à la limite du footballistiquement correct Twitter facebook
 
Un autre football est possible

Horsjeu est fier de faire partie d'Alterfoot, le portail alternatif.

 




 

La Tuica à Timisoara: au cœur des deux Poli et d’une ambition citoyenne

Mercredi 18 septembre 2013

Si vous avez un jour la chance d’aller en Roumanie, Timisoara fait figure d’étape incontournable. Il s’agit sans doute d’une des plus belles villes du pays avec sa Piata Unirii, sa cathédrale, son vieux théâtre national et autres monuments. Mais c’est également le point de départ de la contestation qui a mené à la chute de Ceaucescu et du système communiste en 1989. D’ailleurs le musée de la Révolution, bien que petit, est intéressant si vous avez l’occasion. Mais Timisoara est également une vraie ville de football, et c’est de là que pourrait commencer une nouvelle révolution dans le football roumain.

Pour évoquer le football à Timisoara, j’ai fait appel à Mihai Comsulea qui s’occupe du site sporttim.ro, qui traite quotidiennement du sport à Timisoara et dans la région. C’est parti pour ce voyage à l’ouest de la Roumanie.

Timisoara, une grande ville de football

T.T : Peut-on considérer Timisoara comme une grande ville de football ?

M.C : Tout à fait ! Cela date de l’avant-guerre, quand le club du Chinezul (« Le Chinois »), gagnant 6 titres de champion de suite, et Ripensia, avec 4 titres en 6 ans, marchaient sur la première division roumaine. Il y avait eux et quelques clubs basés à Bucarest, et particulièrement le puissant Venus… Les succès de ces deux clubs, avec notamment une victoire 3-0 et une qualification de Ripensia contre l’AC Milan en Coupe Mitropa dans un stade qui a été détruit il y a une dizaine d’années, ont amené de nombreuses personnes à suivre nos clubs locaux et leur aura et tradition ont créé une fierté en ce qui concerne l’héritage footballistique de Timisoara.

La montée du communisme a anéanti des clubs comme le Ripensia, alors que l’attention s’est concentrée sur le nouveau-né Stiinta Timisoara, représentant comme son nom l’indique l’établissement d’éducation supérieure du Politehnica “Traian Vuia” Timisoara. Le parcours fut chaotique cependant pour ce club, comme pour beaucoup de ces clubs des  villes universitaires roumaines. Malgré tout, cela permit de préserver cette tradition de football de haut niveau à Timisoara et de nombreux supporters venaient au stade dans les meilleures années, comme beaucoup de monde s’identifiait au Stiinta, renommé « Poli » par la suite.

La particularité concernant le « Poli » en tant qu’équipe universitaire, bien que seulement quelques joueurs étaient réellement étudiants,  était qu’il était perçu comme un club dissident, anti-système, et les derbys très disputés contre le Steaua, équipe de l’Armée, et le Dinamo, club de la Securitate, en furent les preuves sur le terrain. Tous ces aspects identitaires très clairs sont aujourd’hui un peu désuets mais la tradition de quelques décennies en D1 et la passion des supporters sont assez d’arguments pour dire que Timisoara est en effet une vraie ville de football, bien qu’elle ait perdu de sa superbe ces 15 dernières années, après que le système de « football universitaire » sponsorisé par l’Etat s’essouffla. A la même époque, il y eut un déclin parallèle des clubs locaux liés à des usines à la base de la pyramide du football roumain ; des équipes ont disparu en même temps que des entreprises dans les années 90 créant un sentiment de chaos et de confusion dans le pays.

L’histoire des deux Poli

T.T : Que s’est-il passé pour que le Poli disparaisse du foot professionnel en deux saisons il y a peu ?

Le club a eu une deadline jusqu’au 31 Mars 2011 pour soumettre toute la documentation dans l’optique de l’obtention d’une licence pour la saison 2011-2012 mais n’a pas réussi à remplir toutes les conditions. Il y avait 3 erreurs principales dans leur dossier :

–          Un transfert impayé au Benfica pour l’achat de Laszlo Sepsi (NDTT : éphémère rennais)

–          Des salaires impayés pour certains salariés en 2010

–          Des taxes et autres impayés à l’Etat.

