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Rencontre avec le Zarya Vorochilovgrad, un intrus parmi les grands d’URSS

Vendredi 13 septembre 2013

Ah l’URSS, une belle nation de football ! Yachine, Strelstov, Blokhine et compagnie : que des mecs classieux. L’URSS, c’était aussi un championnat disputé entre 1936 et 1991. Enfin disputé, surtout pour les clubs de Moscou ou de Kiev qui ont gagné quasiment tous les titres entre 1936 et 1981. Les rares exceptions ? Le titre du Dinamo Tbilissi en 1964 et celui de l’Ararat Erevan en 1973. Certes, de beaux exploits mais ces deux clubs faisaient quasiment office de sélections nationales géorgienne et arménienne à l’époque ; on y reviendra lors de prochains voyages en « terrains connus ». Mais il y eut aussi et surtout le Zarya Volochilovgrad, en 1972.

La ville où est né Sergueï Bubka

Vorochilovgrad ? La ville fut nommée ainsi en hommage à Vorochilov, qui fut un des personnages de l’Armée Rouge. Piètre soldat et stratège militaire, l’homme a malgré tout réussi à rester pendant quasiment 50 ans dans les hautes sphères de l’état soviétique des 20’s à la fin des 60’s. Mais ne cherchez pas la ville sur une carte, aujourd’hui cela s’appelle Louhansk. La ville se situe à l’extrême Est de l’Ukraine, quasiment à la frontière russe. Saint-Etienne est jumelée avec la ville de Louhansk mais surtout Sergueï Bubka, le grand perchiste et le premier à dépasser 6m, est né dans ce bled.

Un club anonyme avant 1972

Soyons honnêtes, concernant le club, il ne s’était pas passé grand-chose avant cette héroïque saison 1972. Le club fut créé en 1923 par une assemblée d’ouvriers de l’usine de locomotives de la ville. Comme beaucoup de clubs soviétiques, le club a changé de noms à de multiples reprises de Metallist à Zarya en passant par SK Dzerjinets.

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C’est en 1938 que le Zarya gagne le droit de jouer en Soviet First League (la D2 soviétique) après avoir gagné le championnat d’Ukraine. Mais ce n’est qu’en 1967 que le Zarya a pu obtenir sa place à la table des grands du football soviétique. Les premières saisons à ce niveau sont honnêtes avec des places d’honneur en 1970 et 1971 (5è à 11 points du CSKA Moscou et 4è à 11 points du Dinamo Kiev).

Le miracle de 1972

En 1972, 16 clubs font partie de la 1ère division soviétique (Soviet Top League). Les principaux favoris pour le titre sont le Dynamo Kiev d’Oleg Blokhine, le Dinamo Tbilissi, l’Ararat Erevan et le CSKA Moscou.

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La saison commence fort avec la réception du Dinamo Kiev, champion en titre. Le voyage n’est pas des plus agréables pour les grands favoris qui prennent 3-0 et repartent calmés. Le début de saison est idéal avec 7 matchs sans défaite avant une défaite en déplacement à Tbilissi.

Dans cette saison héroïque, les joueurs d’Herman Zonin n’ont perdu que 5 matchs en 30 confrontations dont un seul à domicile au stade Avangard. En fin de saison, alors que la lutte est acharnée avec le Dinamo Kiev, le grand club ukrainien craque et concède deux nuls lors des dernières journées à Tbilissi et Erevan. Au final, le club de Vorochilovgrad gagne son seul titre de champion d’URSS avec 5 points d’avance sur le Dinamo Kiev.

L’équipe formée par le grand Zonin finit cette saison avec la meilleure attaque (52 buts) et une des meilleures défenses (30 buts). L’équipe était avant tout un bloc compact avec comme seule vedette, l’attaquant Volodymyr Onyshchenko, auteur de 8 buts cette saison-là. Aucun autre joueur de cette équipe ne réussira une grande carrière par la suite.

Une histoire marquée par un bel été brésilien

A l’été 1972, une sélection d’URSS est invitée à un tournoi au Brésil pour commémorer les 150 ans de l’indépendance du pays. Dans ce tournoi qui a réuni la crème de la crème avec le Brésil de Tostao, Rivellino et Jairzinho, le Portugal d’Eusebio ou encore la France de Djorkaeff, Henri Michel ou Georges Lech, l’URSS était majoritairement représentée par les joueurs du Zarya avec leur entraîneur Zonin à la baguette.

Ainsi contre l’Argentine, 10 des titulaires étaient du Zarya puis 11 contre l’Uruguay et 9 contre le Portugal. Malgré tout, ce tournoi n’aura pas été une grande réussite sportive avec deux défaites 1-0 contre le Portugal et l’Argentine pour une seule victoire 1-0 contre l’Uruguay.

Dans le même temps, la sélection A de l’URSS dispute l’Euro 1972 en Belgique. Dans cette sélection, seul Onyshchenko représente le club de Vorochilovgrad. Il sera titulaire à chaque match jusqu’à la finale perdue 3-0 contre la RFA des grands Beckenbauer et Muller.

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Et maintenant ?

Le départ d’Onyshchenko peu après le titre (au Dynamo Kiev où il gagna la coupe des coupes en 1975) a été le symbole du déclin du club qui n’a jamais réussi à rééditer sa performance dans le championnat d’URSS. Lors de la saison 1973-1974 de coupe d’Europe des clubs champions, le club passera un seul tour contre l’Apoel Nicosie avant de perdre contre les champions de Tchécoslovaquie, le Spartak Trnava. Les dernières performances notables du club restent deux finales de coupe d’URSS en 74 et 75.

Aujourd’hui, le club squatte la D1 ukrainienne depuis 2006-2007, après avoir été en D2 et D3 pendant une dizaine d’années. Sur ces dernières saisons, le club n’a jamais réussi à aller au-delà de la 10è place en championnat. Malgré tout, l’espoir renaît à Louhansk avec l’arrivée de Yannick Boli cet été. Enfin peut-être.

Tristan Trasca

 
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