L’Académie en faillite note Grèce-Russie (1-0)

Après un match nul (contre la Pologne) et une défaite (contre la République Tchèque), la Grèce se retrouve dernière de son groupe. Otto commence à desespérer et sacrifie une chèvre en pleine rue, afin de réclamer la bénédiction des Dieux de l’Olympe. Car, désormais, c’est la Russie qui se dresse face aux Hellènes. Une Russie présentée comme outsider pour la victoire finale, qui selon les médias, ne va faire qu’une bouchée des pauvres Grecs. Pourtant, à côté de ça, Santos le sélectionneur garde le moral et annonce clairement les choses « Ce soir c’est nous qui allons fêter la victoire. » et même Otto commence à prendre espoir. L’espoir est aussi présent en Grèce, les principales municipalités ayant prévu des retransmissions sur écrans géant. À la veille d’un scrutin décisif pour l’avenir du pays et qui risque bien de diviser les Grecs à jamais, ce match sonne comme l’un des derniers grands moments d’union nationale. </p><p> Il est 20h quand la composition grecque tombe, le temps de la découvrir et Otto sent que les Dieux ont entendus son appel. Chalkias, pourtant remis de sa petite blessure, n’est plus titulaire. Son remplaçant Sifakis, le meilleur des trois portiers sélectionnés, est enfin titulaire. Devant on retrouve de droite à gauche, Torosidis, Papastathopoulos (qui revient de suspension), Papadopoulos et Tzavellas (qui remplace Holebas). Au milieu, trois joueurs comme d’habitude, Karagounis, Katsouranis et Maniatis. Enfin, devant c’est du classique avec Salpingidis à droite, Gekas dans l’axe et Samaras à gauche.

 

La compo grecque donc :

Sifakis-Torosidis, Papastathopoulos, Papadopoulos, Tzavellas-Katsouranis, Karagounis, Maniatis-Salpingidis, Gekas, Samaras.

 

La compo russe :

Malafeev-Anyukov, Ignashevich, Berezutski, Zhirkov-Denisov, Shirokov, Glushakov-Arshavin, Dzagoev, Kerzhakov.

 

Le match :

2′: Sifakis montre qu’il est le boss et vient chercher un ballon dans les pieds d’Arshavin.

3′: Salpingidis se retrouve horsjeu.net pour la cinquième fois depuis le début de l’Euro. Il se trouve devant Torres et Rommedahl (3 fois) notamment.

6′: corner grec qui semble mal tiré, mais Katsouranis jaillit au premier poteau et frappe le ballon de l’extérieur. Otto explose, mais Malafeev sort un bel arrêt réflexe. De nouveau corner avec un beau cafouillage et surtout Anyukov qui reste au sol le souffle coupé.

10′: Arshavin coupe un centre venu de la droite, mais malheureusement pour lui le portier se nomme Sifakis.

12′: Kherzakov tente une frappe enroulée de l’extérieur de la surface. Ce n’est pas cadré, mais Sifakis a eu chaud quand même.

16′: corner de Karagounis, mais Malafeev veille et dégage des poings.

19′: Samaras part à grandes enjambées et décale Gekas qui centre fort à ras de terre. Centre qui finit dégagé en touche par un Russe.

20′: Dzagoev frappe des 25 mètres, mais Sifakis est là pour arrêter le ballon.

38′: Kerzhakov se laisse tomber dans la surface grecque, voulant abuser de l’arbitre pour obtenir un pénalty L’arbitre du soir, un certain Eriksson, ne se laisse pas avoir. En même temps, c’est plus souvent Eriksson qui a tendance à abuser des autres.

40′: Zhirkov tente une Robben. Côté droit, il se remet sur son pied gauche et tente une enroulée qui passe de peu au-dessus.

47′: Touche de Torosidis dans la moitié de terrain russe. Les Russes se chient dessus et Karagounis se retrouve avec le ballon, un peu la même situation que Balotelli face aux Espagnols. Sauf que Karagounis joue le coup à fond, se présente face à Malafeev et l’allume. Ouverture du score, Otto saute partout. La réaction du commentateur radio grec vaut le détour : http://www.youtube.com/watch?v=paapi11i1og&feature=player_embedded#!