Au regard de ces données, la commission qui délivre les licences n’a pas donné son feu vert pour le club de Timisioara, qui a donc du évoluer en Liga II en 2011-2012.

Cette relégation a entraîné une perte imprévue de revenus liés aux droits TV, aux droits commerciaux et à la non-participation en Champions League (NDTT : le Poli avait terminé deuxième en 2011 et devait logiquement participer au 3è tour de qualif pour la LDC, ils ont laissé leur place à Vaslui suite à la relégation). Le club a connu encore plus de difficultés financières en Liga II, les salaires impayés restant un problème et le financeur de l’époque, Marian Iancu,  a tenté en vain pendant un certain temps de trouver une solution avant de comprendre qu’il en serait incapable.

De fait, le club a rencontré encore plus de difficultés à la fin de la saison 2011-2012, les chances d’obtenir une licence pour continuer en Liga II étant réduites à néant.

Rétrospectivement, le club a commis l’erreur de vouloir acheter des joueurs beaucoup trop chers. Ceci couplé à un mauvais management et une langue bien pendue des dirigeants envers la Fédération concentra l’attention négative sur Marian Iancu et le club. De fait, la loi fut appliquée à la lettre dans le cas du FC Timisoara, bien que le football roumain connaissait à cette époque de nombreux cas identiques de clubs incapables de satisfaire aux statuts de la Ligue et de la Fédération.

T.T : Aujourd’hui, il y a deux Poli Timisoara. Quelles sont les différences entre les deux clubs ?

M.C : ASU Politehnica, qui évolue en Divizia D Timis (5è division), est soutenu depuis l’été 2012 par un groupement de supporters qui suivait jadis le “Poli”. Ce club utilise les structures de l’Université « Politehnica » de Timisoara et est soutenu par l’Université, dans la plus pure tradition du Politehnica “Traian Vuia”. Ce club est idéologiquement beaucoup plus proche du « Poli » traditionnel.

Le nouveau promu en Liga I, ACS Poli Timisoara, est soutenu par la municipalité de Timisoara et le département du Timis, qui s’occupe également du vieux stade Dan Paltinisanu, identifié avec l’histoire du vieux Poli. Mais ce club de Liga I utilise également les infrastructures de l’Université pour les entraînements.

T.T : Il semblerait que l’héritage du Poli (ses couleurs et son histoire) a été source de conflit depuis plus de 10 ans. Pouvez-vous nous expliquer la situation ?

M.C : Le club fut créé par le professeur Traian Lalescu en 1921, en tant qu’équipe universitaire du Politehnica “Traian Vuia” Timisoara. C’était à la base un club amateur mais ce club a rapidement été soutenu par l’Etat, dans un  système d’éducation supérieure gratuite prônée par le régime communiste. Il gagna aussi rapidement l’attention et l’amour de beaucoup de supporters, habitants de la ville et de toute la région de Banat, la plus à l’ouest de la Roumanie, qui se sont identifiés au « Poli ». La confusion a commencé quand le vieux régime centralisé communiste a périclité et le Poli est devenu économiquement incompatible avec l’aspect compétitif de cette nouvelle ère qui débutait. C’était au début des années 90 que certaines personnes à la tête du club ont formé une association à but économique/commercial, afin d’être en adéquation avec un tout nouveau système qui redessinait le mode de vie en Roumanie, tout en conservant la tradition du « Poli » avec tout ce que cela implique. Mais une fois que le manque de fonds se fit sentir à cause du mauvais management et que des investisseurs ont dû être recherchés pour aider, la boîte de Pandore fut ouverte. En fait, chaque personne qui a contribué ensuite dans ce club se pensait propriétaire de l’héritage, de la tradition et des couleurs du club. Le club devint en fait obsolète avec le changement de système, du centralisme étatique à l’ouverture au capitalisme.

