L’Académie en faillite note Allemagne-Grèce (4-2)

Après ce duel, entre nations principales de l’Eglise Orthodoxe, remporté par la Grèce face à la Russie, nos amis Grecs se préparèrent tranquillement pour les quarts de finales. Le lendemain, la nouvelle tombe, l’Europe est en émoi ! La Grèce jouera l’Allemagne, David contre Goliath, l’opprimé contre l’oppresseur, la pauvreté face à la richesse, les plages de Crète contre les plages de la Mer du Nord, etc…

Le surlendemain, la droite libérale (Nouvelle-Démocratie) remporte les élections législatives avec 29,5% des voix. En deuxième place se trouve Syriza, mouvement formé par des déçus du Parti Communiste Grec (à côté de qui Hugo Chavez passerait presque pour un néo-libéral), qui recueille 27,1% des suffrages. Loin derrière, le PASOK (Parti Socialiste) culmine à 10%. Grâce à la loi, la victoire de Nouvelle-Démocratie est totale, en effet le parti qui arrive en tête se voit attribuer une prime de 50 députés. Du coup, derrière ce score étriqué la droite libéral et le centre-gauche peuvent former un gouvernement, sous la houlette d’Antonios Samaras. Un gouvernement salué par l’Allemagne et son Ministre des Affaires Etrangères, tout soulagé de la défaite du poil à gratter Syriza. Mais la société grecque est plus divisée que jamais, son seul motif de réconciliation (à l’heure actuelle) étant le football et son équipe nationale.

Comme face à la Russie, les municipalités sortent les écrans géants, la population arrive en masse, prête à fêter un exploit retentissant. La feuille de route est simple, tenir, tenir et exploiter la moindre petite faille, le moindre petit faux pas des Allemands, pour espérer encore.

 

Le match :

La bataille s’annonce épique et comme dans chaque grande histoire l’un des héros meurt avant la fin. Ce héros c’est Karagounis, injustement privé de ce match par une hasardeuse décision arbitrale. Ce vendredi, il aurait pu fêter sa 121ème sélection et ainsi battre le record de Theodoros Zagorakis, le capitaine emblématique de 2004.

Privé de Karagounis, Fernando Santos doit tenter un coup de poker. On retrouve Sifakis dans les cages, avec devant lui Torosidis, Papastathopoulos, Papadopoulos et Tzavellas. Au milieu donc, Katsouranis sera le capitaine et entouré de Makos et Maniatis. Enfin, Ninis sur l’aile droite, Salpingidis en pointe et Samaras sur son côté gauche.

L’hymne grec retentit, sifflé par les supporters allemands, mais hurlé à plein poumon par les 2500 supporters grecs présent ce soir. L’hymne allemand arrive, accompagné par 95% d’un stade acquis à sa cause. Angela Merkel est là, son apparition sur les écrans n’est pas du goût des supporters restés à Athènes, qui l’accueillent en criant des propos rappelant les sombres années allemandes et en montrant les paumes avec les doigts écartés, synonyme de « Va crever salle chouette » en langage des signes grec.

 

4′ : Khedira frappe de 25 mètres, Sifakis démarre mal son match et relâche le ballon, Klose déboule avec Schürrle et pousse le ballon au fond. But refusé, pour hors-jeu.net. Par contre, Sifakis a pris un pied dans la gueule et se fait soigner.

7′: Khedira prend une nouvelle fois sa chance, mais ça part dans les nuages.

8′: Maniatis trouve Samaras qui redonne à Makos qui tente une frappe. Malheureusement pour le joueur de l’AEK Athènes, c’est bien trop mou.

15′: Samaras se prend un carton jaune pour une petite faute sur Schweinsteiger.

16′: centre de Boateng, Khedira est à la lutte avec Torosidis et s’écroule. L’arbitre ne bronche pas et il a raison. Quel fumier ce Khedira quand même.