 

Mi-temps : après une bonne entame, on a commencé à reculer laissant le ballon aux Russses, tout en tentant d’exploiter quelques contres. Karagounis, qui égale aujourd’hui le record de sélections (120) de Zagorakis, marque son 10ème but en sélection et qualifie virtuellement son pays pour les quarts. Dans l’autre match, la Pologne et la République Tchèque se neutralisent 0/0

À cet instant de la soirée, la Russie est première de son groupe avec 4 points (+2 en différence de but), devant la Grèce qui a aussi 4 points (0 en différence de but) , la République Tchèque qui a 4 points également (-2 en différence de but) et la Pologne avec 3 points (0 en différence de but). Il faut cependant dire que tout but inscrit dans le match opposant Tchèques et Polonais éliminerait la Russie.

45′: les joueurs reviennent sur la pelouse. Un seul changement pour le moment, il est côté russe et c’est Kherzakov qui sort, permettant à Pavlyuchenko de rentrer.

49′: Samaras part tout seul comme un grand. Il résiste au retour des défenseurs adverses, mais sa frappe n’est pas cadré.

57′: Denisov tente une minasse des 25 mètres, mais c’est à côté.

59′: Torosidis cavale à nouveau sur son côté droit, il trouve magnifiquement Gekas dans la surface, en position idéale, mais Anyukov lui enlève le ballon des pieds.

61′: Karagounis part en slalom dans la défense russe, il passe trois défenseurs avant de s’écrouler dans la surface. À vitesse réelle y a pénalty. Sur le ralenti y a pénalty. Pourtant, il se ramasse un jaune pour simulation. Jaune qui devrait l’empêcher de jouer un hypothétique quart de finale. Du coup il est très énervé, on le voit hurlant au milieu de terrain et s’arrachant les cheveux.

64′: Gekas sort et Holebas entre. La Grèce joue désormais avec Samaras en pointe et Holebas en milieu gauche.

65′: Anyukov prend un jaune.

67′: le héros Karagounis cède sa place à Makos. Les Grecs vont tenter d’appliquer la tactique chère à Gengis Khan et à ses troupes, à savoir faire quelques escarmouches, laisser venir l’ennemi et envoyer le gros des troupes à ce moment-là.

69′: Salpingidis part seul au but, mais Zhirkov fait faute. Il est dernier défenseur et doit prendre un rouge, pourtant l’arbitre ne sort qu’un jaune. Salpingidis est furax. M’enfin ça fait un bon coup-franc. Tzavellas s’avance, frappe du gauche et touche la transversale. Les Dieux auraient-ils changés de camp ?

70′: Dzagoev prend sa biscotte.

72′: les Russes font sortir un récupérateur, Glushakov, pour faire rentrer un attaquant, Pogrebnyak. Dans le même temps, les Tchèques ouvrent la marque contre la Pologne. La Russie est donc désormais virtuellement éliminée.

74′: Denisov tente une nouvelle fois sa chance, mais Sifakis intervient une nouvelle fois.

81′: sortie d’Anyukov et entrée d’Izmailov.

82′: Salpingidis qui aura beaucoup couru sort et Ninis entre. Pendant ce temps-là, Otto est debout depuis 10 minutes, se raccrochant aux commentaires d’RMC pour suivre un peu le match, le streaming ayant subitement décidé de s’arrêter à 20 minutes de la fin.

83′: Arshavin centre de la droite, Dzagoev s’élève et place une tête décroisée qui part vers le petit filet de Sifakis. Le portier est battu, mais la balle sort en sortie de but. Otto n’a plus de t-shirt.

90′: quatre minutes de temps additionnels, Otto est en slip.

92′: Pogrebnyak se présente face à Sifakis, mais le portier sauve son camp. De toutes façons, le Russe avait contrôlé le ballon de la main.

93′: Holebas se bat partout sur le terrain et prend un jaune.