T.T : Est-ce que vous pensez que le SS ASU Politehnica(en 5è division) devrait être considéré comme le seul club légitime?

M.C : ASU est définitivement un club légitime et renforcé par la présence de supporters loyaux dans les stades et la direction du club. Mais ce n’est pas le seul qui essaye de remodeler le football à Timisoara, Ripensia revient très fort avec des investissements purement privés et visionnaires. Si on compare l’ASU avec l’ACS, on peut dire que les blancs et violets sont conceptuellement beaucoup plus purs que le club de Liga I. La naissance de l’ACS Poli  en 2012 a été très controversée, après une décision purement politique prise par des bureaucrates locaux. Une équipe de Liga II de la région, l’ACS Recas, qui avait réussi à grimper de quelques échelons en quelques saisons a laissé sa place à l’ACS Timisoara. Cette manœuvre obscure fut la goutte d’eau qui fit déborder le vase pour les supporters, qui se sont retirés de ce club dont ils ne se sentaient plus proches philosophiquement. De même, l’ACS Poli (club de Liga I) ayant le privilège de recevoir un fort pourcentage des fonds publics locaux alloués au sport, les questions sont encore plus nombreuses concernant la légitimité et le bien-fondé du « projet football », comme annoncé par les autorités locales.

Un soutien populaire plus important pour le club de D5

T.T : Pourquoi est-ce que les supporters du Poli ont décidé de soutenir un club de D5 ? Combien sont-ils ?

M.C : Pour expliquer le contexte, leur décision intervient dans un contexte général d’insatisfaction par rapport au football moderne comme il est devenu en Roumanie, bien connu pour ses parts d’ombre. Cette décision fut un échappatoire par rapport à la Liga I qui était perçue par beaucoup d’entre eux, plus puristes dans leur idée du football que le supporter lambda, comme une simple entreprise entre des personnes en charge depuis des décennies à la Fédération, la Ligue et dans les clubs. Ils ont senti que leur jadis estimé Poli était impliqué depuis 2000 dans beaucoup trop de scandales, incluant divers propriétaires essayant plutôt de pervertir que de conserver l’identité originelle du club. Ils ont donc cherché refuge dans une équipe nouvelle promue en 5è division, une équipe de la région, qu’ils ont perçu comme plus proche de l’identité originelle du Poli. Le fait que la plupart des fans de la Curva Sud (tribune emblématique) est encore attachée à leur Poli est prouvé par le fait qu’ils ont pris les couleurs violette et blanche de l’ancien Poli. L’ASU Poli évolue avec des maillots et shorts dessinés par leurs supporters, sans sponsors apparents. Ils sont environ quelques centaines, voire quelques milliers, mais les plus fervents sont environ 50-100, faisant même tous les déplacements.

T.T : Est-ce que le « second club » de Timisoara compte de nombreux fans ?

M.C : ACS Poli a commencé l’an dernier avec environ 20 supporters en Curva Sud, principalement des enfants et adolescents. Maintenant ils sont une cinquantaine avec la promotion en Liga I. Hormis eux, ACS Poli avait une affluence moyenne de 1000 spectateurs la saison dernière en Liga II mais le chiffre a explosé quand le vieux rival, le Dinamo Bucarest, est venu pour la journée inaugurale de Liga I avec environ 18 000 spectateurs. Bien que l’équipe ait bien commencé la saison, seulement 7000 spectateurs en moyenne viennent au stade.

Il est à noter qu’il y a une relation amour-haine dans le football roumain avec une réelle obsession pour le Steaua et le Dinamo. Lors de la dernière saison jouée en Liga I par le Poli avec les réels supporters dans la Curva Sud en 2010-2011, quand l’équipe essayait de gagner un titre qui leur échappe depuis la création du club en 1921, le stade était quasiment plein pour la réception du Steaua mais il est généralement occupé au tiers lors des autres matchs. On peut dire que le spectateur lambda de Timisoara est devenu un supporter « de beau temps » ou intéressé uniquement par les affiches ; une ignorance aussi alourdie par la tendance à regarder beaucoup de sports à la télé, dont la Liga I. Mais il ne vient plus à chaque match au stade.