Etonnant, quand les supporters Grecs chantent, les supporters allemands les sifflent. Soudain, geste magnifique, les supporters Grecs sortent une poupée gonflable à l’effigie de Merkel. On notera l’intervention d’un photographe probablement allemand.

24′: Reus montre en une action qu’il a plus de talent que Ben Arfa, Menez et Nasri réunis. Il trouve Klose dans la surface, qui lui remet, puis décale Özil qui tire sur Sifakis.

25′: Reus centre fort devant les cages de Sifakis, Klose rôde, mais il est un peu trop court.

27′: coup de tatane de Katsouranis, Salpingidis court comme un malade, car la défense est à la rue, mais Neuer veille et dégage en touche.

32′: Ninis frappe des 25 mètres et inquiète un peu Neuer.

36′: Özil passe à Khedira qui frappe comme une brute, mais Sifakis sort la parade.

39′: Lahm délivre l’Allemagne et Merkel lève ses bras de …. (je tends mes paumes avec les doigts écartés). Lahm qui marque comme un grand, frappe du droit et trouve la lucarne gauche de Sifakis. Le gardien était mal placé et la frappe était flottante.

45′: mi-temps.

La Grèce ne voit pas le jour. Ninis est ridicule et Tzavellas souffre. Du coup Santos les fait sortir et fait rentrer Gekas et Fotakis (milieu). Alors, Maniatis passe arrière droit, Torosidis arrière-gauche, Fotakis arrive au milieu, Salpingidis est décalé sur l’aile droite et Gekas prend place dans l’axe.

55′: Salpingidis dépose Lahm puis centre devant le but de Neuer, arrive Samaras qui passe devant Boateng et trompe Neuer ! 1/1 le match est relancé ! Et donc Samaras qui inscrit son 8ème but en 58 sélections.

61′: centre de Boateng et Khedira revient d’entre les morts pour placer une volée qui trompe Sifakis. 2/1, le rêve n’aura pas duré longtemps.

63′: Gekas est en bonne position pour frapper, mais son tir s’envole dans les nuages. L’UEFA, soupçonne le Grec d’avoir tenté d’assassiner Merkel.

67′: Müller remplace Schürrle.

68′: faute inutile de Sokratis près du poteau de corner. Özil tire le coup-franc et trouve la tête de Klose qui marque son 64ème but en sélection. À noter la sortie grégorinienne de Sifakis. 3/1 pour les Boches.

72′: dernier changement pour la Grèce et séquence émotion avec l’entrée de Lyberopoulos (il prendra sa retraite internationale après le match) qui remplace Makos, auteur d’un match honnête.

74′: Klose se présente face à Sifakis et le portier remporte son duel, malheureusement Reus a suivi et balance une volée de malade sous la barre. 4/1, emballé c’est pesé.

76′: Papastathopoulos prend un jaune pour une faute sur Özil.

80′: Klose sort et Gomez rentre. Sinon première apparition dans cet Euro de Götze qui rentre à la place de Reus.

83′: Fotakis tente le tout pour le tout et tape de loin. Neuer doit s’y prendre à deux fois pour capter le cuir.

88′: Fotakis centre dans la surface allemande, mais Boateng dévie le ballon de la main. Penalty et Salpingidis s’avance. Il prend Neuer à contre-pied et inscrit son 9ème but en 58 sélections.

93′: fin du match.

 

Verdict : une élimination avec les honneurs, face à des Allemands perfectibles en défense, mais diablement dangereux en attaque.

Mais le plus important est ailleurs, cette équipe grecque est sortie avec le respect de tous les vrais amoureux du foot. Cette équipe n’a pas de talent individuel, elle n’est bonne que quand elle est réunie. Les citoyens Grecs devraient s’en inspirer.

 

Les notes :

Michalis Sifakis 1/5: coupable sur deux des quatre buts allemands, il n’a jamais été rassurant. Pourtant, CJP a dit « Pour le moment il fait un match parfait ». C’était avant le premier but et Zeus sait pourtant qu’il avait déjà chié dans la colle avant.

