faut se responsabiliser.

Giovinco : soutenu par le public, je prends le risque de me prononcer très tôt mais je pense que son retour sera un échec. Il ne répond pas présent lorsque l’adversaire impose un défi physique comme face à Naples en Super Coupe d’Italie, il effectue trop de touches de balle comme Diego avec lequel il a joué en 2009-2010, et techniquement, ce qui résulte d’un mental friable, il ne fait même pas la différence par ses dribbles.

Vucinic : poussé dehors par la Roma il y a un peu plus d’un an, à l’agonie sportivement, il est aujourd’hui le joueur indiscutable en attaque. Plus mature, et plus complet, du match contre Naples, en passant par le trophée Berlusconi, ainsi que contre Parme, il a soit été décisif, soit à l’origine des meilleurs actions. En attendant de savoir qui l’accompagnera définitivement en attaque : Llorente ? Matri ? Giovinco ?

 

Michel Panini

9 réflexions sur “Juventus – Parme (2-0) : La Bianconero Académie livre ses impressions, à défaut de notes.

  1. Marchisio est toujours le meilleur 8 de toute l’entièreté de la planète football du monde ?

  2. Passe de latéral pour but de latéral Michel: ça veut dire la branlée ;)

    Rassures toi, tu donnes envie pour *Lucca 2013*

  3. Hugog : Non, c’est Wilshere. Replace dans le contexte : joueur qui réalise une première partie de saison excellente avec 7 buts. Titulaire dans une équipe d’Italie qui atteindra la finale de l’Euro. Réponse (exagérée) à sa sous-médiatisation. Mais depuis plusieurs mois, Vidal est meilleur. T’es content ?

    Abdel : Retour imminent pour Isla.

  4. Ca fait plaisir de te retrouver michel, et au passage je suis complètement d’accord avec toi pour Giovinco. J’ai beau essayer, je n’arrive pas à comprendre..

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