T.T : Que pensent les habitants de Timisoara de cette situation ?

M.C : Si vous pensez que Timisoara a plus de 300 000 habitants et que simplement quelques milliers et quelques centaines vont respectivement voir les matchs de Liga I et 5è division, la conclusion est que la population préoccupée par le football aujourd’hui est très limitée. Il y a une très large insatisfaction avec la manière dont les choses vont dans la société en Roumanie, avec le football et son image entachée – par les personnes que les fans de la Curva Sud stigmatisent – étant pour beaucoup un exemple de corruption à grand échelle, d’intérêts économiques et politiques malveillants et de trafic d’influence. Donc les habitants ne semblent guère se soucier des clubs locaux et de la situation actuelle, si ce n’est avec scepticisme. Mais il y a aussi des personnes qui questionnent l’allocation des fonds publics pour ce club nouvellement promu en Liga I, qui est perçu comme un jouet pour l’ambition du maire nouvellement élu en 2012 de Timisoara.

Le projet Druckeria

T.T : Que pouvez-vous nous dire du projet Druckeria?

M.C : Druckeria est une manière de vous définir personnellement en supportant un ou les clubs locaux de Timisoara. Ce projet essaye d’agréger la passion et la force d’ensemble des supporters pour les clubs de divers sports qui représentent Timisoara. Aux yeux de ceux qui ont lancé ce projet, l’objectif est de rassembler autour des clubs locaux, bien que l’équipe de football de Divizia D Timis soit l’objectif principal.

T.T : Comment est-ce qu’un joueur comme Alin Stoica peut se retrouver dans cette équipe aujourd’hui ?

M.C : L’attrait de fans incroyables dans les tribunes, le fait de pouvoir travailler avec un autre ancien international Paul Codrea, qui a évolué plus de 10 ans en SérieA et Série B et est aujourd’hui entraîneur, et peut-être l’attrait des couleurs blanches et violettes, qu’il a porté à Anderlecht. Toutes ces raisons ont pu pousser Stoica à se lancer dans cette nouvelle aventure, pour effectuer un come-back original dans son pays. Il se peut aussi que ce soit l’objectif de club qui séduise certains joueurs, plus motivés par le plaisir simple de jouer au football que par celui de gagner beaucoup d’argent.

Merci à Mihai pour ce savoureux voyage…

ti2

Mais si j’ai eu envie d’écrire cet article, c’est avant tout pour mettre en avant le projet Druckeria. Comme Mihai vous l’a expliqué, ce projet est porté par les supporters du club mais il va au-delà du simple soutien dans les tribunes.

Pour mieux comprendre l’idée du projet, je vous propose de lire ce communiqué du Druckeria qui met en avant les principales bases du projet :

« Chaque supporter du Poli peut aider l’équipe – en payant une cotisation, faisant une donation, sponsorisant, ou simplement en s’engageant dans un secteur du club où ses connaissances et ressources peuvent être utiles. Par exemple, lors de la saison 2012-2013, les ressources financières de l’équipe ont principalement trouvé sources dans les cotisations payées par les membres. Cette forme de « sponsoring » est celle que nous avons choisie, comme dans les années 30, où les supporters de Ripensia soutenaient une grande partie des dépenses de l’équipe avec des cotisations mensuelles. La somme pouvait être modique (minimum 5€ pour toute la saison) mais nous avons malgré tout réussi avec cette méthode à réunir à peu près 4000€.