94′: coup de sifflet final, Otto est tout nu. La Grèce se qualifie et sort la Russie. J’ai envie de dire, que dans ce monde individualiste, avec de football individualiste au possible, la Grèce a montrée que rien ne vaut un collectif uni. Efharisto poli !

 

Les notes :

Michalis Sifakis 5/5 : au final il n’a pas eu grand-chose à faire, les Russes se montrant particulièrement maladroit dans le dernier geste. Malgré tout, on dit que l’on reconnaît un bon gardien quand il réussit ce qu’il a eu à faire. Il s’est montré rassurant et autoritaire. Merci Michalis.

Vasilis Torosidis 4/5 : on a retrouvé le latéral dynamique de l’Olympiakos. Le soldat Vasilis s’est sorti les doigts du cul et a montré ses qualités offensives. À eu un peu de mal en défense avec un certain Zhirkov.

Sokratis Papastathopoulos 5/5 : rien n’est passé. Pour tromper Sifakis, les Russes devaient déjà réussir à passer Sokratis. S’est jeté sur tous les tirs et les ballons qui arrivaient dans sa zone/

Kyriakos Papadopoulos 5/5 : rien n’est passé. Pour tromper Sifakis, les Russes devaient déjà réussir à passer Kyriakos. S’est jeté sur tous les tirs et les ballons qui arrivaient dans sa zone.

Giorgos Tzavellas 4/5 : bon sang on a vu la différence avec Holebas. Bon défensivement, le latéral prêté à Monaco, s’est montré moins en vue en attaque. Il a quand même placé un coup-franc sur la barre.

Kostas Katsouranis 4/5 : à croire qu’il est éternel. Quand un Russe croyait partir seul au but, il était toujours là pour couper sa course. Précieux, courageux et loyal.

Giorgos Karagounis 10/5 : le héros. Il a gagné sa place aux Champs-Elysées, pourra rendre visite à Zeus sur l’Olympe et se retirer sur une petite île pour vivre d’amour et d’eau fraiche. Sinon il pourrait aussi devenir sélectionneur, vu le temps qu’il a passé à donner des consignes et replacer ses coéquipiers une fois qu’il fût remplacé. Remplacé par Grigoris Makos.

Giannis Maniatis 4/5 : l’homme de l’ombre. On le voit moins, mais il est là. Un peu comme l’herpès, tu crois t’en être débarrassé ? Que nenni, il réapparait sans que tu t’y attendes.

Dimitris Salpingidis 4/5 : il court toujours autant le Dimitris. Une sorte de Nicolas Marin amélioré, qui se bat en défense, au milieu, en attaque et au côté des chômeurs de Salonique. Un type bien en fait. Remplacé par Sotiris Ninis.

Theofanis Gekas 4/5 : le Grec qui joue en Turquie. Il a pas eu beaucoup d’occasions, mais il aurait pu marquer. C’est jour de fête aujourd’hui, il récupère un 4. Remplacé par José Holebas.

Giorgos Samaras 5/5 : le besogneux. Si je dois partir à la guerre, je veux qu’il vienne avec moi. Lui c’est le genre de type, tu lui dis d’aller chercher du pain le dimanche à la boulangerie d’à côté, il y va, il tombe sur un écriteau fermé, ben il se débine pas et fait 15 bornes au sprint pour en trouver une ouverte.

 

Les remplaçants :

José Holebas 4/5 : il est rentré avec comme consigne de bloquer le couloir gauche. Il a réussi son coup, c’est bien.

Grigoris Makos non noté : à vrai dire, je ne sais pas ce qu’il a fait.

Sotiris Ninis non noté : j’étais trop stressé pour regarder le match, me fiant uniquement à la radio.