Vasilis Torosidis 2/5: il a essayé de relancer au début. Puis finalement il a abdiqué. Replacé sur le côté gauche, il a tenté de boucher les trous.

Sokratis Papastathopoulos 2/5: comme pour Torosidis il a essayé de retarder l’échéance.

Kyriakos Papadopoulos 2/5: comme pour Sokratis.

Giorgos Tzavellas 2/5: il fût le seul à partir vers l’avant. Mais il a aussi laissé beaucoup de trous derrière lui. Remplacé par Giorgos Fotakis.

Giannis Maniatis 2/5: il a eu énormément de mal dans les transmissions. Replacé en arrière-droit après la pause, il a été un peu moins mauvais.

Kostas Katsouranis 3/5: le vétéran et capitaine a tout essayé. C’est lui qui remontait les quelques ballons dangereux pour l’Allemagne. Malheureusement ça n’a pas suffit.

Grigoris Makos 2/5: le barbu devait remplacer Karagounis, vaste tâche. Il a fait du mieux qu’il pouvait et la Grèce le remercie pour ça. Remplacé par Nikos Lyberopoulos.

Sotiris Ninis 0/5: le diamant est encore à l’état brut. On se demande même s’il a été sorti de la mine. On savait qu’il ne défendait pas, on savait moins qu’il attaquait mal. Remplacé par Theofanis Gekas.

Dimitris Salpingidis 4/5: en première mi-temps ses courses étaient vaines, du fait du manque de soutien et de la présence de Bad Ninis. Replacé sur l’aile droite à la mi-temps, il a fait une passe décisive, effectué un travail défensif appréciable et marqué son deuxième but de la compétition. Il a réussi son Euro.

Giorgos Samaras 4/5: le joueur symbole de cette équipe. Il s’est battu sur tous les ballons, jouant autant arrière gauche qu’avant-centre, un peu comme Benzema vous me direz, sauf que Samaras a de l’honneur et des valeurs. Pas comme l’autre. Il a marqué son but et quitte l’Euro la tête haute.

 

Giorgos Fotakis 3/5: prenant la place de Maniatis au milieu, on peut dire qu’on a vu la différence. À tenté une belle frappe.

Theofanis Gekas 3/5: à la place du fantomatique Ninis, Theofanis a pesé sur la défense allemande. Sans contrat, il devrait trouver un nouvel employeur assez facilement.

Nikos Lyberopoulos 2/5: 36 ans et toutes ses dents. Il n’a pas réussi changer le cours du match, mais bon. Le monsieur prend sa retraite internationale, en même temps que Kostas Chalkias.

 

Epilogue :

 

Au lendemain de la défaite, les journaux grecs insistaient sur le courage des joueurs de la sélection.

S’il fallait faire un rapprochement historique, on pourrait éventuellement parler de la bataille de Missolonghi. Cette bataille fait partie des multiples oppositions entre Grecs et Ottomans lors de la Guerre d’Indépendance dans les années 1820. Les Grecs y ont affronté quatre sièges entre 1822 et 1826. Au final, les Turcs et leurs alliés prennent la ville et les derniers Grecs se font exploser avec la poudrière qu’ils contrôlaient. Le poète Byron y trouva la mort et cette bataille reste comme un des symboles du renouveau grec. Quatre après, les Grecs reprenaient la ville et devenaient indépendants la même année.

Espérons que cette défaite aux allures de victoire soit le Missolonghi du XXIème siècle.

Personnellement je me suis beaucoup amusé à vous relater les aventures du Bateau Pirate lors de cet Euro et vu qu’Otto ne veut pas mourir, je vous donne rendez-vous le 7 septembre prochain, pour un déplacement en Lettonie.

 

Efharisto poli,

Anthio,

 

Otto Dantagueule.

Otto est un type fair-play et vous propose de découvrir les notes allemandes de Ballack Obama.

Le comité

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