Le système des « socios », une alternative viable pour Timisoara

Il est normal de vouloir grandir, il est normal de vouloir plus. Nous voulons des performances, et les performances demandent de l’argent. Dans notre situation, le slogan « POLI SUNTEM NOI ! » (le Poli, c’est nous) a sans doute plus de poids que jamais. Nous sommes en passe de devenir la première équipe de Roumanie qui se base réellement sur les cotisations de ses membres, ceux qui en Espagne sont appelés « socios ». Des supporters, qui cotisent pour supporter le budget de l’équipe et ont un droit de parole dans l’organisation générale du club. Nous considérons que ce système peut être mis en place à Timisoara, bien que notre mentalité soit différente. Nous aimons le Poli sans réserve et nous sommes disposés à faire les sacrifices nécessaires pour que notre équipe soit où elle mérite d’être. Après toutes les tristes expériences que nous avons connues ces dernières années, nous pouvons affirmer fermement qu’une alternative avec un actionnariat public, sérieux et transparent, est la seule que nous pouvons accepter pour conduire le Politehnica Timisoara.

La transparence, le point clé de notre projet

Le principe que nous suivons est le suivant: « L’argent des gars du Poli, pour le Poli». Toutes les recettes et les dépenses sont présentées de façon claire, avec des explications détaillées. C’est parce que nous voulons que chaque personne qui cotise sente que son argent a été utilisé de manière correcte. Nous voulons que chaque personne qui cotise voie que son argent est destiné à aider l’équipe, que l’argent est allé au bon endroit. Les rapports mensuels, détaillés, nous aident à avoir un aperçu de la façon dont l’argent est reçu et dépensé ; le but ultime étant de garder l’équilibre financier, en assurant en même temps une atmosphère propice à la performance pour l’équipe.

Ensemble, nous pouvons accomplir quelque chose de beau, ensemble nous pouvons amener le Poli où il le mérite

Le football roumain est sale et malade. Mais nous pouvons offrir une alternative à la misère dans laquelle se retrouve ce football, miroir de la société actuelle. Nous pouvons montrer notre exemplarité et notre attachement vis-à-vis d’un club. Ensemble, nous pouvons ouvrir les yeux et les mentalités des autres supporters, en offrant une alternative et en disant « Autre chose est possible ! ». Pour cela, nous devons rester unis et conscients que chacun d’entre nous peut contribuer à la renaissance du Poli et que l’aide de chacun est vitale pour la réussite de ce projet. Nous vous attendons à nos côtés et espérons qu’ensemble nous réussirons ! HAI POLI ! (Allez Poli) »

Aujourd’hui, ce projet semble tenir la route et l’enthousiasme populaire autour de l’équipe est fabuleux pour un club qui joue dans une division aussi faible.  Bien entendu, il faudra voir comment ce projet peut se développer quand les ressources financières nécessaires seront plus importantes pour évoluer dans des divisions supérieures. Malgré tout, l’élan populaire semble démontrer que les supporters roumains sont prêts à prendre les choses en main pour retrouver les racines de ce sport qu’ils aimaient tant jadis et qu’ils trouvent dénaturé par quelques personnes aux commandes. Les manifestations très populaires contre le projet d’extraction d’or à Rosia Montana et ce type d’initiative prouvent que la population roumaine veut à nouveau jouer un rôle prépondérant et influencer le cours des évènements en Roumanie.

Tristan Trasca

Mihai Comsulea est le rédacteur en chef de www.sporttim.ro, un journal online basé à Timisoara qui traite de l’actualité sportive à Timisoara et la région de Timis. Ils organisent aussi des évènements sportifs dans la région comme le Festival Athétique du Lac Surduc prochainement : http://sporttim.ro/festivalul-atletic-lacul-surduc-2013.

 
Vos commentaires (vous pouvez créer votre gravatar en cliquant ici)
  • P2B dit :

    Article au top, comme d’hab.

    Continuez ce tour de Roumanie. Prochaine destination Oradea, en faisant étape à Salonta ! Arrêtez vous pour y acheter du bon pain et admirer la statue de Lajos Kossuth ou le mémorial Janos Arany. ;-p

    puszi puszi

  • CVUCS dit :

    Poli Suntem Noi!

Laissez un commentaire