 

Les réactions :

Michalis Sifakis : « Je ne veux pas parler du match. La seule chose que je veux dire est que nous aimons nos supporters en Grèce. Il n’y avait pas beaucoup de chance pour qu’on passe, mais on a réussi. On accepte les critiques, elles nous rendent plus forts. Merci à tout le monde. C’est dommage pour Giorgos Karagounis (suspendu au prochain match) qui n’arrivera peut-être pas à 121 sélections. »

Giorgos Samaras : « C’est une joie immense pour tout le monde : les joueurs, le sélectionneur, tous ceux qui travaillent pour l’équipe, les médecins, le groupe tout entier. Mais pour moi, le plus important est que nous ayons donné de la joie à tout un peuple, à la Grèce. On leur permet de s’échapper de leurs problèmes pour quelques heures au moins, et ils peuvent faire la fête. C’est le plus important et j’en suis fier.

C’était le premier match de cet EURO où nous avons vraiment joué en équipe, une équipe qui savait ce qu’il se passait, ce qu’il fallait faire et comment jouer. On a été très attentifs en défense, on a fermé les espaces et on n’a pas laissé les Russes se procurer d’occasion. Quand ce fut à notre tour, quand on a eu le ballon, on a essayé de construire. On a marqué un but et après ça, même si nous étions sur les rotules, on ne les a pas laissé marquer. En plus, nous avons joué de façon collective, avec de la passion, ce qui est parfois plus important que la fraîcheur sur le terrain.Peu importe qui nous jouons en quarts. La seule chose qui m’intéresse est que nous soyons en forme. On va se reposer pendant cinq des six jours avant le prochain match parce qu’on est très fatigués. À partir de maintenant, tout peut arriver. »

Giorgos Karagounis : « Quand nous avons quitté Athènes pour venir à l’Euro, nous avons dit aux gens en Grèce, dans une situation difficile économique, que nous allions tout donner, ça met un sourire sur les visages de nos compatriotes. Ce qui donne une plus value, c’est la façon dont nous nous sommes qualifiés, en surmontant tous les obstacles dressés contre nous, c’est ça l’esprit grec. Nous jouons avec notre coeur, et c’est important pour les gens en Grèce. Je compare cette victoire à notre parcours au Portugal en 2004. Je suis heureux d’être élu joueur du match, celui qui a marqué le but de la qualification si important pour notre pays. Notre adversaire « dormait » un peu, j’ai chipé la balle, j’ai marqué, et Dieu merci, on s’est qualifiés. Je voudrais dire que nous n’avions rien à prouver, y compris aux journalistes anglais qui nous avaient critiqués, nous serons durs à battre ».

Fernando Santos : « Cette qualification est le fruit de nos efforts et de notre détermination. Ce qui nous inspire, c’est l’Histoire de la Grèce, et ce respect de chacun pour la Grèce vient de là, de cette Histoire. La science, la démocratie, vient de la Grèce. Il sera difficile pour tout ça, cette grande Histoire, de donner des leçons à la Grèce. Je ne veux pas parler de l’arbitrage. Nous sommes dans une bonne dynamique. Karagounis ne peut pas participer aux quarts de finale, je dois trouver un remplaçant, c’est mon job »

 

Et oui Santos qui part en croisade contre Merkel, car aujourd’hui ce sont les législatives en Grèce et Merkel a appelé les Grecs à voter pour plus d’austérité. Se serrer la ceinture, encore et encore. Toujours est-il que pour se serrer la ceinture, faut-il encore avoir un pantalon. Sinon au coup de sifflet final, la Grèce a explosé…de joie. Scènes de liesse, avec comme images dans la tête, celle de 2004, du sacre, de l’exploit.

Le quart de finale s’annonce explosif, la Grèce pourrait en effet rencontrer l’Allemagne, avec les à côtés que tout le monde connait. Et quoi qu’il arrive Otto le suivra et le résumera.

C’est tout pour aujourd’hui,

Athio

Otto.

Roazh Takouer

5 Comments

  1. Et sur RMC aussi,avec notre maitre à penser à tous, Daniel Riolo.

  2. Oui Otto est partout. D’ailleurs j’ai reçu une offre de contrat de M6 pour remplacer le défunt Roland. J’ai refusé, je préfère bosser gratos pour ces anarchistes d’horsjeu.net

  3. Je déteste Riolo mais j’écoute souvent rmc et ça m’a bien fais plaisir d’entendre ta pub!

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