La Tuica est allée à Bucarest voir Rapid Bucuresti/CFR Cluj

Ave academicius, morituri te salutant. Alors que Mihai Viteazu et moi-même étions agréablement allongés dans les bras de multiples beautés de l’Est prêtes à satisfaire tous nos désirs dans la salle détente des locaux de Hors-Jeu, vint L’Éditeur qui semblait bien décidé à nous sortir de notre retraite pré-trève hivernale. Il nous notifia que regarder des matchs roumains sur un streaming d’ex-URSS c’est bien beau, mais qu’il serait de bon ton de se frotter directement à la Roumanie et son climat facétieux. J’étais dès lors prêt à me retirer discrètement afin d’échapper à cette délicate affaire mais je fus devancé par Mihai qui emmena avec lui les délicieuses nymphes qui nous avaient été apportées du Tartare par Luke Seafer. C’est sur cette étrange péripétie que débute mon voyage à Bucarest ce week-end du 29 au 30 novembre pour assister au match opposant le Rapid Bucuresti au CFR Cluj dans l’enceinte du stade Giulesti. J’en profite pour remercier le milieu de terrain du Petrolul Ploiesti, Soni Mustivar pour son invitation personnelle au match face au Dinamo Bucuresti ce week-end, que les horaires strictes de l’aviation m’ont forcé à décliner.

Avant de parler du match, parlons des équipes. À domicile on retrouve l’un des clubs historiques de la capitale qui est le club de la société de chemin de fer roumaine. Si le Rapid fut un club glorieux par le passé (trois titres de champion de Roumanie et des participations à des compétitions européennes qui lui ont permis de rencontrer entre autres le Paris-Saint-Germain à deux reprises), sa promotion en Liga I cette année est très compliquée et le club se classe dernier du championnat avant ce match. En face, l’équipe du CFR Cluj est aussi comme son nom l’indique un club issu de la société ferroviaire. Toutefois, ces derniers ont commencé la saison sur des bons rails (ha ha) et se classent second à quatre points du leader. C’est donc une opposition assez déséquilibrée sur le papier qu’il m’est donné à voir.

19h30. Je quitte mon luxueux hôtel du centre de Bucarest et ses vices pour me diriger vers le bus m’emmenant directement dans le quartier de classe moyenne-pauvre de Crangasi. Je croise quelques supporters du Rapid dans ce bus, mais tout le monde est assis. Aucune affluence particulière pour cet événement. Il faut dire que le temps ne se prête pas au football, le vent est glacial et l’annonce d’une tempête de neige aura eu raison des moins audacieux.

Le club du Rapid affiche depuis des années une banqueroute. De ce fait, le stade déjà vétuste tombe petit à petit en ruine. En témoigne les plaques de plexiglass grossières pour empêcher l’accès à la pelouse, les filets troués qui sépare le terrain des supporters et le grand écran géant qui ne diffuse plus que sur un dixième de sa surface.

 

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Bienvenue

20141129_201424Les numéros des sièges sont notés au marqueur noir. Ambiance.

20141129_204148Un écran pété encore utilisé et des supporters déployant une banderole à la gloire de Niculae, ancien joueur du Rapid.

Lorsque le match débute, la tribune dans laquelle je suis placé ne compte pas plus d’une trentaine de personnes. Des groupes de supporters sont massés dans le virage, tandis que le gros des fans est placé dans le tribune centrale. Aucun supporter du CFR Cluj n’était présent, et l’affluence ne devait pas dépasser les deux milles spectateurs dans un stade de 19 100 places. L’ambiance est bonne néanmoins, des chants de supporters du Rapid seront entonnés tout le match. Coté terrain, pas grand chose à se mettre sous la dent : La première période voit une grosse domination du Rapid avec des occasions énormes provoquées notamment par Bus et Pancu mais sans réussite. La seconde période va plutôt tourner en faveur des visiteurs qui vont profiter d’une baisse de régime des rapidists. Toutefois, la cage restera inviolée grâce à un match énorme du gardien du Rapid, Balauru. Tout le stade est debout durant toute la partie, aussi bien par ferveur que pour éviter d’être gelé par ce vent glacial. On comprend bien la nécessité d’une trêve hivernale dans ce championnat.

Snapchat--6671966340421543513Votre humble serviteur, transi de froid comme chaque spectateur.

20141129_203058Entrée sur le terrain.

Au final je quitte la Roumanie sans avoir vu de buts, mais l’ambiance et la ferveur des supporters du Rapid, bien que derniers du championnat est admirable. Il s’agit toutefois d’un club vieillissant, supporté principalement par des familles dont les plus âgés ont connu les grandes heures du club et par des riverains du stade. On espère que le Rapid saura se maintenir après une bonne opération dans un match difficile sur le papier. Coté CFR Cluj, ces deux points abandonnés à la capitale les placent à quatre points du Steaua ce qui est loin de faire leurs affaires.

Du coup, quoi d’neuf dans la Tuica? Nous continuons à vous tenir au courant de l’actualité roumaine avec des points réguliers sur le championnat. Vous aurez bientôt le droit à une interview, mais gardons un peu de suspens… Bons baisers de Crangasi.

Hadrian Stoian

academicien

Le plus grand auteur Anal de football

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